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Titre : Rapport à M. le ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts sur le mouvement poétique français de 1867 à 1900 ; précédé de Réflexions sur la personnalité de l'esprit poétique de France ; suivi d'un Dictionnaire bibliographique et critique et d'une nomenclature chronologique de la plupart des poètes français du XIXe siècle / par M. Catulle Mendès

Auteur : Mendès, Catulle (1841-1909)

Éditeur : Impr. nationale (Paris)

Date d'édition : 1902

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 1 vol. (VIII-204-325 p.) ; gr. in-8

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5415670h

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-YE-248

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30925064s

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 23/07/2008

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Titre : Rapport à M. le ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts sur le mouvement poétique français de 1867 à 1900 ; précédé de Réflexions sur la personnalité de l'esprit poétique de France ; suivi d'un Dictionnaire bibliographique et critique et d'une nomenclature chronologique de la plupart des poètes français du XIXe siècle / par M. Catulle Mendès

Auteur : Mendès, Catulle (1841-1909)

URL de la page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5415670h/f383.image


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Catulle Mendès Mouvement poétique: 269 pages trouvées

p.NP (1)
RAPPORT À M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE J ET DES BEAUX-ARTS 3,9-5-1 ";/' SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS

p.VI (2)
VI offerte, si grave, si périlleuse quelle fût, je l'ai acceptée avec gratitude, sans humilité. Dès le commencement de mon travail, une objection s'est dressée : était-il possible et séant d'étudier le mouvement poétique de trente années environ, en l'isolant de tout ce qui l'avait précédé

p.VIII (1)
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, si elle n'était approuvée par l'auteur du Coffret brisé et de La lyre d'airain. Croyez, Monsieur le Ministre, à mon profond respect. CATULLE MENDÈS.

p.2 (1)
2 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. comme il convient dans ce travail, on envisage — c'est se restreindre à un infini! —la poésie en soi-même, en soi seule, c'est-à-dire le Verbe lyrique ou épique, aucun siècle ne pourra être comparé à celui qui vient de s'achever, puisque, en ces cent

p.3 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 3 eux-mêmes., faisaient danser des ours et des singes savants. La Poésie des troubadours, .était-ce un commencement pu un dép.éjissem.en,t? Faut-il voir en eux la postérité déjà lointaine de ce Yenantius Fortunatus qui, chapelain du couvert.de Badegonde

p.4 (1)
4 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. même, l'amour qui est leur seule raison d'être et de chanter, est soumis à des règles que le chevalier Brito rapporta de la forêt féerique, règles aussi étroites que celles des causés et des sirventes. Leurs coeurs obéissent à un code, comme

p.5 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 5 armées en marche, ils claironnaient l'exemple des héros et de leurs victoires; et c'est de ces odes primitives, perdues hélas! que, non sans ressemblance avec l'ode par les laisses, sortes de stances aux vers monassonants, se formera notre épopée

p.6 (1)
6 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. primitif, qui soit égal â la ChàiisôH de Roland; inertie les énormes épopées que nous léguèrent les âges 1 ittinlénïo'riaux dû inonde, tte contiennent rien de plus grand, ni les épopées plus parfaites de l'ântiquité artiste —- quelqu'un a pii dire, à

p.7 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 7 vers la perfection de la pensée et de la forme, grâce à des poètes de plus en plus maîtres de l'idée et dompteurs du verbe ! Mais ce n'était -pas en ces temps anciens qu'une telle gloire devait nous être permise; l'effort premier n'a pas abouti

p.8 (1)
8 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. o moins que l'humiliation des vassaux par Louis XI, les Cent Nouvelles nouvelles furent une A-ictoire. Le fabliau, c'est de la bassesse qui rit et de la laideur qui grimace. Relisez de te F. Fr. 19162, f. 69 v°n à ctBibl. de Berne, Mss. 3 5 h, fol. 160

p.9 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 9 gueule happe l'os espéré , se referme dessus tout de suite; et si on lui dit : «Tu grondais? —non. je mendiais». Le fabliau, espèce de Fête des Fous de l'esprit, liesse sans conséquence grave, permise par les maîtres et où même ils voient avec plaisir

p.10 (1)
10, RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. paille, de. Thessalie, et par sa consultation auprès de Napoléon 111 sûr le génie de Victor Hugo), eut l'extraordinaire idée dé trouver la source première dé la poésie française; et il ne fut pas loin de croire que l'auteur de Phèdre devait

p.11 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 11 tendri, aux scrupules si douloureux. C'est à peiné s'il accordé, se souvenant dé Là Bruyère parlant de Rabelais, qtie Villon à, dans le jargon de la canaille, des mets pour les pltis délicats; il ne cotisent qti a regret, semMë-t-il, à Quelque përlë

p.12 (1)
12 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. blerie, et toujours si prêt à pardonner aux autres ce qu'il ne se pardonne pas à soi-même, qu'il faut avoir un bien méchant coeur pour ne pas s'attendrir du sien. Oui, en même temps que mélancolique, — mélancolique, au xve siècle ! — il est bon

p.13 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 13 pait, guizarmait, enharnachait et caparaçonnait! J'eus la vision de Rabelais lui-même, déclamant à ses «compaingsn ivres, non de purée septembrale, mais du pur vin de l'esprit, quelque page, aimée entre toutes, de sa prodigieuse épopée. Seuls

p.15 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 15 filles grasses, dont les cuisses valent des gigots d'agnelles ou bien de truies.; mais ils les accolent comme ils embrasseraient un muid, ils leur baisent la bouche comme ils humeraient le piot. Ce ne sont pas des amants, ce sont des affamés

p.16 (1)
16 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. conteur vif, plat poète, bien que, se souvenant d'Ausone, il ait dit que la vie ttse passe ainsi que roses ou rosée •»; à Antoine Héroet, le Subtil, qui platonisa didactiquement; à Jacques Pelletier, plus mathématicien que poète, donnant une précision

p.17 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 17 peindre, les musiciens pour suppléer, par la mélodie des instruments, à la voix qu'on aurait entendue, si elle avait ouvert la Louche. Puis, tout le peuple apprit que Julia, fille de Glaudius, exhumée d'un tombeau de la voie Appienne, rayonnait

p.18 (1)
18 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. éprouvera toujours pour la Renaissance, ne se mêle-t-il pas une tristesse? N'est-il pas cruel de songer que l'humanité ne peut être belle et grande que comme elle le fut déjà; que son plus magnifique présent, ce présent que seront tour à tour

p.19 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 19 éclatante, éblouissante, adolescente; et, vers les rives de fleurs et de fruits, les flots, en une tumultueuse joie, ont étincelé, étinceîlent encore, comme un océan de charme, de grâce et de splendeurs. Mais, si claire que soit cette mer

p.20 (1)
20 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. comme une petite-fille ou se contenter de peu comme une collatérale; l'Italie lui transmettait des legs non sans un air de lui faire l'aumône. Vraiment, on eût dit qu'en effet la France mendiât à l'Italie, en menue monnaie, la Renaissance

p.21 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 21 artificielle, du délicat poème d'Avril. Olivier de Magny, dont les Soupirs furent fameux,. ne cesse de rivaliser avec Anacréon que pour égaler Sannazar. Jodelle, qui chantait des poeans à Arcueil, se hausse jusqu'à traduire Euripide, Baïf jusqu'à

p.22 (1)
22 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. d'une musette bien résonnante, et d'une flûte bien jointe, ces plaisantes églogues rustiques à l'exemple de Théocrite et de Virgile. Quant aux comédies et tragédies, si les Rois et les Républiques les voulaient restituer en leur ancienne dignité

p.23 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 23 fois par une nouvelle défaite, et Franks dont la personnalité s'était perdue et ne s'était plus retrouvée depuis la dispersion des primitives cantilènes, vagues au loin, et depuis la décadence, en romans de chevalerie et en épopées précieuses

p.24 (1)
24 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. nouit point la vraie âme poétique de France, si même aucun d'entre eux ne reçut le don d'exprimer des émotions personnelles ni d'être touché immédiatement par les choses de la nature, (ils aimaient d'après Tihulle et Pétrarque, et ils traduisaient

p.25 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 25 pas par la nature des langues. Qui eût empêché nos ancêtres d'allonger une syllabe et accourcir l'autre, et en faire des pieds et des mains? -n Ceci était parfaitement absurde alors et ne le serait pas moins aujourd'hui. C'est, au contraire

p.26 (1)
26 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. pris gardeivPierre de Ronsard, incomparable rythmeur, y avait pris garde tout de suite. Ni lui ni les meilleurs d'entre les siens n'usèrent de tels ce carmes 15, car, à défaut hélas! de génie indigène, ils eurent l'admirable et sûre conception de Y art

p.27 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 27 devait être coutumière, n'implique-t-elle pas l'immédiate effusion de ia technique latine finissante, en la technique française commençante? Remontons encore. Dans la plus antique expression poétique de la multiple âme française, bien avant la Chanson

p.28 (1)
A: 28 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. A Pierre de Ronsard nous devons aussi l'invention heureuse, harmonieuse et charmante, de tant de formes de strophes, où nous nous plaisons encore à dire notre âme poétique. Ici, une fois de plus, se manifeste cette singulière contradiction entre

p.29 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 29 coutumière n'en est pa^ moins absurde, que l'on juge son action interrompue par le triomphe de Malherbe. — Triomphe qui se produisit d'ailleurs parmi la persistante gloire des fils de Marot, et la lignée point éteinte des sectateurs de Ronsard. Car

p.30 (2)
30 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. de son époque, il est le seul qui, sans être gêné de souvenirs, encore qu'il traduise Horace, et sans être troublé de rêve, encore qu'il se croie inspiré, ait regardé l'humanité dans la réalité de la maison, du tripot, de la rue; et son vers

p.31 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 31 grands âges de France; et voici notre Sophocle, notre Euripide, et notre Térence avec notre Plaute. Seulement, par l'affleurement de sentiments neufs à l'antique surface, et par la rectitude, la clarté, la solidité de la forme (l'idée surgit

p.32 (1)
32 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. génie du poète en le seul essor lyrique. Je me résigne à cette infidélité. Je suis persuadé qu'une poésie de théâtre peut exister, que dis-je, a existé, sans ressemblance, autre que l'indispensable génie du poète, avec l'ode ou l'épopée. C'est pourquoi

