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Title : Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique.... T. 3 C-CHEM / par M. Pierre Larousse

Author : Larousse, Pierre (1817-1875)

Publisher : Administration du grand Dictionnaire universel (Paris)

Date of publication : 1866-1877

Subject : Encyclopédies et dictionnaires français -- 19e siècle

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 17 vol. ; in-fol.

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k39790g

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33995829b

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33995829b

Provenance : bnf.fr

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Title : Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique.... T. 3 C-CHEM / par M. Pierre Larousse

Author : Larousse, Pierre (1817-1875)

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CABI' CABL

CABI

Comme durant disner on parlait d'une affaire,
Quelqu'un qui la sçavoit fit tous les autres taire
Js suis pour le contraire ici fort d propos,
Dit-il. Mais en disnant, le voyant si bien boire,
Je responds «II est vray nous vous devons tous croire,
Et vous estes vraiment icy fort aspre aux pots.*
Une pièce curieuse et qui montre que la
fantaisie ne date pas de nos jours, c'est un
dialogue entre la fameuse Samaritaine du
Pont-Neuf et le Jaquemart, espèce de statue
grotesque placée sur un vieux donjon qui se
trouvait à côté d'elle. Le dialogue commence
ainsi

tiare honneur du Pont-Neuf, belle Samaritaine,
Vostre amy Jaquemart vous donne le bonjour;
Il vous écrit ces vers pour vous rendre certaine
Combien, depuis deux jours, il a pour vous d'amour.
LA SAMARITAINE.

Roy de ce vieux donjon, les démons se cachent,
Vaillant comme un dragon, Jaquemart mon soucy,
Je veux que tous les dieux et tout le monde sachent,
Si vous m'aimez bien fort, que je vous aime aussy.
Voici les deux dernières strophes de la pièce,
qui est assez longue

Bien que le ciel cruel contre nous deux s'irrite,
Je ne veux pas pourtant céder à ta valeur;
Mais, imitant les rois, dont l'orgueil me dépite,
Je vous veux épouser, comme eux, par procureur.
LA SAMARITAINE.

O digne Jaquemart! la gloire universelle,
L'attente de mon âme et l'honneur des maris,
Aimez-moi de bon oœur si je ne suis pucelle,
N'espérez pas jamais en trouver à Paris.

Les éditions du Cabinet satyrique sont assez
rares et fort recherchées des bibliophiles.
Cntilnela particuliers (LES), vaudeville en
un acte, par MM. Xavier et Duvert, repré-
senté pour la première fois à Paris sur le
théâtre du Vaudeville, le 23 octobre 1832. Ce
n'est pas un vaudeville, ce n'est pas même
une farce que cette pièce, c'est une véritable
parade, et cependant il nous faut en parler,
car aujourd'hui encore, lorsqu'on veut rap-
peler la gaieté, la verve désopilantes d'Arnal
et de Lepeintre jeune, on cite les Cabinets
particuliers, dont ils remplissaient les princi-
paux rôles. Un des moyens comiques em-
ployés dans cette pièce, et dont on a fort
abusé depuis, était la présence d'un et même
de plusieurs acteurs dans la salle du théâtre,
à coté des spectateurs. La scène se passe
chez un restaurateur. Un homme arrive et
veut entralner une femme dans un cabinet
particulier. A cet instant Arnal, qui était au
balcon des premières, s'écriait Je m'y op-
S ose; c'est ma femme, je lui ai permis de dé-
buter ce soir au Vaudeville avec M. Odry, et
non avec M. Hippolyte. La-dessus, lazzi
sur lazzi. Enfin Arnal descend sur le théâtre
afin de jouer lui-même le rôle de l'amoureux
de sa femme, et Dieu sait comment il répète
ce pauvre rôle. Tout cela, sans doute, est fort
niais; mais de même que Frédérick-Lemaître
avait su faire un chef-d'œuvre du plus mau-
vais des mélodrames, Arnal et Lepeintre surent
faire d'une parade ridicule une des plus folles
bouffonneries dont on ait gardé le souvenir.
Cabinet des antiques ( le ) roman par
H. de Balzac. V. Scènes DE LA VIE DE PRO-
VINCE.

