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Titre : Revue de synthèse (Paris. Numérisé en mode texte)

Titre : Revue de synthèse : organe de la Fondation "Pour la science", Centre international de synthèse / direction : Henri Berr, Lucien Febvre, Paul Langevin, Abel Rey

Auteur : Centre international de synthèse

Éditeur : La Renaissance du livre (Paris)

Éditeur : Albin Michel (Paris)

Date d'édition : 1931

Contributeur : Berr, Henri (1863-1954). Directeur de publication

Contributeur : Febvre, Lucien (1878-1956). Directeur de publication

Contributeur : Langevin, Paul (1872-1946). Directeur de publication

Contributeur : Rey, Abel (1873-1940). Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : text/html

Identifiant : ark:/12148/cb41163385s/date

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41163385s

Description : Périodicité : 4 n° par an (1931-1932) ; 5 n° par an (1933-1939) ; irrégulier (1945-1947) ; semestriel (1948-1955) ; trimestriel (1956-)

Description : Etat de collection : T. 1 (mars 1931)-T. 120 (déc. 1999)

Provenance : bnf.fr

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Titre : Revue de synthèse (Paris. Numérisé en mode texte)

Auteur : Centre international de synthèse

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MOYEN AGE ET RENAISSANCE

Continuer à rectifier le tableau que Jakob Burckhardt, il y a bien longtemps déjà [1] Note 1: En 1860 pour la première fois ; suivirent encore cinq éditions allemandes. , a esquissé d'un Moyen Age et d'une Renaissance antithétiques, n'est-ce pas s'escrimer contre un héros mort ? Et traiter ce même, Burckhardt comme un de nos contemporains, est-ce vraiment expédient ? Voilà cependant ce que fait, tout le long d'un livre de lecture d'ailleurs agréable, M. Nordström [2] Note 2: Moyen Age et Renaissance, par Johan NORDSTRÖM, Paris, librairie Stock, 1933, 233 pages. .

Je demande la permission de penser qu'il eût été, pour un historien, plus intéressant de replacer l'?uvre de Burckhardt dans son milieu (milieu disparu) et de nous expliquer le pourquoi de cette prédilection qu'à la fin du XIXe  siècle manifesta pour l'Italie une bourgeoisie soucieuse d'y projeter, pour l'y retrouver ensuite, son propre idéal ? Rappelons-nous : c'était le temps, en Allemagne, où on ne voyageait guère que dans la péninsule, où on dressait des monuments de pur style quattrocentiste . Burckhardt était bien de son temps lorsque, ami de Nietzsche [3] Note 3: Voir dans Revue de Synthèse historique, t. XV, 1907, p. 121 et t. XVIII, 1909, p. 137, les remarquables articles de Ch. ANDLER, Nietzsche et Jacob Burckhardt, leur philosophie de l'histoire. il peuplait sa Renaissance italienne de Zarathoustras ivres d'une ivresse titanique, sculptant leur vie d'après un idéal laïc, dotés d'ailleurs d'un rare courage intellectuel et capables à la fois de regarder en face, avec des yeux de rationalistes, la nature qui les entourait, mais aussi de découvrir dans l'antiquité la première incarnation de la beauté laïque. Tableau tout en blanc, que Burckhardt opposait à un tableau tout en noir ? celui du Moyen Age, cette période de cléricalisme, d'ascétisme, de traditionalisme étroit. Et certes, que Burckhardt pose ainsi devant nous deux entités statiques où se dessinent à peine quelques tendances contradictoires, nous en tombons d'accord. Mais quelle est la méthode de son pourfendeur, je veux dire M. Nordström ? Il décompose dans ses éléments le tableau d'ensemble qu'a brossé Burckhardt, puis il démontre que les éléments, déclarés par Burckhardt constitutifs de la Renaissance, se saisissent déjà et agissent au Moyen Age. Démonstration facile pour un érudit possédant du Moyen Age une connaissance aussi approfondie que M. Nordström. Mais cette méthode conduit à des anachronismes tout pareils à ceux que Burckhardt a commis.

Un exemple : Burckhardt parle du rationalisme de la Renaissance italienne ; Nordström déclare le saisir déjà dans la France médiévale, dans Page 129 


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