


Titre : De la Nature. Par J. B. Robinet. Tome 4 / [...] Tome premier [ - quatrième ]
Auteur : Robinet, Jean-Baptiste-René (1735-1820)
Éditeur : A Amsterdam, chez E. van Harrevelt. M. DCC. LXIII [ - M. DCC. LXVI ]
Date d'édition : 1763-1766
Contributeur : Van der Schley, Jacob (1715-1779). Illustrateur
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 4 vol. (XVI, 338, [2] ; XVI, 443 ; LVI, 287, [1] ; [4], 4, 284 p., 6 f. de pl. gr.s.c.) : ill. gr.s.c. (front.) ; in-8
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5424115j
Source : Bibliothèque nationale de France, R-11532
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb312282807/description
Provenance : bnf.fr
Description : Comprend : Dialogue sur les bornes du monde, traduit du latin de Samuel Werenfels,...; avec la dissertation sur la figure du monde, par le même ; Catalogue des livres qui se trouvent chez E. van Harrevelt
| CHAPITRE I. La Nature ne va point par Sauts. Ce premier axiome de la Philosophie naturelle admis et contredit par les mêmes Naturalistes | page 1 |
| Il est peu de naturalistes qui ne soient coupables de cette inconsequence. Ils conviennent tous en gros que la Nature ne fait point de fauts, que tout y est très-finement nuancé, sans interruptions & sans lacune. Puis ils lui font faire des fauts étranges; ils remplissent tout de vuides, de sorte qu'au lieu d'un système lié, ils ne nous donnent qu'un amas de petits systèmes partiels sans liaison entre eux. | |
| CHAPITRE II. Exemple. | 3 |
| Je dirai avec tous les égards dus à un aussi habile Naturaliste que Mr. de Buffon, qu'il me semble avoir donné dans l'inconséquence dont je viens de parler en disant dans un endroit de son ouvrage immortel, que la Nature descend par degrés & par nuances imperceptibles de l'animal qui nous paroit le plus parfait à celui qui l'est le moins, & de celui-ci au végétal; tandis qu'il prétend dans un autre endroit qu'il y a un animal d'une nature entièrement différente de celle des autres animaux, un animal qui forme une classe à part, infiniment éloignée de toutes les autres especes animales, en un mot que la Nature fait un très-grand saut en passant de l'homme au singe. | |
| CHAPITRE III. Autre exemple. | page 3 |
| Mr. Bonnet Auteur du Livre intitulé; Contemplation de la Nature, s'y déclare partout pour un grand amateur de la loi de continuité, loi qui lui semble universelle; & dès le commencement de ce même Ouvrage il la contredit formellement par la division qu'il nous donne des Etres en quatre classes générales, savoir, 1. les Etres bruts ou in-organisés; 2. les Etres organisés & in-animés; 3. les Etres organisés, animés & irraisonnables; 4. les Etres organisés, animés & raisonnables. Mais quelle continuité, quelle liaison peut-il y avoir entre l'organisé & l'in-organisé, entre l'animé & l'in-animé, entre le raisonnable & l'irraisonnable? | |
| CHAPITRE IV. De la loi de continuité. | ![]() |
Cette loi consiste en ce que deux Etres voisins dans l'échelle universelle se touchent d'aussi près qu'il est possible, d'aussi près que le passage de l'un à l'autre ne puisse admettre ni Etre intermédiaire ni aucun vuide. Cette loi met une telle liaison entre les Etres que chacun est le produit imm diat, précis, & nécessaire de celui qui le précede. | |
| CHAPITRE V. De la force du principe de continuité sur l'esprit des philosophes qui l'ont admis. Leibnitz. | ![]() |
| "Les hommes, disoit Leibnitz, tiennent aux animaux, ceux-"ci aux plantes, & celles-ci derechef aux fosilles qui se "lieront à leur tour aux corps que les sens & l'imagination "nous représentent comme parfaitement morts & informes. "Or puisque la loi de continuité exige que, quant les dé"terminations essentielles d'un Etre se rapprochent graduel"lement de celles du dernier, il est nécessaire que tous les "ordres des Etres naturels ne forment qu'une chaîne, dans "laquelle les différentes classes, comme autant d'anneaux, "tiennent si étroitement les unes aux autres, qu'il est im"possible aux sens & à l'imagination de fixer précisément "le point ou quelqu'une commence ou finit: toutes les "especes qui bordent ou qui occupent, pour ainsi dire, les "régions d'inflexion & de rebroussement devant être équi"voques & douées de caracteres qui peuvent se rapporter "aux especes voisines également..." Telle étoit la force du principe de continuité sur ce Savant. | |
| CHAPITRE VI. Ce qu'il faut penser de la conjecture de Mr. de Maupertuis sur les interruptions apparentes dans l'échelle des Etres naturells. | page 9 |
| Il s'agit ici d'un passage de Mr. de Maupertuis qui croyant appercevoir des interruptions dans l'échelle des Etres naturels, en attribuoit la cause à une cometé qu'il supposoit avoir détruit quelques especes animales de notre terre. La conjecture de ce physicien, toute sausse qu'elle est, ne laisse pas de faire voir combien il avoit médité le principe de continuité, combien il étoit persuadé de la gradation que la Nature a mise entre toutes les productions, puisqu'il aime mieux recourir à un moyen aussi étrange pour romprre la continuité de l'échelle, que de la supposer primitivement & originairement interrompue. | |
| CHAPITRE VII. Des especes, des genres, des classes et des regnes | 12 |
| On continue à développer le mystere de la liaison étroite des Etres, & on recherche en même temps ce qui a pu faire admettre des especes, des genres, des classes & des regnes, quoiqu'il n'existe rien de pareil dans la Nature. On en assigne plusieurs causes, mais surtout la faiblesse de l'homme qui ne lui permet pas d'appercevoir séparément & une à une les nuances délicates qui différencient les individus, & lui a fait prendre une somme plus grande de ces différences singulieres & individuelles pour une différence spécifique. | |
| OBJECTION. Ne doit-on pas regarder comme formant la même espece, les animaux qui au moyen de la copulation produisent leurs semblables, perpétuent et conservent la similitude d'un certain nombre de formes; et ne doit-on pas regarder comme appartenant à des especes différentes les animaux entre qui la copulation est tout à fait stérile, ou au-moins ne donne que des monstres incapables eux-mêmes de rien produire en se joignant à quelque Etre que ce soit. | 15 |
| REPONSE A CETTE OBJECTION. | 16 |
| CHAPITRE VIII. De l'unité et des variétés du systême naturel de l'Etre. | ![]() |
| De l'Etre prototype de tous les Etres. | |
| Il n'y a qu'un seul acte dans la Nature, dans lequel rentrent tous les événements: un seul phénomene dont tous les phénomenes sont des parties liées: un seul Etre prototype de tous les Etres. Il n'y avoit qu'un système naturel possible, tel que devoit être l'effet émané de la cause, renfermant tous les possibles. C'est ce que l'on développe dans ce Chapitre. | |
| CHAPITRE IX. Conséquence nécessaire de la loi de continuité. | page 19 |
