ALGÉRIE.
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sud de la Catte, dans le Sahara, à ta place
du petit lac figuré sur tes cartes, il doit
exister un lac immense. .fe lui tis con-
naitre alors l'accord qui existait entre
des indications puisées à deux sources si
différentes.
Il serait bien étonnant qu'un accident
physique aussi remarquable que le lac
Meirir n'eût pas frappé vivement l'ima-
gination des anciens. C'est dans le voi-
sinage du Metrir que devait se trouver le
lac Triton. Mais le rétrécissement consi-
dérable des dimensions et l'ignorance
des phénomènes particuliers à cette.
grande plaine embarrassaient beaucoup p
les géographes. Comment, en présence
d'un étang vulgaire, s'expliquer l'antique
renommée du lac Triton et surtouti'hon-
neur insigne d'avoir produit Pallas, la
déesse de la guerre et de la prudence?
Aujourd'hui il ne peut plus rester de
doutes. Non-seulement le lac Metrir,
avec ses gouffres vaseux et son immense
étendue, occupe la place du lac Triton;
mais il est digne en tout point de le re-
présenter.
Il n'est pas jusqu'à la fable de Pallas
qui ne s'explique. L'idée de prudence
est comme associée à toutes tes descrip-
tions que les indigènes font du Melrir.
Ils disent proverbialement pour caracté-
riser un homme d'une prudence con-
sommée Il pourrait aller seul dans le
Meirir. Imprudent est celui qui s'aven-
ture sans guide dans ces steppes redou-
tables. Enfin combien n'a-t-il pas fallu
de prudence à ces marabouts qui les
premiers ont traversé t'Ëtang du salut!
Doit-on s'étonner que dans l'enfance
des religions les hommes aient fait naitre
la déesse de la prudence dans des lieux
où il faut tant. de prudence pour se di-
riger ? P
Plus de doute non plus sur le fleuve
Triton de l'antiquité c'est l'Ouad-el-
Djedi actuei, qui traverse le Sahara al-
gérien dans ies deux tiers de sa largeur,
vient passer un peu au-dessous de Bis-
kra, et va porter le tribut de ses eaux
dans les abîmes vaseux d'où est sortie
Pallas. Il est vrai que la géographie an-
cienne fait déboucher ce fleuve dans le
fond de la petite Syrte; mais on sait
aujourd'hui que les étangs du Meinr
s'avancent très-près du gotfedeGabès, et
il est très-probable que la petite tangue
de sable qui les sépare a été produite
par des atterrissements successifs. Ainsi
en des temps beaucoup plus rapprochés
de nous s'est fermée la communication
deiameraveef'étangd'Aigues-Mortes
où saint Louis s'embarquait au dou-
zième siècle pour la contrée qui possède
le lac Triton.
Oasis du Ziban. Biskra. Sidi-
OA~a.
Le Ziban au nord l'Ouad-Souf au
sud sont les deux oasis les plus rappro-
chées des bords de l'ancien lac Triton.
Le Ziban se compose de trente-huit
villes ou viitases et de dix-huit tribus,
formant ensemble une population d'en-
viron 100,000 âmes.
Biskra est le chef-lieu politique de
l'oasis; Sidi-Okba en est la métropofe
religieuse.
La ville de Biskra est située au pied
des versants méridionaux de t'Aurès, et
de la longue chaîne de montagnes qui,
dans l'est de l'Algérie, sépare le Tell du
Sahara. Elle est formée de cinq petits
quartiers,entièrement séparés les uns
des autres, et d'une petite citadelle, qui
les domine tous, citadelle occupée jadis
par les Turcs et maintenant par les
Français. L'architecture, comme celle
de toutes les villes du Sahara, en est
plus que simple; les maisons sont en
général construites en briques de terre
séchées au soleil, que les Arabes appel-
lent 7U6; elles sont couvertes de ter-
rasses grossières reposant sur bois de
palmier. La population, est d'environ
3,000 âmes.
C'est le 4 mars 1844 qu'une colonne
française, commandée par M. le duo
d'Aumate,a pris possession, sansaucune
résistance, de cette ville saharienne.
Malheureusement la petite garnison
qu'on y avait laissée fut surprise et mas-
sacrée quelque temps après par Moham-
med-Sghir, khahfad'Abd-et-Kader; mais
la ville rentra immédiatement en notre
pouvoir; et depuis cette époque aucun
acte d'hostilité n'est venu troubler la
tranquillité dont elle jouit.
On a trouvé dans la citadelle de Bis-
kra une pièce de canon du temps de
Henri II. Elle portait le miilésime de
1549, avec te chiffre de Diane de Poitiers.
Par que) tes vicissitudes ce monument de