FRANÇAIS, FRANÇAISES En cette fin. de septembre, le- quel d'entre nous n évoqué pas avec amertume le triste souvenir dès journées de Muùich, il y a six ans. Munich, complot contre la démocratie et contré la paix Munich, complot contre l'Union Soviétique et contre la France Personne désormais qui puisse contester une vérité que nous fû- mes tes seuls à proclamer dés septembre 1938, Cependant, le chœur des capi- tula rde et des traîtres s'efforçait de convaincre le peuple que Mu- nich avait sauvé la. paix. La. pres- se, sauf quelques journaux, et la radio au service d'une propagan- de antifrançaise inspirée par l'es- pion Abetz et son complice Bon- net, transformaient en victoire lé désastre que la France venait de sutoir. Une mise en scène inouïe fut organisée pour le retour du chef du Gouvernement que l'on vit monter impudemment vers l'Arc de Triomphe aux acclamations des fascistes et des cagoulàrds. Le traltré Flandin, .qui. àvait protesté contré la mobilisation éventuelle dans une lettre affi- chée sur les murs de Paria par lès b*nd%s doriùUstês, en voyait son télégramme de félicitations à Hitler. A quelques jours de là, le pré- aident Jeânnèney, ayant croisé Munich n'avait p Français et Françaises, Munich n'avait pas sauvé la paix. Munich avait conduit à la guerre dans les conditions les plus défavora- bles' pour la France et, les démo-1 eraties que Hitler était pârvê- nu à dissocier. Munich était lé coup le plus grave porté- aux for- cea de la paix dont le fascisme redoutait la cohésion. Munich, par contre, renforçait considé- rablement lès forcée d'agression. Hitler avait lé champ libre pour déclencher une deuxième guerre mondiale. La France abandonnait son' L'Union Soviétique !̃ Seule, l'Union Soviétique était demeurée fidèle à ses amitiés et ̃ s. ses alliances. Lé gouvernement soviétique, comme son représen- tant le déclara à l'Assemblée de C Genève, avait dit de façon aéttè et claire ï Nous sommes décidés' à rêm- plir nos efti^àgements d'a-près le <: pacte et à prêter assistance à la Tchécoslovaquie eh mêniê temps que la France par les iiioyens .dent, nausL dJsço.sDfts.ûN'os auto- rités militaire^ 'sont prêtes à par- ticiper immédiatement s. une con- fênaracè avec -les' rêpï-és«à;tant6 ̃ militaires dé la France et de la Tchécoslovaquie pOiir envisager "lés mesurés qu'exige la situa- tion. », L'Union Soviétique ne reconnut point les accorde de Munich qui :•̃ portaient l'eau au moulin dés agréfcseurs fascistes et qui de- vaient se solder par tant de lar- mes et de sang pour lès peuples trahis. ̃ ̃ »' iSuite e' l'Œuvre des trusts sans patrie LA CESSION des mines de Bor ''a-l'Allemagne ̃'̃" ̃̃ IV- '̃ ̃ Si nous examinons dé près la com- position du conseil d'Administration des mimés dé Bor en 1940, nous y trou- vait de bien intéressants personnages. î i Tous dirigent dés entreprises gean- '̃̃'•̃tès. Tous ont tràlii leur pays. M. Jacques Puerari, est en même temps administrateur de Djebel Djé- \rissa, dé Huârou, dé Mokta el Hadid, de Gafsa, de Milieràis et Métaux, de UOmnium Français dés Pétroles. Une information est dès à présent ouverte contre les dirigeants de cette dernière •; Société. Pourquoi M.. Jacques Puérafi n'est-il pas encore arrêté ? M. Marcel Chàmpin, l'un, de? prin- cipaux employés de la famille Mirà- baud. représente celle-ci dans les grands établissements de crédit (So- ̃ ciété Générale), dans les sociétés pé- trolières, dans lés mines, dans la mé- tallurgie où il contrôlé un groupe d'une vingtaine d'entreprises, dont les aciéries de Long-wy et Louvroil- Montbarâ-Aulnoye. Cette dernière so- ciété, elle aussi, est d'ores et déjà ^convaincue de commerce avec l'enne- mi. Et nous posons, à nouveau la ques- tion M. Marcel Chimpin réstera-t-il longtemps en liberté ? Quant aux Mirabaiid. qui siègent au