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Title : Journal des débats politiques et littéraires

Publisher : [s.n.] (Paris)

Date of publication : 1814-1944

Type : texte,publication en série imprimée

Language : French

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/cb39294634r/date

Identifier : ISSN 1770619X

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r

Description : Variante(s) de titre : Journal des débats, politique et littéraire

Description : Variante(s) de titre : Journal de l'Empire

Description : Etat de collection : 01/04/1814-

Provenance : bnf.fr

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~~ur

A

DIMCBE21 MAI

ON S'ABONNE

rue des Prêtres :Skint- Germain l'Auierrois 17.
< PBIX DE L' ABONNEMENT

Un an. Six mois. Trois mois.
B~part~meM. ~0&. 40 fr. 20 fr.
p4fb, 72 fr. 36 &. 18 fr.

DININCHE 21 ~~I

i8~.

,•, ̃ ON S'ABONKE-
*'̃ à Rome,

chez pierre MEBI.E, place Colonne;
à Naples

Chez" ETIENNE DCTIIESNE TU6 MeffiMpT
Pour l.'Allenrâgne l'Autriche i ]p"r¥Sj
et la Russie, £? U

chez le directeur des Pfïss JÈTl

& Cologne et à Sarrebruck BJusjBS

Les annonces sont rectlàiiX

Chez m. pams, régisseur des adJUgE

8, place de la Bourse; ^W§

et au bureau du jouknai»

Il 1 11, 1

POLITIQUES ET IITTÉRÂIRES.

la io\»jn, appiy to cowbb aad son, foreign
newspâpers office 2, Saint Ann's làne, G. P. p.;
and BEU8Y davies et''c% 1 Finch lace
Cornhîll. ̃̃ y
N. B. Le joubnal des débats répond pas
des manuscrits qui lui sont adressés, et ne se
charge pas de les renvoyer. '•̃̃:•'

FRANCE.'

i PARIS, 20 MAI.

Nous avons dit hier, dans la rapidité de
l'improvisation, que le Constitutionnel avait
supprimé quatre passages du discours du
iprince Napoléon. Il y a une cinquième sup-
pression qui nous avait échappé et qui n'est
•pas la moins expressive de toutes. Elle
porte principalement sur deux citations de
l'Empereur Napoléon 1er relatives à li-
berté de la presse et àola liberté de dis-
cussion et dont l'une a été bien souvent
répétée dans la presse et devant lés
Chambres a Des électeurs libres! des
> discussions publiques! des ministres res-
ponsables! la liberté! je veux tout
>cela! la liberté de la presse surtout;
» l'étouffer est absqrde je suis convaincu
» sur cet article. » Cette cinquième opé-
ration, que le Constitutionnel a fait subir
au discours d'Ajaccio, a également entraîné
>ia disparition d'une maxime politique du
prince relative à ces subalternes t>i em-:
» pressés à mettre le gouvernement à l'abri
»de la moindre attaque, mais qui dans
'•̃leur faux dévouement et leurs exagéra-
'.» lions intéressées ne cherchent qu'un
moyen de dissimuler au souverain leur
i insuffisance et leurs fautes. « Hier soir,
,Je Pays a inséré dans ses colonnes le
discours du prince tel que l'a amendé
le Constitutionnel.

Aujourd'hui 20 mai, le prince Napoléon
'doit quitter la Corse pour revenir à Paris.
C'est le Moniteur qui l'annonce. La feuille
.officielle, rompant enfin le silence, con-
sacre cinquante lignes au récit de l'inau-
guration du monument érigé à Ajaccio à
la mémoire de Napoléon gt de ses frères.
Elle nous apprend « qu'au moment le
> voile qui couvrait la statué ,est tombé,
» le prince est descendu de l'estrade, et a
» fait, tète nue, le tour du monument»,
de plus, « qu'une émotion très vive se pei-
» gnait sur le visage de S. A. I. » II n'y
pas ijn, mot, d'aillenrs, dans cette re-
lation, d'où l'on puisse inférer que le
îprince Napoléon a ouvert, la, bouche pour
prononcer une parole quelconque durant la
cérémonie. Ceux de nos, concitoyens qui
lisent le Moniteur, et ne lisent pas d'autre
journal, seraient réduits a ignorer l'événe-
ment d'Ajaccio, si cette feuille n'avait été
obligée, par lajoi et par l'usage de pu-
blier dans son numéro d'aujourd'hui un
compte-rendu de la séance du vendredi
.19 mai 1865 au Sénat. enfin il est ques-
tion du discours prince Napoléon. En
-vain le Moniteur s'enveloppe de secret le
Iplus indiscret et le plus enfant terrible des
-hommes politiques, M. le marquis de Boissy,
*a trouvé moyen d'informer par deux fois
les1 quarante mille abonnés la feuille 'of-
ficielle qu'il existe un discours du prince
Napoléon d'un intérêt assez vif pour mé-
riter de fixer l'attention publique. Quand
M. le président du Sénat a dit au téméraire
sénateur qui désirait savoir si c'était en
qualité de délégué du gouvernement que
le prince Napoléon avait parlé « Rentrez
dans la question .monsieur de. Boissy »,

FEUILLETON DU JOURNAL DIS DÉBATS
¡, DU 21 MAI 1863. Í

,t')Stt~iS!

