Cerrar esta ventana
Ninguna palabra en la búsqueda. Por favor, rellene con una expresión.
Cerrar esta ventana
Inicio Consulta

Registro completo

Fermer

Título : La Dépêche de Madagascar

Editor : [s.n.?] (Tananarive)

Fecha de publicación : 1934-1940

Tipo : texte,publication en série imprimée

Idioma : Francés

Formato : application/pdf

Derechos : domaine public

Identificador : ark:/12148/cb32756009f/date

Fuente : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-96121

Relación : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32756009f

Descripción : Périodicité : Bi-hebdomadaire ou tri-hebdomadaire

Descripción : Etat de collection : 1934-1939

Procedencia : bnf.fr

Cerrar esta ventana
Primer volumen del año 1936 Volumen anterior 1936/01/29 (A3,N144). Volumen siguiente Ultimo volumen del año 1936
Primera página Página anterior
Pagination
Página siguiente Última página (Vista 7 / 8)
Descargar / De impresión
Fermer la popin

Descargar

Tiene la posibilidad de obtener varias páginas de este documento en versión electrónica. Este archivo puede ser en formato Acrobat PDF, JPEG o txt (texto no estructurado). Usted puede ver el documento en los diferentes formatos e imprimirlos.

Escoja el formato :
PDF
JPEG(Sólo una página a la vez)
txt


Choisissez de télécharger :
el documento entero
una selección


Pour une réutilisation non commerciale du contenu
En cochant cette case, je reconnais avoir pris connaissance des conditions dutilisation non commerciale et je les accepte.


Pour une réutilisation Commerciale
consultez nos conditions de reutilisation commerciale

Cerrar esta ventana
Contribuir

Informe de una anomalía

Quieres reportar una anomalía en el siguiente documento :

Título : La Dépêche de Madagascar

Autor :

Url del documento : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54276490/f7


Merci de décrire l'anomalie rencontrée le plus précisément possible, grâce aux propositions ci-dessous et/ou à la zone de commentaires.


Nature du problème :

Données bibliographiques erronées

Incohérence entre les données bibliographiques et le document affiché

Image(s) floue(s) ou tronquée(s)

Document incomplet ou page(s) manquante(s) :

Table des matières incohérente ou incomplète

Problème de téléchargement

???com.signaler.anomalie.rubrique.opt10???

zoom

OCR/texte

mode écoute

Pantalla completa

autres (à préciser dans la rubrique Commentaires)

Autres (à préciser dans la rubrique Commentaires)


Commentaires :



Laissez nous votre courriel afin que nous puissions vous répondre:


Copia los caracteres de la imagen

Los personajes no se ajustan a la imagen mostrada

Cerrar esta ventana
Commander
Fermer la popin

Commander

Pour obtenir un tirage de ce document ou le fichier numérique en haute définition auprès du departement de la Reproduction de la BnF : Cliquer ici

Cerrar esta ventana
Ayuda

Enviar por correo electrónico

Fermer
Un correo electrónico acaba de ser enviado al destinatario Lo lamentamos, hubo un error en el envío por correo electrónico anterior. Reinténtelo de nuevo.
Cerrar esta ventana

Search module

Click here to toogle the search panel

Search results

diamanga: 1 página encontrada

Búsqueda en esta obra

Rechercher dans ce périodique

El texto que esta viendo puede presentar algunos errores.

Ha siido generado por O.C.R. El nivel de reconocimiento obtenido en este documento es de 92,11 %.



CHRONIQUE SPORTIVE

par Drlbbllng

LE REMORDS DU CHAMPION

Avant l'occupation française, les
Malgaches pratiquaient !e sport, mais
à leur façon.

