Cz REVUE DE LA «Rie ET DU CUISAIS il imxl. Mette! Jacquinot. 1>CQU*0T. Je suis encore in premier mot Yous me hastes tant que merveille. la salai. De nuict si l'enfant, se réveille, Ainsi quefaict en plusieurs lieux» Il faudra Ctre soigneux De vous lever pour le bercer Pour mener, porter, apprester Parmy la chambre et fut minuîct Jacquinot se résigne et sa promesse {tant immédiatement suivie d'effet, voici qu'à la pre- mière injonction il se met i faire la lessive, à tordre le linge, i tendre la buée. Mais tandis qu'il opère, sa femme a la maladresse de se laisser tomber dans la cuve : et comme sa mère est sortie elle n'a d'autre ressource que d'appeler Jacquinot à son secours. On prévoit quelle sera la revanche du mari si mal mené. Au lieu de lui venir en aide il la laisse se mor- fondre en supplications et en cris de détresse. Car, consultant son « rollet » il n'y trouve pas le cas mentionné et reste là feuilletant son par- chemin, ironique et goguenard. La mère, qui finit par rentrer, décide enfin le vindicatif Jac- quinot à lui prêter mainforte pour le secours de sa fille. Non ce ne sera pas sans condition. Il faudra capituler et le mari stipule qu'il ne sera plus question de rollet, que sa femme cessera de le mener à la baguette et qu'il sera maître chez lui. ' Je ne saurais trop admirer le tact avec lequel M. Gassies a mis en scène cette Farce du Cu- vier. En bien des endroits, le manuscrit du xv* siècle effarouche son lecteur. La belle mère y pénètre vraiment trop loin dans les secrets du ménage et Jacquinot se laisse faire la loi en trop de matières. D'autrefois au con- traire, le poète, qui n'a point sans doute l'ha- bitude de la scène n'insiste pas assez et laisse dans l'ombre des traits qui restent sans portée. M. Gassies, avec un sens critique très fin atté- nue ce que nos moeurs plus polies ne nous lais- seraient pas supporter et met au contraire en relief tout ce qui est nécessaire 4 l'effet çomi- 1 que. J'aime bien voir dans la farce de M. Gas- sies certaines observations de la maman Jac- quette n'être glissée que dans l'oreille de Jac- quinot et je ris de bon coeur quand le Jacqui- not moderne demande à son tour qu'on lu fasse chauffer sa chemise. Il ne me déplaît pas de savoir qu'il peut à l'occasion «voir la répar- tie spirituelle. U nui aiii (dictant.) Donner à boire a la bourrique. JACQIÏSOT Je vois que vous songez a vous. D'ailleurs le public du théâtre d'application est bon juge ; et je l'ai vu souligner par des ap- plaudissements tous les passages que l'auteur ajoutait heureusement au texte. La versification de M. Gassies est élégante, facile et surtout spirituelle. Quel joli commen- taire du : « Si Je nuict l'en/anl se riptilU. » ta FEMMr. Et si le marmot en dormant Dans la peur de Croquemîtaine Rêve qu'il est une fontaine. LA MERS. S'il pleure sans vouloir finir Et s'il ne veut pas s'endormir.... u Fixai. Eh bien ! pour calmer ses alarmes Vous devex essuyer ses larmes On ne pouvait se souvenir plus à propos de Racine. M. Gassies a eu le bonheur de tom- ber sur d'excellents interprètes. Monsieur H irch a le sentiment du comique : sa jovia- lité à la fois niaise et bougonne, est d'un bon effet ; il sait souligner. Mademoiselle Tasny, la belle-mère, maman Jaquette.a pour charger son gendre de besogne, une verve et une vigueur qui sont bien amu- santes. Mademoiselle Bertrandfaitune Jeannette bien gracieuse, trop gracieuse même. S'il en avait été ainsi, le pauvre Jacquinot n'eût pas été si malheureux : je m'imagine la fille de maman Jaquette un peu plus revêche. On ne se dé- barrasse point volontiers de sa grice, même sur la scène, lorsqu'on en « autant que Made-