̃« 'Jîi ̃

14~ fi ,i'~(l ,t~'

EXPOSITION DE 18fiBv!

.a~t-fr

(Cinquième article. Voir les Numéros du
23 avril 'et des 7, 10 et 14 mai.)

MM. Court, Leroux, Aima Tadema, Gis-
bert, Matejko, Ribot, Dehodencq, Cour-
bet, Mânét, HaussouHiôr, Gerome, Per-
rault, Brader, Mottëz. Peintres mili-
taires MM. Schréyer, Hersent, Arhiand
Dumaresq, Philippotèaux, Protais# JE(,el-
lahgé."v •' ''r'l> 'y%m

i- ;•̃̃̃̃̃̃̃ :̃!> ̃"̃-> ?.n^èni

"J'ai encore à étudier les ouvrages
quelques'artistes qui.^en traitant des §ujëts
sacrés", profanes ou de fantaisie, se rap-
prochent plus ou moins -de la peinture
d'histoire., Ce sont d'abord -trois peintres
qui, dans des proportions diverses et sans
pvpir' d'autre rapport qu'une commune
préoccupation archéologique ont repré-
senté des scènes anciennes avec. une minu-
tieuse exactitude et une rigueur scienHû-^
que. Les tableaux de MM. Court, Leroux et
Alma-Tadema sont de véritables restitu-
tions ils ont un intérêt d'érudition et un
caractère tout spécial qui m'ont engagé à
lçs rapprocher.
M. Court, mort il y a quelques mois,
est bien connu de nos lecteurs par son im-
portant tableau du Luxembourg. Il avait
exécuté dans les plus vastes proportions,
et au moyen des recherches les plus sé-
rieuses et les plus patientes," une restitu-
tion'du Forum romain au temps de Dio-
clétien, qui l'avait beaucoup occupé pen-
dant les dernières années de sa vie, et
que l'on vient d'exposer. Ce gigantesque
travail, que nous avons étudié avec un
grand intérêt, soulèverait sans doute, au
point de vue de l'érudition pu're, bien des
objections. Il donnera lieu à dès contro-
verses; car les travaux poursuivis depuis
quelques années par les savane allemands
en particulier, les fouilles si intéres-
santes que l'Empereur fait exécuter dans

celui-ci s'est hâté de répondre « J'y suis,
monsieur le président; je n'ai plus rien à
dire j'ai dit tout ce que je voulais. » En
effet, qu'avait-il besoin d'ajouter? Il en
avait assez dit pour que les lecteurs du Mo-
niteur fussent prévenus à la page 626 de ce
qu'ils doivent ignorer à la page 623.
Le Morning Post publie le texte de la
protestation qui a été adressée par MM. Be-
verley Tucker et George Saunders, tant au
peuple du Canada qu'au Président des Etats-
Unis. Ces deux gentlemen, réfugiés au
Canada, déclarent fausse et calomnieuse
la proclamation par laquelle M. Andrew
Johnson les accuse d'être les complices
de Booth. Ils offrent, si le Président y con-
sent,'de se rendre à la forteresse fédérale
de Rouse's-Pcrçnt, pour y être jugés, par
un conseil de guerre composé de neuf
membres que le Président choisirait sur
une liste de vingt-cinq généraux du Nord
dont ils donnent les noms. C'est dans les
termes les plus violens (et la violence n'est
qne trop naturelle et trop légitime s'ils
sont innocens) qu'ils repoussent les asser-
tions du Président Andrew Johnson.
Il nous faut bien remarquer qu'ils ne son-
gent pas du tout à se plaindre de ce
qu'Andrew Johnson les croyant et les
disant suffisamment suspects de compli-
cité dans le meurtre du Président Lin-
coln, ait mis à prix la capture de leurs
personnes. En France, en ce moment, le
public pense, parle et procède d'autre ma-
nière. Peu de gens s'étonnent qu'Andrew
Johnson accuse, sans publier de preuves,
MM. Jefferson Davis, Beverley Tucker,
George Saunders et autres d'avoir parti-
cipé au crime de Booth; une foule de
gens, au contraire, ne se lassent pas de
s'indigner de la conduite d'un chef de ré-
publique qui recourt, pour l'arrestation
de personnes suspectes, à la pratique ré-
putée barbare de la mise à prix. Nous
sommes bien obligés de dire que, dans l'es-
pèce, toute cette indignation porte à faux.
M. Andrew Johnson n'a pas inventé la mise à'
prix-pour le cas présent. La mise à prix est
une des formes habituelles. de la procé-
dure et de l'instruction criminelle chez
tous les peuples et dans tous les pays de
langue anglaise. C'est à. mise à prix que
les tribunaux anglais ont recouru, par
exemple, en une occasion récente pour
assurer l'arrestation de la personne sus-
pectée d'avoir assassiné M. Briggs. On
;peut blâmer cet usage et les lois sur les-
quelles il est fondé, mais c'est mal raison-
ner que tirer de ce fait particulier, s'il
reste isolé, aucune espèce d'induction spé-
ciale contre le Président Andrew Johnson,
puisqu'à sa place tout autre Président que
lui ne, pourrait, que faire ce qu'il fait re-
courir aux moyens que la loi, bonne ou,
mauvaise, met à sa disposition pour ap-
préhender au corps les personnes réputées,
à tort ou à raison, coupables d'un crime.
Le Séna,t, dans -,sa séance d'hier, s'est
occupé, comme à l'ordinaire, des pétitions.
Le nombre de celles qui obtiennent l'hon-
neur d'une discussion est fort restreint.
Plusieurs hier ont eu cette faveur.* L'une