(4 vol. in-18). Cette publication, qui fut entre-
prise sous la direction de M. Eugène Piot, en
1842, forme aujourd'hui une précieuse collec-
tion pour les amateurs d'objets d'art; elle con-
tient, sur les tableaux, les estampes, les des-
sins, l'orfèvrerie, les médailles, les antiquités
grecques et romaines du moyen âge, de la
Renaissance, et sur les ventes publiques, une
foule de notices et de monographies nous ci-
terons, entre autres travaux Histoire de la
peinture sur verre; De la distinction des ori-
ginaux et des copies en peinture; Des faus-
saires en médailles; Monuments émaillés du
moyen dge; Traité de l'orfévrerie de Benventito
Cellini, première traduction française y Mé-
moires et lettres originales d'Albert î)urer;
Description des collections de Charles /er d'Or-
léans, Horace Walpole, Robert Peel; Cata-
logue raisonné de Corn. Wischer, Raphaël
Morghen, Goya, etc., etc.

CABINET DES PERRUQUES, nom donné à
une des salles du palais de Versailles, laquelle
servait à contenir les perruques de Louis XIV,
qui s'appelaient aussi des binettes, du nom de
Binet, le premier faiseur du roi après la
Vienne. Ce cabinet des perruques, qu'on mon-
tre encore aux visiteurs, était une portion
de ce qu'on appelle aujourd'hui la Salle du
conseil qui sépare l'ancienne chambre à
coucher de Louis XIV de l'ancienne chambre
à coucher de Louis XV, et qui, sous le pre-
mier, formait deux pièces. La plus rapprochée
de la chambre du roi se nommait le cabinet
du conseil l'autre, le cabinet des perruques.
On l'appelait aussi le cabinet des termes, à
cause de vingt figures d'enfants qui décoraient
la corniche. Une vaste armoire, fermée à
glace, renfermait ces perruques solennelles,
qui étaient une grande partie de la majesté
de Louis XIV. A la place d'honneur figurait
nnQperruguedorëe, celle que le roi avait portée
au palais des Tuileries dans le rôle de Phœ-

beaucoup de mal pour les fabriquer en simple
prose.

LE JAQUEMART.

LE JAQUEMART.

Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire

CABI

bus. Ce n'était 'pas sans intention qu'on avait
§lacé près de la chambre du roi la collection
des perruques, qui jouaient un si grand rôle
dans sa vie. « Avant que le roi se lève, dit
l'Etat de la France de 1708, le sieur Quentin,
qui est le barbier qui a soin des perruques, se
vient présenter devant Sa Majesté tenant deux
perruques ou plus de différentes longueurs.
Le roi choisit celle qui lui plaît, suivant ce
qu'il a résolu de faire dans la journée. Quand
le roi est levé et peigné, le sieur Quentin lui
présente la perruque de son lever, qui est
plus courte que celle que Sa Majesté porte
ordinairement et le reste du jour. Après la
cérémonie du grand lever, le roi se rend au
conseil. Entré dans son cabinet, il prend sa
perruque ordinaire. Dans la journée il change
de perruque quand il va à la messe, après qu'il il
a dîné, quand il est de retour de la chasse ou
de la promenade, quand il va souper, etc. d
Au mot PERRUQUE nous donnerons l'histoire
et les variations de ce genre de coiffure, si
longtemps à la mode aux derniers siècles.
CABINET SECRET DU MUSÉE ROYAL DE
NAPLES. Ce cabinet est la seule galerie au
monde l'on se soit proposé'de réunir tous
les chefs d'oeuvre impudiques. Il renferme
une grande quantité d'admirables morceaux
de peinture, de sculpture, dont les détails
obscènes en rendent impossible l'exposition
aux yeux de tous. L'art ancien et l'art du
moyen âge ne se piquèrent jamais, on le sait,
d'une pudeur bien délicate, et ils se plaisaient
à représenter les objets que nous osons à peine
nommer de nos jours. Parmi les curiosités les
plus rares de cette collection sans rivale, on
cite surtout les amulettes d'Herculanum en
bronze et ayant toutes soit la forme, soit les
attributs principaux des phallus; des lampes
phalliques également en bronze et en terre,
d'une grande pureté de formes une statue de
bouffon en bronze, superbement modelée; des
idoles de diverses matières, des bas-reliefs,
des fresques trouvées à Pompéi, dont une
avec l'inscription Lente impelle, est admi-
rable d'exécution, ainsi qu'une autre désignée
sous le nom d'Apollon et une nymphe. Ces
merveilleuses compositions sont toutes mal-
heureusement destinées, en raison de leur
caractère essentiellement érotique, à demeu-
rer cachées. Cependant sous le gouvernement
de Louis-Philippe, on obtint du gouvernement
napolitain l'autorisation de reproduire par la
gravure les bronzes, les peintures et les sta-
tues érotiques, et un volume in-4Q fut imprimé
sous le titre de Cabinet secret du Musée royal 1
de Naples. Il figure dans le coin secret des
bibliothèques et des collections de beaucoup
d'artistes et d'amateurs.

