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Titre : Le Gaulois (Paris. 1868)

Titre : Le Gaulois : littéraire et politique

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1868-1929

Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication

Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication

Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb32779904b/date

Identifiant : ISSN 11608404

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b

Description : Périodicité : Quotidien

Description : Etat de collection : 1868-1929

Provenance : bnf.fr

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A Fa~'MtttMtf~tMt ~M J'OMt1M!

ïttB jntm~toritt ~e e<mt ~M J'endaX

V4 H' `3.r; I

'Mon'dani'~s~f-

''Â'trâvoES l'Exposition. '<

Jjës Gerë~ntbnies dTiiër: tos~ monuments' do;<iuy?

~ie ~Maupassant et .de- Victor -Duruy. L'anni-

ver~~e~~a~ommùne. t

S Cdulissespoliûqdes.

'A.travjèrs.la~presse.~ .i

,E~~rienB.: Manifestations britaïuii~ues.'
~tfa Guerre sud-africaine.
Les Ballottages ~d'hier: Elections dn'Conseil ge-
néral&èlaSêine.

Sport :Ije_prix du Jockey-CIùT).
Feuilleton: .((La Voisine))~ par Mme Stanislas
.Meunier, 'J'
'Les chroniques 'de M. Muhifeld ont révélé aux'.
'lecteurs GaM~oïs l'ironie' d'estoc et de taille
-~d'iin esprit largement ;oùv.ert sur la. vie, apte à en,
'ch&isiret classerles manifestations signiûcatives,
éti doué dëT.à facùKe d'extraire des cônclusipns-de
= ce-qù~il àpërç6it;,dans ces Tormulea du mystère
intémem'ue sont les actes; Bpublieun roman
~a C'~îe~e' 'roM~e~e. Je n'ai paa~ le
dessein d'apprendre ceci ~quiconque; le livre a
'fait déjà un bon 'bout de route et nié l'attention
sur la qualité très spéciale d'observation et le
métier d'art particulier qui s'y afarment.
~J~~f~
M. Mulhfeld sait à merveille ;-le dif&cile. secret
.d~~ composition ;:<x)mmë son premier livre
lë~~aM~H' jt~szr cette curieuse recherche des;
~J~sechës~ruau~s~~
r Co~ ToM~eMc y à d'une allure vive,
et en -ligne droite il faut le lire d'un; trait'– et
~ainsi fait-on pour en étreindre la synthèse.
Les scènes-sont disposées en un rythme pro-
agressif .qui contraint la pensée à se hâter vers le
.dénouement, a' la manière :de ces perspectives
plantées qui conduisent'implacablemont le re-
gard jusqu'au monument dreasé à l'extrémité
d'unecharmilleMafrançaise,qu'il crne et jus-
ti6e.Ij'artince de cet excellent écrivaul consiste à
,'supprimer toute impression artiScieIlëep n'àppa-
:'raissant jamais ~ntre son lecteur et sesjpersonna-
ges. 11 ~'intervient point pour expliquer leurs mo-
biles et tenter:de leur gagner la~sympathie, on
n~entèndpassavoix émettre UQ~jugement sur.
~leurs~at;tions,,ildédâigne'm~~
'-assoùplissant;pàr quoi'l'on relie les incidents lea
uns aux autres. 11'në raconte pas:: il montre. Ce
Lqu'n.pënse de seshéroa, nous l'ignorons, il sou-
haite simplement nous faire penser à, leur sujet
'et il réussit. On .subit le~contact direct avec cet
.André Tourëtte-commë si .on /l'ayait rencontré
dans la rue, puis accompagné dans layie. Il agit
~urla sensibilité de'memè -sorte que les êtres
'réels, qui incitent le jugement à fonctionner, pré-
'véntif-du mal qui peut résulter-de leur voisinage,' r
et làisse;dans Tesprit des notions précises et ùti--
~lisables tout autant que celles de l'expérience-
pei'sonnnellemejit acquise, .aux 'chocs traumati-
.sanfsfcontre des égoïsmes, dea :Jâchetéa ou des
.n&tmiës'ën-action. .> <

Le livre'de M. Mubifeld prend un peu, à cause `

-Lè Ü~¡i~ M,)1:~hlfxldJ.>¡'e~d P. àcallse

de la:, leçon immédiate ~qùi s'impose au lectenr
:gràc9 au iravail-d~xamen et de jugement a quoi
'I'l'oT)ÏigiB,~i:aractëre d'une œuvré de moraliste.
pourtant .quelques-unes 'des 'scènes d'~ttd~ 'Z~M-
?*eMevontunpeubieh loin dansjla~voie de 'mon-
trerlës~cboses eh leur totale réalité. La précision
'~t justesse du 't~rme accentuent encorëT.a~vio-
'Iënce de certains détails M. MuMfeId fait voir:
~out~ce dont il parle avec une exactitude, à quoi
l'on peut trouver de l'excès lorsqu'il 's'agif de
peintures THissi "libres. Et, bien qu'ellea aieutTine
utilité dans rensemble, logique en toutes ses
combinaisons, de ce livre solidement bâti, on
souhaiterait qu'elles fussent plus discrètes par
places.ron en garde unpeud'étonnement, car
sérieux d~esprit de M. Muhifeld ne saurait être
~iis en doute, et l'on aimerait à entendre de lui
yiellë bonne raison il croit avoir :pour risquer
4e heurter une partie du public acq-uis à son ta-
lent.

.A

André Tourette, dont barrière consiste en
projets magniûques de travail qui doivant le con-
duire à une brillante situation, qu'il ~OM~~M,
mais ne ~ett~ pas atteindre, est le type déSni du
Kb~ongarçoh)) tout pavé d'intentions parfaites,
dénué~d'énergie.~ontmue, sa.nsvolonM ni pour.le
bien vers quoi il s.'orientethéoriquemënt, ni pour
le mal vers quoi il ya sans .perversité résolue et
.uniquement parce que "c'est plus facile. C'est
l'homme qui excelle adonner à toutes.lea petites
malpropretés dont il rend sa vie mieux com-
mode .d'excellentes -raisons, et si parfaitement
honorablëa; et tellement sincèrea toujours t Eta-
bli dans-.l'accoùtumance du mensonge pompeux.
faità soi-même~ tout propos, sur chaque sujet,
illpisufSt d'avoir conçu l'idée d'an eS~ort à ten-
ler, d'un couragë'à avoir, d'un sacriûce à s'impo-
= aer, voire d'~n.cadeau à onrir,pour que la persua-
sion suive aussitôt que Tenort, le courage, le aa-
crince ou le cadeau sont venus àMaUsation, et
que tout est bien, le devoir accompli, les choses
en harmonie et chacun aussi satisfait Ûe lui qu'il
.restlui-même..
II a la ûërfé de son indinérence aux dësaatrea,
que sa propre incapacité fait crouler aor-sa tête
il se félicite'de supporter ruine et sait gré
'lorsqu'elle est venue d'accepter l'amour =modeste
et dévoue d'une femme qui travaille dur à&h qu'il
puisse vivre doucement. H se sent très bon, très
intelligent, et s'apprécie de s'accommoder ai aisé-
Tnënt de toute situation pourvu qu'elle ne coin"
porte aucune nécessité de lutter, aucune 'tension
violente de ses muscles ouatés de~ graisse, au-
suneardeur continue de soncerveanatrophiédans
t'indifférence. :Il~est pas méchant le pauvre
André Tfurettë~ oh pasdutoutt à chaque minute
de l'existence OTi le trouve semblable à lui-même,
facile à vivre, sans-angles, rame ronde et pote-
lée, mblîe et si peu dense'qu~unsoufne la fait
virerilapousse ici, la ou ailleurs.

