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ment dans la rue, l'officier tirant son épée, et les sol-
dats.armant leurs fusils, prenant, en un mot, toutes
les dispositions de soldats croyant à une attaque, et se
disposant à la repousser. Puis que, precipitamment,
ils avaient quitté le village, en enjoignant au maire
d'avoir à préparer immédiatement la réquisition; et
que, malgré cette invitation, le maire, à son grand
étonnement, les-avait vus peu à peu s'éloigner dans la
direction de Gruyères, avec trois voilures qu'ils avaient
amenées; que le maire avait même remarqué que le
uhlan placé à l'arrière-garde retournait fréquemment
la tête, ce qui aurait fait dire au maire : « Mais, ils
ont peur ! » Qu'en présence de la situation que cet
événement faisait à la commune, le maire et le conseil
avaient décidé, quoique ce fût la dixième réquisition
imposée à sa commune, de passer outre et de réunir
à la mairie toutes les choses requises. Le garde cham-
pêtre, après m'avoir fait ce récit, m'engagea aussi à
m'occuper immédiatement de rassembler les cent kilo-
grammes' de pain et les cent kilogrammes d'avoine,
part de la réquisition revenant à ma section; ce que
je fis en envoyant, vers quatre heures de l'après-midi,
à l'aide d'une voiture, les objets requis, à la mairie de
Neuville.

« Le lendemain 27, vers huit heures et demie du
malin, j'étais, occupé dans ma cour, lorsque j'y vis
arriver, ventre à terre, deux uhlans qui m'abordèrent
en me tendant la main et en me disant : « Amis, »
pendant qu'un troisième, qui les suivait, se plaçait en
vedette dans le haut de mon clos. Les deux premiers
descendirent de cheval et demandèrent à boire du
vin. Je leur eu fis immédiatement servir à chacun un
verre. Une demi-heure après, sortant dans ma cour,
je m'aperçus que This était complétement cerné par
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