38 BAC BAC BAD BAD comprise aujourd'huidans le Turkestan (Kba- nat de Balk), et dont Bactres était la capitale. Bien qu'il soit presque impossibla de détermi- ner d une manière exacte les bornes de ce pays, dont l'étendue a si souvent varié, nous savons par les géographes anciens que la Bactriane était séparée au N. de la Sog- diane par l'Oxus (Amou-Deria ou Djiboum des modernes), qu'elle confinait à l'E. aux monts Imaùs (Belourtagh), au S. au Paropamisus ou Caucase indien (auj. Hindou-Koh), et qu'elle touchait vers l'O. à la Margiane et au pays dos Massagètes. Cette vaste contrée était arro- sêe au N. par l'Oxus, qui, après y avoir reçu divers affluents, l'Icarus, l'Artamis et le Bac- trus, allait se jeter dans le lac Arien ou mer d'Aral, servant de voie de transport aux pro- ductions agricoles du pays et aux marchandi- ses qui affluaient dans la Bactriane, des divers points de la haute Asie, surtout des ré- gions limitrophes du Thibet et de la Chine. Les parties de la Bactriane traversées par des cours d'eau étaient d'une grande fertilité, et on y élevait des troupeaux considérables mais, dans les endroits privés d'eau, on trou- vait des plaines de sable inhabitables et quel- quefois même dangereuses à traverser. Bac- tres, la capitale, aujourd'hui Balkh, portait aussi le nom de Zariaspa. Parmi les autres villes principales, Ptolémée ne mentionne que Charispa, Chovana, Surogana, près de l'Oxus et -près des autres neuves, Cunandra, Aornos, Bacra, Ostobara, Maracanda et Maraeodia; mais il est évident qu'il se contente de nommer les cités les plus populeuses, car Justin dit qu'à l'époque où Théodote s'y rendit indépen- ant (255 av. J.-C.), on n'y comptait pas moins de mille villes; il atteste la grande prospérité que cette partie de l'Asie devait alors a son commerce. Les principales tribus qui habi- I- taient la Bactriane étaient, d'après Ptolémée, j les Salatares, les Zariaspes, les Tambyges, les Marycéens et les Tochares, d'où est venu le nom moderne de Tokharistan mais comme Ptolémée place dans la Bactriane Maracanda (Samarcande)7 qui appartenait à la Sogdiane, il est fort possible qu'il en ait fait de même pour quelques-uns des peuples que nous ve- nons d'énumérer. Quoi qu'il en soit, les Bactriens formaient avec les Mèdes et les Perses, un rameau de la race indo-germani- que, le rameau aryen ou perse, nommé encore le peuple Zend, a cause de la langue zende, commune à ces diverses populations, Si l'on en croit les auteurs grecs et romains, les Bac- triens étaient un peuple guerrier et féroce, qui supportait sans difficulté les plus grandes fatigues. Pline rapporto qu'ils élevaient des chiens d'une espèce très-forte, pour dévorer les personnes que leur âge ou leurs infirmités mettaient dans l'impossibilité de suffire à leurs propres besoins. Ce fait paraît plus que dou- teux. On croira plus facilement à l'usage ré-» pandu chez eux, comme chez plusieurs nations asiatiques de 1 antiquité, de permettre aux femmes de s'abandonner à qui bon leur sem- blait cet usage, malgré certaines restrictions réglementaires qui l'accompagnaient, comparé à la vie orientale des temps modernes,est une véritable antithèse sociale. LaBactrianofut, àuneépoque extrêmement reculée, le centre principal d'un puissant em- pire, sur l'histoire duquel nous ne possédons guère aujourd'hui que la tradition légendaire d'une expédition dont il fut l'objet de la part de Ninus et de Sémiramis, sous le règne d'Oxyartes. L'antique religion des Perses eut