II ne commettra jamais un vrai crime,, un bon.
crime il faudrait deTénergië rude; on ~he se
dispute pas ayëc lui, il n'a nulle agressivité, n
taitdes dettes et compte obscurément que quel-

que chose adviendra pour qu'elles soient réglées ·

lldonpeà~afemme des bijoux et sesentfas-
tueux,\il~stteliemënt:heureux.de faire plaisir,
ilasibQT]tcœuriI~s'bijoux ne sont pas payés,
ils s'en vont ~mpHt.de piété et la femme tra-
vaillé plus dur ënGorë;pour les en .retirer. Ça ne
tegardë point, oarentehd reste, il est géné-
reux, il adonné des bijoux, que peut-on attendre
d'aùtre~de lui? Lassé par une vie de garçon mé-
diocrementorageuse, pourtant, il ne trompe pas
Ba.fcmme~jion,ilne la trompe pas, mais il-là
déçoit. 11 décevra tous 'ceux qui auront mis un
espbii'quelGonque.dahg -les -arables apparences

de son~enroyable veulerie.

Examiné ainsi, cet être semble ignoble, rhabi-
letesuperieure~du livre de M.MuhIfeld tienten
ceci, que,;d'un bout a l'autre de sa piteuse désti-
jiêe André Tôùrette conserve une certaine grâce,
et ,qu'lt faut être à la~'an~pour perdre complète-
ment Tesppir de le voirTéagir contre sàprodi-
gieûs.eiâchëté.-IL 'est ti'ës pareil à beaucoup d'hom-~
mes,.que les~femmea trouvent'charmants; aux- `
quels, d'enthousiasme, elles cohnent leurs espoira
de bônliëpi's,.pour demeurer ensuite parfaitement
incompréliensives: des causes qui font de cea
hommes-là les: ïauteurs de multiples misères.
~C~t qu'its.ne; s6'nt~:p 'hbmmës.\LeQra
âmes'pT.iantes et indécises.n'ont' pas de sex~, iis~
.ne.tyTRnmsënt-p.aint, ir~ont~n'soùriM
< ''jacccpte~Ip~têm~cbmmeiLvië~~

:iS./sôDt~~i~à~~ despotes''sans dôûte, étv

:;D:s.c&mTpandant~ani~ ana àutrès niï; sur«

.to~x-mcmcB~ës~émmës~

~B~c~MMr~ù'i~:ae~~

~S~

J:

i! i

~M~a~~es~ttenar~ent~ë: :r

sera doux de.les sorvir.~lles s'~per~ivent .tôt .de c
rmàmte de jelirs désirs :si~diuéM)nts.;JBomptëré é
'les~forts~parplùs de force~ou<par les subtilea
manigahcesdel'âdressëestune volupté dont.l'or-
guëir .se tdmne'; dompter"-les faibles dégoûte n
d'eux et de soi-même au reste, leur .faiblesse
/mêmë est une raison pour qu'ils échappent mieux
encore que les autres l'eau coule de la main qui v
se ferme, ainsi font ces êtres fluides et fugitifs .qui s
ne veulentpàs vouloir. /l!
Et quelles déceptions plus complexés ils réser- d
veht'à celles'dont le cœur puissant s'est cru capa-
blé et les a crûs dignes d'un vaste et persistant -L
ënort.' Elles.s'usent, lës.paùvrcs hérbiques.à gai-, d
~anisër ;le néant de ces hommes;; tontes~lëura c
éhergiesne sufûsént pas aies désenlizer de-leur 1]
amour d'eux-mêmes, ~de leur indinérence aux v-
beaux espoirs. La femme peut trouver une mer~
veilleuse excitation au dévouement dans la fai- j
'blesse partielle, de l'homme à qui;ellé;s'asso,cie, e
c'est une plaie"à soigner sur un corps vivant, et
Ya foi de guérir exalte :le courage, mais ceux-là "1
.dont chaque -Sbre est.inûltrée de lâchetés :accep~- 1
tées et chéries, ou nulle part le baume ne trouve
pour/aider son action la résistance d'une place
saine, quelle prodigieuse lassitude ils .'donnent i
comme par leur r~fus tacite de collaborer à toute '<
lutte, ils empoisonnent de doute et de mépris les
meilleures vaillances, comme'Hs .dégradent celles
quivoulaient leur restituer leur dignité active,
en rendant vaines leurs'plusmagtunques facultés
de pitié et de dévouement) I J t ç
Bien décidément.dl faut que les hommes soient
des hommes, et ceux qui. abusent de l'excès de
leur force sont moins dangereux à la femmo.que
~es~redo~tablea~gaï~Q~s~~gi]~~
bilea, capaoles fout~juste 'de témoigner la di-
rection du 'dernier 'souffle d'air auquel, il s ont j
obéi. H importerait que notre vanité ou notre
vaillance cessassent de nous égarer vers ces êtres
douteux qui attendent, assis, d'un air aimable,'
au bord du chemin, que quelqu'un veuille se
charger pour eux du fardeau de la vie._ II serait
souhaitable que les André Tourette ne trouvas- j
sent plus si facilement des chanteuses de café-
concert pour leur onrir do gratuités et totales
hospitalités, ni de~ braves nilea honnêtes pour
s'user au travail ànn qu'ils aient un gîte agréa-
ble et un demain sans ~angoisse.

