~~ur A DIMCBE21 MAI ON S'ABONNE rue des Prêtres :Skint- Germain l'Auierrois 17. < PBIX DE L' ABONNEMENT Un an. Six mois. Trois mois. B~part~meM. ~0&. 40 fr. 20 fr. p4fb, 72 fr. 36 &. 18 fr. DININCHE 21 ~~I i8~. ,•, ̃ ON S'ABONKE- *'̃ à Rome, chez pierre MEBI.E, place Colonne; à Naples Chez" ETIENNE DCTIIESNE TU6 MeffiMpT Pour l.'Allenrâgne l'Autriche i ]p"r¥Sj et la Russie, £? U chez le directeur des Pfïss JÈTl & Cologne et à Sarrebruck BJusjBS Les annonces sont rectlàiiX Chez m. pams, régisseur des adJUgE 8, place de la Bourse; ^W§ et au bureau du jouknai» Il 1 11, 1 POLITIQUES ET IITTÉRÂIRES. la io\»jn, appiy to cowbb aad son, foreign newspâpers office 2, Saint Ann's làne, G. P. p.; and BEU8Y davies et''c% 1 Finch lace Cornhîll. -̃ ̃̃ y N. B. Le joubnal des débats né répond pas des manuscrits qui lui sont adressés, et ne se charge pas de les renvoyer. '•̃̃:•' FRANCE.' • i PARIS, 20 MAI. Nous avons dit hier, dans la rapidité de l'improvisation, que le Constitutionnel avait supprimé quatre passages du discours du iprince Napoléon. Il y a une cinquième sup- pression qui nous avait échappé et qui n'est •pas la moins expressive de toutes. Elle porte principalement sur deux citations de l'Empereur Napoléon 1er relatives à là li- berté de la presse et àola liberté de dis- cussion et dont l'une a été bien souvent répétée dans la presse et devant lés Chambres a Des électeurs libres! des > discussions publiques! des ministres res- ponsables! la liberté! je veux tout >cela! la liberté de la presse surtout; » l'étouffer est absqrde je suis convaincu » sur cet article. » Cette cinquième opé- ration, que le Constitutionnel a fait subir au discours d'Ajaccio, a également entraîné >ia disparition d'une maxime politique du prince relative à ces subalternes t>i em-: » pressés à mettre le gouvernement à l'abri »de la moindre attaque, mais qui dans '•̃leur faux dévouement et leurs exagéra- '.» lions intéressées ne cherchent qu'un moyen de dissimuler au souverain leur i insuffisance et leurs fautes. « Hier soir, ,Je Pays a inséré dans ses colonnes le discours du prince tel que l'a amendé le Constitutionnel. Aujourd'hui 20 mai, le prince Napoléon 'doit quitter la Corse pour revenir à Paris. C'est le Moniteur qui l'annonce. La feuille .officielle, rompant enfin le silence, con- sacre cinquante lignes au récit de l'inau- guration du monument érigé à Ajaccio à la mémoire de Napoléon gt de ses frères. Elle nous apprend « qu'au moment où le > voile qui couvrait la statué ,est tombé, » le prince est descendu de l'estrade, et a » fait, tète nue, le tour du monument», de plus, « qu'une émotion très vive se pei- » gnait sur le visage de S. A. I. » II n'y 'à pas ijn, mot, d'aillenrs, dans cette re- lation, d'où l'on puisse inférer que le îprince Napoléon a ouvert, la, bouche pour prononcer une parole quelconque durant la cérémonie. Ceux de nos, concitoyens qui lisent le Moniteur, et ne lisent pas d'autre journal, seraient réduits a ignorer l'événe- ment d'Ajaccio, si cette feuille n'avait été obligée, par lajoi et par l'usage de pu- blier dans son numéro d'aujourd'hui un compte-rendu de la séance du vendredi .19 mai 1865 au Sénat. Là enfin il est ques- tion du discours dû prince Napoléon. En -vain le Moniteur s'enveloppe de secret le Iplus indiscret et le plus enfant terrible des -hommes politiques, M. le marquis de Boissy, *a trouvé moyen d'informer par deux fois les1 quarante mille abonnés dé la feuille 'of- ficielle qu'il existe un discours du prince Napoléon d'un intérêt assez vif pour mé- riter de fixer l'attention publique. Quand M. le président du Sénat a dit au téméraire sénateur qui désirait savoir si c'était en qualité de délégué du gouvernement que le prince Napoléon avait parlé « Rentrez dans la question .monsieur de. Boissy », FEUILLETON DU JOURNAL DIS DÉBATS ¡, DU 21 MAI 1863. Í ,t')Stt~iS! .̃ ̃« 'Jîi ̃ "ï 14~ fi jï ,i'~(l ,t~' EXPOSITION DE 18fiBv! .a~t-fr (Cinquième article. Voir les Numéros du 23 avril 'et des 7, 10 et 14 mai.) MM. Court, Leroux, Aima Tadema, Gis- bert, Matejko, Ribot, Dehodencq, Cour- bet, Mânét, HaussouHiôr, Gerome, Per- rault, Brader, Mottëz. Peintres mili- taires MM. Schréyer, Hersent, Arhiand Dumaresq, Philippotèaux, Protais# JE(,el- lahgé."v •' ''r'l> 'y%m i- ;•̃̃̃̃̃̃̃ :̃!