pour berceau la Bactriane, qui fut de bonne heure un foyer de civilisation, etdonna le jour à. Zoroastre, réformateur de la religion que les mages avaient défigurée. Soumise par les Mèdes, cette contrée devint sous le règne de Cyrus, une des provinces de l'empire fondé par ce conquérant. Comme le reste de l'empire des Perses, la satrapie de la Bactriane fut conquise par Alexandre le Grand, qui y fonda douze villes ety laissa quatorze mille Grecs, élément d'une civilisation nouvelle dans ces contrées. Après la mortd'Alexandre, la Bactriane, placée pen- dant quelque temps sous le gouvernement de Stasanor de Soli, fut réunie à l'empire de Syrie (367 av. J.-C). Vers l'année 256,sousle règne d'AntiochusIIThéos, Théodote, gouver- neur de la Bactriane, profitant des revers éprouvés par Antiochus dans la guerre contre Ptolémée-Philadelphe, se déclara indépen- dant. Le nouveau royaume de Bactriane ae- quit bientôt une grande importance. Théodote, du reste, l'agrandit par des conquêtes dans l'Inde, pays avec lequel il établit des relations commerciales très-actives. Eutydème, qui succéda à Théodote vers l'année 220 av. J.-C., fut vaincu par Antiochus lors de l'expédition de ce prince dans l'Inde; toutefois, leconqué- rant no lui enleva pas son royaume, afin qu'il servit de barrière aux invasions des nomades du nord, qui s'étaient répandu^ dans la Sog- diane. Son fils Démétrius, qui régna de 195 à 1S1, et le successeur de celui-ci, Eucratidès, mort en l'an 147, reculèrent au sud les fron- tières du royaume grec-bactrien au delà du Paropamisus. Après le règne d'Eucratidès II (147-141), la domination grecque, détruite en Bactriane par les Parthes, se maintint encore sous Ménander et Hermœus, dans le pays situé entre le Caboul et l'Indus, jusqu'en l'an 90. A cette époque, elle fut renversée par la trihu scythique des Sakers, qui fondèrent un empire indo-scythe le'long des rives de l'In- dus jusqu'à son embouchure. Les écrivains de l'antiûuité ne nous ont transmis auo des docu- ments incomplets et insuffisants sur l'empire de la Nouvelle Bactriane mais la découverte récente, dans l'Afghanistan, des médailles de rois gréco-bactriens, avec des inscriptions en grec et en sanscrit, est venue combler heu- reusement la lacune que présentait l'histoire de ce pays. BACTRIASME, s. m. (bak-tri-a-sme du gr. Bactra, Baetres; asma, chant). Ant. gr. Nom donné à une chanson et à une danse voluptueuse venues de la Bactriane. BACTRICO-INDIEN, IENNE adj. (bak-tri- ko-in-di-ain, i-è-ne). Geogr. Qui appartient à la Bactriane et à l'Inde Mythologie bac- trico-indienne. Le griffon appartient *aux montagnes bactrico-indiennes et au désert, si riche en or. Les figures mythologiques qui décorent les ruines de Persépolis ont une ori- gine BACTRICO- INDIENNE. (Encycl.) BACTRIDE s. m. (bak-tri-de du gr. bac- tridion, petit bâton). Bot. Genre de petits champignons qui croissent sur le tronc des arbres et ressemblent à des moisissures. n Nom proposé par quelques botanistes comme syn. de bruyère. BACTRIDIÉ, ÉE adj. (bak-tri-di-é rad. bactride). Bot. Qui ressemble à un bactride. s. f. pl. Tribu de champignons de la fa- mille des urédinées. BACTRIEN, IENNE adj. et s. (bak-tri-ain i-è-no rad. Bactres). Géojjr. anc. Habitant de Bactres; qui a rapport a Bactres ou à la Bactriane Les Bactriens passaient pour les meilleurs soldats du monde. s. m. Idiome des Bactriens, dialecte du zend. BACTRIS s. m. (bak-triss du gr. baklron, bâton). Bot. Genre de palmiers de l'Améri- que