p.33 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 33 à l'expression de l'état d'esprit contemporain, ne peut garder, des oeuvres dont il procède, qu'une ressemblance seulement superficielle. H peut tenir de l'antiquité, ou du voisinage, des costumes, à peu près, et des noms et des sujets; mais

p.34 (1)
U RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. personnages; aux plus beaux moments de son oeuvre, son vers a la sublimité d'un geste de héros ou de dieu. Ne voyez-vous point surgir ici l'image du véritable génie Cornélien ? J'ose penser qu'en effet il fut plutôt destiné à l'épopée qu'au drame

p.35 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 35 eût donne à la France, si, par une rencontre qu'aurait dû préméditer la Providence, il avait été mis en jonction, non pas avec l'artificielle rhétorique des suivants de la Renaissance, si artificielle ellemême, et non pas avec l'Espagne

p.36 (1)
36 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. puisse surprendre le point où l'individu devient genre, ou bien le genre individu, invente des êtres pareils à la fois à un seul être et à tous ses congénères ;, et lorsqu'il semble se complaire à quelque détail d'originalité, il fait émaner, d'un tic

p.37 (1)
! RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 37 charme infini. La gaîté de quelques-unes de ses comédies n'est qu'une I bonté de plus. Son rire, ou ce qu'on prend pour son rire, est la plus méritoire concession que le génie ait faite à tout le monde Acheï' vons. Le poète Pierre Corneille

p.38 (1)
38 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. . quoi que n'eurent point tant d'autres rimeurs ses contemporains. Vraiment oui, il laisse voir çà ou là quelque chose qui ressemble à de la tendresse, et chez lui, premier peut-être, on peut trouver une certaine impression de la nature et comme

p.39 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 39 monde moderne. Mais ces éblouissements : l'illusion, le rêve, la beauté des êtres et des choses, et l'amour aussi, s'évanouissaient dans la nouvelle clarté, nette, consciente, impitoyablement lucide, qui ne tolérait pas, même resplendissant, le mystère

p.40 (1)
40 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. quelquefois d'éveiller une émotion intimement humaine, et de qui hélas ! le délicat génie a polissonne sur un trop célèbre Sopha. On songe aussi à l'éperdu et farouche amant de la nature -et de la femme, au désespéré confesseur de soi-même que fut Jean

p.41 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. kl est peut-être l'avant-cousine de la divine El vire. Mais la Guerre des Dieux joua un mauvais tour à sa gloire, comme le Sopha à celle de Crébillon le fils. C'est, trop souvent, de l'oeuvre où il livra la moins bonne part de lui-même, que la postérité

p.42 (2)
42 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. sur elle. Bien au contraire. Elle engendrera prochainement,— fait de tous les éléments concentrés de notre race, — un mouvement littéraire qui ne ressemblera, tant il sera personnellement français dans sa multiplicité unifiée, à aucun moment de l'essor

p.43 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. A3 Deux grandeurs ayant, entre elles, la plus prodigieuse avalanche de justice, de beauté, d'horreur, de gloires et de désastres, qu'ait jamais charriée le torrent de l'histoire, se dressent face à face; là-bas il y a la Révolution, ici il y

p.44 (2)
M RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. viens de dire, quelque intention de paradoxe. Je pense exprimer ici, pour la gloire du xixe siècle poétique, la vérité même; je vais essayer de prouver mon dire, sans m'attarder à trop de détails. Que si l'on prononce devant des gens affairés

p.45 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 45 toriens du jeune romantisme n'eussent point adhéré à la constatation de drôleries qu'excusait peut-être la résistance, à l'esprit nouveau, des esprits rassis et des bourgeois importants. Il eût mieux valu ne point faire cette concession à la correcte

p.46 (1)
46 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. tempérament. Et, pour cela, elles le réprouvent. Si, comme elles, je m'en tenais à l'apparence dont elles s'autorisent, je serais tout de suite de leur avis, car on a pu voir mon ardente propension à ne préconiser que la poésie réellement issue

p.47 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. kl le plus parfait danger de ne jamais plus se ressembler à soi-même. Ce fut le temps chez nous du romantisme allemand. Beaucoup de gens ne .savent pas nettement ce que fut le romantisme en Allemagne. On lui attribue, à cause de la similitude nominale

p.48 (1)
Zi8 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. de celui d'Hoffmann; nous avons failli, cueilleurs de la petite «fleur bleue -n dans le mystère des vieux manoirs et des cloîtres, où s'engouffre un vent fait d'un passage de spectres, devenir de fort acceptables poètes allemands; et Goethe

p.49 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 49 est plus probable, ce qui me paraît certain, c'est que, par la personnalité démesurée, mais si distincte, de son génie anglo-saxon, (car il ne dut à la Renaissance, je l'ai dit, que ce qu'il eût été impossible, en son temps, de ne pas lui emprunter

p.50 (1)
50 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Walter Scott, que, beaucoup plus tard, Augustin Thierry et Leconte de Lisle devaient admirer avec une complaisance qu'ils refusèrent à Balzac, prenait possession des âmes. On fut très romanesque alors dans une France qui s'éprit d'Irlande et d'Ecosse

p.51 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 51 assagissement auquel aurait pu se résoudre un poète vanté en ses jeunes années par Lebrun le Pindarique. Mais quoi!, tel qu'il nous apparaît à travers même d'excessives admirations, il n'est qu'une plus exquise adaptation de l'esprit grec à notre race

p.52 (1)
52 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. rieuses, et des tueries, s'étaient conjoints en une tumultueuse et cependant ignorée embrassade de sympathies et d'incompatibilités, de divorces et d'hymens; et un seul peuple était, qui se rua. Avec tous ses instincts ancestraux et tous ses désirs

p.53 (2)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 53 garde nationale : il semble qu'il n'y ait plus dans tout le pays, veuf de tribune et d'armée, ni la possibilité du triomphe par le verbe révolutionnaire, ni celle du triomphe par le geste guerrier; nous sommes les silencieux et les fainéants, en dépit

p.54 (1)
54 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Révolution française? Je vais plus loin : bien que je ne songe pas à nier ce que notre romantisme a dû, d'abord, aux littératures allemande et anglaise, — hélas! il a mis du temps à se débarrasser du faux mysticisme allemand et du spleen britannique

p.55 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 55 presque toute si on îa conquit en effet. Pour s'être fait dieu, on n'en mérite pas moins de n'avoir pas d'athée; au contraire, il y a sans doute, humainement, une élévation plus méritoire dans un dieu parvenu qu'en un dieu éternellement né ; c'est peut

p.56 (1)
56 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. Mais tirons d'erreur, une fois pour toutes, les personnes à qui l'on persuada, sans doute pour exalter une lumineuse renommée, mais aussi pour abaisser de plus éclatantes gloires, qu'Alfred de Vigny apparut le premier en date parmi les rénovateurs

p.57 (2)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 57 commanda ni d'abord ni en chef; il fit partie du mouvement rénovateur et conquérant, mais non en tête. Est-ce à dire que son mérite personnel en soit diminué et que, s'il avait été au théâtre un génie créateur, la beauté de ses créations en fût moins

p.58 (1)
58 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. dace, en. effet, dans les tentatives shakespeariennes de Ducis, doux classique effrayé, que dans celles d'Alfred de Vigny, jeune romantique hautain. Mais celui-ci déjà parle une langue sûre et pure. Ne donnez pas attention à quelques incorrections, çà

p.59 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 59 aimée; les brutalités qu'il feint, et ses ironies aussi, qui souvent s'attendrissent sincèrement, voilent mal d'intimes tristesses, des regrets peut-être. Hélas ! qu'il est fâcheux que la mode défende le bonheur honnête et qu'il soit de bon goût

p.60 (1)
60 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. centre du cercle décrit par sa composition, « un regard sûr peut entrevoir la destinée contre laquelle nous luttons toujours, mais qui l'emporte sur nous dès que le caractère s'affaiblit ou s'altère, et qui d'un pas très sûr nous mène à ses fins

p.61 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 61 sur coup des situations que l'auteur, dirait-on, ne conçut pas en l'initiale genèse de son oeuvre, mais invente au fur et à mesure du développement qu'il lui donne; en réalité, elles n'éclatent pas de la rencontre des caractères tels qu'ils furent

p.62 (1)
62 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. d'une pièce il, et il n'y a rien de plus nombreux, je le pense, que l'unité d'une âme. La Maréchale d'Alfred, de Vigny aurait parfaitement le droit d'être toutes les sortes de femmes qu'il nous montre en elle; mais il aurait fallu qu'elle les fût

p.63 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. . 63 Brummel hautain qu'était Alfred de Vigny osa se montrer en négligé, et à cause de cela justement, en le tumultueux et triomphal soir du 12 février i835, à la Comédie-Française, elle fut comprise par la foule, et s'y répandit. Chatterton, c'est

p.64 (1)
64 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. génie pensionné, il n'en résulterait guère, dans la pratique, que des prix de Rome pour la poésie comme il y en a pour la musique et la peinture. Fin médiocre. L'indépendance personnelle, la gloire de ne rien devoir qu'à soi-même sont augustes

p.65 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 65 L'affirmation semble vraiment quelque peu hasardeuse ; on ne saurait s'empêcher de songer à un propos de M. Droz,— ce le moins épigrammatique des hommes 11, dit Sainte-Beuve, — qui apprécia ainsi le discours de réception de l'auteur d'Eloa à l'Académie

p.66 (1)
66 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et à vieillir son oeuvre. Il se plaisait à dire et à laisser imprimer qu'il était né en 1799, tandis qu'il était né en 1797, non pas trois ans, mais cinq ans avant Victor Hugo, (c'est tout récemment que la ComédieFrançaise, au socle du buste

p.67 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 67 Goetlie, elle soit'éclose du sincère mépris des fortunes humaines, peu nous importe; l'auguste miracle nous apparaît d'une âme qui pense et qui rêve, à l'écart, très lointainement, si haut. Je pense qu'on a trop insisté sur la pitié pour