conseil des mines de Bor dans la personne de trois des .leurs, Eugène. pierre et Jean, ils ont gardé pour eux-mêmes, avec la Banque dé France, dont Pierre est régent, les plus im- ̃:̃ portantes entreprises de chemins de v fer, de .inities, d'électricité, de gaz, du trust dés engrais qui rançonne l'agriculture française. La diplomatie au service dés trusts II faut des hommes politiques à la solde des trusts Georges Bonnet, comme Doûmerfue et Weygand. a été administrateur de Suez. I^es Mir&baud s'étaient acheté un ministre sethé, M- lan Stefanovitch, lui aussi traître à son paya. II faut également aux trusts des hauts fonctionnaires qui mettent à leur service la structure même de "̃•̃l'Etat. .̃̃'̃̃' A l'Union Européenne, trust des armements, nous trouverons un ami- ral, l'amiral Lacaze. A Bor. dont les intérêts devaient être défendus à l'étranger, c'est un diplomate, M. Jean Boissonas, qui siège au conseil. .̃: ;M. Jean Boissonas. gros personnage dé la banque Mirabàud. été, bien entendu; ministre plénipotentiairè à Belgrade. ` Par un exemple vivant, nous voyons ici l'Etat, dans ses rapports interna- tionaux, au service d'une caste dt financiers tout-puissants. Le corps diplomatique, dans sa grande majorité, est composé de créa- tures dès trusts, qui identifient lèi intérêts du pays à leurs intérêts par- ticuliers. D'où le sabotage de nos alliances, qui précéda là défaite de 1940. Comment M. Jean Boissonas, diplo- mate, aurait-il servi les intérêts nâ- tionaux, quand M. Jean Boissonas, d< la banque Mirabaud, trahissait 1« France ? 1 Jèan ;̃̃ ..̃ ̃' Jean THIBAUT. Flandin dans les couloirs dé l'Elyaée, disait au président de la République « Vous recevez celui-là ? Un gouvernement soucieux dès inté- rêts nationaux lé traduirait de- vant la Haute-Cour. » Mais le gouvernement avait d'autres vue;. Ce n'est pas Flan- din, Doriot et Bonnet qu'il se préparait à faire poursuivre, mais Lucien Sam paix, qui, dans l'Bu* mànitét dénonçait les traîtres 'et qui a payé de sa vie son amour dé la vérité, de là France, de la République. Quant au Parlement, à l'excep- tion dé nos 73 voix et de celles du socialiste Bouléy et du répu- blicain modéré de Kerillis, il réti- fia unanimement Munich comme il avait ratifié les accords de Rome, comme il avait approuvé la non-intervention, comme il de- vait souscrire à la deuxième "ca- pitulation de. Rethondes et à sa propre déchéance. Moins d'un an après, c'était la guerre, la drôle de guerre d'â- tord, puis la défaite militaire et l'invasion, puis les souffrances terribles de ces quatre années d'occupation hitlérienne, le pil- lage, la famine, la mort de nos petits, le massacre'des meilleurs patriotes et deux millions des nôtres, prisonniers ou déportés qui sont toujours aux mains de l'ennemi. as sauvé la paix alliée, la Tchécoslovaquie démem- brée, morcelée et bientôt com- plètement privée de son indé- pendance. Le système des allian- ces sur lequel était basée la sé- curité de notre pays s'effondrait irrémédiablement. Nos amis se détournaient de nous. Lès gou- vernements des 'petits Etats ne pouvant plus compter sur la pa- role' de la France recherchaient dés Assurances du côté dé I'Àllé- niagne hitlérienne. Les victimes étaient précipitées par nous dans les bras de l'ogre fasciste. fidèle à ses amitiés 'Le 2 octobre 1938, une commu- nication officielle disait textuel- lement « Le gouvernement soviétique n'a eu et n'a aucun rapport avec la conférence de Munich ni Avec ses décisions. » Munich, nous l'avons dit et ré- pété, c'était Une tentative1 dés élé- ments réactionnaires en France et ailleurs de s'entendre Avec lés fàsçistef/ «iSAllepàs-gne: et. d'ItâiK sur le dos de l'Union Soviétique Le quotidien réactionnaire Le Jour exultait en ces termes « L'avantage primordial de ce rassemblement, c'est d'abord