> <̃ ̃"̃-> ?.n^èni "J'ai encore à étudier les ouvrages dé quelques'artistes qui.^en traitant des §ujëts sacrés", profanes ou de fantaisie, se rap- prochent plus ou moins -de la peinture d'histoire., Ce sont d'abord -trois peintres qui, dans des proportions diverses et sans pvpir' d'autre rapport qu'une commune préoccupation archéologique ont repré- senté des scènes anciennes avec. une minu- tieuse exactitude et une rigueur scienHû-^ que. Les tableaux de MM. Court, Leroux et Alma-Tadema sont de véritables restitu- tions ils ont un intérêt d'érudition et un caractère tout spécial qui m'ont engagé à lçs rapprocher. M. Court, mort il y a quelques mois, est bien connu de nos lecteurs par son im- portant tableau du Luxembourg. Il avait exécuté dans les plus vastes proportions, et au moyen des recherches les plus sé- rieuses et les plus patientes," une restitu- tion'du Forum romain au temps de Dio- clétien, qui l'avait beaucoup occupé pen- dant les dernières années de sa vie, et que l'on vient d'exposer. Ce gigantesque travail, que nous avons étudié avec un grand intérêt, soulèverait sans doute, au point de vue de l'érudition pu're, bien des objections. Il donnera lieu à dès contro- verses; car les travaux poursuivis depuis quelques années par les savane allemands en particulier, les fouilles si intéres- santes que l'Empereur fait exécuter dans celui-ci s'est hâté de répondre « J'y suis, monsieur le président; je n'ai plus rien à dire j'ai dit tout ce que je voulais. » En effet, qu'avait-il besoin d'ajouter? Il en avait assez dit pour que les lecteurs du Mo- niteur fussent prévenus à la page 626 de ce qu'ils doivent ignorer à la page 623. Le Morning Post publie le texte de la protestation qui a été adressée par MM. Be- verley Tucker et George Saunders, tant au peuple du Canada qu'au Président des Etats- Unis. Ces deux gentlemen, réfugiés au Canada, déclarent fausse et calomnieuse la proclamation par laquelle M. Andrew Johnson les accuse d'être les complices de Booth. Ils offrent, si le Président y con- sent,'de se rendre à la forteresse fédérale de Rouse's-Pcrçnt, pour y être jugés, par un conseil de guerre composé de neuf membres que le Président choisirait sur une liste de vingt-cinq généraux du Nord dont ils donnent les noms. C'est dans les termes les plus violens (et la violence n'est qne trop naturelle et trop légitime s'ils sont innocens) qu'ils repoussent les asser- tions du Président Andrew Johnson. Il nous faut bien remarquer qu'ils ne son- gent pas du tout à se plaindre de ce qu'Andrew Johnson les croyant et les disant suffisamment suspects de compli- cité dans le meurtre du Président Lin- coln, ait mis à prix la capture de leurs personnes. En France, en ce moment, le public pense, parle et procède d'autre ma- nière. Peu de gens s'étonnent qu'Andrew Johnson accuse, sans publier de preuves, MM. Jefferson Davis, Beverley Tucker, George Saunders et autres d'avoir parti- cipé au crime de Booth; une foule de gens, au contraire, ne se lassent pas de s'indigner de la conduite d'un chef de ré- publique qui recourt, pour l'arrestation de personnes suspectes, à la pratique ré- putée barbare de la mise à prix. Nous sommes bien obligés de dire que, dans l'es- pèce, toute cette indignation porte à faux. M. Andrew Johnson n'a pas inventé la mise à' prix-pour le cas présent. La mise à prix est une des formes habituelles. de la procé- dure et de l'instruction criminelle chez tous les peuples et dans tous les pays de langue anglaise. C'est à. là mise à prix que les tribunaux anglais ont recouru, par exemple, en une occasion récente pour assurer l'arrestation de la personne sus- pectée d'avoir assassiné M. Briggs. On ;peut blâmer cet usage et les lois sur les- quelles il est fondé, mais c'est mal raison- ner que dé tirer de ce fait particulier, s'il reste isolé, aucune espèce d'induction spé- ciale contre le Président Andrew Johnson, puisqu'à sa place tout autre Président que lui ne, pourrait, que faire ce qu'il fait re- courir aux moyens que la loi, bonne ou, mauvaise, met à sa disposition pour ap- préhender au corps les personnes réputées, à tort ou à raison, coupables d'un crime. Le Séna,t, dans -,sa séance d'hier, s'est occupé, comme à l'ordinaire, des pétitions. Le nombre de celles qui obtiennent l'hon- neur d'une discussion est fort restreint. Plusieurs hier ont eu cette faveur.