KliVIE DE I.A ISME KT DU RUINAIS 59 études, mais elles n'ont pas l'importance des tableaux précédents de l'artiste. l.a ■• hâte » .1 Chatutt-LinJcrn nous ramène dans le département de Seine-et-Marne. Le peintre, M. Léon Delachaux, expose en même temps un intérieur tcrrlehcn. M. Deîachaux habite le petit hameau de Moncourt, sur les bords du Loin;;, près de Nemours. M. Delambre, de Chailly-Barbizon, étonne et charme tout a la fois par la vérité de ses .. Cherremls ■>. Il est difficile de connaître et représenter mieux cet anima! gracieux et léger, aux allures élancées si insaisissables. Ce n'est pas par hasard et sans étude qu'on arrive a un pareil résultat. M. Delambre vous en dirait quelque chose. S'il connaît si bien les che- vreuils, c'est qu'il en possède un charmant qui gambade dans sa cour. Il le voit à tous les instants de la journée, il l'appelle pour lui donner du pain, et la jolie bête, reconnais- sante des attentions de son maître, l'a aide à produire un très bon tableau. Puisque nous sommes à Chailly, parlons tout de suite de l'aquarelliste Gassies, qui fait partie depuis longtemps de cette colonie de Barbizon qui compte à présent bien peu de noms, M. Gassies, qui passe sa vie à la campagne, au milieu de la plaine ou sous les hautes futaies de la foret de Fontainebleau, connaît profon- dément les paysages agrestes et forestiers et les rend avec toute la délicatesse d'un pinceau consciencieux. Il y a déjà longtemps qu'il fut remarqué pour un de ses paysages au salon. Depuis il a exposé chaque année des toiles très sincères, maïs il semble depuis quelque temps avoir des préférences pour l'aquarelle. La raison est qu'il la fait avec une étonnante faci- lité et ajoutons, avec une grande loyauté — sans • gouacheet sans «ficelles». Cette année M.Gas- sies a envoyé une grande aquarelle, portant un titre qui pour les veneurs n'a rien de réaliste : It Rut ForUJe Fontainebleau. Au haut d'une gorge rocheuse un cerf dix-cors brame, se déta- chant sur le fond très chaud du soleil couchant. Au premierplan une hardede biches attirées mais craintives, s'avancent tendant le cou — Les animaux sont très étudiés. Les arbres ont leur feuillage d'automne. Il est difficile d'atteindre avec l'aquarelleà cette vigueur de tons. — L'autre cadre renferme quatre aquarelles variées représentant divers effets dans la forêt de Fontainebleau. G. n. I.K PRIHURH DE (ÎRANDCIIAMP ORDRE DE CLINÏ CHAPITRE I ORKilVE |)E I'ABOAYE DE CU'NY ILS MOINIS AGR1CILTURS ET SEIGNELRS DE CRANDCHAMP Au xr siècle, dit un chroniqueur, la France était couverte de grands bois où l'on n'enten- dait que les voix stridentes des chasseurs et des chiens. Un jour de l'année 009 que Guillaume- le-Pieux, d.:c d'Aquitaine, voyageait dans une forêt de la Bourgogne en compagnie de Bernon, abbé des monastères de Baune et de Giopry, l'abbé dit au duc : maître, nous sommes tien ici, chassez les chiens et faites venir des moi- nes; vous savez que! profit vous demeurera des clameurs des chiens ou des prières des moines. La demande plut au duc qui fonda Cluny. Ce monastère, dans la suite, donna des sa- vants, des architectes, des peintres, des méde- cins, des ambassadeurs, des évèques, voir mémo des souverains et des papes. ,. Kayez Cluny du xl* siècle, dit M. Viollet- le-Duc, et vous ne trouverez plus que ténèbres, ignorance grossière et abus ténébreux; dans cette abbaye prit naissance la civilisation mo- derne, n L'agriculture eut une large part dans l'impul- sion que donnèrent, pendant plusieurs siècles les moines clunisïens. Ceux-ci devenus, grflee à la générosité des rois et de; seigneurs, pos- sesseurs de nombreuses terres, fondèrent par toute la France des établissements agricoles. La Brie, au xi° siècle, couverte encore dans bien des cantons de landes, de friches et de forets réclamait le concours de ces moines aussi intelligents que laboriejx. L>ès cette épo- que, nous les voyons en plusieurs endroits de notre région, notamment dans un domaine 3u'ils ont défriché, auquel ils ont donné le nom e Grandchamp et au centre duquel ils ont construit un monastère. Dans la suite des temps jusqu'au XV siècle, fidèles à leur mission de défricheurs, ces moi- nes tirent acquisition de nombreuses terres alors sans valeur qui se trouvaient dans les cantons circonvoisins : en n;o, ils achetèrent 100 ar- pents de bois au lieu dit La Forêt; en 1256, 4 arpents de pré et Saulaie près la Colombette : en 12"), 1- arpe.its de friches surCocherel, en 1 j;8, 1.0&0 arpents de landes et buissons a La Trousse, Kutel et Béyu-le-Guerry; en