'Les dames féministes s'insurgent en éloquen-
tes révoltes contre la tyrannie rhpmme, peut-
être bien ont-elles raison, c'est, sans doute pos-
sible, chose -très inconfortable que la tyrannie,
mais, à tout prendre,-puisque, pour quelque.
temps encore, il est supposable que la destinée
de l'homme et'celle delà femme tendront à se
Téunir, ce sera, je crois, un meilleur calcul de
s'arranger du tyran qui, nous menant à sa suite,
sait il va, que de subir les amoindrissantes
conséquences de veulerie TÏëa doux irrésolus~
qui glissent sans secousses ni conscience dans
lea plus fâcheux trous. Us sont aussi lourds à
traîner quf~es autres à. supporter, et leur poids
mort entait tout autant les maîtres de notre vie:
les mauvais maîtres ) Mieux vsLisnt les violents
qui blessent souvent mais dont parfois on peut
..avoirTorguëil~
'En fermant le fcurIeux~vréde~MuhIfeld, on
se surprend à croire–presque– qu'il doit y
avoir, parfois, quelque douceur à être un peu
:battue par un homme qui, conscient de sa vo-
lonté, soit capable de Ja~éa.Iiser,

T'œmi.na

Ce

-"L

LA POLTT!QUE E

LES.PETITS AGNEAUX

Vous.pensez que les dreyfnsistes j'entenda
lea politiqruea du parti furieux de n'avoir pas
atteint le Dut que se proposaient leurs enbrts~
c'est-à-dire la condamnation de quelques gêné-.
raux et l'avilissement des autres, préparaient
dans l'ombrele grand chambardement que Dous
annonçait naguère leur chef authentique.
Us devaient troubler l'Exposition, nous brouil-
ler avec l'Europe et, s'il le fallait, organiser la
grevé générale.

Ehbient il pa.ratt_ que .nous étions tous mal
renaeignéa.
Les dreyfusistea na demandent qu'à vivre en
paix sous la règle tutélaire de M. MiÛerand.
Ceux qui troublent la sérénité publique, ceux
qui agitent l'opinion en évoquant l'anàire Drey-
fus, que M. Cornély vaudrait bercer doucement
jusqu'à ce qu'elle se réveille, c'est vous, c'est
moi, c'est notre voisin.

L'aSaire Dreyfus ? Qui donc, a l'exception dps
nationalistes, ~'en occupe aujourd'hui? `?

M. Comély nous conseille de n'y plus penser
et d'attendre bras croisés et bouche close que la
coùrde cassation ait -brisé comme verre le juge-
ment de Rennes.,

,Geci fait, on tirera do.,cet arrêt -nouveau lea
conséquences qu'il comporte.
Plus dràmatique.M.Lucieh-Victor Meuniernoua
dénonce a à la haine et au mepria de tous les
Lonnêteagense..
Get écrivain lyrique et bien intentionné se pro-
poae de noua souffleter.~ & avec les clameurs ré-
publicaines D~t aussi de <: nous clouer le silence
.à:la bouche .avec ies poings)).
On ~l'aura pas à en venu'à cette .extrémité.
Nous ne demandons qu'à nous taire, mais il
faut que le gouvernement nous démontre au-
jourd'hui qu'il n'a aucune part de complicité
dànarles sécréta desseins de M. Reinach.
Cette démonstràtion,il faut qu'on la fasse.
A tort ou à rais6n,bn croit que l'Exposition est
un paravent à l'abri duquel le gouvernement se
livré à d'étranges manœuvres. Tandis que nous s
noua hypnotisons sur les incontestables splen-
deurs de cette admirable synthèse des plus hau-
tes conceptions de l'esprit humain, on profite de
notre distraction pour Techerchër ou plutôt pour
créer de toutes pièces le fait nouveau qui auto-
risera les révisionnistes à recommencer leur
funeste campagne; ,°,;

Dn le dit un peu partout il importe que sur ce
point le gouvernement s'explique–- ou jour
mieux dire se Justine.

Le générardeGaUinet a interrompra carrière
.d'un officier de grande valeur, parce qu'il avait
dévoilé les louches entreprises de M. Temps,
"alors que M. Temps lui-même est couvert par son
ministre, qui lui adresse :une admonestation pa-
;terheUë, un blâme anéctueux.
On frappe celui-là, mais il est certain qu'on a
de bonnes raisons~pour ménager celui-ci.: il peut
parler; onhe lui acipuepas le silence à bou-
ché ?, pour employer la belle métaphore de M.
.Lucien-Victor Meunier, Tnais on l'engage amica-
.lément, et probablement sous bonne promesse, à
semontrérdiscret.
Tout ceci doit être éclairci. M.~Waldeck-Roua-
seau doit nous dire et nous prouver qu'à aucun
moment le ministère ne s'est occupé do l'affaire
Dreyfus, si ce n'est pour l'empêcher de renaître-
de ses'cendres..
IIamê'Tnardi.il a avoue vendredi .peut-être
aujourd'hui recherchera-t-il une transaction en-
tre la négation et raveù. LeTnieux est de noua
tout confesser~et depMmettreàlàFrance qu'il
ne recommencera, plus. H est vrai que, dans ce
cas.onlejùgeraitpeuqualiûé pour amener l'a-
paisement'qu'il recommande.
'jCë serait toutefois un grand~soulagement pour
tbus~etnqùs nous empresserions d'orienter noa

espr.its vers d'autres objets. -L.~DËSMouLiNS.

~U~S~ f~

;nè. question intéressantes

Noire -cdnû'ère/.dé-T~c~o ~6 P~Ws pos~Tine

aquestibn donf la'gràvitë n'échappera â personne.~
"Serait-il~rài,demâhdë-t-U~qn'aprBStl&~
dërReQnea,ie~osaïéF~n~~

.~on~r~t~ .?

s

;assatibn~yec injonction a ses Tin~mbres d en '?

;tudier les.pëints faibles, 4e manière à~~a!C!M~;
~e~se de ~re~res.7'~a?.posï~c'M7,:
11 serait intéressant d'avoir là-dessus ~n dé-

menti! ouun àveude M. lézarde des sceaux.

-Iù isitionùnrr.ersitàüe y

iTiqùlsitionunivûrsitaire.-i

'On nous rapporte un fainncroyable, mais ab-

solument exact, qui montre à quel point -exerce

[a pression administrative~urUes fonctionnaires;

le l'Etat. >
Au cours de toutes les expositions précédentes
tes ministres ~de l'instruction.puMique~ont donne
des fêtes -bu des 'réceptions auxquelles' étaient
conviés "tous .les ~membres ~u/corps. enseignant

habitant'Paris.

Cette année on a adressé à tous les,chefs doser-
vice une circulaire-disant que « pour~qu'il n'y ait
pas de cartes perdues. les membres~des corps
enseignants devront 5oHM~e~ l'honneur d'être in-
vités~cës fêtes'ou'à ces réceptions et fournir a
l'appui de'leur demande leur état-civil et celui de

leurs femmes f~c).

Il va saTis dire que ceux qui île solliciteront
pas l'honneur en'question seront notés l'encre
rouge et qu'ils Tie seront pas près~d'avoir de l'a-
vancement tan~que ce minisj.ëre durera.

