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INTRODUCTION. xi

B.

montagnes de l'Auvergne, les monts Dores, d'où deux torrents descendent la Dore,
celle qui se jette dans l'Allier, et une autre Dore tombant du pic le plus élevé de ce
groupe, et à laquelle, pour la distinguer, ils ajoutèrent par redondance la finale
ona Dor-ona, Duranius, devenue Dourdonha, Dordogne, par suite de la prononciation
locale, qui à'Avemia a fait Auvergne, de Campania, Campagne, etc.
Dour a produit le nom si répandu de la Dou, par suite de la prononciation locale
qui annule toutes consonnes finales. La Dou est ensuite entrée dans la composition
des noms, comme initiale dans Douzillac, la Douze, Douzelle, etc. cours d'eau ou lieux
situés sur ses bords; comme finale, dans h Caudou, Beouradou, Lcydou, Nandou, etc.
ou dans le milieu du mot, Brungidouyre, Bouldoyre, etc. Dou est l'origine du mot de
Douet, encore usité dans le pays pour signifier une rigole ouverte dans un pré afin
d'y amener l'eau d'irrigation. L'aqueduc romain qui conduisait l'eau à Saintes, et qui
subsiste en partie, s'appelle dans le pays la grand font du Dovhet.

Dour, prononcé durement, donne son nom à ces belles eaux vives sortant au pied
de massifs de rochers, et dont l'abondance permet d'établir un lavoir à l'endroit même
elles jaillissent. Ces sources portent le nom de Touron, comme à la Roquette, Font-
Roque, Rouffignac, et dans un grand nombre de lieux.

Gauille (prononcer Ga-ouil, Gaw-euil) est usité généralement pour indiquer une
petite source dans les prés. Les Gauniesl, que l'on écrit en un seul mot, Leygonie,
comme Leydou, dérive de cette même racine celtique qui a produit le nom identique
de Gare, donné aux torrents des Pyrénées.

D'autres radicaux se retrouvent aussi dans toute la France Nau a donné naissance
à une longue série de noms désignant la présence d'eaux souvent marécageuses, d'où
Nauchadou, Naudou, Naufons, Naussanes, etc.

Dans le Sarladais, deux petites rivières se nomment la Nause*, en latin Noasa,
Naosa, une autre est la Néa; auprès de Liorac, le lac de Néautone; Nêautoneix, hameau
dans la commune de Douzillac. Dans la Double, les terres exposées à être couvertes
d'eaux stagnantes se disent les Nauves.

«Hospitium de las Gaunias sive de fontibus.»
(i365,Lesp.vol. XXXIV.)

2 «Nauza, locus pascuns, nliginosus et aqua irriga-
« tus. n (Ducaage.) « Prout dictum iter transit usque ad
ttNausam dictam aqua mortua.n (i3oi, arch. de Mon-
tauban Congrès archéol. 1866.)

On appelle également une nauze un vacant maréca-
geux qui est destiné à recevoir les eaux pluviales; on
connaît de plus une autre nauze ou vacant, aussi rempli

d'eau et marécageux, appelé dei Gouch. (1689 ibid.).
En Bretagne, Noed veut dire lieu bas. Tout près
d'Évreux était l'abbaye de la Noë, Abbatia de Noa,
12 46; quelquefois, dans ce même siècle, Noa se
change en Natatoria. On trouve l'ile de Noé, dans le
Gers. Noue est une rigole naturelle dans les champs
pour l'écoulement de l'eau. Le est une rivière du
Béarn, et il y en a une autre du même nom dans la
Charente, près de Merpins.
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