| La loi de continuité commence par ranger tous les Etres naturels dans une seule & même classe sans distinction de regnes, en nous faisant conclure que les animaux, les plantes & les minéraux, sont tous des modifications de la matiere organisée, qu'ils participent tous à une même essence, sans avoir d'autre distinctif entre eux que la mesure selon laquelle ils ont part aux propriétés de cette essence. C'est le premier corollaire à tirer du principe de continuité & d'uniformité. | |
| CHAPITRE X. Autre conséquence nécessaire de la loi de continuité. | 21 |
| La liaison de l'animal au végétal suppose que celui-ci partage l'animalité du premier, autant que l'exige le rang qu'il occupe dans l'échelle naturelle, la liaison du végétal au minéral suppose de même que le degré d'animalité propre du végétal se transmet au minéral dans une mesure convenable. puisque dans une continuité in-interrompue d'Etres naturels qui se tiennent d'aussi près qu'il est possible, toutes les qualités essentielles du premier doivent se nuancer graduellement jusqu'au dernier, sans finir tout-à-fait à aucun terme intermédiaire de la suite; le point où une seule d'elles finiroit, seroit un point de séparation qui romproit la coatinuité. |
| CHAPITRE I. De la recherche du caractere distinctif de l'Animalité. | 23 |
| On fait voir comment on a pris jusques-ici pour le caractere essentiel de l'animalité ce qui n'en est qu'une variation, en se formant une idée générale de l'animal d'après des idées particulieres prises de quelques individus. La recherche du caractere distinctif de l'animalité nous mene à une impossibilité manifeste d'exclure raisonnablement aucun Etre naturel de la classe des animaux. | |
| CHAPITRE II. Des formes animales extérieures | page 27 |
| Il n'y a point de forme particuliere affectée spécialement à l'animal | |
| Il n'y a point de forme particuliere exclue de l'animalité | |
| La variété des formes animales prouve assez que l'animalité n'est point asservie à telle ou telle figure | |
| CHAPITRE III. Suite du Chapitre précédent | 29 |
| Des métamorphoses des Insectes | |
| Non-seulement la Nature peut animaliser la matiere sous telle forme qu'il lui plaît, sans exception quelconque; mais elle peut encore faire passer un même individu par plusieurs formes successives qui paroissent très éloignées les unes des autres, & dont pourtant la seconde est engendrée par la premiere, comme elle engendre la troisieme. C'est le phénomene que nous offre la métamorphose des insectes | |
| CHAPITRE IV. Seconde suite. | 31 |
| Métamorphose des Poissons en Grenouilles | |
| Des Grenouilles d'Europe. | |
| Cette nouvelle métamorphose prouve d'une maniere bien sensible combien la Nature se joue des formes. On voit au petit poisson, espece de tétard, pousser successivement des pattes, perdre la queue & changer sa forme de poisson en celle d'une grenouille | |
| CHAPITRE V. Troisieme suite | 33 |
| Grenouilles d'Amboine. | |
| La métamorphose des grenouilles d'Asie se fait de la même maniere que celle des grenouilles d'Europe; mais comme les grenouilles d'Asie sont plus grosses, les progrès du changement sont plus sensibles | |
| CHAPITRE VI. Quatrieme suite | 34 |
| Métamorphose des Grenouilles en Poissons. | |
| Grenouilles d'Amérique. | |
| Toutes les grenouilles, tant celles d'Europe que celles d'Amérique, sont poissons ou tétards avant que d'être grenouilles; mais les grenouilles d'Amérique se rechangent derechef en poissons qui portent le nom de Zakjes à Surinam. Cette double métamorphose offre un vaste champ aux réflexions du naturaliste, & prouve de plus en plus combien l'animalité est indépendante des formes | |
| CHAPITRE VII. Cinquieme Suite. Des Zoophytes. | page 37 |
| Les Zoophytes ou animaux-plantes, ou plantes animales, sont de vrais animaux, mais dont la forme extérieure approche plus du végétal que de l'animal. | |
| CHAPITRE VIII. Sixieme Suite. | 38 |
| Plume-de-mer rouge. | |
| CHAPITRE IX. Septieme suite. | 40 |
| Plume-de-mer à figure de doigt. | |
| CHAPITRE X. Huitieme suite. | 41 |
| Rein-de-mer applatti. | |
Ces trois especes de Zoophytes sont des plus belles & des plus si ulieres. La Plume-de-mer rouge ressemble assez bien par sa figure extérieure, à une plume d'oiseau: sa partie inférieur est nue, ronde, blanche & allongée à peu près comme un tuyau de plume à écrire; l'autre partie est plumacée, à une couleur rouge, & diminue de grosseur jusqu'au bout où elle finit en pointe. Le long du dos, depuis le tuyau jusqu'à l'extérieur supérieur de la tige, il y une rainure comme dans une plume. | |
| La Plume-de-mer à figure de doigt est une sorte de cylindre à peu-près de la grosseur d'un doigt, terminé à sa partie inférieure en une pointe obtuse & tant soit peu recourbée. La partie supérieure est garnie jusques vers les deux tiers ou un peu moins de sa longueur, de cellules ou fourreaux circulaires d'où sortent des suçoirs ou bras de polype, armés chacun de huit griffes que l'animal peut étendre ou fermer à volonté. | |
| Le Rein-de-mer applatti est un Zoophyte qui a la forme d'un rein comprimé: il est d'une belle couleur pourpre. La plus grande largeur de la partie qui représente un rein est d'un pouce, & sa moindre largeur d'un demi pouce. Du milieu de la base de ce corps s'allonge une petite queue rouge, arrondie dans son contour, & d'environ un pouce de longueur: elle est annulaire comme les vers de terre. & le long du milieu, il y a une rainure étroite qui regne des deux côtés, d'un bout à l'autre: elle finit en pointe, avec un petit étranglement environ une ligne avant l'extrémité; mais il n'y a point de trou à cette extrémité, etc... | |
| On peut juger par ces échantillons combien certains animaux s'éloignent des formes animales les plus ordinaires. | |
| CHAPITRE XI. Neuvieme suite. | page 42 |
| Insecte de mer remarquable. | |
| Cet insecte marin a peut-être encore moins l'air d'un animal que les zoophytes précédens. | |
| CHAPITRE XII. Dixieme suite. | 44 |
| Description d'un nouveau Zoophite encore plus extraordinaire que les précédens, nommé par les Naturalistes Anglois qui l'ont examiné, Priapus pedunculo filiformi, corpore ovato. | |
| Extrait d'une Lettre du Dr. Nasmytb au Dr. ARussel, contenant la Relation de la maniere dont ce Zoophyte a été pris. | |
| Rapport de Mrs. Solander, Collinson, Ellis et Russel, contenant l'examen et la description de cet animal attaché à un morceau de rocher par plusieurs racines, à la maniere des plantes. | |
| CHAPITRE XIII. Onzieme suite. | 47 |
| Holothurie, ou Verge marine, nommée Epipetrum. | |
| CHAPITRE XIV. Douzieme suite. | 47 |
| Champignon marin dont le chapiteau est large et ovale. | |
| Voilà encore deux animaux qui n'en ont guere l'air aux yeux de ceux qui jugent de l'animalité sur le modele de quelques individus particuliers. | |
| CHAPITRE XV. Treizieme suite. Des Polypes. | 48 |