ÉCHOS DE PAR~~

Nous avons dit que la Princesse 'Ma.tb'ilde at-
teignait hier ses quatre-vingt-un-ans. Ajoutons
.qu'à cette occasion, tout ce que la société pari-
sienne compte de hautes personnalités a dénié
dans ses salons, pour .lui apporter toutes les féli-
citations et,tous les vœux qu'inspirent son ca-~
racf ère élevé et son amabilité.

"'inutil~e'4irei[ue:ies-~artes~t~es.~êu~;o~ 1

>

afQué'dansIebël'Mtéldë'laTue.de-BerFi,~qu'h~

bitë~ la' nlle de Jérôme -Bonaparte, la demiere

hièce de Napoléon I".

Au Panthéon

N'ayant plus à redouter de froisser Tambur-
propre d'un grand artiste, l'administration 'vient
enfin de donner l'ordre d'enlever l'énorme Ëgure
de femme en plâtre qui depuis si longtemps se
dressait au fond au Panthéon..
Cette .maquette avait été conçue par:FaIguiëre
pour représenter le triomphe de la Révolution~ `
Pièce par pièce–est-ce avec une intention allégo-
rique ?–des. ouvriers démolissent la Révolution. r
On ne verra donc bientôt plus l'immense rideau.
de toile grise qui déparait l'intérieur du Pan-
théon et cachait tout un chantier .abandonné.
"Il est probable d'ailleurs qu'on y élèvera in-'
cessamment une autre barricade pour l'artiste
qui sera chargé de décorer l'abside de l'ancienne
église de sainte Geneviève, patronne de Paris.
Nous recevons la lettre suivante-: z

~ieMB (Autriche), 25 mai.

Cher monsieur,

Le G'aM7oM, dans son numéro au 33 maLi, en p~rlELnt
des révélations de r~c~~r, cite le télégramme M.
Joseph Reinach du mois d'octobre de l'année dernière
et demande si a le docteur Mosettig, l'eminent pro-
fesseur dont il se réclame, est le meme~ui vient d'ê-
tre arrêté en Autriche pour crime de haute trahison M.
La. confusion qu'a faite M. Reinach est trop visible;
-pour ne pas être intentionnelle. Tout'le monde sait–
et les nombreux amis que possède M. Reinach dans~
le parti dreyfusard de Vienne, le; savent mieux que;~
personne que le.célebre chirurgiën_dôcteur~Moset-~
tig, professeur à la Faculté de' médecine, \quelqu.e~
chose comme le Péan de Vienne, n'a rien de commun
~véc l'ancien employé de douane, of&cier de réserve.
dansTarmée austro-hongroise Mosettig, qui se trouve~
sous les verrous depuis de longs mois, son procès"
ayant traîné en longueur par une procédure experte
que dirige M. le professeur Frishauer, défenseur de
son coaccusé Sària et frère de M. Berthold Fris-
chauer, l'ancien expulsé de Paris, éloigné de France
par le cabinet Méline pour avoir bavé sur la tombe
du président Faure.

Croyez, etc.

On demande ce que devient la Jeanne d'Arc de
Dubbis qui, après avoir pris possession, avec so-
Jennitë, de la place Saint-Augustin, a disparu
vingt-uatre heures après, entre chien et loup ? q
Gomme nous l'avons- dit, le statuaire avait
trouvé le socle un pou élevé et avait décidé de le
faire diminuer. Une re-palissade fut donc replanr
tée sur le terre-plein-devant l'église Saint-Augus-
tin, mais derrière ce mur. il ne se passa rien t
Les indiscrets qui d'aventure risquent un œil
à travers les planches constatent qu'il y à la. un
minuscule chantier avec quelques pierres, et
c'est tout.

Ça n'est pas assez, et nous espérons que, grâce
aux progrès réalisés par la science dans les
temps modernes, il ne sera pas nécessaire d'at-
tendre six mois pour que l'on vienne à bout de
tailler un petit piédestal eh pierre.

Rien n'a, chez nous, la vie plus dure qu'une
palissade, et nous prbËterons de ce que nous
sommes sur ce sujet~pour émettre timidement le
vœu que l'on active.aussi les travaux de la statua
de Lavoisier, qui s'élaborent mystérieusement
dans un énorme cube de bois, derrière la. Made-

leine.

-GOUPDECRA.YOK

A~p~e.BuMt&t

Un ardent, dana tonte la forcado l'&ge, un pan
fort, le corps comme ramassé sur lui-même, Ja/
Sgu.re.éclairée d'un regard à la fois .très doux et trèa
énergique. Merveilleux tempérament d'orateur servi
par une voix qui s'enfonce dans l'oreille comme ~me
Trille. Affectionne les audaces de -l'improvisation au
point qu'il ne~ait jamais s'il parlera cinq minutes
avant de monter à la. tribune. Do,nno chaque jonr"
dans rEc~M)'la note spirituelle et précise des événe-
ments et des choses. Présida avec autorité le con-
seil municipal de Pariset6t,t!n cette qualité, les hon-
neurs la capitale aux marins russes, A beaucoup
voyagé poussa une pointe jusqu'à Nouméa. N'en
est pas revenu pour être ministre. Cela pourra tout
de même lui arriver.

ChosesdeParis.

Une ruejiouvelle en plein Paria ça. ifest pas
c .de la petite bière jf, comme on dit à Montmar-
.tre. Il s'agit de celle qui devait être tracée sur t,
remplacement derancien hôtel etde l'ajicienparc
de la reine Hortense qui était compris entre les
ruesLaffitteetLafayette.

La semaine dernière on a pratique une large e
brèche dans le mur qui bordait le parc sur la rue
Lafayëtte, et les terrassiers ont commence à ni-
veler la rue nouvelle qui fera communiquer la
rue Lafayëtte et la rue Lafntte.
Cette nouvelle venue aura douze mètres de

large. `

't**

La Grande Roquette, désaSectëe, comme l'on
sait, depuis longtemps, va disparaître.
Selon le cliché, la fameuse <t pioche dea dëmo-
lisseurs B va intervenir incessamment, -car, hier,'
on commentait déjà à enlever les tuilea de la toi-
ture. Le reste va suivre et il ne restera plus rien
de ce coin se déroulèrent si! souvent, au petit
jour, les lugubres spectacles des exécutions capi-
-tales,

T~e comte Léon Tolstoï vient, paraît-il, de nnir
un nouveau livre intitulé 2VoMt?eJ esc~
dans lequel il étudie l'important problème social'
de vie~des ouvriers dàna les grandea villes et
s'élève tontre les conditions d'existence qui leur
sontfaites.
Ce nouvel ouvrage sera publie dans le courant
de-l'été.
M. Ernest Laviase a, comme on ~e 'verra pins
loin, pria la parole, :hier, à YiIlëneu~e-Saint-
Georges, au nom de l'A.cadémie J&'ânçaise, pen-
damt~la cérémonie d'inauguration du monument

.de'.YictQr'-Duruy.