que la Russie en èkst évincée. Rien de trop ne sera fait pour éloi- gner l'U.R.S.S. de l'Europe, poui la renvoyer à son Asie. Le fil de fer barbelé est toujours prêt i ^servir, qu'on l'emploie et qu'or écrasé le bolchevisme par tous léi moyens. » n 2* page) Le voyage du général de Gaulle a Lille Hier après-midi, le général dl Gaulle s'est -rendu, à Lile. Les habitants de la grande cit< du Nord qui, au cours des trenti dernières années, ont subi, pên dant huit ans, l'outrage de ï'occu pation alemande, ont fait au chè du gouvernement provisoire de &î République un' accueil enthou siaste. Au Parc des Princes, devant 30.000 spectateurs EN FOOTBALL LA ~RANBE-BRETAONE GRATUIT XX4 5 heurësHpûI^âtïnI édition PARISIENNE ".T" r Humanité ORGANE CENTRAL TI COMMUNISTE PRÂNÇAIS FONDATEUR JEAN JAURÈS RÉDACTEUR EN CHEF (1926-1937): VAILLANT-COUTURIER Rédaction et administration: DIRECTEUR MARCEL CACHIN. sénateur de la Seine 41e année Numéro 40 18, rue d'Enghien, PARIS-X6 ̃»̃̃̃̃*«*»̃.»- «* m n • TELEPHONE Provence is-21 DIMANCHE 1er (Nouvelle série) Inter PRO 93-60 | £J LUNDI 2 OCTOBRE 1944 LE NUMERO 2 FRANCS 24 heures de guerre enU.R.S.S.f ou l'effort magnifique de tout un peuple Un premier film soviétique vient de réapparaître sur nos écrans, et, comme autrefois, tout de suite, c'est .le peuple dî'U.R.S.S. tout entier qui est devant nous, uni aujourd'hui dans la défense de ea patrie socialiste comme il l'était jadis pour l'édifier. Nous allons vivre avec lui les vingt-quatre heures du 13 juin 1942, un jour comme tes autres de cette année où la Russie supporta seule tout te poids de la machine de guerre allemande. mais qui se ter- mina par Stalingrad parce que l'immense commu- nauté fraternelle n'avait pas cessé un seul instant de travailler et de se battre, d'un même effort et d'un même coeur, pour sauver le plus bel avenir qui ait été promis aux hommes. Partout c'est la lutte dans les champs arctiques, à Sébastppol, sur ̃là'mér de Barentz, dans Lenin- grad assiégée, près du lac Ilmen, 1 en Ukraine lutte acharnée certes, mais ce qui nous frappe surtout, c'est la joie qui est sur tous leâ visages, une joie consciente, déci- dée, superbe, la joie d'un peuple qui sait pourquoi il se bat les re- culs nécessaires n'ont pas affaibli ̃ Bon moral, il est lucide, il a con- fiance en son idéal, en ses chefs, (en ma force il il vaincra. La plus belle des vies Derrière les Allemande, lés admi- i rables partisans soviétiques- tien- nent la campagne, coupent'lés ponts les routes, .les chemins de fer, tuent 300.000 Boches, ne laissant pas aux Envahisseurs une*minute de répit tandis que dans les usines loin- ` taines hommes et femmes donnent toutes leurs forces à la fabrication de ces armes qui vont bientôt ar- rêter les Boches, les encercler, les chasser Ou les tuer. Et l'initiative individuelle n'est pas tuée' dans cet effort collectif, comme le croient encore trop de Français aveuglés par la prôpa- <*ande chère aux nazis et aux trusta/, bien au contraire Si lé film nous montre d'inoubliables images de masses Ue récital de piano au champ -d'aviation, le bâ- taillon qui quitte Moscou à l'aube, le long du fleuve, pour rejoindre le i front sont parmi les plus belles), il nous révèle aussi- des -visages, des caractèreë, des hommes. Les admirables partisans Je ne puis les citer tous, ils sont s trop les admirables premiers- plans du cinéma russe nous lès ont tout de suite rendus familiers le, • charpentier Vassili, armurier des i partisans, l'ouvrier, l'appre.nti, le i forgeron, la jeune femme d* l'usine i Kirov, Gregoriev le conducteur de tanks, le colonel Vandalov, ,1'infir- mière Nina Niîotchova, et ce jeune lieutenant d'aviation qui prononce de, si belles paroles d'adieu devant son camarade qui vient de tomber, tous ont vécu, malgré la guerre, la plus belle des vies qu'ils pouvaient vivre, symboles superbes de cet hu- manisme communiste qui donne p aux visages cette joie au. milieu des pires souffrances dont tant de spectateurs s'étonneront. « On s'entend comme des frères, on a décidé de ne pas reculer d'un e p\s » chantent les chœurs. « L'es- prit humain a subi une rude guer- .