* L'une ce moment même sur le Palatin, ré- forment tous les jours des idées que de vagues traditions ou des recherches insuffisantes avaient fait prévaloir jus- qu'au commencement du siècle. Cepen- dant, autant que nous en pouvons juger p^r, une étude que nous aurions voulu pouvoir appuyer sur une légende explica- tive, il nous semble que Court avait mis à profit la plupart des découvertes, récentes, et que là' partie hypothétique de son travail a tout au moins beaucoup de vraisemblance. Au fond du tableau et dominant l'ensem- ble, se dressent les vastes constructions du Çapitole assises sur leurs robustes sou- bassemens étrusques, ainsi que le temple de la Fortune câpitolfeê, et au-dessous, se faisant pendant, les femplès de là Con- corde et de Vespasien en avant et à droite, près des Rostres, l'arc de Sép- time-Sévère. Au milieu du vaste espace compris entre la basilique Julienne, les temples de Castor et Pollux, de Minerve, de Vesta et le Palatin d'un çôlç, et les constructions qui bordaient au nord la voie Sacrée, la basilique Erhilienne,, le temple d'Antynin et Faustlne, l'arc de t>- bius, on voit les temples de Jupiter Stator pu Gragcostatis, ceux de Jupiter tonnant et de Jules César, les colonnes Duillia et Bïœnia, et allant de l'arc de Septime-Sé- yere à celui de Titus à gauche et au delà duquel se trouverait le spectateur, l'avenue de colonnes, qui formait la tète de la voie Sacrée. Il est bien entendu que je me sers à dessein des noms que l'on donne généralement à ces, monu- mens, sans essayer une discussion qui ne, trouverait pas sa place ici. C'est sur ce théâtre que M. Court a placé des scènes di- verses de la vie romaine. Au premier plan, et entre la statue de Jupiter assis et deux figures impériales équestres, c'est le mar- tyre de sainte Agnès, qui fut décapitée en 303, sous Dioctétien par conséquent. La sainte est à genoux, les bras tendus, la tète levée vers le ciel. Le bourreau, près d'elle, va la frapper. A droite, un autel et des prê- tres qni cousuHent les oracles. A gauche, un prêteur assis à son tribunal rend la justice. Plus loin, un orateur parle au peu d'elles demandait l'extension de l'eiiséi- gnement du dessin en France. La commis- sion proposait l'ordre du jour par le mo- tif que le gouvernement se montre em- pressé à encourager et à honorer les beaux- arts et n'a pas besoin d'être excité à cet égard. Le rapporteur a cité entre autres té- moignages la distinction de grand-officier de la Légion-d'IIonneur donnée à quelques uns de nos grands peintres il eût pu ajouter la présence de M. Ingres dans Je Sénat. s M. Michel Chevalier, se plaçant à un autre point de vue que celui de la pein- ture historique a réclamé contre l'or- dre de jour. Suivant l'honorable ora- teur, c'est dans l'intérêt de l'industrie qu'il faut perfectionner et multiplier l'en- seignement du dessin. Le dessin est un art que tout le monde aujourd'hui de- vrait posséder, tout comme l'écriture. Le dessin est utile dans toutes les positions so- ciales. Dans les plus élevées comme dans les plus humbles, l'homme qui :sait dessiner, c'est-à-dire qui sait se rendre compte avec le crayon de ce qu'il a vu et observé, a un grand avantage sur celui qui l'ignore. M. Michel Chevalier a fait connaître au Sénat l'impression que les jurés français, dont il était le président, éprouvèrent à l'Exposition universelle de Londres quand ils se trouvèrent en présence des produits des manufactures anglaises ils consta- tèrent que, sous le rapport du goût, elles avaient accompli une vraie révolution, et ce grand