Un savant Naturaliste a dit que la figure de quelque animal que ce fut étoit assez différente de la forme extérieure d'une plante, pour qu'il fût difficile de s'y tromper. On oppose à cette assertion les figures des zoophytes décrits ci-dessus dont l'animalité est constatée & qui ressemblent pourtant plus extérieurement à des plantes qu'à des animaux. Mais surtout les petits polypes marins ont été pris pour des fleurs par Mr. de Mar gll, uniquement à cause de leur apparence extérieure. Mr. Trembley a lui-même douté quelque temps de la nature des polypes d'eau douce. Tout cela prouve que la différence des formes entre les substances dites végétales & les substances animales n'est point générale ni assez se sible pour qu'il soit difficile de s'y tromper. | |
| CHAPITRE XVI. Des formes animales intérieures, ou de la structure organique des animaux. | page 51 |
| Il n'y a point d'organisation particuliere affectée spécialement à l'animal. | |
| Il n'y a point d'organisation particuliere exclue de l'animalité. | |
| Après l'examen des formes extérieures animales, on passe à celui des formes intérieures, ou de la structure organique. Le polype est un animal dont la structure organique ne ressemble en rien à celle des autres animaux; il peut de même y avoir un autre animal dont la structure ne ressemble en rien ni à celle ou polype ni à celle des autres individus animés reconnus pour tels; cette diversité de machines animales tout-à-fait différentes les unes des autres peut être portée jusqu'à une progression à laquelle il ne nous est pas permis d'assigner de bornes. Donc il l'y a point de structure organique que nous puissons regarder comme particuliérement affectée à l'animal, à l'exclusion d'aucune autre. Donc l'animalité est également indépendante & de la forme extérieure & de la structure interne. Donc on ne doit pas extérieure & de la structure interne. Donc on ne doit pas chercher, ni dans l'une ni dans l'autre le caractere distinctif de l'animalité. | |
| CHAPITRE XVII. De la Nutrition. | 57 |
| La Nutrition des animaux se fait de tant de manieres, avec tant & si peu d'organes, avec des organes si dissemblables, qu'elle n'offre rien d'assez constant ni d'assez uniforme pour en tirer un caractere distinctif. L'effet est toujours le même malgré la diversité des moyens. Cet effet est l'incorporation des matieres alimentaires à la substance de l'animal, d'où son accroissement & son développement. Cette incorporation seule lui est essentielle; mais la manière dont elle se fait est absolument indifférente. Donc | |
| Il n'y a point de maniere de se nourrir qui soit spécialement affectée à l'animal. | |
| Il n'y a point aussi de maniere de se nourrir qui ne lui convienne. | |
| CHAPITRE XVIII. De l'Accroissement. | 61 |
| Tous les Etres passent de l'état de germe à l'état de développement & de perfection. Tous les Etres croissent, c'est-à dire s'etendent & se développent; tous les titres croissens de la même maniere, savoir, en s'incorporant la matiere de leur nourriture. Ainsi nulle différence entre eux à cet égard. | |
| CHAPITRE XIX. De la Génération. | page 62 |
| Différence dans la génération des animaux, dans leur fécondité, dans leurs amours. Conclusion: | |
| Il n'y a point de maniere de multiplier qui soit particulièrement affectée à l'animal. | |
| Il n'y a point de maniere de multiplier qui ne puisse convenir à l'animal. | |
| On ne trouvera donc point dans la maniere d'engendrer un caractere qui fasse d'une certaine collection d'Etres, une classe à part & essentiellement différente de toutes les autres classes d'Etres naturels. | |
| CHAPITRE XX. De la faculté de se mouvoir. | 72 |
| La faculté de se mouvoir est un secours accidentel donné aux Etres pour satisfaire leurs besoins, surtout le besoin de se nourir; & que par consequent ils ont reçue selon la mesure & l'exigence de leurs besoins. Ceux à qui elle n'étoit pas nécessaire ont du en être privés. | |
| L'état de repos ou la négation du mouvement n'exclut pas plus l'animalité, que l'état de mouvement ou la négation du repos. Il en est de même de la faculté. S'il est une forte de mouvement essentiel à l'animal, c'est un mouvement interne, un mouvement de végétation, un mouvement vital, & ce mouvement est dans tous les Etres. | |
| CHAPITRE XXI. Des sens, du sentiment et de la faculté de sentir. | 74 |
| Sentir, c'est recevoir une impression, un choc, une résistance. Comme il n'y a point d'Etre dans la Nature sur lequel d'autres Etres n'agissent. Il paroit que tous les Etres sentent à leur maniere, ou reçoivent des impressions produites dans eux par l'action d'autres Etres. Le sentiment réduit à son plus petit terme n'est que cette impression; & la faculté de sentir, l'aptitude à recevoir cette impression. Toutes les autres idées que l'on fait entrer dans la notion du sentiment en sont des accessoirs qui indiquent des degrés du sentiment, plus ou moins raffiné, plus ou moins exalté, mais qui n'en constituent pas l'essence. Ces degres peuvent servir a différencier les individus, mais ils ne suffisent pas pour établir des especes, des genres & des regnes. Il n'y a point d'Etres absolument insensibles. | |
| CHAPITRE XXII. Conclusion de ce Livre. | 76 |
| Se nourrir, croître & engendrer, sont les seules propriétés qui caractérisent l'animal; & avec les yeux de la philosophie il est aisé de les voir dans tous les Etres: donc tous les Etres participent à l'animalité. |
| CHAPITRE I. De l'Organisation: ce que c'est qu'un organe. | page 77 |
| QUESTION I. Qu'est-ce qu'un organe? | |
| REPONSE. Un organe est un trou allongé, un cylindre creux, naturellement actif: l'organisation la plus compliquée se réduit à cette idée simple. Le corps humain, le chef d'oeuvre de l'organisation, n'est qu'un système de tubes pliés, arrangés, entrelacés, doués d'une force intrinseque qui résulte de leur structure. | |
| QUESTION II. De quoi un organe est-il composé? Quels en sont les élémens? | |
| REPONSE. Un organe est composé d'autres organes plus petits: ceux-ci d'autres organes encore plus petits; et cela dans une progression convenable à la richesse de la Nature. | |
| CHAPITRE II. Y a-t-il de la matiere brute? Peut-il y en avoir? | 79 |
| Il y a surement de la matiere organique dans la Nature: donc il n'y a point de matiere brute; donc il ne peut pas y en avoir. Ce raisonnement est très concluant parce que le plan de la Nature est un & continu, & que s'il y avoit de la matiere organique & de la matiere inorganique, il n'y auroit ni unité ni continuité. Plusieurs autres considérations prouvent encore l'impossibilité d'une matiere brute; tandis que d'un autre côté on ne peut assigner aucune portion de matiere que l'on puisse dire réellement brute & inorganique. On montre encore qu'une telle matiere seroit une contradiction, & mettroit le desordre dans tout le système naturel. | |
| CHAPITRE III. Continuation du même sujet. | 87 |
| Exposition du système qui admet de la matiere brute dans l'univers. | |