p.68 (1)
68 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. remonte l'honneur d'avoir, le premier, pris par la main la poésie de France, pour la mener à travers le siècle dont elle fut et dont elle est la plus haute gloire. Lequel, — car il n'y a pas lieu de parler ici de vingt médiocres poètes, précurseurs

p.69 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. G9 que progressivement; sans doute, du germe instinctif de la vocation à l'éclosion presque parfaite déjà de l'idéal et du verbe, son épanouissement fut rapide, si rapide qu'à une certaine distance on n'en distingue plus les moments successifs; cependant

p.70 (1)
70 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. facile artifice, des petits poétastres qui traduisaient Ovide, Properce, Ausone, et ne traduisaient jamais leurs propres sentiments, et tout ce que, en un mot, on pourrait appeler l'ancien régime de la poésie amoureuse fut dispersé et remplacé

p.71 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 71 de vue de l'art même, mais à celui du génie particulier, quoique si vaste, de Lamartine; son éloquence éparse, le n'importe quoi de ses trouvailles, le n'importe comment de ses images, et l'inconsistance de sa pensée' dans le brouillard de la forme

p.72 (1)
72 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. notre drame. Mais si n'était vrai ni cela, ni ceci, il n'importerait guère. H est si grand dans ce siècle, qu'il le tient, le domine, le possède tout entier; du point où nous sommes, c'est lui que nous voyons luire au commencement et qui à la fin

p.73 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 73 douleurs. Et ceci, c'est la part, pour ainsi dire surhumaine, si humaine pourtant, du génie de Victor Hugo; mais il ne fut pas que divin, il ne fut pas que prophète; il y avait en outre, en le maître que notre admiration a tant aimé, un poète dans

p.74 (1)
74 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. nos instincts poétiques comme la révolution politique fut faite de tous nos besoins sociaux, s'applique surtout à lui, ou, pour mieux dire, ne s'applique qu'à lui seul. La preuve qu'il n'a rien de commun avec les étrangers, ni avec les littératures

p.75 (2)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 75 L'exaltation ne consent pas à s'avouer brusquement indifférence. On ne veut pas, si vite, avoir eu tort. Il y a le peu à peu de l'oubli. Songez à la marée descendante : il semble qu'elle ne descend pas; elle garde le mouvement, en apparence

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76 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. actuel, non moins injuste que l'exclusive idolâtrie de naguère. C'est nous qui maintiendrons qu'Alfred de Musset fut un poète, un vrai poète, un rare et grand poète! Et si Lorenzaccio lui-même (certainement son meilleur ouvrage dramatique) n'est

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 77 que jamais n'oubliera l'humanité. Voici le symbole de tant d'âmes qui se rendirent (comme l'Elisabeth de la Révolte) indignes de l'action qu'elles conçurent, par l'acceptation du mensonge qui semblait la leur faciliter. Jamais l'hésitation, devant

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78 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. chère et douloureuse. Marceline, la seule femme qui soit poète sans cesser d'être femme, qui n'ait pas été un et travesti » de la littérature, celle par qui ont été exprimées, en leur naturel de sexe, les piétés, les douleurs, les forces

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 79 cauchemars sur le mur de la vie, Alexandre Dumas, — comme Victor Hugo reconquiert pour k sublirniser la grandeur simple de ïa Chanson de Geste, — n'a-t-il pas retrouvé l'amusement aventureux du roman de chevalerie? Ne pensez-vous pas que Porthos égale

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80 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FMfflÇMS. Théophile Gautier, en tant que poète, — et-'c'est le f ©été«que je dois célébrer en lui, — a subi une sélection analogue -=: jpouria plupart, il est l'auteur iïÉmaux et Camées; dans ce recueil de jmèines on a mis à la geôle son génie et sa gloire

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■ RAPPORT SDR LE.'MOUVEMENT POÉTIQUE.FRANÇAIS. 81. Il aîme,'C.Se faisant du honneur avec la. moindre chose v, à voir se baigner danS'-iine goutte..d'eau «Un scarabée au corselet d'azur», à regarder longtemps «rUne abeille en maraude au coeur d'une fleur rose v. Gomme ds%iquiète quand celle

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82 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS, quelque divinité hindoue majestueusement immobile en un radieux Svarga ou à un roi d'Orient qui, indolent dans la mollesse des coussins, contemple d'un oeil mi-clos, à travers les songes du narguilé, la danse nue des aimées, fut hanté, plus qu'aucun

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 83 c'est en levant des mains jointes, c'est en fermant presque les yeux pour ne point offenser d'un regard d'ici-bas le plus sacré des mystères, qu'il suit vers le beau Rédempteur en oraison les pas de la Magdalena qui rêve. Donc, vibrant

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8/1 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. a, avant toute autre chose, le devoir de dire la vérité, de disperser l'éblouissement, de substituer, fût-il cruel, le fait au mirage. Hypocrisie du fiel. Drapement de la calembredaine dans une toge justicière. De quel droit vous targuez-vous d'un but

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. RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 85 c'est mon orgueil, dans les cérémonies de la gloire, de servir la messe, humblement. t. Auguste Vacquerie fut un admirateur. Ébloui, tout jeune, de Victor Hugo, — pareil à un homme brusquement éveillé par le soleil levant, — il se précipita vers

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86 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. le rêve, l'exquise imagination shakespearienne, il tenait à pleins poings, dans Jean Baudry et dans le Fils, des misères sociales, violemment secouées; puis ce fut Formosa, amour, passion, triomphe. Mais, l'oserai-je dire? des oeuvres d'Auguste

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RAPPORT SUR. LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 87 Arrêtons-nous à ce nom. Honorons en Paul Meurice, robuste survivant d'une glorieuse race d'esprits, l'un des plus nobles littérateurs de France. Quelle admirable vie, entièrement dédiée à la foi en l'idéal ! Quelle oeuvre, nombreuse, diverse, fière

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88 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. sait tout simplement un caprice de lettrés;» et c'est une tristesse de se souvenir que le délicieux Alfred de Musset, dans les lettres de Dupuis et Gottonet, et dans son discours de réception à l'Académie, prêta l'appui d'une lamentable défection à

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 89 gloires dont on ne saurait avoir rien à craindre. Quant à Charlotte Corday que, dans ces derniers tenips, la Comédie-Française remettait à la scène par une fantaisie assez maussadement paradoxale et qui demeurera stérile, j'accorde que cette pièce

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90 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. lustre sur la seconde moitié du siècle, ne furent pas éloignés d'abord de désavouer en celui où elle s'incarnait la révolution poétique dont ils étaient les fils ou les petits-fils. Ce reniement, ils l'enveloppèrent des plus parfaites apparences

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 91 fais allusion; n'allèrent pas jusqu'à rêver qu'ils détrôneraient Victor Hugo; mais, sans essayer de l'abolir, il leur arriva de le « débiner •», si j'ose employer ce mot qui, seul, peut rendre la sorte de petite guerre sournoise, —haussements d'épaules

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92 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Victor Hugo,occupé d'autre chose,ne s'en aviserait point. L'autre, sans doute, était enclin à la contemplation des «abymes pacifiquesn parla naturelle fixité de sa vaste âme écarquillée; mais eût-il, par delà l'Enéide et l'Iliade, et en dédaignant

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 93 Parce que Victor Hugo, sans souvenir de la préface des Orientales, s'était adonné à la politique, parce qu'il avait cru devoir, en quelques-unes de ses oeuvres, demander à son génie poétique la propagation de son idéal social, on eut beau jeu à

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94 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. le Père eut autour de lui tous ses fils humbles et glorieux; et sans ressouvenir de dissensions qui ne furent jamais des querelles, avec toujours la restriction qu'il y en a un qui est au-dessus de tous, nous admirons et aimons Théodore de Banville

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 95 nymphes, qui, pour avoir de merveilleuses écharpes, achetèrent au décrochez-moi-ça des loques d'arc-en-ciel; les autres, Cypris ressemblantes à des ambassadrices russes, Àrtémis et Pallas habillées par le plus illustre des couturiers pour les mardis

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96 RAPPORT SDR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. telle que vous m'avez imaginée et voulue, c'est-à-dire belle, et rien de plus. Il est donc bien certain que je n'ai pas rédigé moi-même le discours que je vais vous tenir; mais il fut composé par des poètes, âgés de dix-huit avrils, qui me l'apprirent

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 97 siaste d'une Théogonie où la demoiselle du comptoir de lingerie, qui dîne le dimanche dans l'arhre de Robinson, s'étonne d'être la soeur de la Déesse aux belles bandelettes, où M. de Rothschild, grand, très fort, horrible à nommer, est sans doute

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98 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. croyait aux faits divers, cessa d'y croire, et, grâce à vous, grâce à votre exemple suivi par d'autres poètes, des journaux existèrent, lus, relus, admirés, acclamés, où, sous la discipline du beau style, qui fut imposée par vous et obéie

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POJÉTIQUE FRANÇAIS. 99 pour l'amour de l'Eurydice-Humanité, en la gène aussi d'avouer de viriles faiblesses, il se détourna de l'actualité des hommes et des choses, et même-de sa propre actualité. Son inspiration, issue d'un coeur vaste et blessé, ne cessa point d'être

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100 RAPPORT SUR LE .MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. selon l'évangile libre-penseur de 1848, de «mangeur de prêtres-,), se répand en une inimitié, comme ancestrale, contre les cultes et les temples; il est, se complaisant aux férocités des Bibles et des Corans, le prophète imprécatoire des antiques

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 101 monies auxquelles il faut bien qu'on assiste, et des dîners en ville, chez des gens considérables qui Vous ont invité. Oui, croyez-le, le désir, le besoin de ne plus exister, s'augmentait en lui de 'chaque minute d'existence, intolérable

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102 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. gers à nous-mêmes; on songe avec terreur à ce qu'aurait été la littérature contemporaine si elle avait obéi uniquement à son vouloir accepté comme suprême. Certes, sa pensée fut merveilleusement étendue, mais clans le seul sens et vers les seuls

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 103 rachetât, dans l'art, par la netteté de la pensée, la justesse de l'image et la perfection pour ainsi dire classique de la forme, on ne peut s'empêcher de reconnaître en lui quelque chose comme une manie d'étran■ geté; son génie, çà et là, est taré