résultat était dû à l'établissement de South-Kensington qui non seulement a répandu dans toutes les villes manufactu- rières de nombreux élèves habiles dans l'art du dessin, mais qui y a fondé des écoles pourvues d'habiles maîtres. Il a lu un passage du rapport fait sur ce sujet par M. Mérimée, qui était aussi du jury, et l'assemblée a paru y prendre beaucoup d'intérêt. L'orateur a ajouté qu'ayant visité dfs e. oies normales dans quelques dépar- lemei!?, il avait reconnu que l'enseignement du il1 s-ifl y était défectueux et s'y faisait suivant des méthodes arriérées. Or si les instituteurs primaires ne savent pas des- siner, comment l'apprendront-ils à leurs élèves?. S'ils ne connaissent que de mau- vaises méthodes, comment, avec la meil- leure volonté du monde formeront-ils de bons dessinateurs?' C'est dans les écoles primaires que la grande majorité de la po- pulation puise toute L'instruction qu'elle peut acquérir. C'est là que s'ouvre et se façonne l'intelligence des populations rurales, populations si intéressantes, aux- quelles on prodigue les assurances de sympathies, mais pour lesquelles, en dehors des discours on ne fait pas grand'chose. Pour le cultivateur, pour le simple paysan, savoir faire un croquis serait d'un grand secours; ce serait même un excellent moyen de culture intellectuelle. M. Michel Chevalier voudrait donc que le dessin fût compris dans la partie obligatoire de l'instruction primaire, et qu'on l'y ensei- gnât par les méthodes perfectionnées qui sont t en usage dans lés écoles de Paris, et surtout dans l'école de La Martinièfë, de Lyon. pie du haut des rostres. Çà et là, sur la place, sur les marches des temples, sous les colonnades des basiliques, des groupes de personnages qui causent, des enfans qui jouent, des chars, des moutons couronnés pour le sacrifice, et ces chèvres qui peuplent encore aujourd'hui'le Campo-Vaccino. Il serait bien regrettable que le fruit d'un si énorme et si consciencieux tra- vail fut perdu, et nous voudrions, dans ce moment surtout où les études sur l'anti- quité romaine sont remises en honneur, qu'on fit de ce tableau au moins une bonne photographie, iqui permettrait d'étudier à loisir la restitution de M. Court et de lè comparer.avec d'autres travaux, du même genre. Le tableau de M. Leroux présente un contraste complet avec celui de M. Court. H est de petite dimension et représente une Initiation aux mystères d'Isis. Les prêtresses de la Cérès égyptienne vêtues de lin portant le,sistre de la main droite, des- cendent processionnellement les marches du temple; le grand-prêtre est, en avant, les bras levés prononçant les paroles sacramentelles sur trois personnages vêtus de brun à genoux devant lui. A gauche, un sacrifice à droite, deux femmes qui causent c'est tout. Ce petit tableau est charmant, plein d'un sentiment très fin, très juste'de l'anljquité. L'architecture est du meilleur goût et étudiée avec le soin le plus scrupuleux. La disposition est peut-être un peu théâtrale; la peinture, vive, légère, agréable n'a pas beaucoup de corps. Cependant je ne saurais repro- cher à M. Leroux d'avoir donné à un ou- vrage de ce genre cet aspect d'une fresque. C'est là un parti pris qui s'accorde parfai- tement ayee le sujet. M. Leroux est un ar- tiste plein de sincérité et de distinction. Le second tableau qu'il expose, l'Esclave d'Horace moins important que celui dont je viens de parler, a les mêmes excellentes qualités. Nous engageons vivement M. Le- roux à persévérer dans cette voie mais peut-être devrait-il revenir plus souvent à des sujets où l'imagination joue un rôle plus important, où l'artiste n'est pas gêné par l'archéologie, où il est plus maître de Il a d'ailleurs rendu un hommage mérité aux efforts éclairés de l'administration municipale dans un certain nombre de nos grandes villes, à Paris, à Lyon, à Amiens, à Lille, à Mulhouse, etc., et dans quelques villes secondaires, comme Charleville et Guebwiller. Il a en même temps fait re- marquer qu'il était urgent de généraliser cet enseignement dans nos manufactures parce