H était .mieux~- a, même que personne de &dra

son%lBve,~tfut pendant~de~onguegMn~~

r~mi-~ë'.plua ~ntitne~

~~neS~et~uruy' ~lb eàienj, dan~ la-

.8,

même~Isda;Mpr<ràq'<ni~i~ ème;~és~éond`

~~nqu~n~~B, TU.e ~ë~édicis;. lia ;~e "voyaient
~onti~uëliëm~nt ~në~ai~aient~en~Qs àe coa-

su~C~

"D'aiMeùr;s, "Mme* Victor Duruy "habite encore

rappartemëht qu'occupait son mari~et M. La vissa

-l'entoure de'ses soin~ les plus respectueusement

.déYoués.:

.Les Américains ..étaient f.ers de posséder la
femme la plus grande du monde~entier, préten-
daient-ils. Ils viennent d'être bàttua~ honteuse-

ment pard'humbletjrëce.

Onêcritde Corinthe aux journaux d'Athènes
qu'une jeune Elle, âgée de vingt-deux ans et
nommée VassiUki Calliaudji, originaire d'un pe-
tit -village de-.cette .province, a une taille de
deux métrés trente. Ses yeux sont aussi gros que
des œufs, sa tête a un volume double de celle des
femmes ordinaires, les mains et les pieds à l'a-

venant.

;€'est déjà'tentant. mais la dot? 't

.Lès. amateurs de tableaux anciens et~'dë ta-
'Hleaux modernes suivront'les deux vacations que
Me Paul Chevallier, assisté de' MM. Ferai, ex-
perts, dirigera mardi à'rhoteIDrouot.

~JEhi euet, à salle 1, & trois heures et demie,
on dispersera quelques œuvres fort remarqua-
bles de Corot, Daubigny, -Diaz, Jôngkind, Sis-
ley, Ziem, etc.; 'et à la salle 6, à quatre heures,
quelques morceaux de. maîtres: un paysage cé-
lèbre'de Pàulus Potter~ daté de 1650 un portrait
d'homme âgé de Rembrandt, plusieurs pages de
l'école française du dix-huitième, etc.

L'exposition a lieu: aujourd'hui et se poursui-
vra demain jusqu'à l'heure commenceront les"
vacationa.

La Société générale des-Eaux Minérales de

.~als,ja~QiLneur~'in&rmer~jeDe.~mét-en .vente

des~Setdes-.f/4 de bouteilles; des eaux de ses
~sources Saint-Jean et Précieuse.

La source Saint-Jean se mélange admirable-
ment/à toutes les boissons, vins, bière, lait,
sirops; c'est, par excellence, Feau des dys-
peptiquës, celle qui donne de l'appétit et qui
facilite les digestions. Elle est très agréable à
-'boire.
La source "Précieuse se boit généralement pure.
~On l'emploie-avec succès dans les anections du
.foie, des reins, de la vessie, calculs, diabète,
-goutte. Notice et renseignements 4, rue de
~renulhe, à Paris.

Lp restaurant d'Iéna à l'Exposition. formait,
hier soir, comme Tin vaste salon aristocratique.
Remarqué parmi les. dîneurs Mgr le duc de
Chartres, prince et princesse Murât, lord Eleho,
~lord Leiser, comte de Périgord, comte de Ganay,
M. et Mme de'Gournay,comtedeMensdorf,prince
de Mandsfeld, marquis de Jaucourt, misses Mil-

da,M.Dubose,etc.

Le restaurant d'Emile A.oùst va bJLentôt tenir ~e
record de lamode.

A travers les livres

Za ~VbMveMc'CMïSfM~fe &OM~eo:se. C'est 1e
titre du charmant volume d'une irrésistible
gaieté.que M.Fra.nc-I~ohain publie aux Editions
delà 'R6!?Me~a~c~e. Ce roman de toua les
jours, quij)asse des plaisirs de la table aux sou-
cis du ménage, est écrit dans ces étonnants vers
amorphes dont M. Franc-Nohain a le secret.
NOUVELLES A LA JWAiN "1

Les petites scories de~la conversation
–Mon ami, Tietejfie pas aux femmes, elles
sont perfides comme Londres.
–Tu veux dire comme l'onde? R

Mais non, comme Londres. ~uisqu~on dit
la pernde Albion l ZIn Dénûüo

TfnJ)Muno

LA

SËMCE D MJMJM HC!

Un point sur. lequel tojut le monde est d'accord,
c'est que la Chambre nous onrira aujourd'hui une
séance d' e Exposition )), c'est-à-dire un de cea
spectacles épicéa et violents qui font la joie de
quinze cents spectateurs et la désolation de trente-
six millions de contribuables.

Et d'abord comment s'engagera la bataille ? '1
Trëa naturellement par la -discussion immé-
diate de l'interpellation du comte de Castëllane
sur les déclarations faites par M. Joseph Rei-
nach à Digne. On racontait que le gouvernement
en demanderait le renvoi à un mois. Il n'osera
certainement pas. Ni M. Erantz,niM. Alphonse
Humbert n'ont l'intention d'interpeller pour leur
compte; mais, en revanche, M. Krantz, au double
titre de président des républicains progressistes
et d'ancien ministre de la guerre, et M. Humbert,
qui a si brillamment révélé, mardi dernier, les
machinations de la Sûreté générale, intervien-'
dront certainement dans les débats et apporteront
chacun à la solution nnalë de la journée la con-
tribution de leur autorité et de leur talent.
Quelle sera, d'autre part, l'attitude du minis-
tère et des troupea bigarrées qui obéissent à son
mot d'ordre ? De ce coté on en est réduit aux con-
jectures, bien que l'attitude générale de la presse
ministérielle et des Pythpnissea de la e défense
républicaine]'' qui vaticinent dans lea couloirs
parlementairea noua Soumissent déjà quelques
précieuses indications sur la tactique éventuelle
de l'ennemi.

Je rappellerai, d'abord, que le gouvernement
s'était fait administrer, dèa vendredi dernier, à la
clinique du Luxembourg, le vaccin de la génisse
sénatoriale par l'habile praticien qui s'appelle
Ghaumié grâce à cette précaution hygiénique le
ministère comptait biën,~ouvoir aSronter sàna
danger les miasmes du Palais-Bourbon.
Mais il semble bien que le vaccin n'a pas pria
et que la cohorte ministérielle ést menacée des
plus graves périls. H paraît donc probable que le
président du conseil, suivant la formule sacra-
:meïiteHë,û: se tiendra à la disposition de la
Chambres qui ordonnancera la discussion immé-
diate de l'interpellation Castëllane.