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104 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. été athée ! mais il ne l'était point ; son Reniement de saint Pierre confesse Jésus-Christ. De là un incomparable désespoir vainement adorai, comme en une minutie de damnation enragée, par toutes les curiosités du langage, par toutes les raretés

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 105 trice, parmi toutes les angoisses du cauchemar, une pitié qu'il n'a eue hélas! ni pour soi ni pour les autres, la pitié grâce à laquelle, s'il en avait été doué, son livre de mélancolie, de volupté et d'orgueil, de ferveur aussi, n'eût pas été

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106 RAPPORT SDR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. lui, mon âge d'à présent, moi, l'âge qu'ont aujourd'hui mes plus jeunes camarades, portait, en un vaste corps presque pareil à celui de son frère intellectuel Gustave Flaubert, une âme haute et sereine, infatigablement ambitieuse de joie, d'amour

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RAPPORT SUR EE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 107 du Bon Sens ; qu'ils allaient reconquérir la foule. Hélas ! à peine réveillés, les ivrognes et les brutes retombèrent en leur bébétude, ne sursautant qu'au chatouillement des trilles égrillards. Mais Louis Bouilhet ne perdit pas espoir. Après le drame

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108 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Bouilhet, il en eut la grandiose ambition, et souvent en mérita, par l'éperdu effort ; la ressemblance. Dans ses poèmes lyriques, non moins que dans ses poèmes dramatiques, il tenta d'être grand, sembla l'être, le fut presque ! À notre admiration doit

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 109 les pardonner à celui sans qui, peut-être, nous n'aurions eu ni Salammbô ni, lumineuse comme un vitrail, la Légende de Saint Julien l'Hospitalier. Mais la presque gloire de J^ouis Bouilhet ne suffisait point à réveiller l'atonie universelle. J'ai pu

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110 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et la terre un lieu d'exil, le tout en vers de douze ou quinze pieds; ou bien encore, quelque vieillard chargé de crimes, usurier peut-être à ses heures, en tout cas ayant pignon sur rue, femme et maîtresse en ville, chantait les joies de la mansarde

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RAPPORT'SUR. LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 111 étaient les derniers débraillés restés fidèles aux traditions du cénacle d'Henry Mûrger. Ceux-là étaient les apôtres du désordre. Désireux avant tout de passer pour originaux, ils se distinguaient, d'abord par la malpropreté voulue de leurs vêtements

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112 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. quel' dans une forme parfaite ce qu'on a ressenti, voilà ce qui est indispensable pour être poète, et voilà aussi pourquoi les vrais poètes sont si rares! En un mot, puisque vous êtes homme, aimez, espérez, souffrez (cela est fatal, d'ailleurs

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS.. 113 peu faiot et impertinent, de la Revue fantaisiste que recherchent les bibliophiles. i En somme, ce fut en cette hasardeuse et généreuse publication que commença le groupement d'une nouvelle génération poétique ; quelques années plus tard, c'est-à

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114 RAPPORT SUR LE* MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. qui n'a jamais été disjointe, sinon par des déchirements de funérailles, et, qui persiste encore, étroite et indissoluble, de quelques jeunes esprits qu'associèrent, non pas des hasards de rencontre ou des complaisances de camaraderie, mais

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 115 étonné les quatre grands poètes dont nous attestions la gloire, en leur disant qu'ils étaient des parnassiens aussi; ils ne virent dans le Parnasse qu'une généreuse activité d'inspiration libre, qu'ils protégeaient, qu'ils ne dirigeaient

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116 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. pas mieux que moi, en une singularité à peine intéressante. Est-ce qu'il y a dans Sully Prudhomme, rêveur tendre et grave philosophe, clans Léon Dierx, vaste âme au paysage de mélancolie, dans Villiers de l'Isle-Adam qui pourtant continuera

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 117 de ceux que l'on crut nos maîtres parce que nous îes honorions comme tels. Ce n'est pas seulement par la qualité de nos inspirations que nous étions autres; on peut dire que, à parler généralement, le jeune Parnasse se rapprocha beaucoup plus

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118 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. l'on sait les beaux triomphes, devant un public de plus en plus nombreux, de plus en plus chaleureux, qu'ont eu, tout récemment, au théâtre de l'Odéon, au théâtre Sarah-Bernhardt, ces et concerts de poésie », sous leur nouveau titre, presque pareil

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 119 être bafoués par les échotiers et les chroniqueurs; c'était une chose dont il n'y avait pas lieu de s'inquiéter outre mesure; mais nous pensions que, devenus critiques, quelques poètes de jadis trouveraient, dans les 'ressouvenirs de leur ferveur

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120 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. tendresse pour Boulay Paty, rimeur insignifiant. Par la même occasion, il consacre plus de deux articles à un Savoyard appelé Jean-Pierre Veyrat, qui* né en 1812, est mort en 18&&, à ce que l'on croit. Ge Savoyard lui tient au coeur, il'l'explique

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 121 deur ajoutait d'invraisemblance à l'infamie, le faisait si hostile à la beauté, qu'il.criit un jour que l'oeuvre de Charles Baudelaire n'avait guère d'autre'Valeur que celle d'un kiosque versicolore; et il avait peur, avec des rages, dissimulées

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122 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Jamais il n'a péché contre le rêve et l'idéal. Gomme à d'autres, les tentations sont venues lui offrir, au prix de consentements dont personne n'aurait eu droit de lui faire reproche, les prompts succès, la renommée rapide et le bien-être où l'on peut

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 123 de profanes musiques, faire applaudir des opéras dans des salles illuminées, mais qui, ne voulant rien connaître du monde ni de la gloire, s'obstinaient pieusement, sous les voûtes sonores, au labeur des oratorios et des messes; et quel salaire

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124 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. la suivre dans les mystères de ses rêveries. Tant d'humaine ingénuité et de céleste science déconcerte ! et dans l'oeuvre de Léon Dierx on se sent dépaysé comme on le serait dans une contrée qui, sans cesser de ressembler à la terre, serait pourtant

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 125 du coeur, que son fin et caressant génie se développe jusqu'à être incomparable. Qui donc a eu la niaiserie de dire que François Goppée, en son soin, si délicieusement frôleur, des intimités, procéda de Sainte-Beuve? Rien de plus absurde. Dès

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126 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. dans ses ■«Promenades et Intérieurs»-; il plaint d'une âme infiniment tendre et comme fraternelle, les petits, les humbles, les médiocres même, dont il décrit les séjours chétifs et laborieux, dont il conte les délassements dominicaux, hors des murs

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RAPPORT SDR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 127 des galions d'où s'effondraient des tonnes d'or, elle ne daignait pas s'étonner de ces richesses étincelantes ; même elle ne voyait pas les cadavres des passagers ou des matelots. Elle était comme dans un impassible exil de tout. Or, une fois, un très

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128 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. propre lueur, et rien ne pouvait arriver jusqu'à lui qui ne lut presque devenu lui-même; de là l'originalité prodigieuse de son oeuvre. Il ne faut pas, — abusé par ce mot facilement banal : le rêve, — confondre Villiers de l'Isle-Adam avec

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 129 impudente vraisemblance. Eh bien, puisqu'il lui était impossible de les hausser jusqu'à lui, puisqu'ils étaient la vilenie et la bêiise irrémédiables, il les a bafoués, avec quel imperturbable mépris ! Et cet esprit, en qui vivait, suprême, presque

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130 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. vivant, l'eût empêché de mourir, peut-être. En notre douleur, il nous reste du moins cette consolation, — et cette fierté, — d'avoir soutenu Villiers de l'Isle-Adani de nos enthousiasmes fidèles, et d'avoir dit il y a vingt ans ce que tout le monde

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 131 paroles qu'on lui disait, des mensonges dont on le troublait, et peutêtre du mal. Il croyait, il n'objectait rien, il obéissait. Il ne savait pas vivre. Les pièges du péché, les conseils de la tentation et les exemples dont ou excitait son orgueil

p.132 (1)
132 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. sonnes qui n'ont pas le temps de lire et qui d'ailleurs affirment n'importe quoi comme si elles avaient lu. Parce qu'Armand Silvestre, selon la bonne et irrésistible loi qui pousse les uns vers les autres les honnêtes esprits, fut un Parnassien

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 133 a été sauvé de ce péril par un dieu qui mit en lui une conception toute particulière de l'Amour; une conception non pas intellectuelle, non pas consciente, mais personnellement instinctive, c'est-à-dire géniale quant aux réalisations artistiques

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134 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. luire sur votre nom. Et déjà vous nous en donniez à nous, dans l'ombre, le délicieux pressentiment. Car jamais l'auteur du Cygne ne fut plus hautement clair qu'en ce livre radieux et blanc. Là, d'un pas plus sûr que jamais de l'arrivée aux sommets

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 135 sièges, de fort falotes et même obscènes sculptures : garçons qui accolent des filles, évêques qui renversent des servantes, diablotins qui choisissent pour vases de nuit des bouches de cardinaux. . . Pensez-vous que ces drôleries à l'envers

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136 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. de fait exprps clans la fluidité de l'accentuation, caressait. D'un air de n'attacher aucune importance aux choses tristes qu'il disait, il me conta qu'il avait assez longtemps vécu très malheureux, à Londres, pauvre professeur de français

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 137 de ne point laisser publier les lettres de son père. Je les ai là, ces lettres, très longues, très nombreuses, sur ma table; non seulement elles sont tendres et belles comme la douceur d'une grande âme pure, mais, en une langue colorée, imagée

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138 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. singularités de Stéphane Mallarmé, nous avions été, tout à coup, dépouillés de toute faculté compréhensive, ou bien qu'une trop longue solitude et une trop acharnée fixité de l'esprit sur un seul point, et une besogne fastidieuse, avaient repris