| On copie l'exposition de ce système tel que le conçoit & le développe un de ses plus habiles défenseurs. Mr. Bonnet dans sa Contemplation de la Nature, oppose sans cesse les minéraux qui sont, selon lui, des Etres bruts & absolument inorganiques, aux animaux & aux végétaux qui forment le regne des organiques. Il envisage les uns & les autres sous toutes les faces, par rapport à la formation, à l'accroissement, à la structure, & il ne trouve rien dans les minéraux qui les fasse rentrer dans la classe des Etres organiques: au contraire tout ce qu'il y apperçoit est à ses yeux une raison de les en exclure. L'organisation & l'inorganisation deviennent donc, selon lui, des modifications de la matiere: non-seulement des modifications possibles, mais actuellement existantes dans l'univers. Ses preuves méritent un examen détaillé. On se fait un plaisir de contempler la Nature sous les yeux & dans les vues de cet habile Physicien. | |
| CHAPITRE IV. Examen du système exposé dans la Chapitre précédent. | page 93 |
| Il résulte de cet examen que tout ce qu'on allegue pour prouver que les fossiles sont des Etres bruts, in-organiques, sans vie, sans propriété & sans activité, ou ne prouve rien, ou prouve le contraire. Tout ce qu'on dit des substances organisées se trouve appliquable d'une maniere ou d'autre aux différens minéraux. On fait voir qu'il n'est pas possible d'assigner où l'organisation finit; que la Nature organise encore lorsqu'elle semble ne plus organiser. On anatomise plusieurs minéraux, & l'on y montre l'appareil organique. On discute le sentiment de Mr. Bourguet sur l'organisation des crystaux, & l'on montre qu'il s'en étoit convaincu par l'étude qu'il avoit faite de leur origine & de leur formation, & par la grande connoissance qu'il en avoit. En un mot, on indique partout la foiblesse des raisons alléguées pour prouver l'existence d'une matiere brute dont les particules rassemblées par le hazard, sont supposées très gratuitement former des corps bruts & sans organisation quelconque. | |
| CHAPITRE V. De la différence qu'il y a entre les productions de la Nature et les Ouvrages de l'Art. Parallele de la méchanique artificielle et du méchanisme organique, | 111 |
| L'art assemble & la Nature organise: voilà ce qui distingue les Ouvrages de l'Art des productions de la Nature. Les uns sont formés par la réunion de plusieurs matériaux que l'art taille & assemble: l'art n'exécute aucun ouvrage que par parties. Les produits de la Nature sont entiers, & aussi en tiers en petit qu'en grand: ce sont des touts organiques dont les parties ne se forment point les unes après les autres; mais assemblées dès le commencément dans le germe, elles se développement toutes essemble par l'effet de leur organisme intérieur. Un autre effet de cet organisme c'est que les machines naturelles peuvent en produire d'autres qui leur ressemblent; mais les machines artificielles sont absolument infécondes. | |
| CHAPITRE VI. La matiere est essentiellement organique. | page 113 |
| Toute la matiere n'est que semence, graine ou germes. | |
| L'organisation est une qualité essentielle à la matiere, & elle est la base des facultés communes à tous les Etres, savoir celles de se nourrir, de croître & d'engendrer. Toute la matiere est germe & peut se résoudre en germes. Un germe est lui-même composé d'autres germes, & cela dans une progression descendance inépuisable; de sorte qu'un germe développé, un corps parfait se résout en d'autres germes, lorsque nous disons qu'il meurt, qu'il se corrompt & tombe en pourriture. Tous les germes ne seront jamais développés, parce que la somme en est inépuisable. | |
| CHAPITRE VII. COROLLAIRE. La matiere est essentiellement animale. | 115 |
| La matiere est essentiellement organique, essentiellement douée de la faculté de se nourrir, de croître & d'engendrer: or cette triple faculté est le caractere distinctif de l'animalité: donc toute la matiere est animale. |
| CHAPITRE I. Questions. | 117 |
| Ces questions au nombre de quinze regardent la succession naturelle des Etres & leur enchainement: la distinction des especes: la division de la matiere en matiere morte & en matiere vivante: la différence entre ces deux sortes de matieres: ce qui constitue cette différence: le changement prétendu de la matiere morte en matiere vivante, la mort de celle-ci & son retour à la vie: l'explication des phénomenes dans ce système: la combinaison de ces deux sortes de matieres & le résultat de cette combinaison: le principe des formes: les moules, leur essence & leur origine, etc. | |
| CHAPITRE II. Réponse à la premiere Question. De la succession naturelle des Etres. | page 122 |
| QUESTION. " Si les phénomenes ne sont pas " enchaînés les uns aux autres, il n'y a point " de philosophie. Les phénomenes seroient tous " enchaînés, que l'état de chacun d'eux pour" roit être sans permanence. Mais si l'état des " Etres est dans une vicissitude perpétuelle; si " la Nature est encore à l'ouvrage, malgré la " chaîne qui lie les phénomenes, il n'y a point " de philosophie. Toute notre science naturel" le est aussi transitoire que les mots. Ce que " nous prenons pour l'histoire de la Nature " n'est que l'histoire très incomplette d'un in" stant. Je demande donc si les métaux ont " toujours été et seront toujours tels qu'ils sont; " si les plantes ont toujours été et seront tou" jours telles qu'elles sont; si les animaux ont " toujours été et seront toujours tels qu'ils sont, " etc.? Après avoir médité profondément sur " certains phénomenes, un doute qu'on vous " pardonneroit, ô Sceptiques, ce n'est pas que " le monde ait été créé, mais qu'il soit tel qu'il " a été et qu'il sera." | |
| REPONSE. Jamais la Nature n'a été & ne fera précisément telle qu'elle est à l'instant présent: jamais les minéraux n'ont été & ne seront tels qu'ils sont: jamais les plantes n'ont été & ne seront telles qu'elles sont: jamais les animaux n'ont été & ne seront tels qu'ils sont. La Nature est toujours en travail, toujours à l'ouvrage en ce sens qu'il s'y fait sans cesse des développemens, des générations: il ne s'en fuit pas qu'il n'y ait point de philosophie. La Nature est dans une vicissitude perpétuelle; on peut observer ses changemens & les connoître, cette connoissance est la Science naturelle. La Nature sans cesse à l'ouvrage, opere sans cesse: on peut étudier ses opérations, en suivre la marche & l'enchaînement, les contempler & les connoître; & cette connoissance est la science naturelle. | |
| CHAPITRE III. Réponse à la seconde question. Des prétendues especes | 125 |