Cependant, j'ai le devoir de signaler une tenta-
tive de diversion dont on attribue l'inititiatiye à
l'un des druides les plus qualiuéa du Grand
Orient j'ai nommé M. Vigné (d'Octon). Cet ho-
norable, chevelu comme Absalon, est un ancien
médecin de marine, romancier de talent ainsi
qu'il l'a prouvé avec l'~e~eHe M&M~e qui
vient d'éditer une nouvelle plaquette, la G7o!~e <fM
i<S'a&re, dans laquelle il prend à partie le général
'Gàllieïu et' quelques-uns doa brillants bfnciera
qui tiennent garnison à Madagascar. Sans entrer.
dans le détail de l'épopée à rebours imaginée par
'M. Vigne (d'0ctbn),je dirai que ce Ponsondu Ter-
rail de la politique a'eSoree on même temps de
blanchir lea sujets de la reine Ranavolo et de
noircir conscience de nos ofaciërs. Donc, M.
Vigne d'Octon interpellerait le gouvernement aur
les suites qu'il compte donner à aonToman et le
gouvernement étoun'erait Tinterpellation Castël-
lane et les révélations du capitaine Eritschsoua
les fureura antimilitaristes de M. Vigne d'Octon.
Par malheur, ce beau rêve ministériel me pa-
raît irréalisable, et l'interpellation Vigne ressem-
ble beaucoup à"une réclame de librairie.
D'autres prétendent que le gouvernement se
croyanten droit de compter, quoi qu'il dise, sur
le concoura absolu de majorité.à laquelle il
doit onze mois de durée, répondra nettement aux
mterpellateurs en niant toute importance aux
documënfa Tomp~eiger, et la rea-
ponaaBilitépléiné et entière" des àcteaincriminëa
pa.r l'opposition 'le gouvernement pense qu'en
lançant d'anë~oi~ sûre im~ ~onôre sur lés.
oinciéra qui ydccnpent de politique et aur lea
a déplôrablëa Btràditionâdu ~bureau, y~
drad'àsaaut rlëa M~ de aéa a~~

.'Tes.

Enan une açrn~r~~

matèrent je. ne suis .pas éloigne de crotre que ë

~'estja. c~le-Ïa qu'il s'arrêtera. les amis do cabi~
~net~soigSënaëBïë~~és~~t~
raient hermétiquement les oreilles pour ne rien
entendre en même temps qu'ils intimeraient l'or-
dre aux ministres de ne pas répondre Ce serait
le vers fameux de l'opéra-comique bien connu
Ne pMlepM, Rosé, je t'en supplie! l

jnisen action, et si d'aventure les orateurs de l'op-
position insistaient pour obtenir des explications,
-on organiserait un tel chahut ? que le président
de la Chambre, contraint de lever la séance et de
se couvrir, couvrirait par la même occasion le
ministère qui pourrait ainsi distribuer dans six
mois les sept cents croix de M. Millerand. J'i-
gnore comme tout le monde ce qui se passera
dans quelques heures au Patais-Bourbon, maia
j'ai peine à croire que les députés patriotes seront
assez naïfs pour autoriser une tactique, grâce à
laquelle une majorité de sourds portërait'triom-
phalement au Capitole un 'gouvernement de
muets.. a

Clauda Baron

F/~c-~fM ~a~/M
LES ERAHDS METRES DE L'uN!VERS)TÉ

M. Leygues, ministre de l'instruction publique, a porté
la paro!e hier,àVi)leneuve-Saint-Georges,à ['inauguration
du monument élevé en L'honneur de son prédécesseur
Victor Duruy. Le ministre républicain a pu rendre
hommage au ministre de Napoléon Ht .sans renier ses
doctrines de défense républicaine, Duruy~ ayant été es-
sentiellement un laïque, un champion de ce qu'on ap-
pelle le droit de l'Etat, comme si, eh matière d'instruc-
tion, les -droits de l'Etat ne devaient :pas être primes
par .la liberté du père de famille.

'MaiS'si-Duruy-ne .fut- pas.un-ministre.uivant le
cœur des catholiques et de beaucoup de libéraux, ce
fut un homme de talent, et un brave homme. Double
mérite, assez rare chez les grands maîtres de l'Univer-
sité, avant comme après Duruy, surtout après.
Ce fut de plus un homme très simple, ne reniant pas
son origine de fils d'ouvrier aux Gobetins, nullement
grisé par la fortune inouïe, qui fit en moins de deux
années, du simple professeur de rhétorique au lycée
Napoléon, aujourd'hui Henri IV, un Inspecteur général
de l'Université et ensuite un ministre.

Un de ses anciens élèves de rhétorique, qui pendant
ces deux années-là avait fini ses études et faisait son
droit; m'a raconté que, ~e livrant un jour aux joies de
la pleine eau dans fa Seine, à Villeneuve-Saint-Geor-
ges, il sentit tout a coup deux mains puissantes se po-
ser sur ses épaules, les faire céder et l'envoyer dans l'a.
Mme en se dérobant ensuite à ses remerciemeo.ts. Re-
venu à lui, il reconnut dans l'auteur de la <; passade p
Duruy, son ancien professeur, devenu ministre, qui se
souriait à lui-même du bon coup qu'il avait fait.
boire. Que faire Se fâcher, maintenant qu'il ne pouvait
plus être mis en retenue ? C'eùt-été mesquin. Rire de la
farce valait mieux. C'estr ce qu'il fit en remerciant mê-
me le ministre de l'avoir assez reconnu pour lui avoir
fait avaler une ration d'eau. Mais comme il avait un
fond de rancune il guetta l'instant la revanche et le
moment venu, après quelques brassées opérées pour
donner le change, il reut le coup de la passade au
grand maître de l'Université qui, -une fois reparu à la
surface et son souffle repris, cna de loin <: Bravo et
s'éloigna en tirant sa coupe. Pas poseur-pour un sou,
Duruy.

On le vit, du reste, A quelques années de là, quand.
it Et son service comme simple garde national pendant
que ses deux fils aînés se distinguaient dans des grades
peu élevés, servant ainsi d'exemple au dernier de la
famille, le jeune officier entré il y a quelques années le
premier à Saint-Cyr.

Hâtons-nous de dire que de tout temps les ministres
de l'instruction publique'furënt plus solennels que
Duruy, comme il convient du reste à des hommes qui
tiennent sous leur égide ces institutions peu folâtres
qui s'appellent le Collège de France, les Facultés de mé-
decine, de droit, de théologie, des sciences et des let-
tres, l'Ecole normale supérieure, qui nomment aux em-
plois dans les lycées des professeurs de talent et aussi
des imbéciles, quitte à révoquer également des imbéci-"
les, quelquefois, et aussi des hommes de valeur et de
cceur comme MM. Dausset et Syvetbn qui, enSn, s'ils
ont sous leur coupe l'Opéra avec le sourire des danseu-
ses, dirigent souvent, selon l'humeur de tel ou tel pré-
sident du conseil ou pour complaire à telle ou telle
combinaison de groupe parlementaire, let trois cultes
religieux reconnus par l'Etat.