ce moment même sur le Palatin, ré-
forment tous les jours des idées que
de vagues traditions ou des recherches
insuffisantes avaient fait prévaloir jus-
qu'au commencement du siècle. Cepen-
dant, autant que nous en pouvons juger
p^r, une étude que nous aurions voulu
pouvoir appuyer sur une légende explica-
tive, il nous semble que Court avait mis à
profit la plupart des découvertes, récentes, et
que là' partie hypothétique de son travail a
tout au moins beaucoup de vraisemblance.
Au fond du tableau et dominant l'ensem-
ble, se dressent les vastes constructions
du Çapitole assises sur leurs robustes sou-
bassemens étrusques, ainsi que le temple
de la Fortune câpitolfeê, et au-dessous, se
faisant pendant, les femplès de Con-
corde et de Vespasien en avant et à
droite, près des Rostres, l'arc de Sép-
time-Sévère. Au milieu du vaste espace
compris entre la basilique Julienne, les
temples de Castor et Pollux, de Minerve,
de Vesta et le Palatin d'un çôlç, et les
constructions qui bordaient au nord la
voie Sacrée, la basilique Erhilienne,, le
temple d'Antynin et Faustlne, l'arc de t>-
bius, on voit les temples de Jupiter Stator
pu Gragcostatis, ceux de Jupiter tonnant et
de Jules César, les colonnes Duillia et
Bïœnia, et allant de l'arc de Septime-Sé-
yere à celui de Titus à gauche et au
delà duquel se trouverait le spectateur,
l'avenue de colonnes, qui formait la tète
de la voie Sacrée. Il est bien entendu
que je me sers à dessein des noms que
l'on donne généralement à ces, monu-
mens, sans essayer une discussion qui ne,
trouverait pas sa place ici. C'est sur ce
théâtre que M. Court a placé des scènes di-
verses de la vie romaine. Au premier plan,
et entre la statue de Jupiter assis et deux
figures impériales équestres, c'est le mar-
tyre de sainte Agnès, qui fut décapitée en
303, sous Dioctétien par conséquent. La
sainte est à genoux, les bras tendus, la tète
levée vers le ciel. Le bourreau, près d'elle,
va la frapper. A droite, un autel et des prê-
tres qni cousuHent les oracles. A gauche,
un prêteur assis à son tribunal rend la
justice. Plus loin, un orateur parle au peu

d'elles demandait l'extension de l'eiiséi-
gnement du dessin en France. La commis-
sion proposait l'ordre du jour par le mo-
tif que le gouvernement se montre em-
pressé à encourager et à honorer les beaux-
arts et n'a pas besoin d'être excité à cet
égard. Le rapporteur a cité entre autres té-
moignages la distinction de grand-officier
de la Légion-d'IIonneur donnée à quelques
uns de nos grands peintres il eût pu
ajouter la présence de M. Ingres dans Je
Sénat. s