du Sud, à tige tres-grêle, affectant la forme d'un roseau, et employée communé- ment pour fabriquer des cannes légères et solides connues sous le nom de cannes de Ta- bago La plupart des bactris sont originaires des grandes plaines du Brésil. (Ad. Brongn.) BACTROCÈRE s. m. (bak-tro-sè-re du gr. baktron, bâton keras, corne, antenne). ). Entom. Genre d'insectes diptères brachocè- res, voisin des mouches et des daques, fondé sur une seule espèce, le bactrocère longi- corne. BACTROMANOIE s. f. (bak-tro-man-sî du gr. baktron, bàton; manteia, divination). Science de la divination par les baguettes. Encycl. La bactromancie fut fort en vo- gue chez certains peuples de l'antiquité; les Perses, les Tartares, et principalement les Romains, la pratiquèrent. Suivant Hérodote, les Scythes taisaient servir à cet usage des baguettes de saule bien droites; les mages, au dire de Strabon, employaient des branches de laurier, de myrte et des brins de bruyère. On dépouillait d'un côté, et dans toute sa lon- gueur, la baguette choisie à deux reprises, on la jetait en l'air lorsqu'en retombant elle présentait d'abord la partie dépouillée, ensuite le côté revêtu de l'écorce, on en tirait un présage favorable; lorsqu'elle tombait deux fois de suite du même côté, c'était, au con- traire, d'un fâcheux augure. La baguette di- vinatoire, qui lit si grand bruit sur la fin du xviic siècle, n'était qu'une réminiscence de la bactromancie, On peut rapporter également à ce système divinatoire la fameuse fièche d'Abacis, sur laquelle les anciens ont débité tant de fables. Jean Bodin, publiciste du xvie siècle, affirme dans ses écrits que, de son temps, à Toulouse, une sorte de baclromancie était en vigueur; elle consistait en évocations faites au moyen de certaines baguettes aux- quelles on attribuait le pouvoir de guérir les maladies, principalement la fièvre quarte. BACTROMANCIEN s. m. (bak-tro-man-si- ain rad. bactromancie). Celui qui pratique labactromancie: Consulter un bactromancien. bactro-Médique adj. (bak-tro-mé-di- ke rad. Bactres et Médie). Géogr. anc. Qui a rapport à la Bactriane et à la Médie. BACTROPÉRITE s. m. (bak-tro-pé-ri-te- du gr. baktron, bâton; péra, besace). Ant. Nom donné, par dérision, à des philosophes qui affectaient de mépriser les richesses, et qui portaient le bâton et la besace des men- iants. Il On dit aussi bactroperate et BÀC- TROPÉRÈTË. Suivant Ducange, ce mot s'applique simplement à dos voyageurs qui portaient un bâton et une outre pleine de vin. BACTYRILOBES. m. (bak-ti-ri-lo-be du gr. baktêrion, bâton; lobion, casse), Bot. Syn. proposé pour le genre cassio. BACCET (Paul), professeur de philosophie à Genève en 1632, devint pasteur de l'Eglise réformée, et fut envoyé en 1641 a Grenoble, pour y exercer son ministère. Il s'occupa, en outre, avec un dévouement infatigable des misères de la classe pauvre et du soulagement des malades. Il a publié le résultat de son expérience dans un petit traité Boséas ou l'Apothicaire charitable. On a aussi de cet homme de bien quelques dissertations philo- sophiques. BACUL s. m. (ba-cu lat. bacu lus, bâton, ou du fr. battre et cul). Bois du harnais de l'âne et du mulet, fait en demi-cercle et placô au- dessus de la croupière Le cheval dit à l'àne [ ̃ Pauvre et chétif baudet, j'ai de toi j et
| compassion; tu travailles journellement beau-
coup, je l'aperçois à l'usure de ton iucul. »
(Rabelais.) n Large croupière qui bat sur les
cuisses des bêtes attelées, il On écrit aussi
BACULE.