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 139 quotidien, des proses maniérées, torturées et tortueuses, singulièrement elliptiques, bien: faites pour étonner, et qui lui valurent une rapide renommée d'incompréhensibililé et d'incohérence. Pour ce qui est de l'incohérence, c'était une grande

p.140 (1)
140 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. alors, dans Avignon, comme dit le royal Mistral, une franche et robuste remise en place n'eût pas réussi à détourner Stéphane Mallarmé de la fausse voie qu'il s'était comme trouée par six ans de solitude qu'avait précédés, à Londres, tant de misère

p.141 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 141 et bientôt rétracté, de Villiers de l'Isle-Adam ait eu raison, comme a eu raison, peut-être, l'admiration d'une jeunesse qui affirmait qu'elle s'v connaissait mieux que nous. J'ajouterai que je souhaite ardemment de m'être trompé; oui, du plus profond

p.142 (1)
U2 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. pudeur à ia passion, la pureté au langage et, à la forme poétique, sa précision et sa splendeur. Oh! les magnifiques espérances, alors! et les hautes aspirations, désintéressées de toute notoriété immédiate, mal acquise, seulement éperdues du noble

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 143 condensée et réalisée en beauté. L'énormité peut faire naître l'illusion de la sublimité ! illusion bientôt dissipée. Le plus grandiose monument, s'il n'est que grandiose, ne mérite que la surprise, bientôt dispersée en indifférence. Mais, parfaite

p.144 (1)
Uk RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. diamants, chrysoprases, béryls, escarboucles, et les métaux fulgurants! — sont de petits soleils où il y a tout le soleil et qui, là, si près des yeux, vous hypnotisent. Ouvrez son livre au hasard. La Grèce et la Sicile, avec ses Bacchus et ses Arianes

p.145 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 145 père de tant de poètes nouveaux, et l'âme infinie de Léon Dierx. Mais José-Maria de Heredia n'a rien à envier aux plus illustres des nôtres; les meilleurs, il les égale. Par la netteté de ses conceptions, par sa magie à faire revivre les dieux éteints

p.146 (1)
146 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. Il y eut, au même temps ou environ, parnassiens peu ou prou, on point, Charles Gros, qui fut comme un avant-reflet de Paul Verlaine; Louis Xavier de Ricard, qui mêlait des nuées de Ciel et des brouillards de Rue à la fumée des Foyers; Albert Mérat

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 147 Jean Rameau, de.qui les odes fameuses apportent aux cités, et aux salons particulièrement, du rêve et de l'espace en des bruits d'eau et de forêts près de la mer. Vous voyez, je mêle, comme les noms, les âges. Je n'oublierai pas, surgi parmi

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148 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et oubliées! Ces vivants ont vécu assez pour que Jean Richepin, imagier rutilant, rhéteur populacier à la fois et sublime, qui a écrit un chef-d'oeuvre dans l'argot des dieux, devînt un des plus grands poètes lyriques de ce temps, pour que Maurice

p.149 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 149 plus houlevardier que parisien; en même temps, il se souvient du Céramique où il promène les cocottes modernes, à moins qu'il ne montre les hétaires athéniennes faisant le persil dans l'Allée des Acacias; et il a, — chance admirable due à une sorte

p.150 (1)
150 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et de la maturité des grands poètes qui le suivirent, et, même malgré eux, lui obéirent, et de l'enthousiasme, déjà réalisé en oeuvres, d'une jeunesse poétique ardente et probe, se produisit, les médiocres divergences oubliées, se produisit alors

p.151 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 151 tout, il inventa la strophe Nicarine, composée soit de vers de neuf syllabes, soit de vers de onze syllabes, soit de vers plus longs, avec la césure mobile, dite vergalienne. N'y a-t-il pas ici quelque chose qui annonce la prochaine apparition

p.152 (1)
152 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. me sens pas compétent en matière de réformes de notre versification française. Je ne crois pas qu'elle soit née, telle qu'elle est, du caprice des poètes; elle me semble être un fruit naturel de notre langue. » Cependant, je le répète, il ne faut

p.153 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 153 mis dans deux ou trois pages, -n'ont voulu être et ne sont en effet que de la prose, mais certaines compositions lyriques et épiques de M. Pierre de l'Étoile (Louis de Livron), pur et large esprit, écrivain au beau rythme, et surtout le Livre de Jade

p.154 (1)
15/i RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. sommes des Décadents, sont aussi parfaitement imbéciles que ce mot d'un héros de vieux mélodrame : «Nous autres, hommes du moyen âge 11. Ainsi, Décadents, pas du tout. Symbolistes, à la bonne heure. Je retiens cette dénomination, d'abord parce

p.155 (1)
RAPPORTEUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 1.55 que cette formule (celle des Symbolistes) exprime la tendance de l'art tout entier, car j'entrevois que cela nous mènerait à affirmer que l'histoire du symbolisme se mêlerait avec l'histoire de l'art lui-même, et cette constatation qui fortifie

p.156 (1)
156 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. plaisantins affamés de réclame, que tout le monde dédaigne, furent persuadés, loyalement, qu'ils mettaient leur âme dans les vers où ils voulaient à peine la laisser entrevoir, où ils ne faisaient que la promettre, que l'allégoriser

p.157 (2)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 157 Mais, je le répète, si je doute de la transmissibilité de l'âme des symbolistes en d'autres âmes si raffinées qu'elles soient, j'admire avec une franchise parfaite, sans nulle ironie, ce qu'on pourrait appeler la distinction de leur idéal. Ah

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158 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. réduites à l'émigration; ce sera, pour plus d'une, l'occasion de s'en retourner chez soi. Cependant, leur idéal fût-il atteint, les Symbolistes ne différeraient en somme que par l'excès, des poètes qui les précédèrent, symbolistes moins radicaux

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 159 Plaçons-nous à un point de vue plus général. Dans un très conciliant article publié par le journal le Temps, M.Anatole France, philosophe enclin aux équipollences, critique avisé de tout, romancier de qui la perfection déconcerte et poète racinien, à

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160 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. suppression de la césure, — ne sont pas la suite nécessaire des libertés conquises par les poètes précédents. Au contraire, on peut proclamer, (je ne parle que de l'alexandrin, le plus parfait de nos vers, pour ne pas compliquer mes explications

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RAPPORT SUR-LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 161 En outre les vers-libristes s'en sont pris à la Rime; la supprimant tout à fait, ou presque tout à fait, la remplaçant, pas toujours, par l'assonance tantôt aux fins de vers, tantôt dans le cours des vers. Je sais ce qu'on a dit contre la rime

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162 .RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et, enfin, les langues insuffisamment « accentuées •« ne sauraient renoncer à la rime sans renoncer au rythme lui-même qui, comme à des clous d'or, y suspend, y précise la ligne de son ondulation. Non moins en renonçant à la rime qu'en dispersant

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 163 Corbière et'Arthur Rimbaud? Ce serait, je pense, lui faire injure; on ne voit pas bien d'ailleurs qu'il y ait même un lointain air de famille entre eus et elle qui, sans doute, ne les élut parents que par un généreux caprice d'admiration. Il est

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164 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. (je songe aux Effarés, aux Pauvres à l'église, aux Premières communions et même aux Chercheuses de poux),^ l'intention symbolique rTArlhiir Rimbaud paraît bien improbable. La vérité, c'est que, le plus souvent. il s'efforce à l'expression excessive

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 165 peu répandue à un généreux complot d'amicales louanges et quelque renommée moins restreinte à l'aventure mystérieuse de sa vie, ne semblera guère dans l'avenir, je pense, qu'un Petrus Borel naturaliste. Mais Jules Laforgue, mort si jeune, tombé

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166 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. année, vous passe par l'esprit, s'en va, revient, tournoie, se fait parole, un peu, image, très vaguement, rythme, à peine, rimes, presque pas.,. On croit que ce sont des vers, oui, peut-être, des vers, exquis,rares. Mais, demain, on ne pourra

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 167 gissent, sans effort, comme naturellement, comme, dirait-on, par la faculté même de l'esprit à concevoir les analogies, ouïes différences, entre les êtres et entre les choses; à vrai dire, — l'auteur peut-être les voulait ainsi, — elles ne sont

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168 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. la précède; il semble parfois que ce soit elle qui dérive de lui. C'est qu'il est grec bien plus que Ronsard, artiste italien, et autant que Ghénier même, — par la destination de son originalité, ou à cause de son origine familiale ? n'importe, c'est

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 169 à ceux de Victor Hugo prophète. Plaise au ciel, — car nous sommes affamés d'immensité neuve! — que M. René GhilF réalise quelque jour, pour la gloire de l'humanité, ses vastes chimères. Mais s'il lui fallait descendre, même un peu vite, du zénith rêvé

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170 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Mais voilà de vains reproches. Il faut bien être fils avant d'être père à son tour. Après tant de beaux poèmes déjà, M. Henri de Régnier ne manquera pas de nous donner une longue suite d'oeuvres plus admirables encore, définitivement personnelles

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 171 incompatibilité d'humeur poétique, causée pailla différence d'éducation littéraire et par la distance d'âge, entre l'esprit de M. Vielé-Griffin, seulement mûr, et le mien, déjà vieilli. N'aurais-je pas dû mentionner plus tôt M. Jean Lorrain

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172 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. exquises, qui s'évanouissent, sans : s'être avouées, dans la lumière trouble et molle de ses poèmes pareils à des buées paresseuses ? Vers le temps où commençaient de se manifester les poètes symbolistes, parut Ephraïm Mikhaël. Il ne leur ressemblait

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 173 à l'autre du temps: Nulle heure, nul lieu de l'humanité où il n'eût espéré, aimé, souffert, souffert surtout à cause de sa foi en la .beauté, en l'amour, déçue ! Par instants toutes les larmes des antiques désespérances gonflaient ses yeux. Et, après

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17/i RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Il laissait un livre. Ce jeune homme, cet enfant, laissait un livre qui, tant qu'on parlera la langue française, sera lu, relu, admiré. H ne s'agit point ici d'attendrir sur une existence trop tôt interrompue (cette mort, cruelle pour

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 175 mines éventrées; sa langueur, parmi les éblouissements et les luxes, s'accoude, plus désolée. Chacun de ses poèmes est comme un bûcher de trésors flambants où rêve un Sardanapîe environné de uudités parées de gazes et de perles, mais un Sardanapîe

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176 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. femme qui baisa cette fleur que j'offre cette page funéraire aussi. Ce sera quitter à peine Ephraïm Mikhaël que de parler ici de trois poètes qui furent ses fraternels amis, et qui semblent avoir gardé quelque chose de son âme. Peu de poèmes sont plus