11 y avait plusieurs sortes de sport,
tels le « balahazo », le « tolona », le
« totohondry », le « vikina » et le
« diamanga». C'est ce dernier qui fut
le plus eu vogue. Il consiste à se don-
ner des coups de pied entre les
adversaires. Le « diamanga » se
dispute ou entre deux joueurs seule-
ment, ou entre deux groupes composés
de plusieurs joueur.-. Chaque quartier
dans ies villes et chaque village dans la
campagne possèdent leurs champions.
Et les rencontres entre champions
constituent toujours des événements
sensationnels pour les spectateurs qui
vienuent quelquefois de loin pour
assister aux combats exactement com-
me il se passe de nos jours à Tanana-
rive lors des matches de rugby entre
les équipes championnes de la capi-
tale.

Les champions ont leurs coups
favoris et n'ont presque jamais la même
façon de lutter, ce qui augmente d'une
manière aiguë la curiosité des assis-
tants et les =oucis des parieurs car
oc panait aussi dans ces rencontres
sans parler des angoisses des parents
et des supporters.

Dans les villages, toute réunion est
un prétexte pour faire battre deux
champions.

Or, à une réunion à l'occasion d'un
kabary au cnef-iieu du faritany, deux
champions répuies du « diamanga »
s'étaient trouvés présents. L'on s'at-
tendait à voir uue oelle lutte et aussitôt
te kabary terminé, des pourparlers
s'ébauchaient en vue de l'organisation
d un combat entre les deux champions
qui ne s'étaient jamais rencontrés et
ne se connaissaient pas suffisamment.
L'un des lutteuis, cepenaant, n'étant
pas en forme et ayant ouï dire de la
force des coups de l'adversaire, ne
paraissait pas enthousiasmé. Mais
pressé par les organisateurs lesquels,
dans leur impatience de voir un beau
combat, employaient toutes sortes de
moyens : des menaces, des mots
tlatieurs et même des phrases ironi-
ques afin de piquer au vif son amour-
propre, le champion finit par accepter
de luner. Et cependant, l'on vit bien
qj il n'avait pas l'air décidé contraire-
ment a son habitude.

Le combat commençait et dès le
premier coup lancé par l'adversaire, le

champiftn mal en t'tirmft lp. reçut wariQ
pouvoir le parer tellement le coup était
rapide et d'une violence inouïe, que le
coudej du bras droit se luxa. San=
demander son reste, notre champion
quitta la scène en maintenant le b ras
liesse et se rhabilla tout en marmon-
nant : « Maintenant je vois pourquoi
j'étais mal en train ! »

Cette expression est demeurée en
u-age parmi les habitants de l'endroit
t-. on l'emploie pour excuser l'échec
c une entreprise l'on s'était lancé
:- us enthousiasme ni conviction, com-
;■.•_• si l'on pressentait son issue.

N'EXAGERONS PAS !

« La Dépèche de Madagascar »
cavre toutes ses colonnes à tous les
^ orts sans SJ préoccuper des divers
t juits de vue émis.

Mais voici que peu à peu, nos hono-
rables correspondants, sans doute à
; cause de la saison des élections, lâchent
1 peu à peu le sport tout court pour
entrer dans la chronique... électorale.

i A Tananarive, le Blackboulé n'est
, pas content. Aussi donne-t-il à ses
; concurrents l'emploi de procédés élec-
. toraux qui ne sont pas, est-il besoin
i de le dire, dans la manière de nos
. amis dirigeants de la Fédération. Ne
. vous fâchez pas, mon vieux blackboulé
: et admettez avec nous que la Fédéra-

tion a bien choisi et que les élections
i ont été tout à tait régulières.

Aucun dirigeant ne brigue même

> pas une décoration !
'. Le Sport à Tananarive est entre bon-
1 nés mains et nous félicitons et les élec-
teurs et les élus: MM.VAUrRAIN,

' PAOLI, RAZA.FINDRAMBOA, PON-
' TUS, NABOUDET, SIBKOWER et
; RvJEMISON.