CABIONARA s. m. (ka-bi-o-na-ra nom
guyunais). Mamm. Nom vulgaire du cabiai,
a la Guyane.

CAB1OU s. m. (ka-bi-ou). Art culin. Suc
épaissi de manioc, avec lequel les habitants
de Cayenne assaisonnent les ragoûts et les
rôtis.

CABIR v. a. ou tr. (ka-bir). Placer, éta-
blir, dans le patois lyonnais.

CABIRA, ville de l'ancienne Asie Mineure,
dans le Pont, sur le fleuve Halys, au S.-E.
d'Amasie-, elle fut plus tard appelée Sébaste,
et porte aujourd'hui le nom de Sivas.
CABIRES, divinités mystérieuses de lahaute
antiquité, adorées en Egypte, en Phénicie, en
Asie Mineure et en Grèce. Pour cette der-
nière contrée, c'est dans les îles de Samo-
thraceî de Lemnos, ainsi qu'à Thèbes, que se
trouvaient leurs sanctuaires les plus vénérés.
Leur culte, importé peut-être par les Phéni-
ciens ou les Pélasges, participait des mystères
orgiaques et l'on donnait le nom de cabi-
ries aux mystères nocturnes qu'on célébrait
en leur honneur. On ne connaît pas bien
les fonctions de ces dieux; quelques mytho-
graphes y voient la personnification de cer-
taines forces mystérieuses et malfaisantes de
la nature, et pensent qu'ils étaient analogues
aux curetés, aux corybantes, aux telchines
et aux gnomes. Un savant, M. Pictet, de Ge-
nève, a publié en 1834 une dissertation pour
démontrer que le culte des cabires existait
chez les anciens Irlandais.

Quoi qu'il en soit, nous allons rapporter ici
ce que les écrivains de l'antiquité nous ap-
prennent sur ces dieux. «Les cabires dit
Hérodote, avaient dans Memphis un temple,
il n'était permis d'entrer qu'au prêtre.
Cambyse brûla leurs statues en proférant des
paroles injurieuses contre ces divinités. Ces
statues étaient semblables à celle de Vulcain,
et les gens du pays disaient que les cabires
étaient ses enfants. » Pausanias s'étend plus
longuement au sujet des mêmes dieux; mais
il est loin de lever tous les voiles. Le bois
de Cérès Cabiria et de Coré, dit-il, est à vingt-
cinq stades de là; les initiés seuls peuvent y
entrer. Le temple des cabires est à environ
sept stades de ce bois. Je prie les curieux de
vouloir bien m'excuser si je ne leur dis pas
ce que c'est que les cabires, ni tout ce qu'on
fait en leur honneur et en honneur de la mère
des dieux; cependant rien n'empêche de rap-
porter quelle est, suivant les Thébains, l'ori-
gine de ces cérémonies. Ils disent qu'il y avait
dans cet endroit une ville dont les habitants
se nommaient les Cabirseens. Cérès, étant
venue dans le pays, confia la connaissance
de quelque chose à Prométhée, l'un de ces
Cabirseens, et à (Etnseus, son fils; quant à ce

