MAGASIN PITTORESQUE.
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)) Tous les voisins furent saisis de crainte, et le bruit de
toutes ces choses se répandit dans toutes les montagnes
de la Judée (1). b
LA DERNIÈRE ETAPE.
JOURNAL D'UN'YIEtLLAJtD.
Suite.oy. p. 6,10, 39, M, M, 78, 98.
X!f. MONSIEUR BAPTISTE.
J'ai parlé à Roger du projet de mariage de nos servi-
teurs il a mis beaucoup de grâce à en faciliter l'exécution.
Il gardera René qui est accoutumé, dit-il, à ses gronderies,
et ~Félicite surveillera seule le petit commerce .qu'ils veu-
lent entreprendre.
Reste à chercher quelqu'un qui puisse la remplacer chez
moi. Roger m'a proposé un domestique devenu libre par la
mort du comte de Farel. Le comte était un philosophe de
l'école du Contrat social, un peu bizarre, mais adonné à
toutes les grandes vertus. Ceux qui riaient de ses idées ne
le rencontraient jamais sans se découvrir. Son valet a été
formé par lui; c'est aussi, dit-on, un philosophe, grand
lecteur à ses moments de loisir, et qui parle comme un
avocat. Roger, qui le connaît et en fait cas, a proposé de
me l'envoyer dés aujourd'hui. J'ai accepté, et, à l'heure
dite, notre homme est arrive. °
C'est un petit vieillard maigre, propret, mais formaliste.
Il a essuyé ses pieds trois fois avant de dépasser le seuil
de mon cabinet, il a salue et s'est nomme °
Monsieur Baptiste.
Je l'ai regardé avec un peu d'hésitation.
C'est vous que m'envoie mon ami Roger? w
Moi-même, Monsieur.
Vous avez servi le comte de Faret?
fendant seize ans.
Vous cherchez une place?
Et l'on m'a dit que Monsieur en avait une.
Alors causons. monsieur Baptiste.
Je viens pour cela, Monsieur.
Et comme il s'est aperçu que j'oubliais de lui offrir un
siège, il en a pris un (le plus modeste) et il a attendu mes
questions.
Je l'ai interrogé sur ce qu'il savait faire; il a répondu
nettement, sans, vanterie, de manière à me convaincre qu'il
pouvait sumre à tout. La modestie de mon ménage ne
le rebute pas; il s'accommode de la médiocrité des gages.
J'ai cru inutile de pousser plus loin mes investigations, et
je lui ai dit
–En voilà assez, tout est convenu; je vous arrête,
Baptiste.
Monsieur Baptiste, a-t-il repris gravement.
Je l'ai regarde.
Ah! vous tenez à ce que je n'oublie point ce mot?
Par la raison que je ne l'oublierai jamais en parlant
a Monsieur.
Je n'ai pu m'empêcher de sourire.
Cela peut paraître singulier à Monsieur, a-t-it ajouté
avec calme; mais j'ai mes raisons.
Et puis-je vous les demander sans indiscrétion, mon-
sieur Baptiste?
Certainement, dans le. cas où cela intéresserait
Monsieur.
Beaucoup.
Eh bien je crois que le langage inSue sur les habi-
tudes, et que la trop grande familiarité de termes finit par
se traduire en manque d'égards.
~') Yoy. tes versets <9 et suivants du même chapitre, où i'evange-
liste exptique comment Zacharie était devenu nmet.
La remarque est de vous, monsieur Baptiste?
Non, Monsieur, elle est de M. le comte. qui était,
comme Monsieur le sait peut-être, un véritable sage. mais
j'ai cru reconnaître sa justesse dans ma petite expérience.
–Je suis de votre avis, monsieur Baptiste.
C'est un honneur et un plaisir pour moi, Monsieur.
Je vois que vous avez des principes.
C'est-à-dire que M. le comte m'a fait réftéchir a la
position respective des maîtres et des domestiques. ·
Et vous avez trouve?.
Qu'en avilissant le plus souvent les uns, elle cor-
rompait les autres.
Oh oh! voilà de bien gros mots, monsieur Baptiste 1
Pas plus gros que les choses, Monsieur. Dans la
domesticité ordinaire, il semble que le maître ait seulement
des droits, le serviteur seulement des devoirs; d'où il résulte
que le premier tend toujours à l'abus, le second à la révolte.
Et que! remède voyez-vous cela, monsieur Baptiste?
M. le comte m'a fait comprendre qu'il n'y eu avait
qu'un seul, Monsieur le respect rëdproque. Quand le
commandement est poli, l'obéissance n'a rien qui puisse
révolter. Je ne m'en étais pas rendu compte autrefois; je
trouvais seulement dur de me soumettre. A mon âge, la
domesticité me paraissait humiliante pour un vieillard. M. le
comte m'a enseigné le moyen de la relever.
–Comment cola?
En exigeant plus d'égards que ds gages, Monsieur,
et en rendant mes services assez utiles pour qu'on craigne
de tes perdre. On a beau n'être qu'un domestique, quand les
cheveux commencenrâ blanchir, il faut sauvegarder sa di-
gnité.
Vous avez raison me suis-je écrié; que Dieu me
pardonne, monsieur Baptiste, d'avoir tout a l'heure souri
vous me faites voir, pour la première fois, la vieillesse noble
sous la livrée, Je crains seulement que vous ne trouviez
pas beaucoup de maîtres pareils au comte.
Je le sais, Monsieur; on le traitait d'original.
Dites de cerveau timbré.
Peut-ctre; mais comme on m'a dit què Monsieur lui
ressemblait un peu.
–Moi! me suis-je écrie en, riant; sur mon âme, on
m'a fait trop d'honneur. Je tâcherai cependant de ne pas
déchoir dans votre opinion mais si, involontairement, je
vous blessais en quelque chose.
J'avertirais Monsieur.
Soit. Au revoir, monsieur Baptiste.
J'ai l'honneur de saluer Monsieur.
H s'est incliné gravement comme un ambassadeur en
audience de congé, et il a disparu.
Décidément je veux essayer ~f. &!p~s~; ce sera un
moyen de m'améliorer. Nos domestiques ne sont habi-
tuellement que les complaisants ou les victimes de nos tra-
vers, je suis curieux d'en avoir un qui s'en fera franche-
ment le juge.'S'il ne me sert point, eh bien il m'élèvera
l'éducation ne doit s'achever qu'a la tombe.
La suite S M~e <tM~'C ~M'SMOn.
ANECDOTES TURQUES.
Il n'est personne qui n'ait entendu parie!' des innombrables
étab~ssements d'éducation et de charité'que les lazaristes,
assistés des frères de la doctrine chrétienne et des filles
de Saint-Vincent (le Paut, ont fondés et entretiennent dans
le Levant. La seule mission de Constantinople, il y a trois ou
quatre années, instruisait dans ses éco!es près de 1 600 en-
fants des doux sexes, sans parler de ses hospices, de ses
crèches, salles d'asile et dispensaires, qui secouraient an-