Nous ne reviendrons pas sur le rôle de' l'Université
dans l'ancienne monarchie. It fut considérable. Le sou-
verain avait souvent à lutter contre elle, mais que de
service cette puissante corporation n'a-t-elle pas rendus
grâce surtout au concours des ordres religieux aux-
quels elle s'est ouverte et qui ont fait notamment de
l'Université de Paris, déjà la doyenne de celles du monde
entier, leur guide et leur modèle dans tous les champs
alors explorés de l'esprit humain 1

C'est un décret de la Convention qm supprima TUni-
versité en vertu sans doute de cette déclaration faite ré-
cemment au procès Lavoisier, que la république n'avait
pas besoin de savants. C'est un décret de Napoléon 1er
qui l'a rétablie, à peu près telle qu'elle fonctionne au-
jourd'hui.

Son premier grand maître fut Fontanes, littérateur
d'une élégance un peu passée aujourd'hui, comme une
étoffe empire, brave devant les démagogues il le
prouvaendénonçantCoIIotd'Herbois,–moins héroïque
devant le maître du monde, au demeurant un excellent
fonctionnaire qui contribua à faire des lycées autant de
casernes, de façon que Napoléon, sur la 6h de son
règne, put distribuer dans la classe de rhétorique des
brevets de sous-lieutenants. La moitié de l'apprentissage
était faite pour ces adolescents.

Sous la Restauration, les principaux grands maîtres
ont été un Breton, Corbieres, et un Provençal, Mgr de
Fraysssinous. Corbieres était un ultra. Frayssinous,
plus libéral quoique prêtre ou plutôt parce que prêtre,
tous deux grands amants des lettres latines, heureux
chaque année de présenter lauréat des vers latins en
rhétorique au roi Louis XVII! presque aussi fort en
poésie latine lui-même que l'est aujourd'hui Sa
Sainteté.

Sous la monarchie de Juillet, les plus marquants des
ministres de l'instruction publique furent le duc de
Broglie, Montalivet, Girod de L'Ain, et surtout ces trois
hommes éminents qui se sont appelés Guizot, Ville-
main et Cousin.

La deuxième république n'eut que de très médiocres
grands maîtres. Carnot, d'abord, le Sis du convention-
nel, et ensuite, Vaulabelle, le pesant historien, jusqu'au
jour la majorité étant passée à la droite, M. de Fat-
loux, nommé ministre, élabora et fit voter l'admirable
loi qui porte son nom, trop conciliante et trop juste
pour qu'elle ne soit pas menacée aujourd'hui par te
récent jacobinisme de M. Wàldeck-Rousseau.

"A

Les ministres du second empire ont presque tous fait
parler d'eux, principalement pour avoir été la cible des
brocards républicains, à commencer par Fortoul, cou-
pable, prétendaft-on, d'avoir dit un jour en tirant sa
montre :< En ce moment, danstoute~Ia France, la
classe de troisième compose un theme. La vérité est,
que Fortoul fut un esprit un peu rectiligne, mais un
ministre sagace. Si son fameux système de bifurca-
tion divisant les élèves à partir de la troisième en
<: scientinques et en < littéraires a eu le tort de ne
pas aller jusqu'à sa conséquence logique, ta suppres-
sion du baccalauréat, il a été tout simplement
l'œuf d'où est sorti ce qu'on appelle aujourd'hui l'en-
seignement moderne.

Rouland qui vint après Fortoul eut à subir de vives
polémiques avec les évêques. C'était au lendemain de
la guerre d'Italie et les prélats avaient quelques motifs
de gourmander le pouvoir, Rouland, qui avait été ma-
gistrat, eût quelquefois la main lourde. Duruy qui te
remplaça sut être meilleur diplomate avec les hauts di-
gnitaires de l'Eglise.

Puis vint Bourbeau, qui manqua de prestige au gré
desirréconciliabtes d'alors et qui n'eut pas te temps
d'en conquérir, car au bout d'un an de fonctions il pas-
sait la main à Ségris, lequel ne dura que quelques
mois.~ainsi que ses deux successeurs, jusqu'au 4 sep-
tembre, Mège et Brame.

Depuis r8yo, tes principaux grands maîtres de l'Uni-
versité se sont appelés Jules Simon, Waddington, Bat-
bie, de Fourtou, de Gumont, Faye, Bardoux, Jules
Ferry, Paul Bert, Faîtières, Goblet, Benhelot, Spuller,
Loekroy, et en des temps pins rapprochés de nous,
Combes, Léon Bourgeois, Rambaud, Leygues. Sauf M.
Fallières et M. 'Combes, tous ont été bu à \peu près des
lettrés. Tous, en tous cas, quels qu'ils aient, été, hom-
mes de droite ou de gauche, se sont piqués d'aimer les.
arts et ont tenu a vivre en bons termes avec tes artistes.-
Ce fut la caractéristique, nomsëutement de cet excet-
:lënt Bardoux, qui avait, dit. l'histoire, des préférences
pour~oùt te monde, mais ae M. Goblet, quifa'e~t-de
goût déclaré que pour lui même. Tous aùssi.~usqu'eh
ces derniers temps, Ayâieht~ accepté .un K!o~!&~t~aft,-
à ;peû pr~s gort~ble ;~cc le_ personnel de.l'enseig~meht;;

Ubre~ Voici aujpurd'huila guerre ouverte en&e le "grand

libre. J., 8.

maître de l'Uniyers!te et lés maîtres religieux. Reste
s~otfsi t'Uni vérité ea sortira ytctoriëuse~ al6r%).ur.
tout que'Mgt' d'nHtvërsitaIres, des .sag€s~<çeux-là,bt&.
ment et'maùdissenf cette TepIrised'iiost.HUës aussi-ou'
vertement qu'ils peuvent te faire ~ans Être. dénonces ~)a<
tafratic-maçonnene.
Tout-Pjuit

Comment on vote
en Belgique

tjes MÏectiom8 d'~njtmpd'hui

YDe no<fe co~e~pp~~aM~

"BraxeUes.37mat,llh.matm.

Les élections d'aujourd'hui sont intéressantes
à plus d'un titre: pour les Belges/elles auront
une importance exceptionnelle dans leur histoire
pour les étrangers, elles formeront une curieuse
leçon de ch6ses,etparticuliërement pour les Fran-
çais qui parlent en ce moment de mddiner leur
loi électorale, notamment dans le sens de lare-
présentation des minorités.