M. Michel Chevalier, se plaçant à un
autre point de vue que celui de la pein-
ture historique a réclamé contre l'or-
dre de jour. Suivant l'honorable ora-
teur, c'est dans l'intérêt de l'industrie
qu'il faut perfectionner et multiplier l'en-
seignement du dessin. Le dessin est un
art que tout le monde aujourd'hui de-
vrait posséder, tout comme l'écriture. Le
dessin est utile dans toutes les positions so-
ciales. Dans les plus élevées comme dans les
plus humbles, l'homme qui :sait dessiner,
c'est-à-dire qui sait se rendre compte avec
le crayon de ce qu'il a vu et observé, a
un grand avantage sur celui qui l'ignore.
M. Michel Chevalier a fait connaître au
Sénat l'impression que les jurés français,
dont il était le président, éprouvèrent à
l'Exposition universelle de Londres quand
ils se trouvèrent en présence des produits
des manufactures anglaises ils consta-
tèrent que, sous le rapport du goût, elles
avaient accompli une vraie révolution, et ce
grand résultat était à l'établissement de
South-Kensington qui non seulement a
répandu dans toutes les villes manufactu-
rières de nombreux élèves habiles dans
l'art du dessin, mais qui y a fondé des
écoles pourvues d'habiles maîtres. Il a lu
un passage du rapport fait sur ce sujet
par M. Mérimée, qui était aussi du jury,
et l'assemblée a paru y prendre beaucoup
d'intérêt. L'orateur a ajouté qu'ayant visité
dfs e. oies normales dans quelques dépar-
lemei!?, il avait reconnu que l'enseignement
du il1 s-ifl y était défectueux et s'y faisait
suivant des méthodes arriérées. Or si les
instituteurs primaires ne savent pas des-
siner, comment l'apprendront-ils à leurs
élèves?. S'ils ne connaissent que de mau-
vaises méthodes, comment, avec la meil-
leure volonté du monde formeront-ils
de bons dessinateurs?' C'est dans les écoles
primaires que la grande majorité de la po-
pulation puise toute L'instruction qu'elle
peut acquérir. C'est que s'ouvre et
se façonne l'intelligence des populations
rurales, populations si intéressantes, aux-
quelles on prodigue les assurances de
sympathies, mais pour lesquelles, en dehors
des discours on ne fait pas grand'chose.
Pour le cultivateur, pour le simple paysan,
savoir faire un croquis serait d'un grand
secours; ce serait même un excellent moyen
de culture intellectuelle.

M. Michel Chevalier voudrait donc que le
dessin fût compris dans la partie obligatoire
de l'instruction primaire, et qu'on l'y ensei-
gnât par les méthodes perfectionnées qui sont t
en usage dans lés écoles de Paris, et surtout
dans l'école de La Martinièfë, de Lyon.

pie du haut des rostres. Çà et là, sur la
place, sur les marches des temples, sous
les colonnades des basiliques, des groupes
de personnages qui causent, des enfans qui
jouent, des chars, des moutons couronnés
pour le sacrifice, et ces chèvres qui peuplent
encore aujourd'hui'le Campo-Vaccino.
Il serait bien regrettable que le fruit
d'un si énorme et si consciencieux tra-
vail fut perdu, et nous voudrions, dans ce
moment surtout les études sur l'anti-
quité romaine sont remises en honneur,
qu'on fit de ce tableau au moins une bonne
photographie, iqui permettrait d'étudier à
loisir la restitution de M. Court et de
comparer.avec d'autres travaux, du même
genre.
Le tableau de M. Leroux présente un
contraste complet avec celui de M. Court.
H est de petite dimension et représente une
Initiation aux mystères d'Isis. Les prêtresses
de la Cérès égyptienne vêtues de lin
portant le,sistre de la main droite, des-
cendent processionnellement les marches
du temple; le grand-prêtre est, en avant,
les bras levés prononçant les paroles
sacramentelles sur trois personnages vêtus
de brun à genoux devant lui. A gauche,
un sacrifice à droite, deux femmes qui
causent c'est tout. Ce petit tableau est
charmant, plein d'un sentiment très fin,
très juste'de l'anljquité. L'architecture est
du meilleur goût et étudiée avec le soin
le plus scrupuleux. La disposition est
peut-être un peu théâtrale; la peinture,
vive, légère, agréable n'a pas beaucoup
de corps. Cependant je ne saurais repro-
cher à M. Leroux d'avoir donné à un ou-
vrage de ce genre cet aspect d'une fresque.
C'est un parti pris qui s'accorde parfai-
tement ayee le sujet. M. Leroux est un ar-
tiste plein de sincérité et de distinction.
Le second tableau qu'il expose, l'Esclave
d'Horace moins important que celui dont
je viens de parler, a les mêmes excellentes
qualités. Nous engageons vivement M. Le-
roux à persévérer dans cette voie mais
peut-être devrait-il revenir plus souvent à
des sujets l'imagination joue un rôle
plus important, l'artiste n'est pas gêné
par l'archéologie, il est plus maître de

