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Titre : Revue de synthèse historique (Paris. Numérisé en mode texte)

Titre : Revue de synthèse historique / directeur : Henri Berr

Éditeur : Librairie Léopold Cerf (Paris)

Éditeur : La Renaissance du livre (Paris)

Date d'édition : 1900-1930

Contributeur : Berr, Henri (1863-1954). Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : text/html

Identifiant : ark:/12148/cb41163513g/date

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41163513g

Description : Périodicité : Bimestriel ; semestriel (1920-1930)

Description : Etat de collection : N° 1, t. 1, n° 1 (août 1900)-T. 40 (déc. 1930)

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 11/01/2009

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Titre : Revue de synthèse historique (Paris. Numérisé en mode texte)

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 laquelle un sacrifice avait le matin même rappelé l'attention et la protection des dieux ? origine de cette bénédiction divine par laquelle s'ouvrent encore dans plusieurs de nos pays constitutionnels les sessions parlementaires ? et de l'invocation que prononçait le héraut quand tout le monde était assis : Gardez un recueillement religieux (image de texte non transcrit ) et priez les dieux et les déesses (il énumérait les principales divinités de la cité) afin que tout se passe au mieux dans cette assemblée pour le plus grand avantage d'Athènes et la félicité de ses citoyens ? et l'assemblée reprenait en ch?ur l'invocation. Ce n'est pas sans signification que ce soit d'Ekklésia que dérive Église, et la nature respective des deux groupes ? altérée selon leur évolution même dans les noms de Conseil et d'Assemblée qu'on leur donne à l'ordinaire ? transparaît dans l'étymologie de leur nom grec : les bouleutai de la boulé ne conseillent pas, mais ils expriment la volonté divine (le latin volere indique que le sens primitif s'est mieux conservé dans , vouloir, que dans , conseiller) ; pour la confirmer ils en appellent à l'ekklésia (de et , , appeler hors de ; le sens a sans doute évolué d'évoquer, par invoquer, à convoquer ).

On entrevoit ainsi l'origine religieuse et des conceptions sur lesquelles sont fondées les États modernes ? la souveraineté du peuple, la toute-puissance du suffrage universel, l'appel au peuple ? et des organes qui les expriment.

Deux institutions, l'une que M. de Sanctis conteste à Clisthène, l'autre qu'il lui attribue, paraissent confirmer le caractère religieux que, conscient ou non, je crois encore immanent dans les réformes clisthéniennes : l'ostracisme et la nomothésie.

M. de Sanctis conteste à Clisthène l'institution de l'ostracisme [1] Note 1: On sait que l'ostracisme a été récemment, en France, l'objet de deux travaux que M. de Sanctis dit avec raison fondamentali, les Notes sur l'ostracisme athénien, de A. Martin (Mém. de l'Acad. des Inscript., 1907)
, auteur de l'article Ostrakismos du Dictionnaire des Antiquités, et l'Histoire de l'ostracisme athénien, de G. Carcopino (Bibl. de la Faculté des lettres de Paris, 1909)
, qui avait déjà examiné dans la Revue des Études grecques, 1905, si Damon avait été ostracisé. Pour la question si débattue ? fallait-il que six mille votes fussent exprimés en tout, c'est-à-dire qu'il y ait six mille votants présents, ? ou fallait-il qu'il y ait six mille ostraka portant le même nom, par conséquent plus de six mille votants, ? M. de Sanctis se rallie à la première théorie soutenue par Martin. Pour ma part, j'adhère à la seconde que Carcopino me paraît avoir démontrée. J'ajoute qu'elle me paraît seule conforme à l'explication que je donne ici de l'origine de l'ostracisme, question sur laquelle ni Martin ni Carcopino n'ont formulé de vue originale. Comme il y avait au maximum dix mille citoyens au temps de Clisthène, il était difficile que beaucoup plus de six mille votants fussent réunis. (C'est probablement par attraction de ce chiffre que le nombre des jurés fut fixé à six mille.) Celui que six mille votes au moins désignaient l'était donc par une sorte de minimum d'unanimité. Or, puisque la volonté divine devait se manifester dans ce jugement, il fallait qu'elle s'imposât à tous; les six mille étaient, pratiquement, la totalité des citoyens.
Page 174 


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