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Titre : Oeuvres complètes d'Alexis de Tocqueville. Tome 4 / publ. par Mme de Tocqueville [et Gustave de Beaumont]

Auteur : Tocqueville, Alexis de (1805-1859)

Éditeur : Michel Lévy frères (Paris)

Date d'édition : 1864-1866

Contributeur : Tocqueville, Mary de (1799-1864). Éditeur scientifique

Contributeur : Beaumont, Gustave de (1802-1866). Éditeur scientifique

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 9 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k39207q

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31476092k

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31476092k

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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Title : Oeuvres complètes d'Alexis de Tocqueville. Tome 4 / publ. par Mme de Tocqueville [et Gustave de Beaumont]

Author : Tocqueville, Alexis de (1805-1859)

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226 L'ANC[ENRÉG)ME

dant il n'y a pas de pays au monde les doctrines les
plus hardies des philosophes du dix-huitième siècle, en
matière de politique, soient plus appliquées qu'en Amé-
rique leurs seules doctrines anti-religieuses n'ont ja-
mais pu s'y faire jour, même à la faveur de la liberté
illimitée de la presse.

J'en dirai autant des Anglais. Notre philosophie irré-
ligieuse leur fut prêchëe avant même que la plupart de
nos philosophes vinssent au monde ce fut BoHngbroke
qui acheva de dresser Voltaire. Pendant tout le cours
du dix-huitième siècle, l'incrédulité eut des représen-
tants célèbres en Angleterre. D'habiles écrivains, de.
profonds penseurs, prirent en main sa cause; ils ne pu-
rent jamais la faire triompher comme en France, parce
que tous ceux qui avaient quelque chose à craindre
dans les révolutions se hâtèrent de.venir au secours des
croyances établies. Ceux mêmes d'entre eux qui étaient
les plus mêlés à la société française de ce temps-là, et
qui ne jugeaient pas les doctrines de nos philosophes
fausses, les repoussèrent comme dangereuses. De grands
partis politiques, ainsi que cela arrive toujours chez
les peuples libres, trouvèrent intérêt à lier leùr cause à
celle de l'Eglise; on vit Bolingbroke lui-même devenir
l'allié des évêques. Le clergé, animé par ces exemples et
ne se sentant jamais seul, combattit lui-même énergi-
quement pour sa propre cause. L'Église d'Angleterre,
malgré le vice de sa constitution et les abus de toute
sorte qui fourmillaient dans son sein, soutint victorieu-
sement le choc; des écrivains, des orateurs, sortirent

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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