qu'autrement elles perdraient un de leurs avantages et seraient hors d'état de soutenir la concurrence étrangère que le nouveau régime commercial leur impose. Le Gorps-Légistatif a continué dans sa séance d'aujourd'hui la suite de la disais-, sion du projet de loi relatif aux associa- tions syndicales. Sur les douze derniers articles qui res- taient à voter, quatre ont été adoptés sans discussion sept autres ont fourni à MM. les commissaires du gouvernement l'occasion de répondre à des questions' posées par plusieurs membres de la Chambre sur le sens et l'interprétation donner à ces ar- ticles au point de vue administratif. Une longue discussion s'est engagée sur l'article 18, relatif à la loi à, appliquer aux expropriations exigées pour les travaux entrepris par les associations syndicales. MM. Lambrecht, Josseau et Louvet ont de- mandé qu'au lieu d'appliquer la loi du 21 mai 1856, qui n'a rapport qu'au petit jury, c'est- à-dire au jury, 'composé de quatre membres et présidé par le juge de paix avec voix prépondérante, on appliquât la loi de 1841, ayant rapport au grand jury, composé de douze membres et au minimum de neuf, et offrant plus de garanties aux graves in- térêts de la propriété. MSI. Sénéca, rapporteur, et le comte Dubois', commissaire du gouvernement, ont répondu que si l'on avait fait régir les expropriations par la loi de 1836, c'est qu'elle renfermait des dispositions utiles à la rapidité des opérations, et que d'ailleurs l'article 18 contenait une des principales dispositions de la loi,de 1841 la déclaration d'utilité publique après dé- cret rendu en Conseil d'Etat. Cette discussion sur l'article 18 s'est ter- minée par un vote au scrutin ayant pour objet le renvoi de cet article à la commis- sion. Sur 224votans, 97 se sont prononcés pour cette mesure, qui a été rejetée par 127. Après l'adoption^es autres articles, l'en- semble de la loi- a été adopté à l'unanimité de 246 votans. La séance s^est terminée par une discus- sion sur la fixation du jour où pourrait venir utilement le budget. Après quelques observations présentées par MM. J. Simon, Garnier-Pagès, E. Picard, auxquelles a ré- pondu M. le président Scbneider, la Cham- bre a décidé que cette discussion commen- cerait le 1er juin. Au commencement de la séance, M. Da- rimon a déposé son rapport supplémen- taire sur le projet de loi relatif aux chè- ques. La discussion en a été fixée à mardi prochain, en même temps que celle sur le projet de loi relatif aux conseils de pré- fecture. transformer, d'interpréter. Que M. Leroux n'oublie pas le franc et légitime succès qu'ont oBlenu son Sacrifice à Hygie et sa Vestale. L'an dernier, M. Aima -Tadema nous montrait une fête égyptienne sous la dix- huitième dynastie. Cette fois, c'est en Gaule et au sixième siècle de notre ère, qu'il nous transporte. Il expose des femmes gallo-romaines, figures à mi- corps, qui ne présentent, me seinble-t-il, .qu'un intérêt médiocre. Son autre ta- bleau, Frédégonde et Prétextat, est au con- traire des plus remarquables la mise en scène me parait plus simple, plus heu- reuse que celle de la Fête égyptienne, de la dernière Exposition, et l'exécution est certainement plus souple, moins dure et tendue. Prétextât est assis sur son lit de mort. Il se sait empoisonné par la reine, versquiiltendsonbras menaçant Un moine, près de lui, cherche à l'arrêter. La reine, assise enlace de lui, vue de profil, est im- passible. Sa victime ne saurait lui échapper. ,Elle fixe sur l'évèque de Rouen son œil à la fois féroce et souriant. Les figures du soldat debout derrière elle et du moine qui tient le ciboire sont du plus beau caractère, et je voudrais oser dire d'un grand style. Je né parle pas des ajustemens, des armures, dés meubles, des bijoux. C'est à croire que M- Alma-Tadema a vécu cette année à la cour de.Chilpérie;, comme il avait vécu l'an dernier à celle des plus anciens Pha- raons. Je ne sais pas si tout est vrai mais tout est tellement affirmé, logique, vraisem- blable, tout porte à un si haut degré un ca- chet de sincérité physique et morale, que