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de manière à ne pouvoir être placés et dépla-
cés que dans un certain ordre.
Bot. Genre de plantes de la famillo des
légumineuses, caractérisé surtout par son
fruit vésiculeux, qui claque quand on le presse
entre les doigts. On le connaît aussi sous le
nom de faux séné, parce que ses feuilles et
ses fruits sont purgatifs, administrés à haute
dose Le BAGUENAUDIER ordinaire est très-
commun dans nos bosquets. (Lemaire.) Le ea-
guenaudier prospère dans les sols les plus
ingrats. (Spach.)
Encycl. Les baguenaudiers sont des ar-
brisseaux à feuilles paripennées, à stipules
petites, caulinaires, à fleurs disposées en cour-
tes grappes axillaires le calice est cupuli-
forme l'étendard ample, déployé, suborbicu-
laire, calleux à la base; les étamines sont
diadelphes; le style est barbu à la surface
postérieure; le légume est stipité, vésiculeux,
cymbiforme il claque quand on le presse vi-
vement.
On connalt une douzaine d'espèces de ba-
guenaudiers, parmi lesquelles nous signalerons
les suivantes
Le baguenaudier commun, que l'on désigne
aussi sous le nom de faux séné, parce que ses
feuilles sont purgatives et peuvent au besoin
être substituées au séné. C'est un arbrisseau
de 3 à 4 mètres de haut, qui croit spontané-
ment dans toutes les contrées méridionales de
l'Europe, à feuilles composées de folioles
ovales, rétuses, glauques en dessous; à fleurs
d'un jaune foncé. Ce baguenaudier végète
dans les sols les plus ingrats et même dans la
craie pure. Il se multiplie de graines et de
drageons.
Le baguenaudier à fleurs rouges ou du Le-
vant arbrisseau de 1 m. 60 a 2 m. de hauteur;
folioles obovales, arrondies, mucronées, glau-
ques sur les deux faces; fleurs d'un rouge
pourpré, veinées; les semis de cette espèce,
originaire du Levant, doivent être faits sur
couche.
Le baguenaudier d'Alep, encore plus petit
que le précédent; folioles ovales, pubescentes
en dessous; fleurs jaunes; fruits rougeâtres;
ouverts au sommet.
BAGUER v. a. ou tr. (ba-ghé-rad. bague)
Prat. anc. Donner des bagues et joyaux à
BAGUER sa fiancée. Si le fiancé, après avoir
BAGUÉ sa fiancée, vient à mourir avant les
épousailles, elle est tenue de rendre les bagues
et joyaux aux héritiers du défunt. (Trév.)
Techn. Faufiler, faire tenir au moyen
d'une couture provisoire BAGUER un habit,
une robe. Il Peu usité. Il Absol. il faut BAGUER
avant que de coudre. (Acad.)
Hortic. Inciser circulairement, enlever
un anneau d'écorce à BAGUER une branche
pour qu'elle retienne son (ruit. I! Greffer.
Comm. Emballer avec certaines précau- »-
tions, en parlant des fruits qui craignent le
transport BAGUER des cerises, du raisin. il
Empaqueter, lier, emballer d'une façon quel-
conque Il Vieux en ce sens général.
Mar. Faire passer l'une dans l'autre, en
parlant des cosses BAGUER des cosses.
BAGOEIt-MORVAN, comm. de France, dép.
d'Ule-et-Vilaine, arrond. de Saint-Malo pop.
aggl. 300 hab. pop. tot. 2,131 hab.
BAGUES s. f. pl. (ba-ghe du bas lat.
baga, même sens). Bagage, nippes, couver-
tures de bêtes de somme Aucuns entrèrent
dans la rivière, et s'efforçant de la passer
chargés de leurs harnois et bagues, se voyaient
emportés par l'impétuosité de l'eau. ("*) II
courut tant qu'il put y donner secours, et pour
emporter les BAGUES. (Rabelais.) Il V. mot.