é ré et il n'a pas fléchi », répond tout ̃e le peuple russe. « Notre lutte i- continue po-ur la victoire et pour l'avenir ». *f a La France peut être fière de son i- alliée. Pot GAUiABD. ÉCRASE LA FRANCE- Le onze britannique a infligé une sévère défaite à l'équipe française. La seule excuse que puisse invoquer cette dernière c'est de n'avoir pas fermé le jeu, ce qui nous valut une partie intéressante, sans avantage territorial marqué (il y eut 4 corners de part et d'autre). Mais pour le reste, l'équipe française fut surclassée, dans tous les ^iminis Ain™ nu» Vnn avait- psn&rA Id.-vnir iout'r avec un esrjrit F. F. I.. elle nous Les batteries du cap Gris-Nez QUI BQMBAHDAIENT L'ANGLETERRE DEPUIS QUATRE M ONT ÉTÉ PRISES. PARlESAtUÉS I Les unités allemandes culbutées par l'Armée rouge en Yougoslavie Demain, la rentrée TOUSAWVRE POUR AIDER L'EGOtE! C'est donc demain que les petits reprennent le chemin de l'éeolg du moins ceux qui sont là. Mais un grand nombre d'enfants ont été éva- cués à la campagne et rien, n'a été fait encore pour organiser leur re- tour collectif. Les parents sinquiè- tent du préjudice ainsi apporte aux études. Nous savons que les moyens de transport sont précaires ils exis- tent pourtant. Ne pourrait-on pas organiser le retour rapide des en- fants évacués, soit par camions, soit par chemin de fer ? Les élèves des lycées ne rentrent que le 9 octobre. Eux non plus ne seront pas au complet: et. bien des maîtres de tous les degrés sont en- core prisonniers, déportés ou soldats dans les F.F.I. Ils ont leurs héros et leurs martyrs. Cependant l'ensei- gnement primaire et l'enseignement secondaire se réorganisent sur la base provisoire des programmes de 193S. La section moderne sans latin va retrouver sa place au lycée. C'est fort bi,e<n, mais tout ceci doit être le prélude d'une réforme pLus complète. Il faut, d'autre part, penser aux livres scolaires. Ceux qu'on demande au lycée sont devenus introuvables, Nous avons dit que beaucoup d'ins- tituteurs ont sauvé leur bibliothèque d'avant 40. Mais c'est insuffisant et sait-on combien touche un direc- teur d'école de Paris pour acheter les livres qu'il doit fournir aux en- fants ? 39 francs par an et par élève. i PAR 5 A 0 3rs que ion avait espere ia. vuu jvuïi o.ve^ un. cayxat. x- a-, j. w*& hw«o )rsque 1 produisit du plus pur FFFA. Ul.L t:;¡,;)j;1.LJ.1.1.1. ,¡. 'l,J,.I,ç; 1 Seuls Vaast, plus' pur FFF A. avant d'etre >~lessés,,dis- I, Seuls Vaast, Aston et Prouff, avant d'être blessés, dis- *M,tà».ûwf lac* Viillac T fan Qiifroc oailf T^a Rni nui S311VF1. flllfil- D'après le Daily Telegraph, l'Armée Rouge a pénétré en ter- ritoire' hongrois sur un front de 80 kilomètres et menace Szeged, la deuxième ville du pays en étendue et en population. Les troupes rouges n'ont plus devant elles que 160 kilomètres de, plaines hon- groises sans obstacle et sans dé- fense pour atteindre Budapest. L'AJlemagne est ainsi menacée de perdre à brève échéance les sources de pétrole de Hongrie le blé hongrois lui fera également défaut et ne pourra plus compen- ser ta" per.te' des blés' d'Ukraine" et de Roumanie. En ce qui concerne la bauxite, la situation est plus alarmante en- core mais le danger stratégique est le plus grave de tous, car l'Allemagne se voit menacée d'une invasion soviétique parla vallée du Danube, invasion qui, très rapide- ment, pourrait submerger l'Autri- che et l'Allemagne méridionale, C'est exactement cette menace qui a fait perdre