BACULAIRE s. m. (ba-cu-lè-re lat. bacu-
lus,' bâton). Hist. relig. Nom donné à des
sectaires anabaptistes, qui n'admettaient
d'autres armes qu'un simple bâton.
BACULARD (Arnaud de), littérateur fran-
çais. V. Arnaud.
BACULE s. f. (ba-ku-le du lat. baculus,
bâton, ou du fr. battre et cul). Croupière, u
On écrit aussi BACUL. V. ce mot.
Anc. art milit. Machine de guerre qui
consistait en une sorte de bascule, au moyen
de laquelle on lançait des pierres contenues
dans une auge ou dans un panier.
baculé ÉE (baku-lé) part. pass. du v.
Baculer. Bâtonné, battu Il fut moqué, saisi,
baculé. (Tabourot.)
A qui l'on a mis le bacul Cheval ba-
cdlé.
BACULER v. a. ou tr. (ba-ku-lé du lat.
baculus, bâton). Frapper avec un bâton. il
V. mot.
Par ext. Battre, maltraiter En la par-
fin, le bon chevalier se print aux cornes de ce
diable et lui en arracha une, dont il le bacula
trop bien. (Cent Nouv. nouv.)
Mettre un bacul Baculer un âne.
Particulièrem, Faire battre à terre ou
sur le pavé, à plusieurs reprises, le derrière
de quelqu'un. L'étymologie est alors bas et
cul.
BACULIFÈRE adj. ( ba-ku-li-fè-re du
lat. baculus, bâton; fero, je porte). Bot. Se
dit d'une plante dont es tiges peuvent servir
de canne.
BACULITE ou BACULITHE s. f. (ba-ku-li-
te du lat. baculus, bâton, et du gr. lithos,
pierre). Moll. Genre de coquilles fossiles, de
a famille des ammonidécs, différant des am-
| monitos par sa forme droite cylindro-coni-
| que, toujours comprimée Les baculithes
se trouvent dans les couches assez anciennes
des terrains intermédiaires situés au-desstis
de la craie. (Guérin.) Les baculites sont les
coquilles les plus simples de la famille des
̃ ammonidées. (D'Orbigny.) On trouve des bacu-
lites qui ont jusqu'à l m. et 1 m. 40. (Fo-
cillon.) Les BACULITES se rencontrent beaucoup
I moins fréquemment que les ammonites. (Du-
1 vernoy.)
BACULOMÈtre s. m. (ba-ku-lo-mè-tre
du lat. baculus, bâton, et du gr. metron,
mesure). Long bâton avec lequel les arpen-
teurs mesuraient autrefois les lieux d'un
accès difficile,
BACULOMÉTRIE s. f. (ba-ku-lo-mé-trî
rad. liaculomètre). Géom. prat. Art de mesu-
rer avec le baculomètre les lieux tant acces-
sibles qu'inaccessibles.
BACULOMËTRIQUE adj. (ba-ku-lo-mé-tri-
ke-rad. baculométrie). Géom. prat. Qui a
rapport au baculomètre ou à la baculométrie.
BACURIUS ou BATURIUS, roi des peupla-
des ibères qui habitaient le mont Caucase, du
côté de la mer Caspienne, se convertit au
christianisme vers 325, et fut nommé gouver-
neur de la Palestine par Constantin le Grand.
Suivant la légende, il se serait converti à la
suite d'un événement miraculeux. Assailli par
une tempête, il invoqua le Dieu des chrétiens,
et l'orage s'arrêta sur-le-champ.
BAD s. m. (badd). Myth. pers. Chez les an-
ciens persans, Génie des vents et des tem-
pètes, qui présidait au vingt-deuxième jour
de la lune, n Un des mois de l'année chez les
Orientaux.
BADA ou BADAS s. m. (ba-da). Mirara.