II. s'agit du renouvellement intégral de la
Chambre et du Sénat, avec la nouvelle loi sur la
représentation proportionnelle; c'est l'expérience
première en grand de théories .longtemps discu.
tées c'est la tentative de contenter tout le monde.
C'est sans doute un très loyal essai de répartition
exacte des opinions, mais il y a gros à parier que
demain il y aura plus de mécontents encore
qu'hier, et que rien ne sortira de bon pour per-
sonne de lois embrouillées que comprennent à
peine leurs auteurs. Ce sera en "tout cas l'affai-
blissement de la prépondérance temporaire d'un
parti et de la division extrême naîtra peut-être
l'instabilité permanente. Exposons le plus clai-
rement possible le système électoral belge, tout
au moins dans ses lignes principales, car la
Chine jamais ne,vit pareille complication.
Comme dans le pays de Confucius il y a des
mandarins à un plusieurs boutons en Belgi-
que il y a des électeurs à une, deux ou trois voix.
L'homme marié a une voix de plus que le céliba-
taire, ce qui fait que votre concierge peut avoir
un vote de plus que vous.

Le vote est obligatoire la première abstention
est punie d'une amende de 3 francs, la seconde
d'une amende de 35 francs et bientôt on est dé-
claré déchu pour six ans des droits civiques. Il
faut prouver une impossibilité matérielle de se
rendre au scrutin pour échapper à une condam-
nation vous voyez d'ici la rage de bien des gens
empêchés d'aller à leurs affaires ou à leurs plai-
sirs t

La représentation proportionnelle fut votée à
la suite des émeutes de l'année dernière; c'est la:
seule combinaison qui put réunir une majorité à
force de compromis et de négociations. Voilà la
raison qui l'a fait adopter, car elle n'était favo-
risée par aucun parti politique en tant que parti.
Les conservateurs surtout, avec leur forte majo-
rité, étaient très divisés sur cette question beau-
coup d'entre eux préféraient à juste titre le scru-
tin uninominal. Expliquer à nouveau par le dé-
tail cette formule de représentation proportion-
nelle serait aussi difficile pour nous qu'ennuyeux
et pénible pour le lecteur; qu'il nous suffise de
rappeler que toutes les listes qui atteignent un- c
coeSiciem 'proportionnel au nombre des votes
participent à la répartition des sièges et cela au
prorata de l'importance des suffrages obtenus.
A Bruxelles il y a neuf listes différentes ex-
cusez du peu à savoir les suivantes
Association conservatrice, ligue libérale, indé-
pendants, radicaux, ouvriers libéraux, socialis-
tes, démocrates chrétiens, deux listes de commer-

çants..

Voici un pronostic situation approximative
de répartition basée sur les dernières élections =
Conservateurs, 6 sièges.

Libéraux, 3 sièges.

Radicaux, 2 sièges.

Socialistes, 5 sièges,

Indépendants, 2 sièges.

Evidemment ceci n'est que pour donner l'exem-
ple de la façon de procéder, car en 1896 les con-
servateurs et les indépendants avaient une liste
unique et les démocrates chrétiens ne luttaient

pas.

Pour Bruxelles, seulement, il y aura deux cent
cinquante-cinq mille bulletins a dépouiller 1
Ge qu'il reste à remarquer, c'est qu'on ne peut
pas panacher; le vote pour un seul candidat est
possible, mais profite en même temps à toute la
liste. On a tout prévu il y a des membres sup-
pléants, choisis en même temps pour parer aux
vides des élus qui mourraient pendant la durée
de leur mandat ou démissionneraient.

A

tk y,

En attendant que les premiers résultats noua
parviennent, il est bon d'insister sur l'importance
de ceux-ci.

Ce n'est pas uniquement le sort du gouverne-
ment conservateur qui est en jeu, c'est la ques-
tion d'un gouvernement possible. Le parti con-
servateur est, en fait, le seul qui soit à même de
se maintenir par lui-même. Voici, au reste, ht
réponse qu'a donnée un journal libéral à un con-
&ère conservateur qui demandait a Qu'arrive-
rait-il si la majorité échappait au gouverne-
ment?

<[ Si la Chambre nouvelle est composée d'une
majorité libérale-socialiste, celle-ci devra agir
selon cette situation nouvelle. Ni les libéraux,
les socialistes n'étant assez nombreux peur cons-
tituer un ministère, il va de soi qu'il n'y aura que
deux moyens. Ou bien en constituant le noùveaa
cabinet d'éléments libéraux avec l'appui des so-
cialistes, ou bien en composant le ministère de
socialistes et libéraux, sur un programme élabore
par les deux partis. D

En somme cela revient à dire que la bataille
aujourd'hui donnera gain de cause au gouverne-
ment actuel ou rendra les socialistes maîtres de
la situation.

Voila pourquoi bien des gens déplorent la loi
du suffrage plural et étendu largement qui a étS
fatale aux libéraux sans doute, mais qui a favo-
risé, hors de toute proportion, l'avènement de9
chefs socialistes.

Les fortes tête du parti conservateur l'ont: eom<
pris en faisant jadis liste commune avec les indé-
.pendants; récemment encore, une tendance àl'éta-
Missement d'un groupe puissant au centre s'est
manifestée.

Ne serait-ce pas le salut ? L'avenir paisible
du pays ne demande-t-il pas la constitution d'un
grand parti du centre formé des modérés des
partis conservateurs et des vieux libéraux de la
Ligue ? Nous pensons que les sages auraient vou-
lu en arriver là, espérons que ce n'est que partie
remise.

Telle est gravité de la situation, telle est la
page d'histoire qu'à l'heure qu'il est, le peuple
est en train d'écrire.

Il faut avouer qu'il l'écrit très paisiblement.
La période électorale a été loin d'être mouvemen-
tée et <r avec le roi Léopold le calme le plus com-
plet n'a. cessé de régner Seuls les journaux ae
sont livrés à une polémique effrénée; a croire les
feuilles antiminiatérielles, la situation est épou-
vantable: la dette publique se serait accrue dans
des proportions considérables, la rente serait'dé-
~réciée, les chemins de fer seraient désorgani-
sés. Certainement les organes conservateurs ne

.ménagent pas leurs adversaires, mais iisne pon-'

vent leur reprocher~ à eux, d'avoir commis dM
fautegiecëntos,pniBgn'ils n'ont rien -f~ da/

';tout!i:

~Prenons ~ueÏques phiBres éditants, dëtM) `

belge 's'est lie 4u -6â phi emen- 'e'e'11* dôtté

belge s'est clevée annuellement. :de83~m~~

sous dernier ministère libéral, de 30 millionj)
'aoias celui de N~BeBrn~rtMdë~~

L puis. Lm'en.te a~aSsS dans M9 ~orai~M tiH~~

fi 5
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