De Tamatave, on nous envoie une
. mise au point que nous publions bien
. volontiers : le comité travaille, en
, doutiez-vous 'l Lisez :

- Quelles sont ces rumeurs et

ces plaintes contre le nouveau Comité,

auxquelles fait allusion G.P. ; l'au-

> teur de l'article serait sans doute bien
embarrassé pour les préciser.

\ - La réclamation d'un grand club

: local faite directement à la F.F. F. A.

se rapporte à un événement scanda-

' leux bien connu dessportsmen Tama-

taviens et qui s'est déroulé en fin de
1 la saison de foot-ball 1935 ; donc sous

l'égide de l'ancien comité, tandis que
la façon dont en parle G.P. peut lais-
' ser supposer que c'est le nouveau
1 comité qui en serait responsable.
3- Le nouveau comité a déjà tra-
vaillé, en silence c'est certain, mais
sûrement et en parfait accord de vues;
aucun des membres qui le composent
ne se sent " incapable " d'assurer
sa tàihe, comme le pense G. P.,
car avec la méthode et de la bonne
volonté réciproque, cette tâche n'est
pas au dessus de la compétence et du
loyalisme des dits membres.

4" —11 n'y a pas de course à l'hom-
me pour la Présidence et le nouveau
c imité ayant été régulièrement nom-
mé, malgré des abstentions de votants,
il est improbable que M. l'Adminis-
trateur-Maire, fonctionnaire d'ailleurs
d.stingué et sportif, tienne à se mêler
: dune chose qui ne rentre pas précisé-

. niant dans ses attrihutions.

5' M. le Président du comité

! sortant n'a pas été " débarqué" com-

1 me l'affirme à tort G. P. puisqu'il
s'est retiré de lui-même en ne se re-

1 présentant pas alor de l'assemblée gé-
nérale du 26 Décembre, ayant même ap-
puyé son désir de non réélection en
spécifiant qu'il ne faisait plus partie
1 aucun club alors que les règlements
de la Fédération sont formels à ce su-
jet.

En résumé, dans quel but G.P.
déeulore t-il ainsi la vérité % A défaut
de critique justifiée, c'est sans doute
pour avoir la satisfaction de noircir
du papier.

Et maintenant : Vive le Sport et les
nouveaux élus !

DRIBBLING

E ::Û VARIÉTÉ

Lanière d'après Jaip déporter
IZ^L le ebapeau

"^— Le jeune lomme timide, le mari
mluençaole, le peut vieux bien propre
e> qui voudrait vivre autrement que
par ses souvenirs sans pouvoir le ma- ;
ci:ester, le sage aimant la vertu par
souci du moindre effort, le magistrat
<.„;;s imagination, le fonctionnaire i
d;-une à n'avancer qu'à l'ancienneté i
po ient, en général, le chapeau bieu <
d ^iomb. '

- _ Le songe-creux, le prodigue, le
T^.'-.j amoureux, incandescent et tra-
^ '.'." le botaniste, le type qui a tou-
f0,'.■'•, perdu quelque cnose et qui ne
vo. "ait danser qu'avec sa soeur, ne
eiiw -ce pas.

—Le joyeux luron, intéressé à tout ;
et --jaiaut qu,on s'intéresse à lui, i
autant les honneurs et les plaisirs, '
co< uét, bien fait, le Français moyen '
avec ou sans pipe, celui qui se croit ,
un ideini-héros parce qu il a deux
eniauts et qui donne des conseils a (
tou. le monde parce qu'il doit en
élever cinq, incline son chapeau sur ;
l'oreille moite.