Syn. de rhinocéros d'Afrique. ♦
BADACKAN, ville du Turkestan, ch.-l. du
khanat de même nom, sur le Djihoun, par
370 20' de lat. N. et 60° 30' long. E. Le pays
de Badackan a des mines d'or, d'argent et de
rubis. C'est, dit-on, le séjour primitif de la
race persico-médique.
BADAGRI, ville de la Guinée supérieure,
sur les côtes de l'Afrique occidentale, cap. de
l'Etat de son nom, à 75 kil. S.-O. de Kosie,
avec un port sur le golfe de Guinée. Com-
merce de poudre d'or et d'ivoire. Le petit Etat
de Badagri, qui, dans sa plus grande longueur
de l'E. à l'O., n'a pas plus de 100 kil., fut
longtemps tributaire du roi de Dahomey et
l'est aujourd'hui de celui de Yarriba.
badail s. m. (ba-dal; l mil.). 'Filet en
| forme de chausse, que l'on traine au fond de
l'eau, et qui diffère très-peu do la drague.
BADAJOZ, ville et place de guerre très-
forte d'Espagne, sur la Guadiana, près de la
frontière de Portugal, à 290 kil. S.-O. de Ma-
drid, ch.-l. de la province de même nom et
autrefois de l'Estramadure; 17,000 hab. Cette
ville, patrie du peintre Morolês, a soutenu
plusieurs sièges; elle fut prise en 1811 par les
Français commandés par le maréchal Soult, et
en 1812 par les Anglais. Elle renferme quel-
ques monuments qui méritent d'être cités la
j cathédrale, vaste édifice ressemblant plutôt à
une forteresse qu'à une église, et renfermant
des chapelles latérales assez remarquables,
un maltre-autel surchargé d'ornements, quel-
ques statues dignes d'attention et un vaste
cloître d'une belle exécution; une salle de
spectacle; un bel hôtel de ville,et,dans sa
partie supérieure, les ruines d'un vieux châ-
teau. On y remarque aussi un pont do 021 mè-
tres de longueur, construit par les Romains
sur la Guamana. La province de Badajoz, qui
forme une partie de l'ancienne Estramadure,
située dans la partie ouest de l'Espagne, ost
divisée en quatorze partidos judiciales e£ a
427,932 hab. V. Estramadure.
BADAJOZ (Juan de), architecte espagnol,
né à Badajoz, florissait dans la première moi-
tié du xvi« siècle. Il travailla a la cathcdi'alo
de Salamanque. On lui doit en outre la belle
façade du couvent de Saint-Marc, à Léon la
principale chapelle de l'église Saint-Isidore,
dans la même ville; enfin, le cloître de Saint-
Zoïle, à Carrion monastère de la Vieille-
Castille, qui passe pour un de ses chefs-
d'oeuvre.
BADAKHSHI (Meulana), poète persan, né
à Samarcande, florissait vers le xc sièclo de
notre ère. Il est auteur d'un recueil de poésies
qui sont, dit-on, pleines de grâce et de charme.
On a souvent cité de lui les vers suivants,
composés pour consoler quelques courtisans
de leur disgrâce
II ne faut pas s'étonner de l'alternative
qui se rencontre dans les choses du monde,
puisque la vie des hommes se mesure par une
j horloge de sable, où il y a toujours l'heure
d'en haut et l'heure d'en bas qui se suivent. »
BAOALOCC1UO (Sisto), surnommé Rosa,
ou, selon quelques auteurs, Sisto RosA, sur-
nommé Badalocchio, peintre et graveur ita-
lien, né à Parme en 1581, mort à Bologne en
1647, eut pour maître Annibal Carrache, dont
il sut acquérir l'estime au point que ce peintre
célèbre le plaçait, pour lapuretédudessin, au-
dessus de tous ses autres élèves et déclarait
lui être lui-même inférieur sous ce rapport.