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 177 il demeure étranger néanmoins; des formes qui nous chagrinent enchantent sans doute ce compatriote de Walt Whitmann. Cependant de remarquables poètes belges maintenaient la tradition de la forme classique, romantique, parnassienne, — ce qui est

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178 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. du Parnasse. Très Belge, en effet, Flamand, il allait connaître aux lecteurs français tous les attraits défunts, délicieux pourtant, des villes où des souvenirs de gloires et de religions mortes palpitent en des ailes de cygnes le long des canaux

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 179 Les Parnassiens de'Belgique eurent de redoutables adversaires. En vérité, M. Emile Verhaeren apparaît comme un très puissant poète; si la Flandre doit s'enorgueillir d'un tel enfant, la France peut être fière qu'il ait choisi notre langue pour y

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180 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. pur, très charmant, fut aussi très haut, par le mystère; ce qui permit de le prendre, dans la pénombre, pour du génie. Et pourquoi donc, en effet, n'eût-il pas été du génie? En somme, sembler, n'est-ce pas uue façon d'être? Rappelez-vous les adorables

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 181 Après s'être plu, à Bruxelles, aux rythmes les plus effrontément parnassiens des poètes de France, M. André Fontainas, qui est assez jeune encore pour qu'il puisse se créer une originalité, ne laissa point de ressembler tour à tour à Stéphane Mallarmé

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182 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. Dans les Ballades de M. Paul Fort, les vers sont écrits comme s'ils étaient de la prose; pourtant ce sont non des vers libres, mais de véritables vers, assez correctement nombres, et, qui riment tant bien que mal. Cette « façon» ne laisse pas d'avoir

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 183 Mais si je rencontre, entre le théâtre Antoine et l'église de la Madeleine, un poète, ou un romancier, ou un auteur dramatique, qui, ne pouvant ignorer cependant qu'il y.a, rue de Richelieu, une bibliothèque assez bien fournie, et au Bois, à

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18/i RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. actuelle, s'accommoderait de vivre dans une humanité où la stricte vertu, règle unique et implacable, présiderait à toutes les relations sociales? La complexité, désormais, s'est installée, s'est développée dans tous les coeurs, dans

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 185 est un grand poète; il a l'audace la plus noble, celle de la simplicité. » N'est-ce pas dire que cette «simplicité» est voulue, recherchée, obtenue par l'effort? et j'en suis pour ce que j'ai dit plus haut. Mais ne pensez pas que je nie le charme

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186 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. ancien élève de l'école d'Athènes, qui crut, paraît-il, à. une véritable Bilitis! Une modernité, qui s'amuse au pastiche, est à chaque instant manifeste dans les chansons de M. Pierre Louys, par la qualité du libertinage, et aussi par l'excès de l'air

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RAPPORT SDR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 187 Pour réciter ces prières-là, Polyeucte n'aurait pas eu besoin d'ôter ses gants; près d'un bénitier d'ambre, une gousse de vanille dans l'encensoir, l'aspergés mouillé d'eau de Hongrie, en sa fine pompe cardinalice, un peu mélancolique, pourpre

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188 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. à des abandons de saule pleureur, son oeuvre apparaît comme le rêve de la nature dans un homme, ou comme un paysage d'âme. Superbe, éclatant, abondant en cris de gloire et en gestes de pourpre, M. Saint-Paul Roux, qui fut, bien plus que Laurent

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 189 sont immortels comme la mélancolie humaine. Quelques-uns, parmi les Symbolistes, l'accusent de trop de stricte mesure dans la rêverie, de limite dans l'idéal ; non sans attribuer cette étroitesse aux nécessités delà forme classique, -— parnassienne

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190 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. être plus tendre»; M. Edmond Pilon, de qui la sensibilité, dans des rythmes épars, a des frissons de feuilles, de fleurs penchant des murs et de buées lointaines; M. Ivanhoë Rambosson, qui s'exalte, puis se recueille, avec un coeur tout battant

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 191 ditionnelle discipline, normale, nécessaire, établie selon l'instinct même de notre race; et il ne saurait être contesté que la ce mode » il y a trois lustres nouvelle a essayé en vain de s'imposer. Elle a rencontré quelque faveur chez les races

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192 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. bouillet. Fatalement, une forme qui, outre qu'elle contredisait le destin normal de notre vers, demeurait inaccessible au grand public, lettré ou non, devait peu à peu s'abolir, ou se modifier; c'est ce qui est arrivé; personne, même en usant des plus

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 19a S'ils rétablissent l'alexandrin en ses douze syllabes, — l'alexandrin qui se trouve dans la Gantilène de Sainte Eulalie, — ils s'accommodent, — je ne dis pas tous, mais presque tous, ou quelques-uns qui sont assez nombreux, — de l'hiatus

p.194 (1)
194 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. et la fait surgir, — a besoin de la rime totale. La rime n'est pas seulement un charme et une satisfaction de l'oreille par le retour des sons en harmonieux accord; elle est une nécessité. Ajoutez que, bientôt fastidieuse, en même temps qu'inutile

p.195 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 195 de geste, de l'ê comptant pour une syllabe. Est-ce donc en vue uniquement de la facilité, que plusieurs poètes le suppriment, notamment lorsque, comme dans te joie -n ou «vie», il est précédé d'une voyelle? Voilà qui serait le fait d'une paresse très

p.196 (1)
196 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. la halte «possible», au sixième pied. Quelques parnassiens, Banville, Glatigny, et d'autres, supprimèrent cette halte; ils eurent raison, puisque, seulement apparente■* je veux dire n'existant que pour l'oeil, elle n'était que l'hypocrite observance

p.197 (2)
RAPPORT; SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 197 lution,— continue le destin de plus en plus libre de notre vers, sans qu'en soit rompue la naturelle limite, tradition et nécessité de notre race. H y a, après l'émeute civile, une constitution interne, meilleure; mais les frontières sont intactes

p.198 (2)
198 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. de pensée personnelle, et sa volonté ambitieuse, qui développera ses dons naturels, autorise un bel espoir. — Mais, pour établir quelque ordre dans l'actuel pêle-mêle poétique,' il faut considérer surtout la réaction la plus directe et la plus

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 199 un peu excessif que, sous peine d'être exilé de France avec défense de porterie nom de Lamartine, d'Alfred de Vigny, de Musset, de Dierx, ou de Verlaine, le poète dût désormais se résigner à n'être qu'une espèce héroïque de Roger-Bontemps

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• 200 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. et là, d'un poème, un vers superbe éclate! En un mot, il est certain de sa gloire, et nous l'espérons. En attendant, il bataille, comme un jeune chevalier; c'est un Rodrigue, bientôt Cid. «A moi, Symbolisme, deux mots ! n II leur en dira

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RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. 201 hommes eux-mêmes, même par le grand public, qui n'a pas de méchanceté, même par les plus courtois des critiques; en demandant la justice, elle se prive du droit à la déférence. Et tant d'autres détresses que l'illusion ignore! tant d'autres chagrins

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202 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. l'heure actuelle. Que de maîtres! le Maître? non. Il se peut que, bientôt, demain, il apparaisse. Qui sait s'il n'est pas parmi les tout nouveaux venus que j'ai nommés tout à l'heure ? C'est peut-être le moins célèbre d'entre eux qui va, lentement

p.203 (1)
RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POETIQUE FRANÇAIS. 203 vrai théâtre? Emanera-t-il, transformé, clarifié, et francisée, de l'individualité sentimentale et brumeusement sociale des dramaturges du Nord? Sans avoir besoin de rien emprunter aux nations étrangères, dérivera-t-il, splendide action-rêve, humanité

p.204 (1)
204 RAPPORT SUR LE MOUVEMENT POÉTIQUE FRANÇAIS. n'a pas cessé de le posséder. Le moyen de nier cela? cela saute aux yeux, cela crève les yeux. Et la Recette, cette preuve qu'exige le bon sens bourgeois, la Recette, cet enthousiasme monnayé, est d'accord avec l'admiration de tout un peuple. Aucun

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. Si l'on voulait démêler l'inspiration qui fait l'unité de ces poèmes étranges et passionnés, on ne se tromperait guère en la cherchant dans la conception de l'In/elicità. C'est un Leopardi français égalant presque l'autre par la vigueur oratoire et le mouvement lyrique. [ Le Pessimisme au m' siècle (i

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des Poètes (1S94).] AUDY (Auguste). L'Amour en marche (1887). OPINION. ARMAND SILVESTRE. — Je pourrais citer des tirades et des strophes entières qui sont d'un mouvement lyrique évident. Mais ceci n'est pas une étude critique. Ma tâche est plus modeste que de conseiller l'auteur, moins aimable

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les journaux, dans les revues, de nombreuses pages d'une prose savante , correcte, pleine de nombre et de mouvement, est encore considéré par bien des gens comme un jeune écrivain dont le talent promet. Évidemment, il y a là une inégalité, une injustice, un fatum... On peut différer de sentiment sur

p.19 (1)
se suffit à ellemçme. Elle est éternelle et ne doit jamais avoir besoin d'un secours extérieur. Or, une partie de la gloire d'Auguste Barbier lui vient des circonstances au milieu desquelles il jeta ses premières poésies. Le qui les fait admirables, c'est le mouvement lyrique qui les anime, et non

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Athenoeum (1895).] '-PAUL LÉABTAUD. — Aujourd'hui critique dramatique k La Grande Bévue, M. Henri Barbusse, jusqu'ici , n'a publié que cet unique volume de vers : Pleureuses, dont M. Catulle Mendès écrivait, quand il parut : tt C'est plutôt un poème, ce livre, un long poème, qu'une succession de pièces

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snobs. J'ai rencontré la phrase triste et sans raison de Moelerlinck, moins sa profondeur d'eau verte; le trait à l'Oscar Wilde, moins l'esprit ; la naïveté de Dujardin, moins sa fraîcheur; la joaillerie do Jean Lorrain, mais bien plus fausse; les subtilités de Catulle Mendès, mais moins subtiles

p.23 (1)
, le mouvement général et le style, tout concorde à l'effet produit, laissant à la fois dans l'esprit la vision de choses effrayantes et mystérieuses, dans l'oreille exercée comme une vibration multiple et savamment combinée de métaux sonores et précieux, et dans les yeux de splendides couleurs. [Bévue