je n'éprouve aucune hésitation à admettre comme de bon aloi ce que l'artiste me montre avec une si parfaite assurance. Je voudrais pourtant faire une petite chicane à M, Alma-Tadema. Comment a-t-il pu, lui qui est l'exactitude en personne, mettre un bouquet de grosses pensées dans la main de l'une de ses femmes gallo-ro- maines ? Ces fleurs sont un produit de l'horticulture moderne et datent de vingt ans à peine. La fée qui dévoile à M. Alma- TaJema, et avec une si merveilleuse pré- cision, ces époques reculées, aurait bien Lundi, le Corps-Législatif discutera en comité secret le projet de loi relatif aux travaux de la ville de Paris et à l'emprunt qui en est la conséquence. Le secrétaire de la rédaction, V, oun» On nous communique la dépèche télé- graphique suivante Oran, le 19 mai, huit heures. du matin. >• Hier, l'Empereur est allé au théâtre. La population montre toujours le même enthou- siasme. Ce matin, S. M. part pour Saint-Denis-du- Sig, et sera de retour à Oran dans la soirée. La santé de l'Empereur est parfaite. » Pour copie conforme: F. Camus. BOURSE DE PARIS. CLOTURE le 19 le 20. HAUSSE. BAISSE. ©/© Comptant. 67 43 67 15 » » » 30 Fin cour.. 67 4S €7,15 » » »,30 « a/» o/o .̃ '"̃ ''̃" >: Comptant. 95 9K 40 » » » 1 Fin cour.. 91 75. » • *• » » » » Vélégraplilfe privée. Turin, le 19 mai. La Gazelle de Turin dément le bruit que le comte de Revel ait été chargé d'une mission. Le comte de Revel s'est rendu à Rome pour des affaires de famille. Emprunt italien, 65 fr. 50 c. Londres, le 19 mai, soir. Une lettre de lord Russell aux commissaires de l'Amirauté, publiée par la Gazette de Londres, dit que les conditions actuelles de la guerre civile en Amé rique permettent de retirer les ordres donnés, le 31 janvier 1862, relativement à l'entrée et à la sortie des bàtitnens de guerre bèlligérans. A la Chambre des Communes, M. Grifflth demande si le gouvernement a l'intention d'adresser des re présentations au gouvernement des Etats-Unis rela- tivement à sa façon d'agir vis-à-vis des chefs confé- dérés. « La seule réponse que je puisse faire, dit lord Pal- merston, c'est que le gouvernement n'a aucune in- tention d'essayer une intervention quelconque dans les affaires intérieures de l'Amérique. » (Service télégraphique Havas-Bulher.) Nous recevons cette nuit les dépèches ci -après ci-après Belgrade, le 20 mai. Le télégramme de Constanlinop'R disant que le prince de Servie refuse de p:iy«r l'indemnité, aux émigrés musulmans et demande la démolition des mosquées et établiKSPmms turcs dans loute laprin- cipauté est complètement tontrouvé. Vienne, le 20,:inai. La Chambre des Députés a terminé aujourd'hui l'examen du traité de commerc avec le Zollvcrein. Aprè-s avoir repoussé toutes les propositions d'ajour nement, elle a voté le traité à une grande majorité, conformément aux conclusions de la majorité de la commission. (Service télégraphique H aoas- Huilier.) On lit dans le Moniteur « L'inauguration du monument érigé à la mémoire de Napoléon 1er et de ses frères a eu lieu à Ajaccio le 15 mai avec un grand éclat. S: A. I. le prince Napoléon était arrivé le 14 à Ajaccio. Toutes les autorités civiles et militai res s'étaient perlées au-devant du prince, qui à' été reçu aux cris répétés de Vive l'Empe reur! vive l'Impératrice! vive le Prince im- périal! » La cérémonie d'inauguration a commencé à quatre heures et demie de l'après- midi. n De vastes enceintes circulaires étaient ré- servées aux fonctionnaires publics, aux dépu- tations communales et aux dames. La tribune impériale, richement décorée, s'élevait en face du monument, au pied duquel étaientjnassées les compagnies de débarquement et les troupes de la garnison. Une foule immense garnissait la place et ses abordq. Du lieu même de la cé- rémonie l'œil embrassait tout legolfe d'Ajaccio et les bàtimens de l'escadre, qui formaient le fond du tableau, et cette perspective ajoutait èncor/î à la grandeur du spectacle. dû pousser la Complaisance jusqu'à lui in- diquer les plantes, qu« cultivaient nos ancêtres. M. Gisbert expose, croyons-nous, pour