Il a d'ailleurs rendu un hommage mérité
aux efforts éclairés de l'administration
municipale dans un certain nombre de nos
grandes villes, à Paris, à Lyon, à Amiens,
à Lille, à Mulhouse, etc., et dans quelques
villes secondaires, comme Charleville et
Guebwiller. Il a en même temps fait re-
marquer qu'il était urgent de généraliser
cet enseignement dans nos manufactures
parce qu'autrement elles perdraient un de
leurs avantages et seraient hors d'état de
soutenir la concurrence étrangère que le
nouveau régime commercial leur impose.
Le Gorps-Légistatif a continué dans sa
séance d'aujourd'hui la suite de la disais-,
sion du projet de loi relatif aux associa-
tions syndicales.

Sur les douze derniers articles qui res-
taient à voter, quatre ont été adoptés sans
discussion sept autres ont fourni à MM. les
commissaires du gouvernement l'occasion
de répondre à des questions' posées par
plusieurs membres de la Chambre sur le
sens et l'interprétation donner à ces ar-
ticles au point de vue administratif.
Une longue discussion s'est engagée sur
l'article 18, relatif à la loi à, appliquer aux
expropriations exigées pour les travaux
entrepris par les associations syndicales.
MM. Lambrecht, Josseau et Louvet ont de-
mandé qu'au lieu d'appliquer la loi du 21 mai
1856, qui n'a rapport qu'au petit jury, c'est-
à-dire au jury, 'composé de quatre membres
et présidé par le juge de paix avec voix
prépondérante, on appliquât la loi de 1841,
ayant rapport au grand jury, composé de
douze membres et au minimum de neuf,
et offrant plus de garanties aux graves in-
térêts de la propriété.

MSI. Sénéca, rapporteur, et le comte
Dubois', commissaire du gouvernement,
ont répondu que si l'on avait fait régir
les expropriations par la loi de 1836,
c'est qu'elle renfermait des dispositions
utiles à la rapidité des opérations, et que
d'ailleurs l'article 18 contenait une des
principales dispositions de la loi,de 1841
la déclaration d'utilité publique après dé-
cret rendu en Conseil d'Etat.

Cette discussion sur l'article 18 s'est ter-
minée par un vote au scrutin ayant pour
objet le renvoi de cet article à la commis-
sion. Sur 224votans, 97 se sont prononcés
pour cette mesure, qui a été rejetée par 127.
Après l'adoption^es autres articles, l'en-
semble de la loi- a été adopté à l'unanimité
de 246 votans.

La séance s^est terminée par une discus-
sion sur la fixation du jour pourrait
venir utilement le budget. Après quelques
observations présentées par MM. J. Simon,
Garnier-Pagès, E. Picard, auxquelles a ré-
pondu M. le président Scbneider, la Cham-
bre a décidé que cette discussion commen-
cerait le 1er juin.

Au commencement de la séance, M. Da-
rimon a déposé son rapport supplémen-
taire sur le projet de loi relatif aux chè-
ques. La discussion en a été fixée à mardi
prochain, en même temps que celle sur le
projet de loi relatif aux conseils de pré-
fecture.

transformer, d'interpréter. Que M. Leroux
n'oublie pas le franc et légitime succès
qu'ont oBlenu son Sacrifice à Hygie et sa
Vestale.
L'an dernier, M. Aima -Tadema nous
montrait une fête égyptienne sous la
dix- huitième dynastie. Cette fois, c'est
en Gaule et au sixième siècle de notre
ère, qu'il nous transporte. Il expose des
femmes gallo-romaines, figures à mi-
corps, qui ne présentent, me seinble-t-il,
.qu'un intérêt médiocre. Son autre ta-
bleau, Frédégonde et Prétextat, est au con-
traire des plus remarquables la mise
en scène me parait plus simple, plus heu-
reuse que celle de la Fête égyptienne, de
la dernière Exposition, et l'exécution est
certainement plus souple, moins dure et
tendue. Prétextât est assis sur son lit de
mort. Il se sait empoisonné par la reine,
versquiiltendsonbras menaçant Un moine,
près de lui, cherche à l'arrêter. La reine,
assise enlace de lui, vue de profil, est im-
passible. Sa victime ne saurait lui échapper.
,Elle fixe sur l'évèque de Rouen son œil à
la fois féroce et souriant. Les figures du
soldat debout derrière elle et du moine qui
tient le ciboire sont du plus beau caractère,
et je voudrais oser dire d'un grand style. Je
parle pas des ajustemens, des armures,
dés meubles, des bijoux. C'est à croire que
M- Alma-Tadema a vécu cette année à la
cour de.Chilpérie;, comme il avait vécu
l'an dernier à celle des plus anciens Pha-
raons. Je ne sais pas si tout est vrai mais
tout est tellement affirmé, logique, vraisem-
blable, tout porte à un si haut degré un ca-
chet de sincérité physique et morale, que
je n'éprouve aucune hésitation à admettre
comme de bon aloi ce que l'artiste me
montre avec une si parfaite assurance. Je
voudrais pourtant faire une petite chicane
à M, Alma-Tadema. Comment a-t-il pu,
lui qui est l'exactitude en personne, mettre
un bouquet de grosses pensées dans la
main de l'une de ses femmes gallo-ro-
maines ? Ces fleurs sont un produit de
l'horticulture moderne et datent de vingt
ans à peine. La fée qui dévoile à M. Alma-
TaJema, et avec une si merveilleuse pré-
cision, ces époques reculées, aurait bien

