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Titre : Le Magasin pittoresque / publié... sous la direction de M. Édouard Charton

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1833-1938

Contributeur : Charton, Édouard (1807-1890). Directeur de publication

Contributeur : Desportes, François. Rédacteur

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb32810629m/date

Identifiant : ISSN 17707080

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32810629m

Description : Périodicité : Hebdomadaire ; bi-mensuel ; mensuel

Description : Etat de collection : 1833 (année 1)-1912 (sér. 2, t. 13, année 80)

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 12/01/2009

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Titre : Le Magasin pittoresque / publié... sous la direction de M. Édouard Charton

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Maine: 3 pages trouvées

p.15 (1)
par notre volonté ou par terre et de fragments de rocher, conduit par une pente à notre faute, c'est faire même affront à la conscience hu- un double vestibule large d'environ 25 pieds et long de 45 maine. et percé de quatre portes, dont une seulement donne accès Il y a de la fortune dans la vie

p.190 (1)
, cette idée claire et L'~uc. FEMELLE, o~ DE CULTURE vraie I"' nous P~ M °~ a désirer de es L EPUCA'l'10N gQ.~m~ OtP DE LA CULTURE lui ressembler, est le plus noble apanage de la nature huDE maine, je pourrais ajouter, des natures célestes. Élever ou cultiver quelque chose, une plante, un ani- Et notez

p.374 (1)
des microscopes modernes, est ainsi composé A, colonne de support immobile; se vissant sur la cassette dans laquelle se renferment l'instrument et ses accessoires. B, pièce horizontale, articulée sur la colonne au (') Communiqué par M. docteur D. de SMnt-CMmcat, près Saumur (Maine-et-Loire)..

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~9

MAGASIN PITTORESQUE.

de son feu de tourbe, et c'était elle qui allait a la pèche avec
les deux plus âges de ses frères qu'elle avait élevés tous
trois. Elle nourrissait la famille, portait le poids du jour,
celui des veilles, satisfaite d'être la providence du cercle
étroit qui l'entourait. L'a!né des jeunes garçons pouvait
avoir dix-huit ans le dernier, dont la naissance avait coûte
la vie à sa mère, et qui semblait a peine âge de neuf ans,
en avait treize l'étrange petite créature était le benjamin
d'Etta. Inhabile aux choses de la vie, aux rudes travaux de
la pèche, aux labeurs des champs, jamais il ne bêchait le
petit enclos dont l'orge fournissait les gâteaux, seul pain de
la famille; mais il cueillait, il tressait des fleurs, faisait
de petits ouvrages, des sifflets, d'étroites nattes, avec les
chaumes qu'il assouplissait dans l'eau il ne creusait pas la
terre pour y tailler des briques de tourbe, mais dans celles
que préparaient ses frères il découvrait de petits morceaux
de jais, et en arrangeait des colliers pour sa soeur; il ne ra-
massait pas le varech pour le brûler et en tirer la soude,
mais, assis des heures entières sur un récif, au bas de
l'inaccessible rocher pyramidal qu'on appelle le Storr, et
que sépare de l'île un étroit banc de sable recouvert deux
fois le jour par la marée, il contemplait le courant qui tour-
billonne autour de la hase rugueuse du roc, tourne par
derrière, et va mourir sur la plage la plus abordable de
Garveloch, au pied même de la cabane. Armé d'une longue
baguette, l'enfant attirait de tous les côtés, en se jouant,
tes goémons, les ulves, les espèces variées d'algues que les
vagues furieuses de ces contrées arrachent sans cesse du
sein de l'Océan et poussent vers ses rives. La petite cargai-
son de plantes marines, appareillée en façon de flotte par
~Moce/!< (ceux des rares habitants de l'île qui le con-
naissaient le nommaient ainsi), suivait la direction du cou-
rant, tournoyait, doublait le roc avec lui, et se venait en-
tasser au pied de la hutte della puis la ménagère et ses
frères n'avaient qu'à recueillir. Mais travailler assidûment
pour vivre, gagner de l'argent, vendre, acheter, toutes ces
idées compliquées ne pouvaient trouver place dans la tête
envolée du jeune garçon il vivait avec les oiseaux du ciel
et les poissons de l'abîme en amicale communication,
s'ébattait avec eux, et, affectueux et bon autant qu'on le
peut être lorsqu'on ne comprend qu'imparfaitement, il était
cher à ceux auxquels son absence presque complète de
mémoire et de persévérance le rendait, à peu de chose près,
inutile.

