• CABI' CABL CABI Comme durant disner on parlait d'une affaire, Quelqu'un qui la sçavoit fit tous les autres taire Js suis pour le contraire ici fort d propos, • Dit-il. Mais en disnant, le voyant si bien boire, Je responds «II est vray nous vous devons tous croire, Et vous estes vraiment icy fort aspre aux pots.* Une pièce curieuse et qui montre que la fantaisie ne date pas de nos jours, c'est un dialogue entre la fameuse Samaritaine du Pont-Neuf et le Jaquemart, espèce de statue grotesque placée sur un vieux donjon qui se trouvait à côté d'elle. Le dialogue commence ainsi tiare honneur du Pont-Neuf, belle Samaritaine, Vostre amy Jaquemart vous donne le bonjour; Il vous écrit ces vers pour vous rendre certaine Combien, depuis deux jours, il a pour vous d'amour. LA SAMARITAINE. Roy de ce vieux donjon, où les démons se cachent, Vaillant comme un dragon, Jaquemart mon soucy, Je veux que tous les dieux et tout le monde sachent, Si vous m'aimez bien fort, que je vous aime aussy. Voici les deux dernières strophes de la pièce, qui est assez longue Bien que le ciel cruel contre nous deux s'irrite, Je ne veux pas pourtant céder à ta valeur; Mais, imitant les rois, dont l'orgueil me dépite, Je vous veux épouser, comme eux, par procureur. LA SAMARITAINE. O digne Jaquemart! la gloire universelle, L'attente de mon âme et l'honneur des maris, Aimez-moi de bon oœur si je ne suis pucelle, N'espérez pas jamais en trouver à Paris. Les éditions du Cabinet satyrique sont assez rares et fort recherchées des bibliophiles. Cntilnela particuliers (LES), vaudeville en un acte, par MM. Xavier et Duvert, repré- senté pour la première fois à Paris sur le théâtre du Vaudeville, le 23 octobre 1832. Ce n'est pas un vaudeville, ce n'est pas même une farce que cette pièce, c'est une véritable parade, et cependant il nous faut en parler, car aujourd'hui encore, lorsqu'on veut rap- peler la gaieté, la verve désopilantes d'Arnal et de Lepeintre jeune, on cite les Cabinets particuliers, dont ils remplissaient les princi- paux rôles. Un des moyens comiques em- ployés dans cette pièce, et dont on a fort abusé depuis, était la présence d'un et même de plusieurs acteurs dans la salle du théâtre, à coté des spectateurs. La scène se passe chez un restaurateur. Un homme arrive et veut entralner une femme dans un cabinet particulier. A cet instant Arnal, qui était au balcon des premières, s'écriait Je m'y op- S ose; c'est ma femme, je lui ai permis de dé- buter ce soir au Vaudeville avec M. Odry, et non avec M. Hippolyte. La-dessus, lazzi sur lazzi. Enfin Arnal descend sur le théâtre afin de jouer lui-même le rôle de l'amoureux de sa femme, et Dieu sait comment il répète ce pauvre rôle. Tout cela, sans doute, est fort niais; mais de même que Frédérick-Lemaître avait su faire un chef-d'œuvre du plus mau- vais des mélodrames, Arnal et Lepeintre surent faire d'une parade ridicule une des plus folles bouffonneries dont on ait gardé le souvenir. Cabinet des antiques ( le ) roman par H. de Balzac. V. Scènes DE LA VIE DE PRO- VINCE. (4 vol. in-18). Cette publication, qui fut entre- prise sous la direction de M. Eugène Piot, en 1842, forme aujourd'hui une précieuse collec- tion pour les amateurs d'objets d'art; elle con- tient, sur les tableaux, les estampes, les des- sins, l'orfèvrerie, les médailles, les antiquités grecques et romaines du moyen âge, de la Renaissance, et sur les ventes publiques, une foule de notices et de monographies nous ci- terons, entre autres travaux Histoire de la peinture sur verre; De la distinction des ori- ginaux et des copies en peinture; Des faus- saires en médailles; Monuments émaillés du moyen dge; Traité de l'orfévrerie de Benventito Cellini, première traduction française y Mé- moires et lettres originales d'Albert î)urer; Description des collections de Charles /er d'Or- léans, Horace Walpole, Robert Peel; Cata- logue raisonné de Corn. Wischer, Raphaël Morghen, Goya, etc., etc. CABINET DES PERRUQUES, nom donné à une des salles du palais de Versailles, laquelle servait à contenir les perruques de Louis XIV, qui s'appelaient aussi des binettes, du nom de Binet, le premier faiseur du roi après la Vienne. Ce cabinet des