qu'elle leur confia, et à ce qu'on sait à cet
égard, il ne m'est pas permis de l'écrire. Ces
mystères sont donc un don de Cérès elle-
même aux Cabiraeens. Ils furent chassés de
leur pays par les Argiens lors de l'expédition
des Epigones et de la prise de Thèbes; la cé-
lébration des mystères fut suspendue pendant
quelque temps mais on dit que, dans la suite,
Pélargé fille de Potnaeie, et Isthmiadès, son
époux rétablirent ces mystères. La colère
des cabires envers les hommes est implaca-
ble, comme on l'a éprouvé plusieurs fois.
Quelques particuliers ayant osé imiter à Nau-
pacte les cérémonies qui se pratiquent à
Thèbes ne tardèrent pas à en subir la puni-
tion. Quelques soldats de l'armée que Xerxès
avait laissée à Mardonius, et qui étaient restés
dans la Béotie, ayant osé entrer dans le tem-
ple des cabires, peut-être dans l'espoir d'y
trouver de grandes richesses, ou plutôt, je
pense, par mépris pour ces dieux, ils devin-
rent aussitôt furieux et se précipitèrent les
uns dans la mer, les autres du haut des ro-
chers. Lorsque Alexandre, après avoir rem-
porté la victoire, eut livré aux flammes la
ville de Thèbes et tout le pays, quelques Ma-
cédoniens entrèrent dans le temple des ca-
bires, comme étant en pays ennemi ils furent
tous tués par la foudre et par les éclairs, tant
ce lieu a toujours été saint et vénérable.
Plus tard, on fit des cabires des espèces de
démons qui présidaient à une sorte de sabbat.
Ces orgies ne se célébraient que la nuit. Après
des épreuves effrayantes, 1 initié était ceint
d'une ceinture de pourpre, sa tête était cou-
ronnée de branches d'olivier, et il était placé
sur un trône illuminé pour représenter le maî-
tre du sabbat, pendant que les initiés for-
maient autour de lui les danses sacrées.
Smith a consacré, dans son Dictionary of
biography and mythology, un excellent article
à ces divinités; nous allons en reproduire la
substance. Il règne sur les cabires une grande
obscurité, à laquelle ont contribué les rensei.
gnements contradictoires que nous ont trans-
mis sur leur compte les auteurs anciens. Les
recherches qu'on a tentées pour découvrir
l'étymologie même du mot cabires ont été
infructueuses, bien qu'on se soit adressé aux
principales langues de l'Orient. Le caractère
et la nature des cabires sont, à bien plus
forte raison, restés à peu près inaccessibles.
Tout ce qu'on peut faire, c est de grouper les
principaux faits relatifs à cette question, qu'on
trouve disséminés dans les auteurs anciens et
modernes. Nous allons l'essayer. La première
mention, à nous connue, qui ait été faite des
Cabires, se trouve dans un drame d'Eschyle
qui porte précisément le titre de Kabeiroi, les
cabires. Nous les trouvons en rapport
avec les Argonautes, à Lemnos. Il résulte des