Sortir, vie et bagues sauves, Se disait des
soldats à qui, par la capitulation, on permet-
tait de sortir la vie sauve et en emportant
tout ce qu'ils pouvaient Ils s'en allèrent
BAGUES sauves, avec leurs gens de guerre.
(Amyot.) Il On dit aujourd'hui avec armes et
bagages. Il Fig. Sortir heureusement d'un
danger, d'une difficulté, se tirer d'un mauvais
pas. n Cette locution est hors d'usage.
BAGUETTE S. f. (ba ghè te de l'ital.
bacchetta, dimin. tiré du lat. baculus, bâton).
Verge, petit bâton fort menu, le plus souvent j
flexible, et plus ou moins long BAGUETTE de
houx, de baleine. BAGUETTE de fer, d'acier, de
verre. BAGUETTE d'or. Avoir une BAGUETTE à
la main. Frapper avec une baguette. Elle
tenait à la main une petite BAGUETTE avec la-
quelle elle traçait des caractères sur un sable
fin. (Volt.)
Par anal. Verge que portent certains
officiers civils dans l'exercice de leurs fonc-
tions La BAGUETTE d'un huissier, d'un bedeau.
n Verge que portaient les maitres des céré-
monies à la cour des rois de Perse Cyrus
avait trois cents porte-BAGUETTES. Il Baguette
noire, Celle du premier huissier de la chambre
du roi ou de la reine, en Angleterre. Il Ba-
guette blanche, Sorte de bâton de justice en
ivoire, que les juges d'un tournoi portaient
à la mam tant que durait le tournoi, et qu'ils
levaient lorsqu leur plaisait d'arrêter le
combat. Il Bapuette sacrée, Baguette blanche
qui était portee par un ambassadeur en temps
de guerre; tout homme envoyé dans le camp
ennemi avec cette baguette était inviolable
et sacré, d'après le droit des gens.
Baguettes de tambour, Petits bâtons
courts et terminés en forme d'olive, avec les-
quels on bat le tambour S'armcr au premier
coup de BAGUETTES. Les BAGUETTES DE TAM-
BOUR se composent du corps de BAGUETTE, de
la virole et du bouton. (Gén. Bardin.) Il On dit
de même Baguettes de timbale; baguettes de
tambourin, de psaltérion Les baguettes DE
timbale di ffèrent des baguettes de tambour en
ce qu'elles se terminent par une rosette, et les
autres par un bouton. (Gén. Bardin.) Il Ses
cheveux frisent comme des BAGUETTES DE TAM-
bour, Comparaison ironique pour faire en-
tendre que quelqu'un a les cheveux plats,
roides, droits.
Baguette de fusil, de pistolet, Verge de
baleine, de bois ou d'acier, qui sert à enfoncer
la charge.
Loc. fam. Tenir la baguette, Gouverner,
diriger Comme c'est moi qui commanderai et
TIENDRAI LA BAGUETTE, je ferai ce qu'il me
plaira. (Damas-Hinard.) Il Commander à la
baguette, mener quelqu'un à la baguette, faire
marcher quelqu'un à la baguette, Commander,
conduire avec hauteur et durete Le ministre,
qui n'osait souffler devant elle, en était gou-
verné et mené a la baguette. (St-Sim.) Harlay,
le premier président MENAIT le parlement À LA
BAGUETTE. (St-Sim.)
Soyez comme un enfant qu'on mène ri la baguette.
LA Chaussée.
Il Se laisser mener à la baguette, obéir à la
baguette, Obéir, se plier servilement aux vo-
lontés d'autrui.
Baguette magique, baguette de fée ou
simplement baguette Verge avec laquelle les
magiciens, les fées, les sorciers étaient censés
opérer leurs enchantements, leurs sortiléges
La BAGUETTE magique de Circé. La baguette
de Médée. Sa femme était une grande créature
à laquelle il ne manquait que la BAGUETTE pour
être une parfaite sorcière. (St-Sim.) Les ou-
uriers écarquillaient leurs yeux en admirant
cette femme, qui ressemblait à une fée dont la
BAGUETTE aurait touché les filets. (Balz.) En
ce moment, elle aurait donné le quart de ses
économies pour pouvoir retourner sa maison en
un instant par un coup de BAGUETTE de fée.