Lundi, le Corps-Législatif discutera en
comité secret le projet de loi relatif aux
travaux de la ville de Paris et à l'emprunt
qui en est la conséquence.

Le secrétaire de la rédaction, V, oun»

On nous communique la dépèche télé-
graphique suivante

Oran, le 19 mai, huit heures.

du matin.

>• Hier, l'Empereur est allé au théâtre. La
population montre toujours le même enthou-
siasme.

Ce matin, S. M. part pour Saint-Denis-du-
Sig, et sera de retour à Oran dans la soirée.
La santé de l'Empereur est parfaite. »
Pour copie conforme: F. Camus.

BOURSE DE PARIS.

CLOTURE le 19 le 20. HAUSSE. BAISSE.
©/©

Comptant. 67 43 67 15 » » » 30
Fin cour.. 67 4S €7,15 » » »,30
« a/» o/o '"̃ ''̃" >:

Comptant. 95 9K 40 » » » 1
Fin cour.. 91 75. » *• » » » »

Vélégraplilfe privée.

Turin, le 19 mai.

La Gazelle de Turin dément le bruit que le comte
de Revel ait été chargé d'une mission. Le comte de
Revel s'est rendu à Rome pour des affaires de famille.
Emprunt italien, 65 fr. 50 c.

Londres, le 19 mai, soir.

Une lettre de lord Russell aux commissaires de
l'Amirauté, publiée par la Gazette de Londres, dit que
les conditions actuelles de la guerre civile en Amé
rique permettent de retirer les ordres donnés, le
31 janvier 1862, relativement à l'entrée et à la sortie
des bàtitnens de guerre bèlligérans.

A la Chambre des Communes, M. Grifflth demande
si le gouvernement a l'intention d'adresser des re
présentations au gouvernement des Etats-Unis rela-
tivement à sa façon d'agir vis-à-vis des chefs confé-
dérés.

« La seule réponse que je puisse faire, dit lord Pal-
merston, c'est que le gouvernement n'a aucune in-
tention d'essayer une intervention quelconque dans
les affaires intérieures de l'Amérique. »

(Service télégraphique Havas-Bulher.)

Nous recevons cette nuit les dépèches

ci -après

ci-après Belgrade, le 20 mai.
Le télégramme de Constanlinop'R disant que le
prince de Servie refuse de p:iy«r l'indemnité, aux
émigrés musulmans et demande la démolition des
mosquées et établiKSPmms turcs dans loute laprin-
cipauté est complètement tontrouvé.

Vienne, le 20,:inai.

La Chambre des Députés a terminé aujourd'hui
l'examen du traité de commerc avec le Zollvcrein.
Aprè-s avoir repoussé toutes les propositions d'ajour
nement, elle a voté le traité à une grande majorité,
conformément aux conclusions de la majorité de la
commission. (Service télégraphique H aoas- Huilier.)

On lit dans le Moniteur

« L'inauguration du monument érigé à la
mémoire de Napoléon 1er et de ses frères a eu
lieu à Ajaccio le 15 mai avec un grand éclat.
S: A. I. le prince Napoléon était arrivé le 14 à
Ajaccio. Toutes les autorités civiles et militai
res s'étaient perlées au-devant du prince, qui
à' été reçu aux cris répétés de Vive l'Empe
reur! vive l'Impératrice! vive le Prince im-
périal!

» La cérémonie d'inauguration a commencé
à quatre heures et demie de l'après- midi.
n De vastes enceintes circulaires étaient ré-
servées aux fonctionnaires publics, aux dépu-
tations communales et aux dames. La tribune
impériale, richement décorée, s'élevait en face
du monument, au pied duquel étaientjnassées
les compagnies de débarquement et les troupes
de la garnison. Une foule immense garnissait
la place et ses abordq. Du lieu même de la cé-
rémonie l'œil embrassait tout legolfe d'Ajaccio
et les bàtimens de l'escadre, qui formaient le
fond du tableau, et cette perspective ajoutait
èncor/î à la grandeur du spectacle.

pousser la Complaisance jusqu'à lui in-
diquer les plantes, qu« cultivaient nos
ancêtres.