tout espoir au com- mandement allemand en 1918. En Hollande Les Allemands ont renouvelé leure furieuses attaqués contre le saillant allié d'Eindoven-Nimègue. Ils amè- nent des renforts et déploient un* vive activité d'aviation pour défendre avec le plus grand acharnement la.po. sition-clé des bouches du, Rhin et ten- ter de reprendre la bande de terrain entre le Waal et le Leck.avee Nimègue, Les Alliés ont repoussé tous les as- sauts et amélioré nettement leurs po- sitions. Des patrouilles avancées oni élargi le saillant de 22 kilomètres aus environs du confluent de la Meuse el du Waal; Elst a été entièrement net- toyée. A l'ouest de Turnhout, les Alliés avancent sur un front de 10 kilomè- tres Des élégjents avancés sont i 6 kilomètres fi sud-est de Bois-le- Duc. (Sitite en 2" page) ques buts, furent inexistants. Les Britanniques firent une grande partie « technique » | tous sont à féliciter, 1 600.10 F MRHI5 ¡ détenus politiques â EN ALLEMAGNE n L'Association des Victimes i du nazisme prépare leur retour e Quand les troupes alliées triom- s phantes libéreront les 600.000 prison- r niers politiques qui se trouvent en I1 Allemagne, comment seront-ils ac- d cueillis et traités en France ? A cet t effet, nous sommes allés rendre visite T à Y Association des Victimes du Na- :r: zisme », 4, cité Monthiers. l, Quels sont les outs de votre as- à sociation ? 1 dentandoné-mous. t Nous voulons, nous dit-il, que t lès femmes des patriotes morts en captivité aient une pension au même t titre que les veuves de guerre. Que les familles de déportés et em- prisonnés politiques touchent, avec > rappel, une allocation militaire. Que tous les emprisonnés de Vichy et de la Gestapo aient une solde jour- nalière. Nous voulons la restitution des biens confisqués. Il faut aussi que chaque emprison- né puisse percevoir du linge, des vê- tements, un secours immédiat. Quant aux petits commerçants et artisans un prêt d'argent serait né- cessaire pour qu'ils puissent repren- dre leur activité. Comment envisages-vous le re- tour les déportés T 1 D'accord avec la Croix-Rouge in- ternationale, avec le Secours popu- laire et. avec toutes les organisations qui s'intéressent à cette question, nous créons des centres d'accueil. Nous demandons que tous nos ca- marades sortis des camps d'Allema- gne ou des prisons puissent bénéficier d'un congé payé de trois niois pour leur permettre de reprendre des for- ces et de se réadapter à la vie nor- male. Nous voyons très grand, nous dit M. Valériot, mais le sort de ces mil- liers de patriotes qui ont tant souf- fert mérite qu'on s'y arrête et qu'un cherche à y remédier. Là pays a une dette envers eux, qu'il doit payer. Nous ne saurions mieux conclure. Pourunereumonrapide de l'Assemblée consultative p'ar' Marcel CACHIN | /L faut revenir sur le grand < discours prononcé par Chur- < chill aux Communes le 28 septembre dernier. Le Pre- mier britannique a rendu un loyal hommage à l'Union soviétique, à ses sacrifices immenses, à son rôle déchif dans la guerre, à sa man- suétude ûis-à-cîs des petits pays qui l'entourent, à la sagesse poli- tique de Staline. En un moment où des Francais semblent méconJ naître les services rendus par l'U. R.S.S. à l'Europe el à la France et persistent dans un anticommu- nisme qui semblait anachronique, il est bon qu'une grande voix autori- sée les rappelle à la réalité, à la vérité! }' allais dire à la décence Mais c'est une autre partie du remarquable exposé de M. Chur. chill que je veux soumettre à la ré- flexion de tous nos compatriotes et des dirigeants du pays. Je -cite textuellement les propos du Chef du Gouvernement britan- nique < Il semble possible de renfor- cer ÏAsssmblée Consultative qui siégeait à Alger par l'addition de nouveaux éléments tirés de l'inté- rieur de la