la première fois à Paris. Son Débarqueinent des Puritains dans l'Amérique du Nord' est l'un des tableaux les plus remarquables du salon carré, et par son inspiration sérieuse et par son exécution. Une bande de ces puritains 'qu'Elisabeth persécutait à l'égal des catholiques vient de débarquer sur quel- que. rivage désert de cette Amérique du Nord où ils venaient chercher la liberté de conscience, le droit de servir Dieu à leur gré. On voit la mer dans le fond du tableau et la mâture du navire qui a amené ces austères et humbles fondateurs de, la glorieuse république des Etats-Unis. Au premier plan, le ministre, dans son sé- vère costume presbytérien la ,tète et les bras levés vers le ciel, tenant encore l'Evan- gile dont il vient de terminer la lecture, ap- pelle, dans une ardente prière, la bénédic- tion sur l'entreprise commune. Ses compa- gnons, en pauvres habits, sont groupés au- tour de lui. A gauche, une jeunefille à genoux dans une touchante posture d'humilité et d'adoration; près d'elle un homme en man- teau brun, la tète dans ses mains; d'aur- tres figures derrière eux se détachent sur la haute falaise rocheuse. Adroite, près du ministre^un personnage à genoux, les bras croisés sûr la poitrine dans une attitude très frappante et pleine de ferveur; un autre, une main tendue vers la terre, la tète. tour- née avec une expression saisissante vers le ciel; tout auprès, un vieillard prosterné les bras étendus, la tète dans la poussière. Tous ces personnages, très variés de types, de costumes, d'expression, expriment avec une remarquable puissance un sentiment de ferveur enthousiaste de confiance, d'inébranlable fermeté. Les têtes sont éner- giques, très réelles sans trivialité, très sé- rieusement étudiées. La couleur elle-même est sobre et appropriée au sujet. Ce tableau m'a beaucoup intéressé; il parle à l'ima- gination, à l'esprit; il émeut. C'est un no- ble et bel ouvrage, et quoique la compo- sition soit un peu décousue, que,4'exé- cution manque un peu de distinction, il » An moment où le voile qui couvrait les sta- tues est tombé, le prince est descendu de l'es- trade et a fait, tête. nue, le tour du monument. Une émotion très vive se peignait sur le visage de S. A. I. Quant à l'assemblée, le sentiment qui l'agitait ne peut se décrire. Ses acclama- tions n'étaient interrompues que par les salves de l'escadre. » L'ordre le plus parfait n'a cessé de régner pendant toute la durée de cette magnifique so- lennité. » Aujourd'hui aura lieu la distribution des récompenses aux lauréats de l'Exposition des produits agricoles et industriels et des beaux- arts. Le premier soin du prince Napoléon, dès son arrivée à Ajaçcio, avait été d'aller visiter cette Exposition. » Le 18, départ de S. A. I. pour la côte orien- tale de la Corse. Le prince arrivera le 19 au soir à Bastia, et e.n repartira le 20 pour se ren- dre à Paris. » On lit dans le Messager franco-américain du 6 mai « Le gouvernement continue à s'occuper ac- tivement de la réduction de l'armée. Le dépar- 'tement de la guerre a ordonné l'impression de 600,000 congés définitifs. Le département de la marine a déjà licencié tous les matelots qui se trouvaient à Washington, et dont le temps de service expire le 10 juillet ou avant cette date. » Le général Wright, à J8 tête du 6° corps de l'armée du Potomac, est arrivé à Danville (Vir- ginie), après avoir pris, ou plutôt recouvré une quantité considérable d'objets irm;ï>rtans, qui consistent surtout en matériel de chemins de fer et en machines dérobées par les rfc.belles dans l'arsenal de Harper's-Ferry. On croif que le 6» corps restera quelquejtemps à Danville. » Le général Sheridan se dirigeait aussi sur cette place; mais quand arriva la nouvelle de la capitulation de Johnstone, il reçut l'ordre de retourner à Petersburg. On travaille active- ment à rétablir les communications ferrées entre cette dernière ville et Richmond, Dan- ville et Lynchburg. » Suivant une dépêche de Knoxville (Ten- nessee), les troupes du général Stoneman sont fort activement occupées à poursuivre ou à chercher Jefferson Davis. Le général se trouve à Anderson (Caroline du Sud). Sa cavalerie fouille le pays depuis cette ville jusqu'à Au- gusta (Géorgie) et a reçu l'ordre de ne rien 1 épargner pour atteindre ie Président fugitif et son butin. » L'infanterie du général Stoneman est em- ployée à purger les districts montagneux de guerrilleros, de voleurs de chevaux et d!autres bandits qui font cause commune contre les fé- déraux.. • » On a su,paf un ypyafrour r! 