(Balz.) Il Se dit figurément dans le sens de
moyens cachés et qu'on dirait surnaturels.
On dit aussi coup de baguette Il possède une
BAGUETTE de fée, de magicien. Le COUP DE
BAGUETTE fait sortir de terre tout ce qu'il veut.
(Mme de Sév.) Il n'y avait plus rien à craindre
de cette fée presque octogénaire (Mme de Main-
tenoû) sa puissante et pernicieuse BAGUETTE
était brisée; elle était redevenue la vieille
Scarron. (St-Sim.) Je vais, d'un seul coup DE
BAGUETTE, endormir la vigilance, éveiller l'a-
mour, etc. (Beaumarch.)
Là j'ai la baguette des fées;
A faire le bien je nie plais. BéRANGER.
Il Baguette divinatoire, Baguette de coudrier,
Branche de «coudrier à laquelle on attribue
la vertu d'indiquer par ses mouvements la
présence, au sein de la terre, de métaux,
de trésors enfouis ou d'une source d'eau
L'homme armé de la BAGUETTE DE COUDRIER
obéissait, en trouvant les eaux vives, à quelque
sympathie à lui-même inconnue. (Balz.)
Théâtr. Rôles baguette, Rôles de ma-
gicien ou de magicienne.
Magnét. Baguette magnétique, Instru-
ment d'abord de fer ou d'acier, puis en verre,
dont on se servait pour provoquer le sommeil
magnétique, et qui a été remplacé par l'action
des mains.
Archit. Petite moulure ronde, unie ou
ornée BAGUETTE unie. BAGUETTE à roses.
BAGUETTE à ruban. La BAGUETTE est une petite
moulure ronde sur laquelle on taille quelquefois
des ornements. (Millin.)
Chim. Dans les laboratoires, tube ou
verge do verre, servant à agiter les sub-
stances qui attaqueraient le bois ou le métal.
Peint. Nom que les peintres donnent
quelquefois à leur appui-main.
Chass. Bâton que l'on introduit dans les
buissons, pour faire partir les perdrix et autre
gibier, et avec lequel on tient les chiens en
crainte Les BAGUETTES ou bâtons des autour-
siers se nomment chassoires.
-Mar. Tige mince de fer, avec laquelle on
retire les étoupes des vieilles garmtures. n
On dit aussi TIRE-ÉTOUPES. Il Mâtereau placé à
l'arrière d'un bâtiment en course, pour rece-
voir les cornes.
Techn. Moulure de menuiserie qu'on
applique sur les tentures d'appartement pour
les maintenir et les rehausser Un suave par-
fum remplissait ce salon, tendu en damas vert
rehaussé de BAGUETTES dorées. (E. Sue.) Il
Moulure destinée à être découpée dans sa
longueur, pour fournir des cadres de tableaux,
do glaces, etc. BAGUETTE guillochée. BA-
GUETTE dorée. Il Lingot d'or ou d'argent réduit
à la filière. Il Perche sur laquelle on étend les
cuirs quand ils ont été foulés. Il Morceau de
bois long, arrondi et renflé au milieu, dont
les hongroyeurs se servent pour aplanir les
peaux. Il Rebord pratiqué sur les feuilles de
plomb que l'on emploie à couvrir des bâti-
ments. Il Baguette à mèches, Baguette à bou-
gies Baguette sur laquelle on enfile les
mèches quand elles sont coupées de longueur,
les bougies quand elles sont finies.