France. « Devant cette nouvelle assem- blée, le Comité de la Libération Nationale serait responsable. « Cette mesure une fois prise renforcerait considérablement la position de la France au sein des pays alliés. < Elle rendrait possible la re- connaissance du Gouvernement provisoire de la France avec les conséquences qui en découlent, re- connaissance que nous désirons voir se produire le plus tôt pos- sible. > La réception de Walter Citrine par le bureau de la Ç. G. T. Sir Walter Citrine, secrétaire général des Trade-unions, a été reçu, hier matin, par le Bureau confédéral. de la C. G. T. Le but principal de la visite était de renouer officiellement les rela- tions fraternelles entre les syn. dicali.ste;s français et le mouvement syndical international. La session du matin a été consa- crée à un échange de vues entre les huit membres du Bureau confé- déral et les deux représentants de la F. S. I. sur les problèmes actuels de la reconstruction syndicale en France et en particulier de la Con- férence mondiale de tous les mouvements syndicaux interna- tionaux. Dans l'après-midi, les délégués de la F.S.I. ont rencontré ceux des diverses fédérations nationales. Les perspectives d'atteindre l'unité syndicale iNternationalë fcx plus large possible ont été envisagées. d d Dans sa récente réunion, le gou- rernemênt a pris deux décisions, !ont les suites peuvent avoir de ;randes conséquences réquisition les usines Renault et Groupement lational des Houillères. Nous s .vons voulu connaître l'opinion des nilieux de la C.G.T. sur ces me- ures. Nous sommeô allés inter- iewer Benoît Frachon, secrétaire e la C.G.T. Tout d'abord, nous l'interrogeons ur la réquisition des usines Re- .ault. Que signifie la réquisition t La réquisition est une pre- mière mesure d'ordre juridique qui ise à substituer la gestion de Etat à la gestion. patronale dans me entreprise donnée. Pour Re- .ault, la mesure s'imposait d'ur- 'ence. Les dirigeants de l'entrepri- e, Lehideux et Renault, ayant été mprisonnés pour crime de trahi- on, l'usine Renault, qui peut four- tir une importante quantité de natérjel de guerre et des earnioria, loit être remise en route au plus ôt. La réquisition permettra cette éprise sous la direction et la res- lonsabilité du gouvernement; Dans a région parisienne,' ainsi que [ans tout le pays, i! est de nom- ireuses entreprises dont les direc- .ions ont été indignes où cette nesure s'imposera. Est-il nécessaire de commenter longuement cette sensationnelle dé- claration ? Est-il nécessaire d'en souligner la grande portée nationale et interna- tionale ? Il nous apparaît d'abord que tous les Français unis dans la dé- fense de la patrie sont tris dési- )-eux de voir reconnaître par tous les alliés, et dans le plus bref dé- lai, le gouvernement du généralde Gaulle. Il nous apparaît aussi que pour obéir aux règles de la, démocratie h gouvernement du général a inté- rêt à s'entourer de représentants très directs et incontestés du peuple français tout entier. On ne peut re-. fuser te titre aux membres des di- verse organisations de' la Résis- tance qui ont déjà siégé à l'As- semblée d'Alger. Et puisqu'on a décidé d'augmenter le nombre des délégués à l'assemblée, il n'est pas malaisé de procéder rapidement à cet élargissement préliminaire après accord avec la Résistance. Cela fait, on réunirait sans tar- der l'Assemblée consultative puis- que cette réunion doit hâter une reconnaissance attendue impatiem- ment par la France entière et en premier lieu, comme il se doit, par le général de Gaulle lui-même. Nous nous adressons à Félix Gouin, président de l'Assemblée, à Monsieur le Président Jeanneney dont la haute autorité est reconnue de tous, au chef de l'Etat, général de Gaulle, pour qu'ils veuillent bien retenir une suggestion qui s'inspire uniquement de l'intérêt de la France. 