'un train cap- luré entre Greensburg et Salisbury, que M..T«f-^ ferson Davis se trouvait sur ce môme Iroiu pour se rendre à Cliarlotlàsvilie. Ap^ivuuut que le, chemin était coupé, il s'échappa avec d'autres passagers et retourna à Gr'.eu&burg. » On lit dans la Patrie ..̃̃̃̃'̃ « On assure que dans un conseil de cabinet qui aurait été tenu le. 18 à Londres, il aurait été donné lecture d'une dépêche de M. Bruce, ministre d'Angleterre à, Washington, faisant connaître un entretien qu'il venait. d'avoir avec le nouveau Président des Etats-Unis au sujet des généraux confédérés réfugiés au Canada. » Dans cette conférence, M. Johnson se se- rait plaint de ce qu'il appelle la faiblesse de- lord Monrk, gouverneur du Canada, qui per- met, selon lui, que ce pays devienne ua foyer d'intrigues contre le Nord. » M. Bruce aurait combattu cette opinion et cherché à démontrer au Président qu'il avait été mal renseigné; que les personnes réfu- giées au Canada y vivaient dans la retraite la plus absolue et restaient complélemeut étrangères à la politique. M. Johnson ayant insinué que le gouvernement britannique agirait sagement en engageant les réfugiés à quitter là terre- anglaise, M. Bruce aurait ré- pondu que le gouvernement anglais ne transi- gerait jamais sur ce point, et que le droit d'a- sile avait toujours été considéré par lui comme le plus sacré de tous les devoirs. » On assure que le cabinet a complétement approuvé la conduite de M. Bruce. On doit on conclure que si plus tard le Président John- fait honneur à 31. Gisbert et lui donne dès aujourd'hui un très bon rang parmi nos artistes. Sous le nom de Skarga, M. Malejko a en- voyé un tableau qui représente une scène de l'histoire de Pologne assez peu connue peut-être de la plupart des visiteurs de l'Exposition. Le Père Skarga était uti jé- suite très intelligent, très savant, mais ret- marquable surtout par son talent oratoire. Ses sermons jouissaient d'une grande célé- brité et sont regardés encore aujourd'hui comme des modèles d'éloquence. Soflz^îe s'exerçait surtout à convertir au calholi- cisme les protestans et les sociniens, qui, au seizième et au dix-seplième siècle, étaient très nombreux en Pologne. Ses sermons sont remplis de passages en quelque sorte prophétiques, où il tonne contre l'anarchie, les discordes, l'am- bition des grands qui, disait-il, amène- raient la ruine de sa patrie. Dans le ta- bleau de BL Matejko, le prêtre Skarga prêche devant la Diète de Cracovie les deux bras levés les mains ouvertes, avec un mouvement très caractérisé, très éner- gique et en mèmetenips très naturel, il parle d'une manière animée à son illustre audi- toire. Devantluietfaisantopposition parson costume rouge, un cardinal, assis, et dont on voit de profil la belle et énergique tète; en face du prédicateur, le roi Sigismond III et Anne, de Jagellon tante du roi et» gauche une superbe ,figure d'ecclésiasr tique, en robe violette, à genoux à sop prie-Dieu l'archimandrite de Kief, je suppose au milieu de la composition, et formant le noeud harmonique de la com- position, un personnage en long vête- ment jaune. Cet ouvrage important est d'un homme déjà très habile, mais à qui l'on peut reprocher quelques uns de ces défauts qui sont ceux de la jeunesse, et dont on peut se corriger. M. Matejko des- sine très bien sa composition est bonne, son exécution d'une hardiesse extraordi- naire. Ses figures sont»originales et bien ajustées; ses tèles individuelles et pleines d'expression. Mais le tableau est ppint dans Une localité d'un noir violet qui: n'est pa$ agréable, tant s'en faut.'La gamme n'est