perruques, qu'on mon- tre encore aux visiteurs, était une portion de ce qu'on appelle aujourd'hui la Salle du conseil qui sépare l'ancienne chambre à coucher de Louis XIV de l'ancienne chambre à coucher de Louis XV, et qui, sous le pre- mier, formait deux pièces. La plus rapprochée de la chambre du roi se nommait le cabinet du conseil l'autre, le cabinet des perruques. On l'appelait aussi le cabinet des termes, à cause de vingt figures d'enfants qui décoraient la corniche. Une vaste armoire, fermée à glace, renfermait ces perruques solennelles, qui étaient une grande partie de la majesté de Louis XIV. A la place d'honneur figurait nnQperruguedorëe, celle que le roi avait portée au palais des Tuileries dans le rôle de Phœ- beaucoup de mal pour les fabriquer en simple prose. LE JAQUEMART. LE JAQUEMART. Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire CABI bus. Ce n'était 'pas sans intention qu'on avait §lacé près de la chambre du roi la collection des perruques, qui jouaient un si grand rôle dans sa vie. « Avant que le roi se lève, dit l'Etat de la France de 1708, le sieur Quentin, qui est le barbier qui a soin des perruques, se vient présenter devant Sa Majesté tenant deux perruques ou plus de différentes longueurs. Le roi choisit celle qui lui plaît, suivant ce qu'il a résolu de faire dans la journée. Quand le roi est levé et peigné, le sieur Quentin lui présente la perruque de son lever, qui est plus courte que celle que Sa Majesté porte ordinairement et le reste du jour. Après la cérémonie du grand lever, le roi se rend au conseil. Entré dans son cabinet, il prend sa perruque ordinaire. Dans la journée il change de perruque quand il va à la messe, après qu'il il a dîné, quand il est de retour de la chasse ou de la promenade, quand il va souper, etc. d Au mot PERRUQUE nous donnerons l'histoire et les variations de ce genre de coiffure, si longtemps à la mode aux derniers siècles. CABINET SECRET DU MUSÉE ROYAL DE NAPLES. Ce cabinet est la seule galerie au monde où l'on se soit proposé'de réunir tous les chefs d'oeuvre impudiques. Il renferme une grande quantité d'admirables morceaux de peinture, de sculpture, dont les détails obscènes en rendent impossible l'exposition aux yeux de tous. L'art ancien et l'art du moyen âge ne se piquèrent jamais, on le sait, d'une pudeur bien délicate, et ils se plaisaient à représenter les objets que nous osons à peine nommer de nos jours. Parmi les curiosités les plus rares de cette collection sans rivale, on cite surtout les amulettes d'Herculanum en bronze et ayant toutes soit la forme, soit les attributs principaux des phallus; des lampes phalliques également en bronze et en terre, d'une grande pureté de formes une statue de bouffon en bronze, superbement modelée; des idoles de diverses matières, des bas-reliefs, des fresques trouvées à Pompéi, dont une avec l'inscription Lente impelle, est admi- rable d'exécution, ainsi qu'une autre désignée sous le nom d'Apollon et une nymphe. Ces merveilleuses compositions sont toutes mal- heureusement destinées, en raison de leur caractère essentiellement érotique, à demeu- rer cachées. Cependant sous le gouvernement de Louis-Philippe, on obtint du gouvernement napolitain l'autorisation de reproduire par la gravure les bronzes, les peintures et les sta- tues érotiques, et un volume in-4Q fut imprimé sous le titre de Cabinet secret du Musée royal 1 de Naples. Il figure dans le coin secret des bibliothèques et des collections de beaucoup d'artistes et d'amateurs. CABIONARA s. m. (ka-bi-o-na-ra nom guyunais). Mamm. Nom vulgaire du cabiai, a la Guyane. CAB1OU s. m. (ka-bi-ou). Art culin. Suc épaissi de manioc, avec lequel les habitants de Cayenne assaisonnent les ragoûts et les rôtis. CABIR v. a. ou tr. (ka-bir). Placer, éta- blir, dans le patois lyonnais. CABIRA, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans le Pont, sur le fleuve Halys, au S.