| QUESTION." De même que dans les regnes animal et végétal, un individu commence, " pour ainsi dire, s'accroit, dure, dépérit et " passe; n'en seroit-il pas de même des especes entieres? Si la foi ne nous apprenoit que " les animaux sont sortis des mains du Créateur " tels que nous les voyons, et s'il étoit permis " d'avoir la moindre incertitude sur leur com"mencement et sur leur fin, le philosophe a"bandonné à ses conjectures ne pourroit-il pas soupçonner que l'animalité avoit de toute éter"nité ses élémens particuliers épars et confon"dus dans la masse de la matiere; qu'il est ar"rivé à ces élémens de se réunir, parce qu'il " étoit possible que cela se fît; que l'embryon " formé de ces élémens a passé par une infinité " d'organisations et de développemens; qu'il " a eu par succession, du mouvement, des idées, " de la réflexion, de la conscience, des senti"mens, des passions, des signes, des gestes, " des sons, des sons articulés, une langue, des " loix, des sciences et des arts; qu'il s'est écoulé " des millions d'années entre chacun de ces dé"veloppemens; qu'il a peut-être encore d'autres " développemens à subir, et d'autres accrois"semens à prendre, qu'il a eu ou qu'il aura un " état stationnaire; qu'il s'éloignera de cet état " par un dépérissement éternel pendant lequel ses " facultés sortirent de lui comme elles y étoient " entrées; qu'il disparoîtra pour jamais de la " Nature; ou plutôt qu'il continuera d'y exister, " mais sous une forme et avec des facultés tout " autres que celles qu'on lui remarque dans cet " instant de la durée? La Religion nous épar"gne bien des écarts et bien des travaux. Si " elle ne nous eût point éclairés sur l'origine du " monde et sur le système universel des Etres, " combien d'hypotheses différentes que nous au"rions été tentés de prendre pour le secret de " la Nature? Ces hypotheses étant toutes éga"lement fausses nous auroient paru toutes à-"peu-près également vraisemblables. La ques"tion, Pourquoi il existe quelque chose, est "la plus embarrassante que la Philosophie pût se " proposer, et il n'y a que la Révélation qui " y réponde." | |
REPONSE. Comme il n'y a que des individus & point d'especes, il est assez inutile de demander si les especes entieres commencent, s'accroissent, durent, dépérissent & pa comme les individus | |
| De la fécondation des germes, de leur accroissement, développement, & dissolution. Nouvelle résutation de la distinction des especes. La matiere essentiellement animale, originairement divisee en germes. Ordre des développements. Facultés attachées aux formes, etc | |
| CHAPITRE IV. Réponse à la troisieme Question. Toute la matiere est vivante. De la vie des germes | page 129 |
| QUESTION." Si l'on jette les yeux sur les ani"maux et sur la terre brute qu'ils soulent aux "pieds; sur les molécules organiques et sur le "fluide dans lequel elles se meuvent; sur les "insectes microscopiques et sur la matiere qui "les produit et qui les environne; il est évi"dent que la matiere en général est divisée en "matiere morte et en matiere vivante. Mais, "comment se peut-il faire que la matiere ne "soit pas une, ou toute morte, ou toute vivan"te? La matiere vivante est-elle toujours "vivante? Et la matiere morte est-elle toujours "et réellement morte? La matiere vivante ne "meurt-elle point? La matiere morte ne com"mence-t-elle point à vivre? | |
REPONSE. Il n'y a point de matiere morte, c'est-à-dire de matiere brute, inorganique, inactive. J'en ai prouvé l'impossibilité. Toute la matiere est ou un germe développé ou un germe non-développé: dans le premier cas elle vit de la vie de développement, dans le second cas elle que de la vie de germe: car les germes ont une réelle qui est le commencement ou le premier période de la vie des Etres développés. La matiere vivante est toujous vivante de l'une ou l'autre vie. La vie lui est essentielle. Quand on dit qu'un individu meurt, cela signifie seulement qu'un germe développé le dissout en d'autres germes vivans, de sorte qu'après sa dissolution les parties de matiere qui l composoient restent toujours vivantes | |
| CHAPITRE V. Réponse à la quatrieme Question. De la différence qu'il y a entre la matiere vivante, et la matiere prétendue morte. | page 131 |
| QUESTION. "Y a-t-il quelqu'autre différen" ce affignable entre la matiere morte et la ma" tiere vivante, que l'organisation, et que " la spontanéité réelle ou apparente du mouve" ment?" | |
| REPONSE. La différence qu'il y a entre la matiere morte & la matiere vivante, c'est que la matiere morte est une pure imagination, une chimere, une impossibilité, au lieu que la matiere vivante est une réalité qui existe & qui a toujours existé. | |
| CHAPITRE VI. Réponse à la cinquieme Question. Toute la matiere a la faculté de se mouvoir elle-même. | 132 |
| QUESTION. "Ce qu'on appelle matiere vivan" te ne seroit-elle pas seulement une matiere qui " se meut par elle même? Et ce qu'on appelle " une matiere morte ne seroit ce pas une matiere " mobile par une autre matiere?" | |
| REPONSE. Toute la matiere entant qu'organique & vivante a la faculté de se mouvoir elle-même, la spontanéité de mouvement lui est inhérente: elle fait partie de son activité organique naturelle. | |
| CHAPITRE VII. Réponse à la sixieme Question. La matiere ne perd jamais la faculté de se mouvoir | 133 |
| QUESTION. "Si la matiere vivante est une " matiere qui se meut par elle-même, comment " peut-elle cesser de se mouvoir sans mourir?" | |
| REPONSE. Non-seulement la faculté de se mouvoir est essentielle à la matiere, mais la matiere est dans un mouvement perpétuel, toujours en action, & jamais dans un repos parfait. Son activité s'exerce toujours d'une façon ou d'une autre. Que ce mouvement soit sensible ou insensible, local ou non-local, peu importe, il est toujours réel. | |
| CHAPITRE VIII. Réponse à la septieme Question. Une matiere vivante suffit pour la production de toutes les formes et de tous les phénomenes du monde matériel, et une matiere morte en dérangeroit l'économie. | page 134 |
| QUESTION. "S'il y a une matiere morte et " une matiere vivante par elle-même, ces deux " principes suffisent-ils pour la production gé" nérale de toutes les formes et de tous les phé" nomenes?" | |
| REPONSE. Tous les phénomenes s'expliquent par un seul principe, la matiere organique, active & vivante par elle-même. Cette matiere peut prendre toutes les formes, & fournir à tous les développemens. | |
| CHAPITRE IX. Réponse à la huitieme Question. Fausse supposition. Composé bisarre d'individus incompatibles. | 135 |
| QUESTION. "En géométrie, une quantité réel"le jointe à une quantité imaginaire donne un " tout imaginaire: dans la Nature, si une mo"lécule de matiere vivante s'applique à une mo"lécule de matiere morte, le tout sera-t-il " vivant, ou sera-t-il mort?" | |
| REPONSE La Question est inutile: il n'y a point de molécule de matiere morte. Et comment la matiere morte. pourroit-elle s'appliquer & s'adapter à la matiere vivante qui l'exclur & qui n'a aucune sorte d'analogie avec elle. | |
| CHAPITRE X. Réponse à la neuvieme Question. Demande superflue. | 13![]() |
| QUESTION "Si l'aggrégat peut être ou vi"vant ou mort, quand et pourquoi sera-t-il "vivant, quand et pourquoi sera-t-il mort?" | |
REPONSE. Mais si l'aggrégat , il est de demander quand & pourquoi il sera ce qu'il ne peut pas être. | |
