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INFLUENCE DE LA DÉMOCRATIE

ce qui a été, plutôt que dans la préoccupation de
ce qui est, et qu'ils s'inquiètent bien plus de ce
que leurs ancêtres ont pensé, qu'ils ne cherchent
à penser eux-mêmes, le père est le lien naturel et
nécessaire entre le passé et le présent, l'anneau
ces deux chaînes aboutissent et se rejoignent.
Dans les aristocraties, le père n'est donc pas seule-
ment le chef politique de la famille; il y est l'or-
gane de la tradition, l'interprète de la coutume,
l'arbitre des mœurs. On l'écoute avec déférence;
on ne l'aborde qu'avec respect, et l'amour qu'on
lui porte est toujours tempéré par la crainte.
L'état social devenant démocratique, et les
hommes adoptant pour principe général qu'il est
bon et légitime de juger de toutes choses par
soi- même en prenant les anciennes croyances
comme renseignement et non comme règle, la
puissance d'opinion exercée par le père sur les
fils devient moins grande, aussi bien que son
pouvoir légal.

La division des patrimoines qu'amène la démo-
cratie, contribue peut-être plus que tout le reste
à changer les rapports du père et des enfants.
Quand le père de famille a peu de bien, son fils
et lui vivent sans cesse dans le même lieu, et s'oc-
cupent en commun des mêmes travaux. L'habitude
et le besoin les rapprochent et les forcent à com-
muniquer à chaque instant l'un avec l'autre; il ne
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