M. Gisbert expose, croyons-nous, pour
la première fois à Paris. Son Débarqueinent
des Puritains dans l'Amérique du Nord' est
l'un des tableaux les plus remarquables du
salon carré, et par son inspiration sérieuse
et par son exécution. Une bande de ces
puritains 'qu'Elisabeth persécutait à l'égal
des catholiques vient de débarquer sur quel-
que. rivage désert de cette Amérique du
Nord ils venaient chercher la liberté
de conscience, le droit de servir Dieu à
leur gré. On voit la mer dans le fond du
tableau et la mâture du navire qui a
amené ces austères et humbles fondateurs
de, la glorieuse république des Etats-Unis.
Au premier plan, le ministre, dans son sé-
vère costume presbytérien la ,tète et les
bras levés vers le ciel, tenant encore l'Evan-
gile dont il vient de terminer la lecture, ap-
pelle, dans une ardente prière, la bénédic-
tion sur l'entreprise commune. Ses compa-
gnons, en pauvres habits, sont groupés au-
tour de lui. A gauche, une jeunefille à genoux
dans une touchante posture d'humilité et
d'adoration; près d'elle un homme en man-
teau brun, la tète dans ses mains; d'aur-
tres figures derrière eux se détachent sur
la haute falaise rocheuse. Adroite, près du
ministre^un personnage à genoux, les bras
croisés sûr la poitrine dans une attitude très
frappante et pleine de ferveur; un autre,
une main tendue vers la terre, la tète. tour-
née avec une expression saisissante vers le
ciel; tout auprès, un vieillard prosterné les
bras étendus, la tète dans la poussière. Tous
ces personnages, très variés de types, de
costumes, d'expression, expriment avec
une remarquable puissance un sentiment
de ferveur enthousiaste de confiance,
d'inébranlable fermeté. Les têtes sont éner-
giques, très réelles sans trivialité, très sé-
rieusement étudiées. La couleur elle-même
est sobre et appropriée au sujet. Ce tableau
m'a beaucoup intéressé; il parle à l'ima-
gination, à l'esprit; il émeut. C'est un no-
ble et bel ouvrage, et quoique la compo-
sition soit un peu décousue, que,4'exé-
cution manque un peu de distinction, il

» An moment le voile qui couvrait les sta-
tues est tombé, le prince est descendu de l'es-
trade et a fait, tête. nue, le tour du monument.
Une émotion très vive se peignait sur le visage
de S. A. I. Quant à l'assemblée, le sentiment
qui l'agitait ne peut se décrire. Ses acclama-
tions n'étaient interrompues que par les salves
de l'escadre.

» L'ordre le plus parfait n'a cessé de régner
pendant toute la durée de cette magnifique so-
lennité.

» Aujourd'hui aura lieu la distribution des
récompenses aux lauréats de l'Exposition des
produits agricoles et industriels et des beaux-
arts. Le premier soin du prince Napoléon, dès
son arrivée à Ajaçcio, avait été d'aller visiter
cette Exposition.

» Le 18, départ de S. A. I. pour la côte orien-
tale de la Corse. Le prince arrivera le 19 au
soir à Bastia, et e.n repartira le 20 pour se ren-
dre à Paris. »

On lit dans le Messager franco-américain
du 6 mai

« Le gouvernement continue à s'occuper ac-
tivement de la réduction de l'armée. Le dépar-
'tement de la guerre a ordonné l'impression de
600,000 congés définitifs. Le département de la
marine a déjà licencié tous les matelots qui se
trouvaient à Washington, et dont le temps de
service expire le 10 juillet ou avant cette date.
» Le général Wright, à J8 tête du corps de
l'armée du Potomac, est arrivé à Danville (Vir-
ginie), après avoir pris, ou plutôt recouvré une
quantité considérable d'objets irm;ï>rtans, qui
consistent surtout en matériel de chemins de
fer et en machines dérobées par les rfc.belles
dans l'arsenal de Harper's-Ferry. On croif que
le corps restera quelquejtemps à Danville.
» Le général Sheridan se dirigeait aussi sur
cette place; mais quand arriva la nouvelle de
la capitulation de Johnstone, il reçut l'ordre de
retourner à Petersburg. On travaille active-
ment à rétablir les communications ferrées
entre cette dernière ville et Richmond, Dan-
ville et Lynchburg.