-E. d'Amasie-, elle fut plus tard appelée Sébaste, et porte aujourd'hui le nom de Sivas. CABIRES, divinités mystérieuses de lahaute antiquité, adorées en Egypte, en Phénicie, en Asie Mineure et en Grèce. Pour cette der- nière contrée, c'est dans les îles de Samo- thraceî de Lemnos, ainsi qu'à Thèbes, que se trouvaient leurs sanctuaires les plus vénérés. Leur culte, importé peut-être par les Phéni- ciens ou les Pélasges, participait des mystères orgiaques et l'on donnait le nom de cabi- ries aux mystères nocturnes qu'on célébrait en leur honneur. On ne connaît pas bien les fonctions de ces dieux; quelques mytho- graphes y voient la personnification de cer- taines forces mystérieuses et malfaisantes de la nature, et pensent qu'ils étaient analogues aux curetés, aux corybantes, aux telchines et aux gnomes. Un savant, M. Pictet, de Ge- nève, a publié en 1834 une dissertation pour démontrer que le culte des cabires existait chez les anciens Irlandais. Quoi qu'il en soit, nous allons rapporter ici ce que les écrivains de l'antiquité nous ap- prennent sur ces dieux. «Les cabires dit Hérodote, avaient dans Memphis un temple, où il n'était permis d'entrer qu'au prêtre. Cambyse brûla leurs statues en proférant des paroles injurieuses contre ces divinités. Ces statues étaient semblables à celle de Vulcain, et les gens du pays disaient que les cabires étaient ses enfants. » Pausanias s'étend plus longuement au sujet des mêmes dieux; mais il est loin de lever tous les voiles. Le bois de Cérès Cabiria et de Coré, dit-il, est à vingt- cinq stades de là; les initiés seuls peuvent y entrer. Le temple des cabires est à environ sept stades de ce bois. Je prie les curieux de vouloir bien m'excuser si je ne leur dis pas ce que c'est que les cabires, ni tout ce qu'on fait en leur honneur et en honneur de la mère des dieux; cependant rien n'empêche de rap- porter quelle est, suivant les Thébains, l'ori- gine de ces cérémonies. Ils disent qu'il y avait dans cet endroit une ville dont les habitants se nommaient les Cabirseens. Cérès, étant venue dans le pays, confia la connaissance de quelque chose à Prométhée, l'un de ces Cabirseens, et à (Etnseus, son fils; quant à ce qu'elle leur confia, et à ce qu'on sait à cet égard, il ne m'est pas permis de l'écrire. Ces mystères sont donc un don de Cérès elle- même aux Cabiraeens. Ils furent chassés de leur pays par les Argiens lors de l'expédition des Epigones et de la prise de Thèbes; la cé- lébration des mystères fut suspendue pendant quelque temps mais on dit que, dans la suite, Pélargé fille de Potnaeie, et Isthmiadès, son époux rétablirent ces mystères. La colère des cabires envers les hommes est implaca- ble, comme on l'a éprouvé plusieurs fois. Quelques particuliers ayant osé imiter à Nau- pacte les cérémonies qui se pratiquent à Thèbes ne tardèrent pas à en subir la puni- tion. Quelques soldats de l'armée que Xerxès avait laissée à Mardonius, et qui étaient restés dans la Béotie, ayant osé entrer dans le tem- ple des cabires, peut-être dans l'espoir d'y trouver de grandes richesses, ou plutôt, je pense, par mépris pour ces dieux, ils devin- rent aussitôt furieux et se précipitèrent les uns dans la mer, les autres du haut des ro- chers. Lorsque Alexandre, après avoir rem- porté la victoire, eut livré aux flammes la ville de Thèbes et tout le pays, quelques Ma- cédoniens entrèrent dans le temple des ca- bires, comme étant en pays ennemi ils furent tous tués par la foudre et par les éclairs, tant ce lieu a toujours été saint et vénérable. • Plus tard, on fit des cabires des espèces de démons qui présidaient à une sorte de sabbat. Ces orgies ne se célébraient que la nuit. Après des épreuves effrayantes, 1 initié était ceint d'une ceinture de pourpre, sa tête était cou- ronnée de branches d'olivier, et il était placé sur un trône illuminé pour représenter le maî- tre du sabbat, pendant que les initiés for- maient autour de lui les danses sacrées. Smith a consacré, dans son Dictionary of biography and mythology, un excellent article à ces divinités; nous allons en reproduire la substance. Il règne sur les cabires une grande obscurité, à laquelle ont contribué les rensei. gnements contradictoires que nous ont trans- mis sur leur compte les auteurs anciens. Les recherches qu'on a tentées pour découvrir l'étymologie même du mot cabires ont été infructueuses, bien qu'on se soit adressé aux principales langues de l'Orient. Le caractère et la nature des cabires