| CHAPITRE XI. Réponse à la dixieme Question. Du principe des formes. | page 136 |
| QUESTION. "Mort ou vivant, il existe tous une forme. Sous quelque forme qu'il existe, quel en est le principe?" | |
REPONSE. Il n'y a point d'autre principe des formes que les germes où elles sont destinées en petit; car la forme du corps parfait est e esqui dans son germe, comme le coprs même y est ébauché. | |
| CHAPITRE XII. Réponse à la Question onzieme. Des moules. | 137 |
| QUESTION. "Les moules sont-ils principes des formes? Qu'est-ce qu'un moule? Est-ce un Etre réel et préexistant? Ou n'est-ce que les limites intelligibles de l'énergie d'une molécule vivante unie à la matiere ou vivante; limites déterminées par le rapport de l'énergie en tout sens, aux résistances en tout sens? Si c'est un Etre réel et préexistant, comment s'est-il formé?" | |
| REPONSE. Il n'y a point d'autres moules que les germes qui ne se sont pas formés, mais qui sont la production immédiate du Créateur. | |
| CHAPITRE XIII. Réponse à la douziemé Question. Influence de la matiere du développement des germes sur l'exercice de leur énergie. | 138 |
| QUESTION. "L'énergie d'une molécule vivante varie-t-elle par elle-même, ou ne varie-t-elle que selon la quantité, la qualité, les formes de la matiere morte ou vivante à laquelle elle s'unit?" | |
REPONSE. L'énergie ou la force évolutive d'un germe agit par elle-même selon une certaine mesure & dans des bonnes réglées par sa propre nature. Il n'est par douteux que action ne soit modifiée jusqu'à un certain point par la qualité & la quantité des molécules qu'elle lui approprie; | |
| CHAPITRE XIV. Réponse à la treizieme Question. Variété des germes. | 139 |
| QUESTION. "Y a-t-il des matieres vivantes "spécifiquement différentes des matieres vivan"tes? ou toute matiere vivante est-elle essen"tiellement une et propre à tout? j'en deman"de autant des matieres mortes." | |
| REPONSE. La Nature est trop riche pour se répéter. Il n'y a pas deux particules de matiere semblable, à quelque division que ce soit. Toute matiere vivante n'est pas essentiellement propre à tout. Aucune matiere vivante n'est essentiellement propre à tout. | |
| CHAPITRE XV. Réponse à la quatorzieme Question. De la combinaison de la matiere vivante avec la matiere vivante. | page 140 |
| QUESTION "La matiere vivante se combine-"t-elle avec la matiere vivante? Comment se "fait cette combinaison? Quel en est le résul"tat. J'en demande autant de la matiere "morte. | |
| REPONSE. Comment il n'y a point d'autre matiere que de la matiere vivante, elle ne peut se combiner qu'avec de la matiere vivante. Cette combinaison est l'appropriation de la matiere vivante alimentaire à la matiere vivante qui s'en nourrit. Le résultat de cette combinaison est l'accroissement de la machine dominante. | |
| CHAPITRE XVI. Réponse à la quinzieme et derniere question. Si la matiere passe successivement par un état de vie et de mort? | 141 |
| QUESTION. ."Si l'on pouvoit supposer toute la "matiere vivante, ou toute la matiere morte, "y auroit-il autre chose que de la matiere "morte, ou de la matiere vivante? Ou les " molécules vivantes ne pourroient-elles pas re"prendre la vie après l'avoir perdue pour la "reperdre encore, et ainsi de suite à l'in"fini?" | |
REPONSE. Toute la matiere étant essentiellement organique & vivante, elle ne peut perdre son organisme & sa vie. Ai le passage de la matiere de l'état de vie à l'état de mort, & son retour de l'etat de mort à l'état de vie ne peuvent pas avoir lieu dans le système présent de l'univers. | |
| CHAPITRE XVII. Récapitulation. | page 14![]() |
| Idée du système physique de l'univers. |
| CHAPITRE I. Vue générale de l'Animalité des Plantes. | 144 |
| Les Plantes sont des animaux sédentaires. Appareil de leur organisation. Leur économie vitale. Leur maniere de se nourrir. Leur génération. Leurs maladies. Monstres communs parmi les végétaux. | |
| CHAPITRE II. Il y a plus d'analogie entre certaines Plantes et certains Animaux qu'entre ceux-ci et d'autres Animaux; et de-même il y a plus d'analogie entre certains animaux et quelques Plantes qu'entre celle-ci et d'autres Plantes. | 148 |
L'homme comparé à un arbre. Il y a plus d'analogie entre un homme & un arbre, qu'entre le priapus décrit ci-dessus & un animal quelconque pris à volonté dans la classe des quadrupedes. Description du No stoch. Cette plante, au moins estimée telle par les Naturalistes, a plus d'analogie avec certains animaux, & en particulier avec le polype à forme d'entonnoir, qu'avec les plantes. | |
| CHAPITRE III. De la nutrition et de l'accroissement des Plantes. | 152 |
| Tous les Physiciens conviennent que la nutrition & l'accroissement des plantes s'operent d'une maniere tout-à-fait semblable à la nutrition & à l'accroissement des animaux. | |
| CHAPITRE IV. De la génération des Plantes. Faits remarquables. Générations précoces; générations monstrueuses. | 153 |
Plantes qui ont germé dans des animaux: un épi de bled dans l'estomac d'une femme: des champignons dans le corps d'un homme. Tige chargée de plusieurs champignons trouvée à côté du rein droit d'un homme de cinquante ans. Petite fille née grosse d'un autre enfant. Animaux qui ont enfanté des petits qui eux-mêmes en avoient d'autres dans leur ventre. Oeufs qui en renfermoient d'autres. Générations également précoces dans les plantes. Citrons qui en renferment d'autres. Relation particuliere d'un citron pareil. Poire qui en enfante une autre. Réflexions particulières sur ce dernier fait, dans lesquelles on en donne l'explication. Pomme d'où sort un bouton, & du bouton sortent deux petites feuilles & cinq fleurons auprès des feuilles, garnis chacune de leurs étamines & pistils. Rose monstrueuse, du centre de laquelle s'elevoit une branche de rosier, telle que les nouvelles ou bourgeons des rosiers, autre production sensible d'une fécondité prématurée. Relation d'une autre rose monstrueuse. Monstre végétal encore plus singulier. Trois roses qui s'élevent graduellement l'une sur l'autre & l'une de l'autre le long de la même tige. | |
| CHAPITRE V. Conjectures sur le sentiment et la connoissance des Plantes. | page 159 |
| On commence par faire voir que, quand même les plantes ne nous donneroient aucun signe de sentiment & de connoissance, nous ne serions pas en droit de nier qu'elles en eussent. On examine ensuite si elles laissent échapper quelques indices de sensibilité & d'intelligence. La sensitive. Fleur de l'isle de Ceylen, nommée par les insulaires Sindrik-mal. Plantes dont les feuilles sont certains mouvemens à l'aspect du soleil. L'Acacia qui replie ses feuilles en-dessus à la chaleur du soleil, & en-dessous à la fraicheur de la nuit. Essorts des plantes pour reprendre leur situation naturelle lorsqu'on la force en leur donnant des directions opposées. Leur instinct à choisir dans la rencontre de deux veines de terre, celle qui leur convient le plus. Industrie des plantes renfermées dans des serres ou des caves, à se tourner & se diriger vers les fenêtres & les soupiraux, comme pour y aller chercher l'air dont elles ont besoin. Tous ces faits & plusieurs autres interprétés en faveur du sentiment & de la connoissance des plantes. Nouvelles vues sur la génération des plantes & la dose de volupté dont cet acte est accompagné chez elles. La question décidée par l'analyse du sentiment & de ce qui le constitue. De la connoissance en particulier. Si une existence dénuée absolument de tout sentiment & de toute connoissance, est prossible? Le sentiment des plantes est très foible. & leur intelligence très - confuse & très-obtuse. L'un & l'autre sont tels qu'ils conviennent à la nature de ces Etres. | |