détails fournis par le poète, que les cabires
sont des divinités autochthones de Lemnos,
et que leurs fonctions consistaient à pourvoir
au bien-être matériel des habitants, et spécia-
lement à surveiller les vignobles et à présider
aux vendanges. Les fruits des champs sem-
blent avoir été, en général, placés sous leur
protection, car nous voyons dans un frag-
ment d'un auteur ancien, Myrsilus, parvenu
jusqu'à nous, les Pélasges adresser, en temps
de disette, des vœux à Jupiter, à Apollon et
aux cabires. Suivant Strabon, les trois cabi-
res étaient fils de Canullus, et ils avaient pour
sœurs des nymphes, qui portaient le même
nom. D'après Pherekydès, les cabires étaient
fils de Cabeira, fille de Proteus. Le culte des
cabires, à Lemnos et à Imbros, était en con-
nexion avec celui des corybantes; il existait,
paraît-il également dans les villes de la
Troade. En général, les cabires étaient con-
sidérés comme les petits-fils de Proteus et
comme les fils d'Hephaîstos j cette origine leur
assignait une nature inférieure en dignité à
celle des dieux. Du reste, l'association même
de leurs noms, qu'on trouve énumérés avec
ceux des curetés des dactyles, des cory-
bantes etc., suffirait à elle seule à déter-
miner leur rôle subalterne. Hérodote, après
avoir dit que les cabires étaient adorés à
Memphis comme fils d'Hephaîstos, ajoute cette
remarque précieuse pour la mythologie, qu'ils
ressemblaient aux dieux nains des Phéni-
ciens, qu'il nomme pataïkoi, et que ce peuple
de navigateurs fixait à la proue de ses vais-
seaux. Il y avait des mystères particuliers
auxquels présidaient les cabires et qui sem-
blent avoir eu pour but d'assurer leur protec-
tion a la vie des initiés. Ils devaient également
jouer un rôle actif dans les affections amou-
reuses, car on les invoquait dans les serments
d'amour, et nous voyons une jeune fille ré-
clamer leur intervention contre un amant in-
fidèle. Quelques auteurs grecs prétendaient
que le nom de cabires dérivait du mot Cabei-
ros, lieu situé en Phrygie, d'où le culte de
ces dieux avait été introduit en Samothrace.
Les écrivains de l'époque alexandrine nous
donnent sur les cabires des détails plus cir-
constanciés il résulte de ces renseignements
que les cabires de Samothrace étaient au
nombre de trois et portaient les noms à'Axie-
ros, Axiocersa et Axiocersus; le premier re-
présentait Démètes, le second Perséphone ou
Proserpine, le troisième Hadès ou Pluton.
Quelques auteurs en ajoutent un quatrième,
qu'ils nomment Cadmilus et identifient avec
Hermès ou Mercure. Ce serait Dardanus qui
aurait introduit ce culte dans la Samothrace,
en y instituant les mystères célèbres qui por-
tent le nom de cette contrée. Les cabires ont
été plus tard complétement assimilés aux

