Home Plain text
Text mode Audio mode
page 31 (screen 65 of 350)
Next page Previous page  
  Last page First page


DMVOtHS INCULQUÉS AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES

31

sauvegarde des sentiments religieux, il ne négligeait aucune occasion
d'exhorter les gens adonnés aux professions manuelles à chercher dans
les bons livres l'instruction, qui pouvait seule les élever un peu au-
dessus de leurs préoccupations matérielles. Dans un discours très
curieux composé spécialement sur ce sujet, il engage les illettrés eux-
mêmes à solliciter et, au besoin, à se procurera à prix d'argent le secours
d'un voisin lettre'. Mais c'est naturellement chez ses clercs et ses moines
qu'H s'attacha le plus à conserver et à développer la connaissance et la
pratique de cet art élémentaire. Ni bon clerc, ni bon moine, d'âpres
lui, sans la lecture. « Elle est pour Famé, c'est sa maxime, ce
que la nourriture est pour le corps, et l'huile, pour la lampe », c'est-à-
dire, le principe de la force et de la lumière dans l'ordre des choses
spirituelles. Aussi en établit-il l'usage dans son clergé et dans ses
monastères par des prescriptions formelles. « L~e?'a.9 ~ca~, qu'ils
sachent leurs lettres », dit-il aux uns et aux autres, et il tient à s'assu-
rer que cette prescription est observée. Nul n'est admis aux ordres,
s'il est à t'àge de majorité, qu'après avoir prouvé qu'il a lu l'Écriture
sainte avec attention en entier au moins quatre fois. Quant aux plus
jeunes, leur préparation est assurée, grâce à une institution prévoyante
de Césaire dont il sera parlé plus tard, par l'école épiscopale dans la
cité et par les écoles presbytériates dans les paroisses. Lui-même pre-
nait plaisir à converser avec ses cters sur l'Écriture Sainte et sur les
ouvrages relatifs à la religion, à piquer leur curiosité et à provoquer
leurs questions sur les points obscurs ou difficiles, à mettre leur mé-
moire et leur pénétration à l'épreuve. H !c faisait surtout à l'occasion
de la lecture, qui était faite à haute voix à sa table pendant le repas.
Ce!)e-ci était toujours servie pour tous ses clercs. Toute la prestation
à fournir par eux, en retour de l'hospitalité qu'ils recevaient de l'évê-
que, consistait à subir ses interrogations sur l'objet de la lecture au
sortir du repas. Tous n'y brillaient pas également. Quand le bon évêque
commençait à demander, parlant en figure « Voyons, qu'avons-nous
eu à déjeuner, à dîner aujourd'hui ? », « beaucoup alors trahissaient
par leur rougeur et par la sueur qui découlait de leurs fronts la stu-
pidité ou l'étourderie de leur mémoire, et c'était le petit nombre qui
parvenaient à résumer ce qui avait été lu, non sans peine et sans per-
dre souvent leur chemin ». En ce point comme en beaucoup d'autres,
Césaire imposait ses habitudes personnelles aux autres évêques il vou-
lait que tous se fissent faire la lecture, comme lui, pendant leurs re-
pas son goùt particulier pour cette dernière et le désir d'instruire ses
1. S 303 de l'append. de s. Augustin.
Text mode Audio mode
page 31 (screen 65 of 350)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text