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du poète que la rage de le devenir. Non seulement le style, mais l'harmonie, le mouvement, l'imagination lui manquent. Pas de vers plus pénibles, plus essoufflés que les siens ; pas de construction plus laborieuse, ou de période moins aisée, moins aérée, si je puis ainsi dire. Et quand il tient

p.33 (1)
de la complaisance, ont déjà donné à l'auteur ce brevet de poète : je ne fais qu'ajouter après eux mon apostille bien sincère. [Causeries du lundi (I. XV, 186a).] THÉOPHILE GAUTIER. — Elève de Lamartine, elle a gardé du maître la forme et le mouvement lyriques, mais avec un accent profond et personnel qui fait

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; il en est de très doux, comme atténués de sourdines ; d'autres, çà et là, éclatent et montent comme des cris... et voici qu'après d'indécis murmures, tout à coup, des strophes éloquentes se poussent l'une l'autre d'un large mouvement... Ce livre d'émotion, de pensée, d'harmonie, est original

p.45 (1)
. — M. Albert Brandenburg est un très jeune poète, et son Ewphorion a de réelles qualités do lyrisme. Encore que le poème soit parfois confus, il se meut d'un ample mouvement, se développe avec abondance dans une belle lumière. [Mercure de France (mai 1887).] EUGÈNE MOHTEOUT. — J'aime beaucoup M

p.50 (1)
dans le drame de M. Chansrouï : Le Serment d'Annibal; il y a beaucoup de mouvement, des élans généreux, quelque chose de saccadé, mais de vibrant au suprême degré. [L'Année des Poètes (1892).] CHANTAVOINE (Henri). Les Poèmes sincères (1877). ~ ^es Sat res contemporaines (1880). - Ad Memoriam (i884

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autant de vérité familière, de simplicité pittoresque, de «réalisme» qu'elle peut en admettre. Les Humbles sont bien à lui, et, dans une histoire du mouvement naturaliste de ces vingt dernières années, il ne faudrait point oublier sou nom. [Les Contemporains (1886).] PAUL GraisTr. — On serait peut-être

p.59 (1)
que nous ne connaîtrions plus sans lui, mais il est la* T6 ^ postérité Prê*erà grande attention à part de son oeuvre où ce parnassien a continué 10 mouvement romantique. Si, comme il est à crainr 1' •- rame en V6rs ne devait pas survivre à jotre siècle, M. Coppée serait digne d'en être le rmer représentant, en compagnie

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(1898). - La cinquantaine, un acte (1898). - Gros chagrin (1898). - Une lettre chargée (1898). - Lidoire et Potiron (1898). — Théodore cherche des allumettes (1898)..- La Voiture versée (1898).." OPINIONS. MAUMCE BEAUBOURG. — Notre Courteline, comme dit Catulle Mendès... ., . . J'ai dit que, parmi

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du scepticisme voltairien. Il remplace par ces trois torts une qualité littéraire qui manque à tous ses écrits, la maturité qui donne ia réflexion... Si le bruit et le mouvement n'y manquent pas, la vérité, l'harmonie, la raison y manquent presque toujours. Par suite de cette même habitude

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tout ce que l'instant fait passer d'émotions, d'images et de rythmes en une àme extraordinairement vibrante et attentive, prompte à les saisir au passage et à en fixer la nuance, la forme ou le mouvement. Il y a là un don remarquable d'expression, une dextérité rare à surprendre l'idée non seulement en sa poussière

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éteints ont légué la mémoire. Il chante, dédaigneux de l'antique Memnon ; Car ton soleil se lève, ets'illumine, ô gloire! [Tombeau de Théophile Gautier (1873).] CATULLE MENDÈS : Jeunes vierges, versez, avec de belles poses, Versez des fleurs ! Celui qui dort dans ce tombeau Aima d'un noble amour

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lyrique, de même tous les poèmes sont solidaires et se complètent, voix multiples pour un dire unique. C'est pourquoi ces poèmes n'ont point de titres, comme habituellementmais simplement des numéros d'ordre, lesquels équivalent à des numéros de chapitre. Seuls, la marche et le mouvement des idées y

p.111 (1)
, par exemple, ce sonnet, que, quelques mois après, Catulle Mendès, le raffiné, notre hôte à son tour, admira autant que l'avait fait ce fils des sillons : Ta gloire évoque en moi ces navires houleux.. ■ Que de fiers conquérants aux gestes magnétiques Poussaient, dans l'infini des vierges Atlantiques, Vers

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, de douces effusions du coeur, un noble et pur souci de l'art et, parfois, une ironie pleine do grâce et de légèreté. [Préface à Interrupta ( i8g8 ). ] PAUL SOUCHON. — Poète, Paul Guigou appartiendrait à ce mouvement assez marqué qui sert de transition entre le Parnasse et le Symbolisme. Sa poésie tient

p.131 (1)
une richesse oubliée depuis Ronsard, aux rythmes et aux césures des habitudes perdues depuis Régnier et Molière et retrouvées studieusement par André Chénier. Au mouvement, au mécanisme intérieur de la phraséologie française, il a rendu ces périodes amples et flottantes que le XVIIIe siècle dédaignait

p.132 (1)
. Certes, l'auteur d'Hemani a fait des pièces aussi belles, plus complexes et plus dramatiques que celle-là peut-être;, mais nulle n'exerça sur nous une pareille fascination. Il s'opérait un mouvement pareil à celui de la Renaissance. Une sève de vie nouvelle . coulait impétueusement. Tout germait

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d'hommes qui ont rayonné par lui seraient restés obscurs, il est impossible de ne pas le considérer comme un de ces esprits rares et providentiels qui opèrent, dans l'ordre littéraire, le salut de tous, comme d'autres dans l'ordre politique. Le mouvement créé par Victor Hugo se continue encore sous

p.135 (1)
. AKATOLB FRAKCE : Heureux qui, comme Adam entre les quatre fleuves, Sut nommer par leur nom les choses qu'il sut voir !... CATULLE MENDÈS : Auguste et doux, serein comme un dieu sans athée, Droit comme les Césars d'un vieil armoriai, Il tient ce siècle, ainsi qu'en sa main d'or gantée Charlemagne portait

p.136 (1)
de notre siècle, l'illuslro Victor Hugo. [Quatre-vingHroisième anniversaire do Victor Hugo, hommages recueillis au journal Le Gil Il/fis, par M. Catulle Mendès (1881).] AUGUSTE BARBIER. — Que reste-t-il de lui? Une Babel immense peuplée de créatures monstrueuses ou étranges et sans vitalité réelle

p.138 (1)
. Une page, grand Dieu ! mais c'est un volume qu'il faudrait écrire ! Que voulez-vous que je dise en une page sur le plus Grand de nos poêles lyriques ? , . Et puis, après les batailles d'autrefois, je nm qu'à m'incliner. . Ces jours-ci, Catulle Mendès, qui est un grand honnête homme littéraire

p.147 (1)
DES PRINCIPAUX POÈTES FRANÇAIS DU XIXe SIÈCLE. 147 lave Kahn créa en 1897, avee M. Catulle Mendès, à l'Odéon, ensuite au théâtre Antoine et au théâtre Sarali-Berohardt ; des matinées de poètes où il tenta de (aire connaître les écrivains de la génération ascendante ? [Poètes d'aujourd'hui (1900

p.154 (4)
-vous vu ToussaintLouverture de Lamartine? Le drame abondait en tirades magnifiques; la représentation n'en fut pas supportable. C'est qu'il ne suffit pas à des vers, écrits pour la scène, d'être admirables en soi, il faut qu'ils soient en situation et qu'ils aient le mouvement dramatique. [Le Temps (s6

p.162 (2)
de poèmes simplement juxtaposés d'après une unité de sujet, de rythme et de mouvement, en somme la forme actuelle du poème, ce serait la vie en un poète de l'Esprit, se cherchant dans îe passé pour prendre conscience de lui-même. [Tîeiîuc Blanche (septembre 1897).] HEKBI DEGRON. —M. Sébastien -Ch

p.171 (1)
vraiment littéraire, M. Le Mouè'i possède deux qualités maîtresses en poésie : le mouvement et la sincérité. Dans son premier recueil paru au cours de sa vingtième année, il avait déjà montré un talent sympathique et consciencieux.-Son deuxième volume a prouvé, en outre, qu'il sait joindre au charme

p.181 (1)
l'aimer (ou le détester) immensément! Les Poètes maudits (i884).] FRANÇOIS COPPÉB. — M. Catulle Mendès a dit, avec finesse, dans sa Légende du Parnasse contemporain, que M. Stéphane Mallarmé était ce qu'on appelle au collège un «auteur très difficiles. Il est, en effet, plus aisé de sentir le charme

p.188 (1)
(189D).] MENDÈS (Catulle). Le Roman d'une nuit (1863 ). —Philoméla, livre lyrique (1864). - Histoires d'amour, nouvelles (1868).- Hespérus, poème, avec un dessin de G. Doré (1869). - Sternlose Noechte (Nuits sans étoiles), de E. Glaser (trad.), (186g). - Contes épiques, avec un dessin de Claudius

p.189 (6)
). - L'Envers des feuilles, contes (1888). - Grande Maguet, roman contemporain (1888). -Les Oiseaux bleus, contes (1888).- Les plus jolies chansons du pays de France, chansons tendres, choisies par Catulle Mendès, notées par Chabrier et Gouzien (1888). - Pour lire au bain, contes (1888). - Le Souper

p.190 (9)
coiffé le fils de la muse Calliope, quand cet excellent musicien déménageait les arbres tout venus par un procédé élégant et économique dont il n'a malheureusement pas légué le secret à nos jardiniers actuels. [Camées parisiens (1866).] THÉOPHILE GAUTIER. — M. Catulle Mendès s'est lassé très vite

p.191 (12)
DES PRINCIPAUX POÈTES FRANÇAIS DU XIXe SIÈCLE. 191 cun gardait, à part soi, son tempérament, et il y avait tien des schismes dans cette église. Je n'ai d'ailleurs pas à raconter ce mouvement poétique, nui a copié en petit et dans l'obscurité le large mouvement de i83o. Je veux simplement établir

