DMVOtHS INCULQUÉS AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES
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sauvegarde des sentiments religieux, il ne négligeait aucune occasion
d'exhorter les gens adonnés aux professions manuelles à chercher dans
les bons livres l'instruction, qui pouvait seule les élever un peu au-
dessus de leurs préoccupations matérielles. Dans un discours très
curieux composé spécialement sur ce sujet, il engage les illettrés eux-
mêmes à solliciter et, au besoin, à se procurera à prix d'argent le secours
d'un voisin lettre'. Mais c'est naturellement chez ses clercs et ses moines
qu'H s'attacha le plus à conserver et à développer la connaissance et la
pratique de cet art élémentaire. Ni bon clerc, ni bon moine, d'âpres
lui, sans la lecture. « Elle est pour Famé, c'est sa maxime, ce
que la nourriture est pour le corps, et l'huile, pour la lampe », c'est-à-
dire, le principe de la force et de la lumière dans l'ordre des choses
spirituelles. Aussi en établit-il l'usage dans son clergé et dans ses
monastères par des prescriptions formelles. « L~e?'a.9 ~ca~, qu'ils
sachent leurs lettres », dit-il aux uns et aux autres, et il tient à s'assu-
rer que cette prescription est observée. Nul n'est admis aux ordres,
s'il est à t'àge de majorité, qu'après avoir prouvé qu'il a lu l'Écriture
sainte avec attention en entier au moins quatre fois. Quant aux plus
jeunes, leur préparation est assurée, grâce à une institution prévoyante
de Césaire dont il sera parlé plus tard, par l'école épiscopale dans la
cité et par les écoles presbytériates dans les paroisses. Lui-même pre-
nait plaisir à converser avec ses cters sur l'Écriture Sainte et sur les
ouvrages relatifs à la religion, à piquer leur curiosité et à provoquer
leurs questions sur les points obscurs ou difficiles, à mettre leur mé-
moire et leur pénétration à l'épreuve. H !c faisait surtout à l'occasion
de la lecture, qui était faite à haute voix à sa table pendant le repas.
Ce!)e-ci était toujours servie pour tous ses clercs. Toute la prestation
à fournir par eux, en retour de l'hospitalité qu'ils recevaient de l'évê-
que, consistait à subir ses interrogations sur l'objet de la lecture au
sortir du repas. Tous n'y brillaient pas également. Quand le bon évêque
commençait à demander, parlant en figure « Voyons, qu'avons-nous
eu à déjeuner, à dîner aujourd'hui ? », « beaucoup alors trahissaient
par leur rougeur et par la sueur qui découlait de leurs fronts la stu-
pidité ou l'étourderie de leur mémoire, et c'était le petit nombre qui
parvenaient à résumer ce qui avait été lu, non sans peine et sans per-
dre souvent leur chemin ». En ce point comme en beaucoup d'autres,
Césaire imposait ses habitudes personnelles aux autres évêques il vou-
lait que tous se fissent faire la lecture, comme lui, pendant leurs re-
pas son goùt particulier pour cette dernière et le désir d'instruire ses
1. S 303 de l'append. de s. Augustin.