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Titre : Le Magasin pittoresque / publié... sous la direction de M. Édouard Charton

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1854

Contributeur : Charton, Édouard (1807-1890). Directeur de publication

Contributeur : Desportes, François. Rédacteur

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : Français

Langue : language.label.français

Format : application/pdf

Format : Nombre total de vues : 37695

Description : 1854 (A22).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k314378

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32810629m

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32810629m/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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du monde n'a été opérée par tel ou tel individu les masses' obéissent à leurs instincts, à leurs besoins, à leurs intérêts, elles se préparent de longue main et d'une manière plus ou moins apparente aux actes importants qu'elles doivent accomplir, et, le moment venu, le plus petit prétexte, la moindre impulsion, les déterminent.

Longtemps avant !e.s prédications de Pierre l'Ermite et d'Urbain H, le désir de la délivrance de lu terre sainte agitait en Europe les âmes chrétiennes. Les nombreux pèlerins qui s'étaient succédé aux lieux ou le Christ mourut pour l'humanité, avaient rapporté à l'Occident le sinistre tableau de l'humiliation, des misères sounertes -par tes populations restées fidèles à la foi de Jésus. Bien des voix avaient sollicité des secours et fait appel à la vengeance. n En 999, dit M. Ludovic Lâlanne (dans ses PcMnages CR ~'re MM~e, excellent travail couronné par Fin-, stitut), le célèbre Gerbert adressa à l'Église universelle, au nom tle l'église de Jérusalem désolée, une lettre touchante dans laquelle il implorait l'aide des chrétiens contre la tyrannie et l'oppression des infidèles. Cette lettre eut un grand retentissement, et son résultat immédiat fut d'encourager puissamment les attaques dirigées par les Pisans contre tes Sarrasins d'Afrique.

x En 10!0, suivant Raoul Glaber, les juifs d'Orléans envoyèrent prévenir le soudan de Babylone qu'il ne tarderait pas à être chassé de son royaume par les sectateurs du Christ,. s'il ne détruisait pas le temple de Jérusalem. ? Au mois de décembre 1074, Grégoire VU écrivait à l'empereur Henri IV que plus de cinquante mille habitants de l'Italie et-de la France lui avaient fait savoir que, si te chef de l'Église voulait se mettre à leur tête, ils iraient délivrer le saint sépulcre..Dans sa jeunesse, Godefroy de Bouillon disait sou\'ent,'a ce que racontait sa mère, qu'il n'avait d'autre désir que. d'aller à Jérusalem à la tête d'une nombreuse armées "Les inudétes eux-mêmes, dominés par de sombres pressentiments, semblaient résignés d'avance au sort qui les attendait. Le'Sarrasin chez lequel Robert de Flandre logea à Jérusalem, en 1090, lui dit un jour Nous avons vu dans le mouvement des étoiles des signes extraordinaires qui nous prédisent que les chrétiens viendront dans ce pays, et nous subjugueront à la suite de nombreux combats et de fréquentes Victoires. mais'plus tard, nous les vaincrons à notre tour, et Mus les chasserons des pays qu'ils auront

conquis."

En 1095, l'idée d'une croisade était toute formée dans les esprits. Pierre l'Ermite, de retour d'un voyage en Palestine,. ou il était atte, en 1093, pleurer ses péchés sur le saint sépulcre, avait parcouru l'Italie et la France un crucifix à la main; se plaignant avec amertume des persécutions mftigées aux chrétiens par les .infidèles., proclamant les révéMons qu'il avait reçues du ciel, et excitant tes peuples i la guerre sainte. Urbain II céda aux suggestions de cet enthousiaste,- eut l'honneur d'attacher son nom à l'entreprise que Pierre avait préparée. Dés l'an 1094, il avait tenu a Plaisance un concHe en rase, campagne, auquel assistèrent de nombreux ecclésiastiques et plus de trente mille laïcs. Des ambassadeurs de l'empereur byzantin Alexis Comnène vinrent y demander des secours contre les Sar-,rasins, et on y agita le projet d'une expédition des Latins en Palestine. Mais rien ne fut résolu, et un nouveau, concile fut indiqué à Vezetay. au Puy, et enfin à Clermont, pour le mois de novembre ~095;