| CHAPITRE VI. De la Mouche végétale. | 171 |
| Extrait de l'Apparat pour l'histoire naturelle d'Espagne, Tome I. par le P. Torrubia, contenant une Relation de la Mouche végétale. | |
| Relation de l'insecte appellé Mouche Végétale, par Mr. William Watson, Dr. en Médecine, membre de la société Royale de Londres, luc dans l'Assemblée du 24 Novembre. | |
| Description de la Mouche végétale, par Mr. Newman Officier au Régiment du Roure | |
| Lettre du Docteur Hill contenant l'explication de ce phénomene. |
| CHAPITRE I. De la vie et de l'économie des Fossiles | page 176 |
| En recherchant le caractere distinctif de l'animalité, nous avons trouvé qu'elle étoit absolument independante des formes; qu'elle n'étoit attachée ni à tels organes, ni à leurs analogues, ni à telle économie particuliere, ni à telles propriétés, toutes ces choses ne formant que des différences individuelles. Nous nous sommes convaincus surtout qu'il pouvoit y avoir, qu'il y avoit en effet, plusieurs degrés d'animalité au-delà de la portée de nos sens. Mais il est essentiel à tous les animaux de se nourrir, de croitre & d'engendrer; & nous avons réconnu que les pierres, les métaux & toutes sortes de fossiles étoient des corps organiques, composés de solides & de fluides, & doucs de la triple faculté de se nourrir de croître & de multiplier par un principe intérieur vital, comme les autres animaux placés au-dessus d'eux dans l'échelle universelle des Etres. Nous avons ainsi constaté l'animalité des fossiles. L'on offre ici le tableau des différens âges de leur vie, de leurs facultés & de l'exercice de ces facultés, &c. | |
Premier âge de la vie des fossiles ou leur enfance, qui est pour eux, comme pour tous les animaux, un temps d'imbécilité & d'imperi ction. Divers traits de leur enfance, considérés dans les animaux métalliques. Leur accroissement; comme ils parviennent successivement à leur maturité, temps auquel ils jouissent de la perfection de leur être & du plein exercice de leurs facultés. On fait voir que leur accroissement se fait selon toutes leurs parties formelles ensemble, ce qui ne peut convenir qu'à un corps organique vivant. | |
où de petits argents s'étoient moulés en végétant. Ba quette d'argent sortant de terre, qui surpassoit d'une coudée la hauteur d'un homme. Autres végétations d'argent. Seps de vigne avec des fibres d'or communs en Hongrie. Racines d'un arbrisseau chargées de filets d'or qui s'y étoient entortillés. Arbrisseau d'or pesant douze livres. | |
Proportions exactes & très fidelement observées entre les differentes périodes de la vie des fossiles. Leur âge mûr. Contemplation abrégée de quelques-unes de leurs fa les plus sibles, d'où l'on tire de nouvelles preuves de leur animalité, & des conjectures sur leur maniere de sotir & de connoitre selon l'espece & la proportion de leurs organes. On se rend attentif aux signes qu'ils en donnent. Les procédés des mineraux ne sont pas tout-à-fait solitaires, puisqu'il y en a qui s'entre-communiquent leurs , qui agissent les uns sur les autres, qui se recherchent, qui se repoussent, qui se soutiennent par la communication. N'est-ce pas là de la perfectibilité, & une espece de société, telle que leur nature la comporte? | |
| Dernier âge de la vie des fossiles, leur vieillesse qui a la même cause que celle des autres animaux. Comment-ils perdent leurs facultés en vieillissant. Leur mort. | |
| CHAPITRE II. Doutes sur les Corps dits pétrifiés. | page 196 |
| Histoire abrégée des pétrifications. | |
| Relation détaillée d'un Elephant prétendu pétrifié, dans laquelle l'Auteur après avoir rapporté le sait, s'attache à montrer que tous les attributs des os de l'éléphant convenoient au squelette découvert. Il établit ensuite que ce n'était point la une fossile minéral, mais que c'étoit réellement un animal pétrifié. Enfin il recherche commen ce colosse avoit pu être transporté & enseveli dans l'endroit où il a été déterré. | |
| Envie démesurée de tout expliquer, même les choses reconnues pour fausses. Exemple de Démocrite applicable aux partisans du système des pétrifications. | |
| Espece d'incrustation pierreuse qui n'est pas une vraie pétrification. | |
| Ce qu'on peut appeller une pétrification proprement dite. | |
| Plusieurs raisons qui prouvent l'impossibilité des pétrifications. | |
| De la ressemblance des formes, principal fondement au systéme des pétrifications. | |
| Ce systéme pose sur une base bien foible. On fait voir d'abord que cette ressemblance est très-peu de chose, qu'elle est très-imparfaite & très-équivoque, au jugement même de quelques-uns des naturalistes qui admettent des pétrifications; on prouve ensuite que, quand elle seroit aussi réelle que quelques autres le prétendent, on n'en pourroit rien conclure légitimement en faveur du système des corps pétrifies. Examen des principes exposés par Mr. de Reaumur dans ses observations sur les mines de turquoises qu'il prétend être des os & des dents d'animaux pétrifiés. On prouve en troisieme lieu que la ressemblance de figure de certains corps pierreux avec des parties de végétaux & d'aminaux, loin d'être une preuve que ce sont ces parties-là-même pétrifiées, elle prouve le contraire, puisque la destruction de la forme d'un corps pétrifié, c'est-à-dire assimilé à une substance organique pierreuse, est un préalable nécessaire à cette pétrification ou assimilation. Ainsi croule le principal fondement de ce système imaginaire. Examen d'une tête humaine prétendue pétrifiée. | |
| Des coquilles prétendues pétrifiées. | |
| Les nautiles, les cornes d'ammon, les huitres, les oursins fossiles, et ne sont point des pétrifications, mais des productions fossiles naturelles, nées & accrues dans la terre, & provenues de germes particuliers, comme les autres pierres. | |
| Des pierres empreintes des figures de plantes, d'insectes et de poissons. | |
| Examen des différens systèmes sur ces pierres, & des différentes explications de leurs empreintes. On les compare aux dendrites ou pierres naturellement & originairement arborifées, & l'on conclut qu'elles rentrent dans la même classe. |
| CHAPITRE I. La Terre, l'Eau, l'Air et le Feu sont des substances organiques. | page 213 |
