— 114 —

ment dans la rue, l'officier tirant son épée, et les soldats.armant leurs fusils, prenant, en un mot, toutes les dispositions de soldats croyant à une attaque, et se disposant à la repousser. Puis que, precipitamment, ils avaient quitté le village, en enjoignant au maire d'avoir à préparer immédiatement la réquisition; et que, malgré cette invitation, le maire, à son grand étonnement, les-avait vus peu à peu s'éloigner dans la direction de Gruyères, avec trois voilures qu'ils avaient amenées; que le maire avait même remarqué que le uhlan placé à l'arrière-garde retournait fréquemment la tête, ce qui aurait fait dire au maire : « Mais, ils ont peur ! » Qu'en présence de la situation que cet événement faisait à la commune, le maire et le conseil avaient décidé, quoique ce fût la dixième réquisition imposée à sa commune, de passer outre et de réunir à la mairie toutes les choses requises. Le garde champêtre, après m'avoir fait ce récit, m'engagea aussi à m'occuper immédiatement de rassembler les cent kilogrammes' de pain et les cent kilogrammes d'avoine, part de la réquisition revenant à ma section; ce que je fis en envoyant, vers quatre heures de l'après-midi, à l'aide d'une voiture, les objets requis, à la mairie de Neuville.

« Le lendemain 27, vers huit heures et demie du malin, j'étais, occupé dans ma cour, lorsque j'y vis arriver, ventre à terre, deux uhlans qui m'abordèrent en me tendant la main et en me disant : « Amis, » pendant qu'un troisième, qui les suivait, se plaçait en vedette dans le haut de mon clos. Les deux premiers descendirent de cheval et demandèrent à boire du vin. Je leur eu fis immédiatement servir à chacun un verre. Une demi-heure après, sortant dans ma cour, je m'aperçus que This était complétement cerné par