Le fantaisiste, qui vit a peine »
dans son siècle, l'inciime plutôt sur £

I'°re! e urnide ahurissant, bipède de- é
firent ^ =ur toute la ligne, le met sou-
vmft sens derrière devant et quand t
il s'en aperçoit, il lui fait faire un
tour complet et le remet encore à 1

l'envers. , - v

L'homme bruyant audacieux par c

secousses, péroreur, heureux de vivre,

digérant tout, méprisai.!; les gens au t

nouvoir sans aller jusqu'à les ignorer, d

Homme, qui*jplisse son front avec f

mobilité au rire de ses idées, me

plutôt son chapeau en arrière.

f —Mais celui qui ne se démonte ja

mais, le lutteur imb ittable, le typ

aax arguments multiples ; le logiciel

qui, pour n'avoir pas tort ne s'arrêt

i devant rien celui ia enfonce toujour

Ï son chapeau sur les yeux. Si, de sur

î croit, il a le nez trop pointu, un de ce

- nez en vrille capable de trouer comm:

: une poèl a marrons le sein d' une nou<

t rrice, n' y mettez pas d' amour-propre

: n'entamez pas de discussion et 1<

i mieux que vous puissiez faire... c' es

i de lui tirer votre chapeau pour pren

dre congé. E

s

La beauté va trois par
trois

Latemme, pour être belle, doit d'à-
i près un auteur italien du XVe siècle,
réunir les conditions suivant»*, les-
quelles vont rigoureusement trois par
[ trois. Qu'on en juge :
, Trois clioses blanches : la u, les
mains, les dents;
Trois choses noires : les yeux, !••
1 cils et les sourcils;

. Trois choses roses : les livres, les
gencives, les ongles;

Trois ^choses longues : la vie, les
, mains, les cheveux.

Trois choses courtes : les dents, les
oreilles, la langue;

Trois choses larges : le front, las
épaules, l'intelligence;

Trois choses étroites : la taille, la
bouche, la cheville;

Trois choses délicates : les doigts, les
lèvres, l'esprit ;

Trois choses rondes : le bras, la jam-
be, le dos.

Maintenant, chères lectrices, allez
à votre miroir et... constatez, sans tou-
tefois prendre à la lettre les conditions
de l'auteur italien, car il y a tant d'autres
façons de plaire,,,

HISTOIRE LOCALE /

Andriamanaisoarivo, roi Sakalava

1690 1720

par Alexi» Rakrto

L

; Andriamandisoarivo, est le nom pos-
' thume du deuxième Sis d'Andrianda-
hifotz, le vrai fondateur de l'hégémonie
t Sakalava. Il s'appelait Toedefona lors
. de son enfance, nom qui fut changé
' contre celui d'Andriantsimanatoana et
' que nous retrouvons dans les ouvrages
. anciens concernant Madagascar, no-
1 tamment ceux de Grandidier.

- Andriamandisoarivo, n'avait pas

- reçu de royaume en partage et dût de
» ce fait, se constituer sujet de son frère.

Cela blessa si profondément son
s amour-propre qu'il ne tarda pas à ou-
rdir un complot contre le roi, et après
avoir obtenu le serment de fidélité du
\ huit cents gureriers Sakalava, il es-
saie d'arracher le pouvoir à son frère
' aîné, Andriamanetiarivo; mais celui-
j ci lui infligea une telle défaite, qu'il
fut obligé de s'enfuir. Il alla donc
dans le Nord avec son armée il fit
8 sans grand succès la guerre au seig-
1 neur d'Ampombitokana (Bombetoka).

Les Sandrangoaty et les Manana-
t dabo qu'il a pu soumettre, et dont la
majorité fut emmenée en captivité, se
' soulevèrent à Katsepy; les uns se son
L noyés dans la baie de Bombetoka, les
autres se sont enfuis dans la direction
du [ac Kinkony, car, dissaient-il s, "
' mieux vaut mourir que d'être esclave
de ses semblables ". Andriamandiso-
arivo s'établit enfin, sur un cap, au
bord de la mer, mais les Antalao-
! tra lui causèrent toutes sortes ve-
; xations et l'entretinrent en de perpé-
' tuelles alarmes.