sont, à bien plus forte raison, restés à peu près inaccessibles. Tout ce qu'on peut faire, c est de grouper les principaux faits relatifs à cette question, qu'on trouve disséminés dans les auteurs anciens et modernes. Nous allons l'essayer. La première mention, à nous connue, qui ait été faite des Cabires, se trouve dans un drame d'Eschyle qui porte précisément le titre de Kabeiroi, les cabires. Nous les trouvons là en rapport avec les Argonautes, à Lemnos. Il résulte des détails fournis par le poète, que les cabires sont des divinités autochthones de Lemnos, et que leurs fonctions consistaient à pourvoir au bien-être matériel des habitants, et spécia- lement à surveiller les vignobles et à présider aux vendanges. Les fruits des champs sem- blent avoir été, en général, placés sous leur protection, car nous voyons dans un frag- ment d'un auteur ancien, Myrsilus, parvenu jusqu'à nous, les Pélasges adresser, en temps de disette, des vœux à Jupiter, à Apollon et aux cabires. Suivant Strabon, les trois cabi- res étaient fils de Canullus, et ils avaient pour sœurs des nymphes, qui portaient le même nom. D'après Pherekydès, les cabires étaient fils de Cabeira, fille de Proteus. Le culte des cabires, à Lemnos et à Imbros, était en con- nexion avec celui des corybantes; il existait, paraît-il également dans les villes de la Troade. En général, les cabires étaient con- sidérés comme les petits-fils de Proteus et comme les fils d'Hephaîstos j cette origine leur assignait une nature inférieure en dignité à celle des dieux. Du reste, l'association même de leurs noms, qu'on trouve énumérés avec ceux des curetés des dactyles, des cory- bantes etc., suffirait à elle seule à déter- miner leur rôle subalterne. Hérodote, après avoir dit que les cabires étaient adorés à Memphis comme fils d'Hephaîstos, ajoute cette remarque précieuse pour la mythologie, qu'ils ressemblaient aux dieux nains des Phéni- ciens, qu'il nomme pataïkoi, et que ce peuple de navigateurs fixait à la proue de ses vais- seaux. Il y avait des mystères particuliers auxquels présidaient les cabires et qui sem- blent avoir eu pour but d'assurer leur protec- tion a la vie des initiés. Ils devaient également jouer un rôle actif dans les affections amou- reuses, car on les invoquait dans les serments d'amour, et nous voyons une jeune fille ré- clamer leur intervention contre un amant in- fidèle. Quelques auteurs grecs prétendaient que le nom de cabires dérivait du mot Cabei- ros, lieu situé en Phrygie, d'où le culte de ces dieux avait été introduit en Samothrace. Les écrivains de l'époque alexandrine nous donnent sur les cabires des détails plus cir- constanciés il résulte de ces renseignements que les cabires de Samothrace étaient au nombre de trois et portaient les noms à'Axie- ros, Axiocersa et Axiocersus; le premier re- présentait Démètes, le second Perséphone ou Proserpine, le troisième Hadès ou Pluton. Quelques auteurs en ajoutent un quatrième, qu'ils nomment Cadmilus et identifient avec Hermès ou Mercure. Ce serait Dardanus qui aurait introduit ce culte dans la Samothrace, en y instituant les mystères célèbres qui por- tent le nom de cette contrée. Les cabires ont été plus tard complétement assimilés aux dieux pénates; mais il faut voir là un résultat de ce parti pris qui poussait les Romains à rattacher leur gine à l'histoire primitive de la ville de Troie. Les cabires étaient aussi l'objet d'un culte particulier en Béotie, où ils avaient un temple, objet d'une grande véné- ration. Les Macédoniens semblent aussi avoir adoré spécialement ces divinités, car nous savons que Philippe et Olympias s'étaient fait initier leurs mystères, et qu'Alexandre leur éleva des autels lors de sa grande expédition en Asie. Movers a consacré, dans son Antiquité phé- nicienne, quelques pages extrêmement inté- ressantes au mythe des cabires, qu'il étudie spécialement au point de vue oriental. Après en avoir fait connaître aux lecteurs le côté classique, il sera bon de leur expliquer l'ori- même de ce culte mystérieux, d'après les théories de Movers. Ce culte était commun aux Phéniciens aux Babyloniens et aux Egyptiens. Chez les Phéniciens, c'est Beryte qui en était le