1 DIMANCHE 8 OCTOBRE Une cérémonie s'est déroulée, hiar, dans Is XVH*. au cours de laquelle s des ileurs ont été déposées boulevard Gouvipn-Saint-Çyr, à l'endroit où. s trois patriotes ont été lusillés par les envahisseurs {Photo Humanité.) ̃̃ ̃ ilillîlîlif ûl SOMill «// faut appliquer la partie du pro. gramme qui prévoit la confiscation des biens des traîtres et faire fonctionner les entreprises comme établissements de l'Etat avec participation à la direction des ouvriers et des techniciens », no s aéure Benoît FRACHON Secrétaire de la C.G/T. à propos de la réquisition des usines Renault et du Groupement national des Houillères La réquisition ne 'signifie donc pas la confi&cation t Mais pas du tout. C'est une première mesure qui peut être sui- vie ou non de la confiscation. Nous espérons que, pour Renault, la con- fiscation ne tardera guère. Selon toi, s'agit-il de confis- cation pure et simple ou d'une net* = tionalfsation avec iatdewrvité t Le cas Renault eat assez clair pour qu'il n'y ait aucune hé- sitation à lui appliquer,la partie du programme du C.N.R. qui pré- voit la confiscation des biens des traîtres. Je pense d'ailleurs qu'il ne faudra pas se contenter de con- fisquer l'usine, mais aussi les' fonds dont Renault dispose, ainsi que toutes les filiales de l'entre- prise. Dans le cas de confiscation, comment, à ton avis, devrait fànc-: tionneî" l'entreprise 1 Mais comme établissement de l'Etat, avec participation à la di- rection des ouvriers et des techni- ciens.- • Que penses-tu de la décision gouvernementale de constituer «».; Groupement national des Houillè- res du Nord et du Pas-de-Calais f Pour le, moment, je n'en puis. rien penser. Cette notion 'd'un groupement national est trop va- gue pour qu'on puisse déceler les' intentions du gouvernement. Dans les syndicats, nous ai- mons les formules claires. Quand ̃elles ne le eont pas, nous réser- vons notre jugement. Tu as cependant une opinion Sur ce qu'il conviendrait ebe faire dans les mines ? 1 ̃ Bien «entendu, p'abord, ne pas permettre que se développe' la cam- pagne intéressée sûr le patriotisme "dès gens du Comité ûès ̃nouMÈrës. La fédération du sous-sol a eu rai- son de riposter comme elle l'a fait aux communiques de presse tendant à accréditer ce mensonge. ."̃ Les mineurs de tous ]es bassins ^da., France ont mené de dures -grèves du- Tant l'occupation. Ils se sont ingé- niés à organiser le sabotage. Tu peux aller partout et tous te diront qu'ils se sont heurtés dans leur lutte par '.>: triotique non seulement à la Gestapo, mais aux consignes des 'directions qui ̃ poussaient sans cesse à la surprôduc- f tion. ̃ ̃ ̃ fe (Suite e».2* pn-gi:) >ï" En présence des autorités américaines cinq bandits hitlériens exécutés par les patriotes Le dimanche 27 août, à Chalautrè- ;i la -Petite, deux soldats, allemands- i, ayant été< faits prisonniers par unàr;: patrouille avancée américaine, l'ober- leutnant Pohl, du 148» régiment d'ar- tillerie allemand, a fait fusilier 22 i 'hommes sur les 300 habitants du vil- Jase, âgés de 16 ans et demi à .75 ans. Neuf d'entre les condamnés ont pu échapper au massacre, diverse- ment blessés, en simulant la mort ou en- prenant la fujte après la premières': rafale de mitraillette., ̃{̃̃̃ Quelques jours plus tard, un adju- dant d'artillerie allemand et quatre S. S. ayant participé au forfait, re- joints, par les F,F.I; locaux; ont été exécutés sur la place publique par quatre volontaires apparentés aux victimes, ce en présence des autorités américaines. Comme tous les journaux, l'Humanité ne paraîtra pas demain, lundi 2 octobre. Cette mesure provisoire de non-parution un jour par se. maine ne saurait être main- tenue plus longtemps sans justification sérieuse. Qu'on revienne vite à la tradition française