Badalocchio péchait malheureusement du côté
de l'invention aussi, dut-il se résigner à tra-
vailler le plus souvent sur les cartons de son
maître et sur ceux de quelques-uns de ses
condisciples, le Dominiquin, le Guide, l'Al-
bane, Lanfranc. Il se lia étroitement avec ce
dernier, dont il égala presque la facilité et dont
il finit par adopter complétement le style. Son
meilleur tableau est un Saint François receuant
les stigmates, du musée de Parme. On cite en-
core, dans l'église de la Trinité des Pèlerins,
de la même ville, une Vierge entourée desaints,
et, à Bologne, la coupole de l'église Saint-
Jean, copie réduite de la fameuse coupole de
Parme, du Corrége. Badalocchio a gravé it
l'eau-forte cette même coupole, en six plan-
ches, vingt-trois sujets tires des Loges de
Raphaël, en collaboration avec Lanfranc; une
Sainte Famille d'après B. Schidone; plu-
sieurs figures de Prophètes; Amour et Pan,
1 d'après Annibal Carrache le Laocoon, d'après
l'antique, etc.
BADALWANASSA s. m. (ba-dal-oua-na-sa).
Bot. Lycopode de Coylan.
BADAMIER s. m. ou BADAMIE s. f. (ba-da-
mié, ba-da-mî corrupt. do bois de damier).
Bot. Genre do la famille des combrétacées,
et de la tribu des terminal iéos, qui renferme
des arbres plus ou moins élevés, de l'Indo et
de l'île Maurice, et dont quelques-uns ont ôtc
introduits en Amérique Le uad Mnim-vernis
donne le vernis si renommé de la Chine et du
Japon. Le TiAnxamn-bcnjoin fournit un suc
résineux, analogue ait véritable benjoin. On
tire du badamier des Moluques une huile qui
lie rancit pas. (Duméril.) Le noyau dit fruit du
badamier, connu sous le nom de myrobolan,
contient une amande très-e&timée des Indiens,
et avec laquelle ils font de très-bonne huile.
(Gouas.) Le bois du badamier à feuilles étroi-
tes est très-estimé dans la menuiserie. (Gouas.)
BADARACCO (Joseph), peintre italien, né h
Gènes vers 1588, mort de la peste en 1057. Il
imita Andrea del Sarto avec tant do bonheur,
que plusieurs de ses peintures ont été attri-
buées au grand maître florentin, Ratti cite
comme un de ses meilleurs ouvrages un Saint
Philippe de Néri adorant le crucifix, dans la
sacristie de l'église des Saints-Nicolas-et-
Erasme, à Voltri.
BADAllACCO (Giovanni-RasfaeHe), peintre
italien, fils du précédent, né à Gênes en 1G48,
mort en 1726. Après avoir appris les éléments
de l'art sous la direction de son père, il se
rendit à Rome, entra à l'école de Carle Ma-
ratte, copia avec talentquelques-uns des chcfs-
i d'œuvre de Raphaël, entre autres VHëliodore
chassé du temple seproposaensuite pour mo-
dèles les ouvrages du Cortone, dont il adopta
définitivement la manière; visita Naples, Ve-
nise, où il fit des copies des tableaux les plus
célèbres, et revint s'établir à Gênes, où il
exécuta quelques portraits et un grand nom-
bre de compositions religieuses, remarqua-
bles, dit Lanzi par l'extrême suavité de la
touche et l'habile empâtement des couleurs.
Ses ouvrages les plus estimés sont Roger
rencontrant saint Bruno, et l'Apparition de la
Vierge aux Chartreux, vastes compositions,
appartenant à la Chartreuse de la Polcevera;
l'Apparition de la Vierge à quelques saints
carmélites, dans l'église Notre-Dame des Car-
mes, à Gênes, etc.
BADAHO (Jean), médecin et botaniste ita-
lien, né dans l'Etat de Gênes en 1793, mort au
Brésil en 1831. Il a laissé divers travaux esti-
mubles sur la Flore de la Ligurie et de la