dieux pénates; mais il faut voir un résultat
de ce parti pris qui poussait les Romains à
rattacher leur gine à l'histoire primitive de
la ville de Troie. Les cabires étaient aussi
l'objet d'un culte particulier en Béotie, ils
avaient un temple, objet d'une grande véné-
ration. Les Macédoniens semblent aussi avoir
adoré spécialement ces divinités, car nous
savons que Philippe et Olympias s'étaient fait
initier leurs mystères, et qu'Alexandre leur
éleva des autels lors de sa grande expédition
en Asie.

Movers a consacré, dans son Antiquité phé-
nicienne, quelques pages extrêmement inté-
ressantes au mythe des cabires, qu'il étudie
spécialement au point de vue oriental. Après
en avoir fait connaître aux lecteurs le côté
classique, il sera bon de leur expliquer l'ori-
même de ce culte mystérieux, d'après
les théories de Movers. Ce culte était commun
aux Phéniciens aux Babyloniens et aux
Egyptiens. Chez les Phéniciens, c'est Beryte
qui en était le siège central; en Egypte, c'é-
tait Memphis. On retrouve les cabires, au
nombre de huit, sur les monnaies phéni-
ciennes de Beryte; ils portaient le nom d'Ss-
moun. Movers cherche, en conséquence, l'éty-
mologie du nom des kabires en phénicien,
et il croit la rencontrer dans le mot pluriel
kabirîm, littéralement les grands, les puis-
sants. » L'autorité même des anciens semblerait
justifier cette ingénieuse hypothèse, car beau-
coup d'anciens écrivains grecs font suivre le
nom des cabires d'épithètes exprimant la
force, la vigueur, la puissance. On les repré-
sentait comme des nains robustes armés d'un
marteau. Cette particularité est d'autant plus
frappante que, suivant Hérodote, les cabires
étaient considérés comme les fils d'Hephaïstos
ou Vulcain, ou encore, comme l'appelle San-
choniathon, Sadik, c est-à-dire le juste, le
droit. Sanchoniathon ajoute que les cabires
étaient chez les Phéniciens les dieux qui pré-
sidaient aux vaisseaux, les inventeurs de la
navigation. Autre part, il attribue cette in-
vention à Hephaïstos lui-même, qu'il consi-
dère comme le premier des cabires. Ces
images, peintes ordinairement sur la poupe
des trirèmes phéniciennes, portaient, on le
sait, en grec le nom de Pataïkoi, mot qui est
trés-probablement d'origine phénicienne. Ce-
pendant Movers préfère y voir un dérivé pu-
rement grec du verbe patassâ, frapper; on
aurait ainsi nommé les cabires, à cause du
marteau caractéristique dont ils étaient ar-
més. En revanche Movers attribue à un
autre mot grec qui les désignait souvent,
pugmaios, pygmée, une étymologie sémitique
il le fait dériver de poghem, frappant avec un
marteau. Ce qui vient encore préciser le rôle
que jouaient les cabires dans la protection
des vaisseaux, c'est que souvent ils étaient
confondus avec les dioscures, dieux de Sa-
mothrace, décorés souvent de la qualification
de megaloi, grands, dont la traduction en
phénicien serait précisément kabirim. L'ori-
gine de ce mythe, s'il était bien constaté
qu'elle doit être attribuée à la Phénicie, serait
pour la science d'une importance capitale,
parce que ce serait un des exemples les plus
frappants de la méthode employée par les
Grecs pour incorporer dans leur religion les
entités empruntées à la théogonie des Phéni-
ciens, leurs initiateurs à la civilisation.
CABIRÉEN, ÉENNE adj. (ka-bi-ré-ain– rad.
cabire). Mythol. Qui appartient aux cabires,
qui est relatif aux cabires Mystères CABl-
réens. Nymphes cabiréennes. n On dit aussi
CABIR1EN, IENNE, et CABIRIQUE.
CABIRIDE s. f. (ka-bi-ri-de). Mythol. gr.
Nom donné à des nymphes, qui étaient nees
de Vulcain et de Cabire, fille de Protée.
CABIRIES s. f. pi. (ka-bi-rî– rad. cabire).
Antiq. gr. Fêtes, mystères que l'on célébrait
en divers lieux en l'honneur des cabires.
CABISSOL (Guillaume-Balthazar), anti-
quaire français, à Rouen en 1749, mort à
Jumiéges en 1820. Avant la Révolution, il
exerça la charge de procureur du roi de la
vicomté de l'Eau. Plus tard, il fut nommé
conseiller de préfecture, puis secrétaire gé-
néral du département de la Seine-Inférieure.
Membre de la Société d'émulation de Rouen,
il fit de savantes recherches sur les antiquités
de cette ville, et les publia dans les Mémoires
de la Société à laquelle il appartenait.
CABIZ, docteur turc de la classe des ulémas,
que Cantemir appelle Aimé, vraisemblable-,
ment par corruption du mot Asmah, c'est-à-|
dire Egaré, hérétique. Ayant étudié le chris-.
tianisme, il se mit à soutenir publiquement la^
supériorité de Jésus-Christ sur Mahomet. Le
langage de Cabiz excita l'indignation des doc-
teurs de la loi, qui le dénoncèrent au divan.
Après deux controverses publiques, le cadi,
sur l'invitation du mufti Chemseddyn-Effendi,
prononça la sentence édictée par la loi, et
Cabiz eut la tête tranchée (945).

CABLE, QUABLE. Ce son final, dans les ad-
jectifs, se rend presque toujours par cable.
Exemples l'applicable, évocable, explicable, ré-
vocable, etc. Il faut excepter attaquable et
inattaquable, critiquable, immanquable, re-
marquable, risquable.

CÂBLE s. m. (kâ-ble du bas lat. capu-
lum, corde. Ce mot se retrouve dans la plu-
part des langues avec le même sens et de
légères modifications dans l'orthographe j

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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