» Suivant une dépêche de Knoxville (Ten-
nessee), les troupes du général Stoneman sont
fort activement occupées à poursuivre ou à
chercher Jefferson Davis. Le général se trouve
à Anderson (Caroline du Sud). Sa cavalerie
fouille le pays depuis cette ville jusqu'à Au-
gusta (Géorgie) et a reçu l'ordre de ne rien
1 épargner pour atteindre ie Président fugitif et
son butin.

» L'infanterie du général Stoneman est em-
ployée à purger les districts montagneux de
guerrilleros, de voleurs de chevaux et d!autres
bandits qui font cause commune contre les fé-
déraux..

» On a su,paf un ypyafrour r! 'un train cap-
luré entre Greensburg et Salisbury, que M..T«f-^
ferson Davis se trouvait sur ce môme Iroiu
pour se rendre à Cliarlotlàsvilie. Ap^ivuuut
que le, chemin était coupé, il s'échappa avec
d'autres passagers et retourna à Gr'.eu&burg. »

On lit dans la Patrie ..̃̃̃̃'̃
« On assure que dans un conseil de cabinet
qui aurait été tenu le. 18 à Londres, il aurait
été donné lecture d'une dépêche de M. Bruce,
ministre d'Angleterre à, Washington, faisant
connaître un entretien qu'il venait. d'avoir avec
le nouveau Président des Etats-Unis au sujet
des généraux confédérés réfugiés au Canada.
» Dans cette conférence, M. Johnson se se-
rait plaint de ce qu'il appelle la faiblesse de-
lord Monrk, gouverneur du Canada, qui per-
met, selon lui, que ce pays devienne ua foyer
d'intrigues contre le Nord.

» M. Bruce aurait combattu cette opinion et
cherché à démontrer au Président qu'il avait
été mal renseigné; que les personnes réfu-
giées au Canada y vivaient dans la retraite
la plus absolue et restaient complélemeut
étrangères à la politique. M. Johnson ayant
insinué que le gouvernement britannique
agirait sagement en engageant les réfugiés
à quitter terre- anglaise, M. Bruce aurait ré-
pondu que le gouvernement anglais ne transi-
gerait jamais sur ce point, et que le droit d'a-
sile avait toujours été considéré par lui comme
le plus sacré de tous les devoirs.

» On assure que le cabinet a complétement
approuvé la conduite de M. Bruce. On doit on
conclure que si plus tard le Président John-

fait honneur à 31. Gisbert et lui donne dès
aujourd'hui un très bon rang parmi nos
artistes.

Sous le nom de Skarga, M. Malejko a en-
voyé un tableau qui représente une scène
de l'histoire de Pologne assez peu connue
peut-être de la plupart des visiteurs de
l'Exposition. Le Père Skarga était uti jé-
suite très intelligent, très savant, mais ret-
marquable surtout par son talent oratoire.
Ses sermons jouissaient d'une grande célé-
brité et sont regardés encore aujourd'hui
comme des modèles d'éloquence. Soflz^îe
s'exerçait surtout à convertir au calholi-
cisme les protestans et les sociniens, qui,
au seizième et au dix-seplième siècle,
étaient très nombreux en Pologne. Ses
sermons sont remplis de passages en
quelque sorte prophétiques, il tonne
contre l'anarchie, les discordes, l'am-
bition des grands qui, disait-il, amène-
raient la ruine de sa patrie. Dans le ta-
bleau de BL Matejko, le prêtre Skarga
prêche devant la Diète de Cracovie les
deux bras levés les mains ouvertes, avec
un mouvement très caractérisé, très éner-
gique et en mèmetenips très naturel, il parle
d'une manière animée à son illustre audi-
toire. Devantluietfaisantopposition parson
costume rouge, un cardinal, assis, et dont
on voit de profil la belle et énergique tète;
en face du prédicateur, le roi Sigismond III
et Anne, de Jagellon tante du roi et»
gauche une superbe ,figure d'ecclésiasr
tique, en robe violette, à genoux à sop
prie-Dieu l'archimandrite de Kief, je
suppose au milieu de la composition,
et formant le noeud harmonique de la com-
position, un personnage en long vête-
ment jaune. Cet ouvrage important est
d'un homme déjà très habile, mais à qui
l'on peut reprocher quelques uns de ces
défauts qui sont ceux de la jeunesse, et
dont on peut se corriger. M. Matejko des-
sine très bien sa composition est bonne,
son exécution d'une hardiesse extraordi-
naire. Ses figures sont»originales et bien
ajustées; ses tèles individuelles et pleines
d'expression. Mais le tableau est ppint dans
Une localité d'un noir violet qui: n'est pa$
agréable, tant s'en faut.'La gamme n'est
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