Pyrotechn. Petit instrument de bois- de
forme cylindrique que l'artificier emploie
pour la confection de certaines pièces d'arti-
fice. Il Baguette à rouler, Qui sert à rouler les
cartouches ou cartons d'artifice. Il Baguette à
rendoublcr, Qu'on emploie pour rendoubler
soldats ou à d'autres personnes soumises à
un régime disciplinaire. Le patient, nu de la
ceinture en haut, passe entre deux rangs do
soldats qui le frappent chacun d'un coup de
baguette, et cela autant de fois que le porte
la condamnation. Cette peine, abolie chez
nous en 17S8, existe encore en Allemagne, en
Angleterre, en Prusse et en Russie, où elle
n'est pas flétrissante. Il n'en était pas do
même en France; celui qui l'avait subie était
déclaré indigne de servir L'usage des BAGUET-
TES était particulier à l'infanterie de l'armée
française et aux filles de mauvaise vie. (Gén.
Bardin.) Il Passer par les baguettes, Subir le
châtiment dès baguettes. Il Signif., dans un
sens figuré, Etre en butte aux coups de lan
gué, aux plaisanteries, aux injures Elle A
PASSÉ PAR toutes LES BAGUETTES du quartier.
Allus. hist. Bnguello de Moïse. V. VERGE.
Encyci. La baguette va fixer notre atten-
tion comme symbole de la puissance et comme
instrument supposé propre à faire découvrir
les sources. Nous allons ainsi nous occuper
de la baguette sacrée et de la baguette divi-
natoire.
les cartons sur le massif dont le diamètre est
plus grand que celui des autres. Il Baguette à
charger, Qui doit être percée plus ou moins
pour recevoir la broche et laisser un vide
dans ]a cartouche. W'Baguette de fusée volante,
Celle qui est attachée à une fusée volante
pour en diriger l'ascension.
Hortic. Nom donné à plusieurs espèces
de tulipes de Flandre dont la tige est très-
élevée, et en général à celles qu'on laisse
monter en graines ou dont le pédoncule est
trop élevé.
Bot. Baguette d'or, Variété de giroflée
jaune. S or t e d e c b.t. a l!11en t. ID fl.. Ige a d es
PI. Sorte de châtiment infligé à des
Chez les Francs et même sous les premiers
Capétiens, les hérauts d'armes portaient une
baguette sacrée; elle était la marque de leur
dignité, comme le rameau d'olivier ou le ca-
ducée chez les anciens. On employait aussi la
baguette comme symbole dans les contrats. La
haguette,le bâton, la verge, la branche d'arbre
indiquaient la transmission de la propriété.
On remettait une branche d'arbre enfoncée
dans une motte de terre pour investir le nou-
veau propriétaire. La destruction de cet em-
blème indiquait la dépossession ou la sépara-
tion de la famille. Si quelqu'un, dit la loi
salique veut se séparer de sa parenté et
renoncer à sa famille, qu'il aille à 1 assemblée
devant le dizainier ou le centenier que là il
brise sur sa tête quatre bâtons de bois d'aune
en quatre morceaux, et les jette dans l'assem-
blée en disant Je me dégage de tout ce qui
» touche ces gens de serment, d'héritage et
» du reste. Le bâton était souvent le signe
du commandement. De là le sceptre du roi, la
crosse de l'évêqne, le bâton du maréchal, la
verge du sergent ou huissier.
Passons maintenant à la baguette diuina-
toire. On a appelé de ce nom un rameau
d'aune, de hêtre, de pommier, mais surtout de
coudrier, ayant la propriété de faire découvrir
les sources, les mmes, les trésors cachés, les
voleurs et les meurtriers fugitifs. Les préten-
dus devins qui se servent de la baguette divi-
natoire ont été nommés rabdomanciens, et leur
art rabdomancie. Magiciens, astrologues, fées,
sorciers, et jusqu'à nos prestidigitateurs mo-
dernes, qui escamotent la muscade armés d'un
court bâton, ont fait usage de la baguette pour
opérer leurs charmes. L'art de la rabdomancie
est très-ancien en Orient. Les mages de Pha-
raon se servaient, pouropérer leurs prodiges,
de verges qui furent changées en serpents par
celle de Moïse. Ce chef des Hébreux faisait
avec sa verge jaillir l'eau des rochers. Aaron
avait aussi une verge, emblème de sa dignité
sacerdotale. Dans la mythologie, Mercure est
inséparable de son caducée; Bacchus est tou-
jours accompagné de son thyrse, et il est très-
probable que Circé était armée d'une verge
merveilleuse quand elle changea les compa-
gnons d'Ulysse en pourceaux. Rien d'étonnant
alors à ce qu'à la faveur.;de cette idée de
puissance attachée à la baguette, les charla-
tans et les faiseurs de tours aient cherché
dans cet objet un auxiliaire propre à en impo-
ser aux masses.