siège central; en Egypte, c'é- tait Memphis. On retrouve les cabires, au nombre de huit, sur les monnaies phéni- ciennes de Beryte; ils portaient le nom d'Ss- moun. Movers cherche, en conséquence, l'éty- mologie du nom des kabires en phénicien, et il croit la rencontrer dans le mot pluriel kabirîm, littéralement les grands, les puis- sants. » L'autorité même des anciens semblerait justifier cette ingénieuse hypothèse, car beau- coup d'anciens écrivains grecs font suivre le nom des cabires d'épithètes exprimant la force, la vigueur, la puissance. On les repré- sentait comme des nains robustes armés d'un marteau. Cette particularité est d'autant plus frappante que, suivant Hérodote, les cabires étaient considérés comme les fils d'Hephaïstos ou Vulcain, ou encore, comme l'appelle San- choniathon, Sadik, c est-à-dire le juste, le droit. Sanchoniathon ajoute que les cabires étaient chez les Phéniciens les dieux qui pré- sidaient aux vaisseaux, les inventeurs de la navigation. Autre part, il attribue cette in- vention à Hephaïstos lui-même, qu'il consi- dère comme le premier des cabires. Ces images, peintes ordinairement sur la poupe des trirèmes phéniciennes, portaient, on le sait, en grec le nom de Pataïkoi, mot qui est trés-probablement d'origine phénicienne. Ce- pendant Movers préfère y voir un dérivé pu- rement grec du verbe patassâ, frapper; on aurait ainsi nommé les cabires, à cause du marteau caractéristique dont ils étaient ar- més. En revanche Movers attribue à un autre mot grec qui les désignait souvent, pugmaios, pygmée, une étymologie sémitique il le fait dériver de poghem, frappant avec un marteau. Ce qui vient encore préciser le rôle que jouaient les cabires dans la protection des vaisseaux, c'est que souvent ils étaient confondus avec les dioscures, dieux de Sa- mothrace, décorés souvent de la qualification de megaloi, grands, dont la traduction en phénicien serait précisément kabirim. L'ori- gine de ce mythe, s'il était bien constaté qu'elle doit être attribuée à la Phénicie, serait pour la science d'une importance capitale, parce que ce serait un des exemples les plus frappants de la méthode employée par les Grecs pour incorporer dans leur religion les entités empruntées à la théogonie des Phéni- ciens, leurs initiateurs à la civilisation. CABIRÉEN, ÉENNE adj. (ka-bi-ré-ain– rad. cabire). Mythol. Qui appartient aux cabires, qui est relatif aux cabires Mystères CABl- réens. Nymphes cabiréennes. n On dit aussi CABIR1EN, IENNE, et CABIRIQUE. CABIRIDE s. f. (ka-bi-ri-de). Mythol. gr. Nom donné à des nymphes, qui étaient nees de Vulcain et de Cabire, fille de Protée. CABIRIES s. f. pi. (ka-bi-rî– rad. cabire). Antiq. gr. Fêtes, mystères que l'on célébrait en divers lieux en l'honneur des cabires. CABISSOL (Guillaume-Balthazar), anti- quaire français, né à Rouen en 1749, mort à Jumiéges en 1820. Avant la Révolution, il exerça la charge de procureur du roi de la vicomté de l'Eau. Plus tard, il fut nommé conseiller de préfecture, puis secrétaire gé- néral du département de la Seine-Inférieure. Membre de la Société d'émulation de Rouen, il fit de savantes recherches sur les antiquités de cette ville, et les publia dans les Mémoires de la Société à laquelle il appartenait. CABIZ, docteur turc de la classe des ulémas, que Cantemir appelle Aimé, vraisemblable-, ment par corruption du mot Asmah, c'est-à-| dire Egaré, hérétique. Ayant étudié le chris-. tianisme, il se mit à soutenir publiquement la^ supériorité de Jésus-Christ sur Mahomet. Le langage de Cabiz excita l'indignation des doc- teurs de la loi, qui le dénoncèrent au divan. Après deux controverses publiques, le cadi, sur l'invitation du mufti Chemseddyn-Effendi, prononça la sentence édictée par la loi, et Cabiz eut la tête tranchée (945). CABLE, QUABLE. Ce son final, dans les ad- jectifs, se rend presque toujours par cable. Exemples l'applicable, évocable, explicable, ré- vocable, etc. Il faut excepter attaquable et inattaquable, critiquable, immanquable, re- marquable, risquable. CÂBLE s. m. (kâ-ble du bas lat. capu- lum, corde. Ce mot se retrouve dans la plu- part des langues avec le même sens et de légères modifications dans l'orthographe j