1 Une tradition dit qu'Aadriamandi-
soanvo fut souvent malade durant cet

te expédition, mais à peine arrivait-il
; au cap mentionné tout à l'heure, que
; sa maladie se dissipa comme par en-
t chantement. Alors, le roi réunit son

* petit peuple pour écouter un discours
, qui peut-être résumé ainsi : " 0 ! peu-
i pie ! c'est ici que je fus guéri, par con-
t séquent je donnerai à cet endroit le
t nom de . Mahajanga qui guérit et

les Sakalava d'aujourd'hui ajoutent
que le mot Majunga est une trasition
L de Mahajanga. Notons cependant,
. deux autres éthymologies de a mot
que des écrivains ont donné : la pre-
[ mière est Moudza Angaïa qui veut dire
. -ute tleuri ; et la deuxième Mouza - n
. Gayeh dont le sens est : lieu de choix.

A peine installé, Andriamandisoari-
vo fait bâtir le doany d'Andriamisara

- furent déposées les reliques d'An-

driamisars et d'Andriandahifotz qui
l fondèrent la dynastie des Volamena ou

Famille d3 l'Or.

Nous croyons qu'il ne serait pas su-
i perflu de dire ici les insignes ro; aies
i d'Andriamandisoarivo, telle que les
: navigateurs de son temps les ont rap-
portées . Ce roi portait sur sa tête une
couronne d'or, dont le haut finissant
en pointe était orné de perles. Sur
ses épaules, d'un côté, était mise en
écharpe une gaze de soie fort claire
et, de l'autre, une chaiue d'argent
passé de même et artistement travai-
llées, pendaient un poisson d'argent
et un coffret de même nature rempli
de caractères et de figures magnifi-
ques. Le reste de l'habit est une robe
de soit à grains, ornée de perles et de
corail.

I Un fauteuil d'ébène garni et ouvra-
d'ivoire, lui servait de trône et
il ne s'asseyait qu'après avoir ôté et
laissé ses sandales près de son siège.

En 1708, deux navires appartenant
à Frédéric Phillips de New-York et qui
venaient à Madagascar pour la traite
des esclaves, passèrent en vue du cap
détail établi Andriamandisoari"o.
Pour attirer l'attention des navigateurs,
ce roi alluma un grand feu qui fut cause
qu'ils envoyèrent à terre quelques
matelots dans un canot.

Le 12 Août 1708, Andriamandisoari
vo reçoit Mr de Champloret que le sieur
de la Merveille, embarqué sur l'un des
deux navires de Frédéric Phillips, lui
envoie pour demander des vivres et
entamer des négociations sur la traite
des esclaves. Le roi consentit à sa de-
mande, sous réserve toutefois que les
étrangers l'accompagnassent en guer-
re.

Après avoir fourni aux deux navires
tous les vivres dont ils avaient besoin,
Andriamandisoarivo part en guerre
accompagné de.vingt blancs ; avec leur
aide et celle des Vazimba conduits par
Bolasily, il s'empara de Trongay il
rit de nombreux prisonniers parmi
lesquels les capitaines eurent l'autori-
sation de prendre ce qu'ils voulurent,
sans rien payer, mais â condition que
leurs hommea accompagneraient de
nouveau le roi et ses sujets dans une
seconde expédition : ce qui fut accepté.
Dès lors, Trongay fut considérée par
les Sakalava comme lieu maudit et le
clan des Bemazava chante même, jus-
qu'à nos jours, le refrain suivant :
« Trongay maha-andevo » (Trongay
est le lieu d'esclavage).

Andriamandisoarivo revint d'une se-
conde expédition en 1709, avec plu-
sieurs milliers d'esclaves et de grands
troupeaux de boeufs. Les capitaines des
deux navires ci-dessus prirent en tout
six mille de ces esclaves qui ne leur
coûtaient que deux ou trois barils de
poudre et quelques fusils, tandis qu'un
boeuf valait un fusil, soixante livres
de riz, vingt-huit onces de poudre.