Toutefois, ce n'est qu'au xvic et au xvne siècle
que parut la baguette divinatoire, et l'on sait
que le plus célèbre rabdomancien fut Jacques
Aymar, paysan du Dauphiné, dont on peut lire
la grotesque histoire à l'article AYMAR.
En quoi consiste donc cette merveilleuse
baguette? Ce n'est autre chose qu'un bâton de
coudrier d'environ deux pieds de longueur et
légèrement courbé en cercle. Si l'on en pose
les deux bouts sur l'index de chaque main, le
centre se trouvera abaissé par rapport aux
deux extrémités; si l'on rapproche lentement
les doigts l'un vers l'autre, le'centre de la
baguette s'élèvera, et il arrivera un moment
où les deux bouts feront la culbute; si, enfin,
on éloigne de nouveau les doigts, la baguette
reprendra sa première position. On voit donc
que, par ce rapprochement et cet écartement
successifs des mains, il est possible d'imprimer
à la baguette un mouvement de rotation aussi
rapide que l'on veut, et qu'avec une certaine
habitude un léger va-et-vient des doigts suffit,
pour cela. Du reste, on peut augmenter le
poids de la baguette, et la rendre par consé-
quent plus propre à tourner sur elle-méme, en
y adaptant trois viroles de métal, une au milieu,
les deux autres à chaque extrémité. On peut
aussi rendre le mouvement des mains presque
insensible en se servant pour point d'appui
de deux fils de laiton bien polis, destinés h
prévenir le frottement et le bruit. De cette
manière, la baguette semble réellement tour-
ner dans les mains comme si elle y était sol-
licitée par une force magique. Là est tout le
secret de la puissance de cet incomparable
instrument, dont le prestige a trouvé tant
d'admirateurs, et qui a fait un si grand nombre
de dupes depuis le xne siècle jusqu'à nos jours.
La baguette divinatoire était consultée, avons-
nous dit, en beaucoup de circonstances, mais
c'était surtout dans la recherche des sources
qu'elle jouait son principal rôle, et le rusé
personnage qui prétendait s'en inspirer se
trompait rarement, par suite du soin qu'il pre-
nait de ne faire tourner sa baguette que dans
les bas-fonds ou dans les endroits recouverts
d'une herbe plus verdoyante. Disons, pour
compléter la description de la baguette, qu'elle
devait être de la pousse de l'année, et qu'on
était tenu de la couper le premier mercredi de
la lune, entre onze heures et minuit, en pro-
nonçant certaines paroles. Il restait ensuite à
la bénir selon le formulaire magique.