| CHAPITRE II. Des Animalcules Terreux, de leur vie et de leurs facultés. | 214 |
| Caractere des animalcules terreux. Leur reproduction par la division de leurs parties, à la maniere des polypes, & par une graine ou semence comme les autres especes animales. Leur maniere de croitre & de se nourrir. Leur âge mur. Exercice de leurs facultés. Leur vieillesse & leur dépérissement. | |
| CHAPITRE III. De l'Eau et de ses particules animées. Observations de Leeuwenboek qui prouvent l'animalité des moindres particules aqueuses | page 215 |
| Premiere espece de vermisseaux découverts par Leeuwenhock dans de l'eau de pluie: leur forme & leurs mouvemens. Seconde espece plus grosse & d'une configuration différente. Animaux d'une troisieme sorte, huit fois plus petits que les premiers, & deux fois aussi longs que larges. Autres animaux dont la figure étoit extrêmement difficile à reconnoitre, ou plutôt ne pouvoit être déterminée à cause de leur petitesse. Cinquieme espece d'animalcules aqueux les plus gros de tous. | |
| Nouvelles expériences suivies de phénomenes semblables. Résultat. La substance de l'eau est animée & vivante comme tout le reste de la matiere. Réproduction des germes aqueux dans l'air à une certaine hauteur de l'atmosphere. Des pluies occasionnées par des générations de l'eau. Pourquoi il tombe plus de pluie qu'il ne s'éleve de vapeurs. Nourriture des animalcules aqueux: leur accroissement. De la rosée. Pourquoi l'eau la plus pure est la plus transparente & la plus insipide. | |
| CHAPITRE IV. Nouvelles observations ur les animalcules aqueux | 221 |
| Découvertes de Nieuwentyt | |
| Répétition des Expériences de Leuwenbock | |
| CHAPITRE V. Essai d'explication de quelques phénomenes par le système des Animalcules aqueux | 225 |
| Eau douce puisée dans la mer à quatre ou cinq brasses de profondeur, ou même à trois brasses de la surface. Explication | |
| Du débordement du Nil et des circonstances qui l'accompagnent | |
| Hydropisie extraordinaire, rapportée par le célebre Mead, et qu'on ne peut guere attribuer qu'à une multiplication prodigieuse des animalcules aqueux | |
| CHAPITRE VI. De l'organisation, de la vie et de l'économie des Corpuscules Aëriens. | 228 |
| Le ressort de l'air se conçoit facilement en se représentant les animalcules aëriens comme des vermisseaux pliés en terme de spirale avec la faculté de se refferer et de s'etendre. Tous les phénomènes du ressort de l'air s'expliquent commodément par le jeu de ces petits animaux. | |
| De la raréfaction de l'air & de la condensation. De la viscosité & de l'adhérence de ses particules entre elles & aux corps étrangers. Tout cela s'explique encore par le jeu & l'instinct des animalcules aériens; ainsi que l'aptitude de l'air à transmettre le son & à propager avec la plus grande précision tous les tons & tous les accords. | |
| CHAPITRE VII. De la matiere du Feu, ou des Animalcules ignés. | page 230 |
| Que l'activité de la matiere éclatte davantage à mesure qu'elle se subtilise. | |
| Les germes, ou Etres principes, sont les plus petits et les moins composés, et en même temps les plus actifs et les plus forts. | |
| Le feu est le seul fluide proprement & essentiellement tel, & tous les autres fluides ne le sont que par lui. Une des facultés distinctives des animalcules ignés est de mettre & d'entrenir en fusion tous les autres corps. Comment ils exercent cette faculté. Ils ont encore celle d'entretenir la chaleur & la vie dans le corps animal. Expériences de Mr. Howke par lesquelles il a trouvé que les petites particules de feu étoient des atômes ronds & brillans, c'est-à-dire, selon moi, de petits vers luisans & brûlans. Explication de divers phénomenes concernant la chaleur & la lumiere. Phosphores. Des sept rayons de lumiere & de leur diverse réfrangibilité. | |
| CHAPITRE VIII. Extrait du système d'un Médecin Anglois sur la cause de toutes les especes de maladies, et leur cure. | 234 |
| I. De le Cause des différentes maladies. | |
| Notre Médecin Anglois attribue toutes les maladies à l'action de divers insectes ou vermisseaux malins tant sur les solides que sur les fluides du corps humain. Il admet donc des animalcules siévreux, rhumatisans, véroliques, etc. | |
| Premier exemple. | |
| Il s'agit de la fievre tierce ou quarte, & de l'économie des animaux fiévreux qui la causent, & produisent tous les accidens dont elle est ordinairement accompagnee. | |
| Second exemple. | |
| Il s'agit des douleurs de rhumatisme & des animalcules rhumatisans auxquels on en rapporte la cause. | |
| Conclusion. | |
| ADDITION. Insectes ailés apperçus dans les bubons des pestiférés: ce sont eux qui vont porter partout la contagion de la peste. De la gangrene que l'on avoit soupçonnée être produite par un amas de vermisseaux qui mangent & rongent les chairs. De la petite vérole. La génération des insectes varioliques pourroit bien être la principe & le fondement de l'inoculation. Expériences à ce sujet. | |
| II. De la guérison de différentes maladies. | |
| Dans le système du Philosophe Anglois la guérison des différentes maladies s'opere par l'action des animalcules que contiennent les remedes (car les plantes & les minéraux en fourmillent), lesquels vont tuer les animalcules malfaisans qui causent ces maladies. | |
| CHAPITRE IX. Conclusion de ce Livre. | page 239 |
| Concluons qu'il n'y a que le préjugé qui nous empêche de reconnoître l'animalité des particules terreuses, aqueules, aëriennes & ignées, en faveur de laquelle nous avons toutes sortes de présomptions & d'analogies. |
| CHAPITRE I. Essai d'une nouvelle Théorie de la Terre | 241 |
| Combien il est peu raisonnable de regarder la terre comme une masse indigeste où tout est en desordre & en confusion. Les philosophes qui l'ont mieux étudiée & examinée avec plus de soin, y ont découvert un mélange très-savant de différentes matieres. Ce qui nous rend l'organisation & l'animalité de la terre méconnoissables. Comparaison propre à faire sentir que le globe terrestre peut très-bien être un animal, sans qu'il nous paroisse tel à la premiere vue. La terre comparée aux plus grands animaux. Divers caracteres de son animalité. De son economie vitale & de ses différens âges. Tout est animé: tout est animal. | |
| CHAPITRE II. Conjectures sur l'animalité des Corps célestes | page 250 |
| Plusieurs Philosophes & plusieurs Théologiens ont admis des ames dans les étoiles & dans les planetes. Il n'y a point de raison qui nous empêche absolument de les regarder comme des corps organiques doués d'une vie particuliere. On peut consulter ce que j'en ai dit dans la seconde partie. Description d'une monstre marin dont le dos ou la partie supérieure a une demi-lieue de circonférence. | |
| CHAPITRE III. Récapitulation générale. | 253 |
| CONCLUSION de tout l'Ouvrage. | 256 |
| Fin de la Table du quatrieme et dernier Tome. |
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