Grâce au trafic intense qui s'effectuait
entre les étrangers et les Sakalava du
Boina, Andriamandisoarivo a pu acqué-
rir facilemant des armes qui lui ont
permis de soumettre les Antandrona,
les Sihanaka et les Manendy, ce qui
lui. a valu une fin de règne tout à fait
pacifique.

Après sa mort, une partie de son
crâne, de ses canines et de ses ongles,
fut ajoutée au reliquaire royal qui ser-
vira désormais de centre d'intérêt à la
théodicée sakalava. En l'honneur de
ce roi, premier fondateur du royaume
des Sikalava du Boina, le doany de
Mahabo situé à 15 Km. à l'ouest de
Marovoay a été nommé: doany d'An-
driamandisoarivo, quoique son corps
repose à Trongay.

ALEX'S RAKOTO

UN" Lllfl I il M M BEQD1NS

par Hervé LAUWIGK

Jean Batten prononcer : Djinn
revient du Brésil, sur un bateau avec
sa brosse à dents et un pyjama. Nous
en parlions avec plusieurs pilotes qui
ont fait le grand saut une fois, ou plus,
gardant de l'immense étendue mou-
vante et verte, que couvrent des nua-
ges sauvages, un respect silencieux...

One bien fait de la mettre en ba-
teau, me dit l'un d'eux Elle a pu avoir
confiance dans un moteur dont trois
exemplaires et une . semaine viennent
d'aller, l'un au Cap en trois jours,
l'autre au Brésil en deux et demi,
l'autre en Australie en six; on peut
considérer une magnéto comme infail-
lible et croire que la pompe à huile
aura le même coeur vaillant que soi,
mais on ne sait jamais ! C'est une
petite enragée ! Elle n'en est pas moins
admirable...

Celte exquise petite folle me parut
d'abord un petit fou. Un jour, au
London Aéroplane Club, devant un
avion jaune et blanc, je vis un gosse
nuigre, Napoléon à Brienne, sous un
siirre-tête auquel pendaient les habi-
tuels tubes téléphoniques, qui ornaient
toujours le pilote anglais. Ils nous fai-
saient mal aux oreilles, jusqu'à ce
que récemment on les ait garnis de
caouthouc-mousse.

Le petit pilote avait un pantalon gris
qu'il nous fit admirer et qui avait
coûté 14 shillings. «De la très bonne
lianelle», dit-il avec fierté, comme pour
un rouge étudiant à pipe.

Il n'avait pas de pipe, mais rejeta
ses tubes en arrière et le casque sur
son dos, du geste rituel dont on pre-
nait l'hahitude là-bas, et elle parla.
Elle venait de rentrer sous un nuage
vilain et collé près de terre, ce qui
remplace le soleil en Angleterre, et
sourit : « Il ne fait pas mauvais ! »

Cette petite Jean, et non Joan, venait
de l'autre bout du monde. Elle avait
pris un baptême à 15 francs avec King-
sford Smith, l'un des trois premiers
pilotes de l'univers, toujours sans un
sou en ce temps-là, et elle avait senti
que «ça y était », qu'elle vivrait là-
haut !...

Son père était dentiste. Elle ne put
extraire de lui un avion sans douleur.
Alors, elle alla en Angleterre, chez
Haviland, à la source des «zincs».
Elle avait compté devenir professeur
de musique, mais son coeur était déjà
en marche arrière.

Si je vends mon piano, je pourrai
prendre des leçons de vol !

Hélas ! Le brevet lui coûta aussi sa
montre de poignet, les mois suivants
son manteau. Elle acheta un autre
mateau, de cette fourrure que les Espa-
gnols appellent legitimo chacal-renard.
(Nul ne sait ce que c'est.) Et là, elle
eut un coup de veine.

Le vieux biplan AARB, que j'ai bien
connu, avait appartenu au prince de
Galles, à Madeleine Charnaux qui
avait failli se tuer au Maroc - puis à un
M. Dorée qui trouve drôle la gosse au
menton volontaire.

