MAGASIN PITTORESQUE.
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car les insulaires ne construisent jamais d'autre hakari sur
le m~me !ieu ni avec le bois qui a déjà servi.
UNE FERME DE LA- BRIE FRANÇAISE.
Suite.-Voy.p.20,68,115,~9,?1,390.
-.OCtËTË ANGLAISE POUR LA PROPAGATION DES BELLES RACES
))E POULES. REGLES ET AVANTAGES DU MÉTISSAGE.
Les Anglais avaient remarqué le chiffre croissant de notre
importation en ceufs et en volaille ('); et comme la grande
réforme de sir Robert Peet ne leur permet plus de négliger
ce qu'ils appelaient tes'petits détails, ils se sont mis à
t'ceuvre. Aujourd'hui, ta NMMftcoc/MxcMM est venue faire
suite a la manie des chemins de fer, !'a:~tM!/ mmM. !t faut
donc nous préparer à soutenir cette nouvelle concurrence.
Dt'jà les noms les plus ittustres se sont mis à ta tête du
mouvement; c'est dans le but de lui faire acquérir l'impor-
tance que les Anglais savent donner à toutes les affaires
qu'ils entreprennent, qu'il ont fondé' une Société pO!H'Js
~'o~<<:(M)n des belles races de poules. En première ligne
des membres se sont inscrits.: le duc de Rutland, le marquis
de Salisbury, les comtes de Derby, de Stanhope, de Cotten-
tiam, de Stradbroke, de Harrington, de Ducie, de Claren-
don, de Licht6e!d,c'est-it-dire-'tes plus grands seigneurs
de t'Ângteterre. Une premipre exposition a déjà eu lieu, le
11 janvier 1853, dans le bazar de Baker-Street, o& se tien-
nent les expositions de bétail de la Société de SmithCetd.
Plus de douze mille visiteurs y sont venus en payant un
droit d'entrée d'un shitiing, ce qui, a la valeur rigoureuse
de cette pièce, 1 ir. 16 cent., fait un chiffre assez beau de
13 920 francs. Dans cette première exposition il y eut plus
de 1000 cages se dëcomposant ainsi f
CoehinchiMis. 500
Diverses races. MO
Pigeons. 250
Oics,mMrds et dindons. 50
Lapins. 50
tOOO
Chaque cage contenait en moyenne deux têtes. Il y eut
des cages de cochinchinois cotées 25000 francs; deux
coqs de cette race, venant de GuiHbrt, ont été vendus
1 23~. francs. Le chiffre total des ventes effectuées a dé-
passe 25 000 ïrancs.
La Société continuera à aYoirdeux.exposMions mar-
chandes par an une l'été, au jardin zoo!ogique'deSurrey-
Street l'autre l'hiver, aSaint-Georges-Road. La propaga-
tion des races s'étend déjà au coq de bruyère, à routarde,
au hocco, et tout porte à croire qu'elle a6 s'arrêtera pas !â.
Cette digression nous a paru nécessaire pour-mieux pré-
ciser l'importance qui doit réellement s'attacher désormais
u ce sujet, heureusement compris aujourd'hui en France.
Notre hôte, qui fait partie de notre Société zoologique
d'acclimatation (voy. p. 298), se propose'de continuer avec
persévérance les expériences qu'il a déjà entreprises sur le
croisement des races c'est là un point important qui a été
par trop néghgé jusqu'à présent. En effet, d'après sa pra-
tique _personneite, il est certain qu'avec le cochinchine et )e
normand on obtient des produits exceptionnels de la plus
grande beauté.
Voici les règles qu'il a suivies jusqu'à ce jour, et qui,
d'après lui, doivent servir de base, à bien peu de modifica-
tions près.
(') En i8.t9, nous avons 6):porMenAngtetNTe )Mur5510069ffMcs
d'œufs Dans ta même année, l'exportation en vins pour !e même
pays s'est élevée à 5 3t2 926 francs Différence en faveur des (eufs,
t9'!H3frMcs.