p.192 (8)
quoi vous avez droit été, cela, avec l'incroyable talent que vous mettez partout, vous fait dès aujourd'hui une place à part; et, Les poésies de Catulle Menées, ce titre signifie parfaitement ce qu'il dit. [Lettres (8 décembre i88i).] STANISLAS DE GUAITA. — Hespérus, ce poème rayonnant

p.193 (8)
se mêle à cette ivresse quasi physique; et après toute cette .débauche de gentillesses fondantes, de strophes musquées, d'odelettes glacées à la framboise, on aspire violemment après le verre d'eau pure d'une simple émotion. L'émotion : voilà ce que Catulle Mendès semble avoir souci de fuir à

p.194 (2)
194 'DICTIONNAIRE BIBLIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE revivent ici, mais en désinvolture pittoresque. Kt ce n'est pas un des moindres tours de force du prestidigitateur Catulle Mendès que d'avoir — amalgamant en adroit romantique le cocasse et ïe tragique — tenté et réussi un Cauchemar amusant. [Bévue

p.195 (3)
Blanche (i5 mai 1896).] RACIIILDE. — Gog: Enamourés tous les deux des choses du divin, ces deux esprits si opposés, Yiliiors et Catulle Mendès, en môme temps amis intimes et adversaires l'un à l'autre également redoutables, liés normalement par la parité de leur merveilleuse puissance de travail

p.196 (2)
. — Quand parut le premier poème de Catulle Mendès, Sainte-Beuve, un peu effrayé et très certainement séduit, résuma son jugement en celte exclamation : Miel et poison! Nous ne sommes plus habitués à cette forme de critique ; mais Sainte-Beuve ne manquait pas de perspicacité. L'originalité de Catulle

p.197 (6)
DES PRINCIPAUX-POÈTES FRANÇAIS DU-XIX' SIÈCLE. 197 FIUKCISQUE SAUCEF. — (Sur Médée.) Le drame de M. Catulle Mendès vaut moins par l'intérêt du poème, par l'élude psycliologique des sentiments et des caractères que par un grand sens du pittoresque el en même temps par un emportement extraordinaire

p.202 (1)
). - Le Cor fleuri, féerie eu un acte, en vers(1889). - Poésies, poèmes en prose (1890). - Briséis, avec Catulle Mendès (1897). OPINIONS. TEODOR DE WÏZEWA. — Ephraïm Mikhaël est respectueux des prosodies traditionnelles : il a pour M. Leconte do Lisle et pour tous nos maîtres une déférence louable

p.203 (2)
publiés dans divers périodiques, lin drame mÛil, Briséis", écrit en collaboration avec M. Catulle Mendès? ' :\ Le premier àetè; de cette oeuvre, mis en musique paf Emmanuel;. ÇhabrierV fut interprété, Pour !a première-fpis.,::lë.;dimanche.3i. janvier 1897, aux Umcérts Lamourëiixi

p.211 (1)
, Alcman, Simonide, Catulle et Tibulle, que nous apporte et que nous rend M. Moréas. Le souffle et non plus les expressions, comme au temps du Pèlerin jiassionné. Il est allé cette fois à la source de la vie, et comme la main qu'il tendait était sincère, la source ne lui a pas refusé sou onde. [Iris

p.215 (1)
», et que cela ne laisse pas d'être long.) Si i'on remarque ensuite que ce qui dislingue Musset des élégiaques anciens, tels que Catulle ou Properce, et des modernes, tels que Ronsard, Chénier elparny, c'est qu'il a surfout exprimé ce qu'il y a de tristesse dans l'amour, le Surgit arnari aliquid du vieux

p.221 (2)
et frais de la nature. Dans Mes Rimes, tout est de verve, de flamme et de mouvement. Qui sait si ce petit livre n'émergera pas sur les ans. La Faro et le chevalier Berlin n'ont-il pas survécu ? M. Ordinaire a désormais son coin dans l'histoire des lettres. Pas bien large ce coin, ni bien haut! mais

p.239 (1)
(nov.-déc. 189/1).] RIÎKE' BOÏLESVE.— Toutes les fois qu'il sera question de cet élargissement, de cette aération, de cette humanisation de la poésie, on devra se reporter aux magnifiques Chants de la Pluie et du Soleil, de Hugues Rebell, qui me paraissent, en ce sens, le plus fort mouvement initial

p.243 (2)
avec les grands poèmes. [Mercure de France (février 189g).] PACL LÉiUTiDD. — Depuis Lutècc, où il débuta vers 1886, jusqu'à La Vogue (nouvelle série, 189g ), M. Henri de, Régnier a collaboré à presque toutes les «petites revues n tant françaises que belges, que suscita le mouvement dit «symboliste

p.244 (1)
mystiques. [ OEuvres littéraires.'] JULES CLARETIE. — Armand Renaud fut souvent un poète délicat et souvent puissant qui eut souvent son -heure de célébrité. Sa part d'influence dans le mouvement littéraire d'où sortit, voilà quelques années, une renaissance de la poésie... 11 écrivit un volume de vers

p.247 (1)
héroïques et amoureuses de Mira, de Lorenzo, do Grislobal. La pièco ne languit pas un instant, et le mouvement y est tel, que, parfois, nous avons l'illusion de la vie.On sent que la Cavalière a été écrite avec une ardeur toute junévile, et que l'auteur fut le premier à 6'amuser de ce qu'il imaginait

p.250 (1)
. [ Le Figaro ( février 1897).] ROBERT DE SOUZA. — M. Jean Richepin sut, en se servant des éléments traditionnels, donner a certaines de ses poésies la verdeur et le mouvement qui conviennent. C'est par ce côté surtout quu marquera comme poète original. H nous le deçouue

p.251 (1)
DES PRINCIPAUX POÈTES FRANÇAIS DU XIXe SIÈCLE. 251 moins dans sa Chanson des Gueux, si heureusement renouvelée ces temps-ci pur les Soliloques du pauvre, de M. Jehan Rictus, que dans certaines pages des Blasphèmes et de Mer. Mais il ne rend que le mouvement extérieur avec des développement trop

p.258 (1)
il ne les imite point; tout ce qu'il écrit jaillit de source et a le tour moderne. Il est aisé, il est clair, il a le mouvement et la mesure, toutes les qualités qui distinguent notre race. Quel bonheur ! quel bonheur! Nous allons donc être débarrassés et des brouillards Scandinaves, et des études

p.273 (1)
de la Symphonie initiale, sa profondeur d'accent et de pensée, l'harmonie parfaite et formidable de son mouvement s'allient aux grâces divines de la Fontaine des Muses pour faire de cette oeuvre le plus beau des monuments. A ceux qui comprennent l'importance des suprêmes oeuvres d'art au point

p.280 (1)
(189/1 )•] PAUL VERLAINE. ■—-De quelques années plus jeune que lui, je n'avais guère produit que de l'inédit et je restai timide devant l'auteur déjà connu des lettrés de ces Stances et Poèmes qui, avec Philoméla, de Catulle Mendès, et les Vignes folles, de ce regretté Glatigny, constituèrent

p.282 (2)
. HUGUES REBELL. — M.. Raymond de la Tailhède n'a encore publié que quelques poèmes, et cependant ils révèlent une âme si noble de poète et un art si parfait, qu'on ne peut hésiter à le placer au premier rang. —• Le mouvement, l'enthousiasme, l'audace sûre des tours font, de ses vers, les nlus

p.283 (1)
juges du xvii 0 siècle. Lorsque Boileau ou Fénelon regrettaient que nous n'eussions, ni chez Malherbe, ni même chez Ronsard, des odes pindariques avec la promptitude . d'images et d'inversions, avec le mouvement et la flamme du modèle grec, ce n'était pas un Hugo ni iin Lamartine, qu'appelaient

p.288 (1)
). OPINION. AUGUSTE DESPLACES. — Sans doute, la manière ne M. Turquely est élégante et gracieuse, mais ce n'est pas cette élégance polie à la pierre ponce dont parlent Catulle et Ovide : Exactus tenuipumice versus eat. Les stances tombent avec mollesse et harmonie ; son stjde est imagé et facile; sa muse

p.290 (1)
. Son style a la solidité, la vigueur de la belle langue classique, avec un éclat, une couleur, un mouvement tout modernes. Lisant beaucoup, connaissant tout, lettré jusqu'aux ongles, Vacquerie était, en même lemps qu'un curieux d'art et un passionné de lettres, un travailleur infatigable, admirable

p.307 (1)
. Il n'en a jamais fait un instrument de fortune et de popularité. Il commença le mouvement romantique avec Soumet, Guiraud etDeschamps dans la Muse française; il peut être mis au nombre des précurseurs; M. Hugo, plus jeune, est venu après. [Souvenirs personnels (1883 ). ] E. CARO. — M. de Vigny est, parmi

p.309 (4)
vers au .moins le bagage lyrique de la Villehervé. Aussi : n'est-il point classé dans l'Anthologie des Poètes du xix' siècle (Alphonse Lemerre, éditeur), ayant,cela de commun avec Catulle Mendès, Louis Ménard, Raoul Ponchon et,,plusieurs autres.... Dans son si remarquable volume : Nos Poètes

p.310 (1)
-4dam; eïle a pour titre : Une Révolte. — Une Révolte, c'est une énigme 1, un rébus, un cassetête qui vient de Chine, comme la poésie de M. Catulle Mendès. — J'ai donné à cette petite oeuvre plus d'attention qu'elle n'en mérite par elle-même. Mais elle est le manifeste d'une école très encombrante

p.319 (1)
) 244 RICARD (Louis-Xavier DE) 247 VERMESCH (Eugène) 3oi 1863. DROUET (Ernestine) 79 FRÉCHETTE (Louis) 97 FRÉMINE (Aristide) 97 LAFAYETTE (CALEMARD DE) 100 LAFENESTRE (Georges) '5i MENDÈS (Catulle) 188 MERAT (Albert) *97 VALADE (Léon) 29° 1864. BAZIN (Eugène) •■• 37 CAMPAUX (Antoine) ^8

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