Mais si le sens intérieur dont la conscience s'alimente
lui manquait, en revanche il avait un instinct merveilleux,
celui que nous admirons dans les animaux, et qui semble
une sorte toute particulière d'intelligence. Dès l'abord il
m'avait pris à gré, quoique, dans sa nature timide et sau-
vage, il s'effarouchât à l'aspect de tout inconnu. Quelques
boites d'oiseaux empaillés, apportées dans mon bagage,
contribuèrent à resserrer nos relations. Chaque fois que le
mauvais temps le retenait au logis, il contemplait mes col-
lections et me les regardait arranger avec une admiration
enfantine. Bientôt il m'aida, et lorsque je pus sortir, il
devint non-seulement mon compagnon, mais un utile guide.
Je lui découvris alors de précieux talents il connaissait
les gîtes des oiseaux, grimpait comme un chat sur d'abruptes
roches qui semblaient à pic, mettait les mains sur le pin-
gouin accroupi sur son œuf, sans le faire fuir j'avais
fait la guerre, il nouait des amitiés. Dès le grand matin,
lorsque le soleil pointe au-dessus des montagnes de Lorn,
Arkie (affectueux diminutif d'Arkibald) était déjà grimpé
sur le haut du Storr. Si je me hasardais de benne heure
hors de la cabane, je le voyais, debout sur le sommet de
crêtes j'aurais cru impossible de parvenir, veiller, en leur
vol matinal vers le sud, les longues files de /bMs de Bassan,
ainsi qu'on nomme ces &eM&tM, qui ne pondent qu'un œuf,

mais le pondent trois fois quand on le leur dérobe. II n&
revenait de ses excursions que le bonnet plein'd'ceufs, les
poches gonflées de duvet, et souvent tenant des oiseaux
cachés sous son plaid. Quand il m'apercevait au bas de son
immense piédestal, il bondissait, poussait des cris de joie
aigus, jetait son bonnet en l'air en agitant ses bras au-
dessus de sa tête, et des nuées d'oiseaux de mer, sternes
et hirondelles criant, pétrels de Saint-Kilda croassant
macareux vociférant, mouettes riant, pingouins sifflant.
tourhillonnaient autour de lui comme les feuiites mortes
dans l'orage.

Plusieurs fois j'exprimai en sa présence le désir d'avoir
de jeunes oiseaux de proie, entre autres des petits d'aig!cs
pêcheurs. Il levait les sourcils, fixait sur moi des yeux
effarés, les détournait soudain, et prenait un certain air
narquois, rare chez lui, mais que pourtant je lui connais-
sais. J'étais enfin assez rétabli pour entreprendre des ex-
cursions dans l'île, lorsqu'un matin, de fort bonne heure,
voûtant profiter d'un beau jour et faire une longue course, je
demandai mon petit compagnon. Point d'Arkie, ni alentour
de la cabane, ni prés du récif d'ordinaire il veillait les
goëmons; et je brarluai vainement ma iongue-vue sur le
Storr. Résolu, faute de mieux, à une promenade soli-
taire, je chargeai d'un fusil mon épaule si longtemps en-
dolorie, et je n'eus pas fait vingt pas que je sentis combien
~H?!oceK( me manquait. Accoutumés à te voir franchir l'es-
pace d'un écueit à l'autre, aller, revenir comme un jeune
chien, poursuivre l'oie sauvage comme d'autres enfants
poursuivent le papillon, mes yeux le cherchaient toujours.
Découragé, je souffrais de l'isolement. Continuant néan-
moins ma route, je traversai des bruyères, de tristes et
marécageux déserts, et, chose étrange, comme si, en nie
séparant de mon jeune guide, j'eusse quitté tout à fait la
région des oiseaux, je n'en vis pas un à portée. Enfin je
me dirigeai vers un groupe de roches à formes bizarres
qui se rapprochent de la mer, et, tâchant de retrouver mon
pied de chasseur, je m'exerçai à grimper, me gourman-
dant moi-même de perdre, faute d'usage, mon ancienne
intrépidité. Tout à coup le silence de ces solitudes fut
brisé .par un cri lamentable, une sorte de hurlement fu-
rieux, aigu et plaintif tout à la fois, qui me rappela celui
de l'aigle des Alpes dont le nid jadis m'était échappé je
tournai rapidement un angle saillant, et demeurai frappé
de stupeur du spectacle qui s'offrit à moi. Au bout d'un
câble tourné deux fois autour du tronc rabougri d'un vieil
arbre, pendait, au-dessus de t'abîme, le petit Arkie, et un
aigle formidable, ses talons tranchants repliés sous lui,
son bec acéré a demi ouvert, les ailes étendues, l'œil
rouge et farouche, menaçait l'enfant qui oscillait au bout
de la corde.

Dans le premier moment, je n'aperçus pas même trois
autres petits insulaires complices de la témérité d'Arkie, deux
desquels s'efforçaient de remonter l'enfant sur le plateau,
tandis quele plus hardi, le bâton levé, menaçaitl'aigte, mais
de trop loin. Impossible de tirer, de peur d'atteindre Arkie;
je n'avais plus ni mouvement ni souffle. Sous son bras il
tenait deux aiglons, ces aiglons qu'il savait que j'avais
désirés Pauvre enfant le bec de l'aigle allait déchirer sa
face lorsqu'il se décida à en lâcher un. J'étais en proie a
une angoisse sans nom que je n'aurais pu supporter un
moment de plus. L'aigle se précipita pour arrêter dans sa
chute son petit qui voletait. Je respirai les deux petits
garçons tiraient de leur mieux. Arkie approchait du bord.
Prompt comme la foudre, l'aigle reparut. A l'aspect du
bec effroyable qui s'ouvrait de nouveau, Arkie lâcha le
dernier oiseau, et put prendre pied sur le roc.
Quelques secondes plus tard, je serrais dans mes bras
le téméraire petit chasseur. A quoi hcn dire que, sans re-

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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