Je vous le vends! dit-il. Avec
crédit d'un an..,

Six mois après elle arrivait en Aus-
tralie, saluée par le mor.de entier pour
un exploit qui battait tous les records,
et comme on disait :

-Joie sans mélange?

-Non! fit-elle, j'ai eu peur. Au-dessus

, de la mer de Timor, qui est un dan-

; cing de requins, le moteur à un «a-

funny little cough ». Une drôle de petite

toux! Il a perdu six cents mètre-.

Il m'en est resté deux cents. J'ai

repris au ras de l'eau. Boni II faudra me
prêter une robe ! Je ne peux pas aller
danser avec mon pantalon à quatorze

. shillings...

Lord Wakefield, comme pour Amy
Mollison, avait payé le carburant. Il
vend de l'huile, c'est pour lui une pu-
: blicité hors ligne. Mais il faut recon-
naître qu'il est généreux.

Ayant « passé » l'oc san, l'autre soir,
1 Jean eut la panne une fois au Brésil.
Son atterrissage fut un triomphe de
, technique et de froide audace, sur un
terrain qui est célèbre par son péril :
requins d'un bord, forêt et serpents
de l'autre... C'est laque vont nos pilo-
tes de ligne, des gaillards carrés. Elle
y a été avec son gentil nez pointu,
son air trop timide pour faire une
bonne institutrice : elle ne serait pas
assez sévère pour les bébés !...

Et elle est illustre. Pourvu que cela
ne la conduise pas à mourir 1 Le jour
est loin où, en panne comme Hélène
Boucher, dès son premier voyage, el'e
dut vendre son compas pour prend- e
le bateau. Ses amis, les gens les plus
obstinés du monde, l'ont baptisée ;
Essayons ! C'est sa devise ; quand elle
a manqué quelque chose, elle y re-
vient, aboutit.

Il m'a semblé que cette devise aide-
rait ceux d'entre vous qui se découra-
gent parfois...

*

Cinquante kilos, cinq kilos de baga
, ges, y compris un petit peigne.
; Amelia Earhart, dont les cheveux sont

indomptables, n'a même pas de peigne
: et pèse 47 kilos. aussi, voyez que
! la force physique n'est rien auprès de
i celle que confèrent ces âmes. (Encore
. une belle leçon; aujourd'hui est mon

jour de prône!) Paquets de nerfs f En
j aucune façon. Têtes froides ! comme

le voulait l'Empereur...

« Ho ! Ho ! Ho ! Je voudrais aller à
Rio avant d'être vieux ! » chante un

personnage de Kipling. Jean, à 26
, ans, l'a atteint plus vite qu'être au

monde. Elle a toujours sa voix de pe-
tite fille et laisse parler les discuteurs,
en se taisant.

Il est possible que sauter un océan
soit un des gestes les plus vains de
l'humanité. «Je le fais pour mon plai-
sir, dit-elle, cela ne vous regarde pas

Si vous avez songé néanmoins à
l'état d'âme de celui ou de celle qui
tire décidément sur la manette, en-
touré de tonnes d'essence, s'élance
vers le vide et les orages, sur ce mon-
de qui bouge et ouvre sa gueule im-
mense et glaciale, sachant bien qu'une
vis desserrée par la vibiation signifie
de douteux articles dans les journaux
de Castelnaudsry, de Suisse et du Ja-
pon, vous admettrez que toutes les
âmes n'ont pas cette force de ressort
tendu et que si beaucoup d'êtres sont
vils, il y a, pour nous réconcilier avec
le monde, de fières orchidées dans ce
pré de chardons.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-96121

Compartir este documento

Permalink hacia este documento

Permalink hacia está página
Reproductor exportable

Estampilla exportable
Enviar por correo electrónico

Blogs y redes sociales

Añadir a mis documentos

null null null
Cerrar esta ventana