Malgré le discrédit que nous avons jeté sur
la baguette divinatoire, nous croyons devoir
cependant rapporter l'opinion d'une grave au-
torité, prévenue moins défavorablement que
nous. C'est ainsi que le savant auteur du
Dictionnaire des merveilles de la nature ne
craint point d'attester qu'une baguette de cette
espèce tourne, et même très-fortement, entre
les mains de celui qui la tient, lorsqu'il s'ap-
proche de différents métaux. Voici le fait dont
il assure avoir été témoin à Bourges, en pré-
sence de plusieurs personnes, parmi lesquelles
se trouvaient des gens peu crédules et deux
médecins fort instruits. Une dame, étrangère
à cette localité, et qui y était venue visiter
quelques parents, possédait la vertu de faire
mouvoir la baguette divinatoire en suivant le
procédé dont nous avons parlé. Elle avait
laissé à son bâton de coudrier une petite
branche latérale qui rendait le mouvement de
cette baguette beaucoup plus sensible. Or,
cette baguette, serrée avec force, se mit à
tourner manifestement sur de l'argent ren-
fermé dans un buffet. Notre auteur constate
des résultats plus étonnants encore. La rab-
domancienne ayant fait usage d'une baguette
beaucoup plus longue, assez longue pour que
deux spectateurs pussent la saisir aux deux
extrémités, au delà des deux points par les-
quels elle la tenait, ces deux spectateurs firent
d'inutiles efforts pour arrêter le mouvement
do rotation. Ce n est pas tout, la baguette se
mit à tourner au-dessus de deux pièces, l'une
d'or et l'autre d'argent, quels que fussent les
corps dont ces pièces se trouvaient recou-
vertes. Mais venait-on à placer au-dessus
d'elles un plat d'étain, le mouvement de la
baguette cessait incontinent.
Le mouvement de la baguette divinatoire,
conclut l'ouvrage cité, est donc un mouvement
naturel, que l'on ne saurait révoquer en doute.
Il 'est vrai que l'auteur ajoute prudemment
« Ce sont des faits que je n'atteste point, quoi-
que je ne puisse raisonnablement les nier. »
Et en cela, nous trouvons qu'il a grand tort
quand on prend du galon, on n'en saurait trop
prendre. Après tout, ne peut-il pas y avoir
une cause naturelle aux sympathies de la
baguette? C'est une question d autant moins
facile à résoudre, qu'il nous manque une mul-
titude de données propres à expliquer à nos
esprits sceptiques le mécanisme de ces singu-
lières attractions. Toutefois, comme il est
toujours permis de hasarder des conjectures,
on ne peut savoir trop de gré au savant Formey
d'avoir essayé de ramener ces phénomènes
aux principes de la physique.
Ce savant est bien loin néanmoins de croire
à tout ce qu'on a publié de merveilleux sur
cette fameuse baguette. La foi lui manque,
car, lorsqu'il parle de ce don merveilleux que
possède la baguette d'aller à la quête des vo-
leurs et de les faire découvrir, il s'écrie
Credat judœus Apello Il ne croit même
qu'au seul pouvoir qu'on lui prête de découvrir
les sources et voici l'explication qu'il en
donne « Considérons une aiguille d'acier
librement suspendue; la matière magnétique,
sortie du sein de la terre, s'élève, se réunit
dans une des extrémités de cette aiguille, où,
trouvant un accès facile, elle chasse l'air ou
la matière' du milieu; celle-ci, revenant sur
l'extrémité de l'aiguille la fait pencher en lui
donnant la direction de la matière magnétique.
Il n'en est pas autrement de la baguette. Les
particules aqueuses, les vapeurs qui s'exhalent
de la terre et qui s'élèvent, trouvant un libre
accès dans la tige de la branche fourchue s'y
f réunissent, l'appesantissent repoussent l'air
ou la matière du ^milieu (apparemment la
moelle du bois). La matière chassée revient
sur la tige appesantie, lui donne la direction
i des vapeurs et la fait pencher vers la terre
pour nous avertir qu'il y a sous nos pieds une
source d'eau vive. Cet effet vient peut-étre de
la même cause qui fait incliner les branches
1 des arbres plantés le long des eaux. L'eau
leur envoie des parties aqueuses qui chassent
l'air, pénètrent les branches, les chargent, les
affaissent, joignent leur propre pesanteur au
poids de l'air supérieur, et les rendent enfin,
autant qu'il se peut, parallèles aux petites
colonnes de vapeurs qui s'élèvent. » N'est-ce
pas ici le cas de s'écrier avec chaleur Que