L'essentiel, en matière de croisement, est d'avoir un sang
bie~pur sur lequel on opère en conservant la ligne du sang
sans avoir égard à celle de la parenté c'est ce qu'on appel-
lerait, en termes 'figuratifs, une génération de eoMs~s, et
ainsi de suite. Les sujets de choix doivent être mis soigneu-
sement à part;, et au fur et à mesure de leur reproduction,
on élimine tous ceux qui présentent les moindres traces de
dégénérescence. Quand on a ainsi fbrmé_sa réserve, on se
sert des plus beaux-, qui restent uniquement chargés de
donner leur. sang sans jamais en prendre a d'autres races.
Pour arriver â.un résultat quelconque, il. faut bien être
fixé sur ce que l'on veut faire. De courtes mais bonnes dé-
finitions sont nécessaires, indispensables ici sur des mots
que l'on confond souvent ensemble; nous adopterons celles
que notre hôte nous a données, et qui ont été professées
depuis avec autorité, au Conservatoire des arts et métiers
de Paris, par un ancien membre du corps enseignant de
l'Institut agrpaomique.de Versailles. Les voici
L'hérédité indique l'action immédiate et actuelle du re-
producteur c'est, à proprement parler, une influence indi-
viduelle.
Mais en même temps qu'il transmet ainsi ce qu'il résume
en lui, le'reproducteur, par le fait même, communique aussi
la somme de ce qu'il a reçu de ses ancêtres c'est là ce qu'on
appelle a~Msmë.
Entre les mots croM<HK~ et me~ss~e, il y a des diffé-
rences plus grandes encore.
Avec le premier, on ente pour ainsi dire une race sur
une autre race. En termes de jardinier, la race locale est
prise comme sujet, celle qui croise comme greffe on utilise,
eh'un mot, la vitalité de la première au profit de la seconde,
pour rie laisser dominer, vivre et fructifier que celle-ci.
Avec le métissage, on veut créer une nouvelle race,
intermédiaire entre les deux qui sont mises en présence ·.
pour cela, on dose librement qualité et quanthé de tous
les éléments qui se trouvent dans chacun d.es deux individus.
Il en résulte que, de même que dans la race bovine,
par exemple, on ne peut raisonnablement pas songer à avoir
du lait, de la fMH~e et du travail avec le même individu,
de même ici on ne peut pas compter sur la production
simultanée des a'M/s et de la cMr ~'a~e; cependant on
peut arriver successivement à ce double but, mais seulement
M<ccMM:)em~ et non pas s;mM~sMemMf.
Nous avons vu de très-beaux croisements obtenus avec
le coq cochiuchmois etia poule normande. C'est là que se
trouve la partie spéculative par excellence. Le premier
sang a apporté sa propension à une ponte plus abondante
et son augmëntâtiott en volume de la chair; le second, la
qualit~plusffne, plus délicate, plus savoureuse de son
système musculaire, etses aptitudes à l'engraissement ré-
gulier et général.
11 est encore important d'observer que dans toutes ces
questions finales d'engraissement, il faut toujours recher-
cher et préférer les races chez lesquelles la graisse ne se
dépose pas spécialement dans telles ou telles parties de l'in-
dividu, dans la région du ventre ou dans les replis de l'in-
testin, par exemple; il faut, au contraire, que cette graisse
soit répartie dans les mailles du tissu cellulaire qui séparé
les faisceaux des fibres charnues.
La poule métisse dont nous parlons, et dont nous avons
donné le portrait (p. 253 de ce volume), a été copiée d'après
nature; on voit qu'elle conserve les attributs principaux des
bonnes pondeuses, l'artichaut ~.l'oreille; quant a lacrcte
et aux barbillons, ils se rapetissent leplus souvent en s'épa-
nouissant on voit aussi qu'indépendamment de ces pre-
miers signes, cette poule métisse a la corpulence et là car-
rure qui caractérisent les bêtes de chair aptes à procurer
un engraissement avantageux.