Clermont-Ferrand, capitale du pays des Arvernes sous le nom de A~moMp~, puis, au temps de la domination romaine, sous celui' d'MS~oJV<'H:e<KW, célèbre par ses privilèges municipaux, par son école de belles-lettres, par sa statue colossale de Mars .et son temple consacré au même

dieu, avait subi, depuis la chute de l'empire, de malhe.urëuses vicissitudes. Devenue tour à tour-la proie des Vandales, des soldats d'Honorius, des Wisigoths, des divers membres de la famille de Clovis, de Pépin-Ie-Bref, des Normands et des Danois, elle avait perdu son nom antique, et la forte citadelle qu'elle possédait sur un monticule de forme conique lui avait valu celui de Chi~Ms moKs ou C~rmoaf. Cependant elle avait conservé une certaine importance, et était reconnue comme le chef-lieu du comté d'Auvergne. Urbain H arriva à Clermont le 14 novembre 1095. Dans les premières séances du concile on s'occupa du règlement de plusieurs affaires concernant l'antipape Guibert, maitre d'une partie de l'Italie, l'empereur Henri IV, soutien de ce. pontife schismatique, et Philippe roi de France, qui avait répudié sa femme Berthe, pour prendre Bertrade, épouse du comte d'Anjou. Dans la dixième séance on agita l'importante question de la guerre sainte. Cette séance fut tenue, suivant l'opinion commune, dans une grande place dé Clermont, au milieu d'un concours innombrable de personnes, attirées par la curiosité que la présence du pape faisait naître et par t'intérét qu'excitait l'entreprise qui allait être décidée. On comptait dans l'assemblée les prélats de la cour romaine, 225 évoques, 4000 ecclésiastiques et 300'000 laïcs: Qu'on se figure cette masse passionnée et pourtant attentive, montagnards vétus de bure, guerriers couverts d'armures de fer, marchands et bourgeois des villes, rêvant la liberté municipale, prêtres, moines, prélats, et au-dessus, sur une estrade élevée, Urbain If, à côté duquel se tenait, dit-on, le saint .et le héros du jour, Pierre l'Ermite. La beauté même de la nature extérieure, la plaine immense qu'arrose f'AHier, avec ses villes et ses villages les montagnes pittoresques que domine le puy de Dôme, le plateau de Gergovie,'}e puy volcanique de Gravenoire, le mont Rognon, s'harmonisaient avec. la grandeur du spectacle que devait présenter l'assemblée, La suite à MH6 autre livraison.

UNE ANECDOTE RELATtVE A M. LÂPLACE. Lu à l'Académie française dans sa séance partifuji~re du 5 février 1850, -parM.J.-B.BMT(').

Quand un homme d'ordre s'apprête à partir pour un grand'voyage, it met ses affaires en régte et prend soin d'acquitter toutes les dettes qu'il peut avoir contractées. Voilà pourquoi je vais vous raconter comment, il y quelque cinquante ans, un de nos savants les plus itiustres accueillit et encouragea un jeune débutant, qui était venu lui montrer ses premiers essais.

Ce jeune .débutant, c'était moi, ne vous déptaise. Notez, pour excuser l'éj~tMte, que ceci remonte au mois de brumaire an de la république française, première édition. Quelques mois plus tard, on me fit i'insigne honneur de me nommer associé de l'institut national; mais, à cette date, et surtout à l'époque un peu anténeure mon récit commence, je me trouvais complètement inconnu. J'étais alors un tout petit professeur de mathématiques a FËcoIe centrale de Beauvais. Sorti nouvellement de l'Écote poly(') Nous empruntons cette narration au J'oMmai! <fM sat'QH~, avec russeutiment de M. Biot, a qui nous devons, de pins, la ~Vo<e t'e~<<e à l'habitation {f&J!f.a~aef, à /1)'C!M! page 38. C'est une nouvelle prouve de la bienveillance que t'iHustre et vénérable savant n'a cessé de nous témoigner pendant vingt-deux ans. De même que Geoffroy-Saint. Hilaire, il avait pris note de notre début, et il nous avait appelé près de lui pour nous entretenir des espérances qu'il en avait conçues depuis, il a constamment encouragé nos intentions et notre persévérance nous considérons comme un honneur de notre vie d'avoir mérite et conservé une telle estime. Si quelques lecteurs trouvaient de Forgueit dans cette déclaration, qu'ils veuillent bien nous excuser en songeant que, dans notre humbieet obscure carnere, ces hautes approbations sont un grand soutien.