TUNIS.
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certaine distance, ne former dans toute
son étendue qu'un même jardm, rempli
d'arbres fruitiers de toutes les espèces,
et surtout d'un grand nombre d'oliviers;
les sentiers qui passent entre les portes
diverses de ce jardin sont eux-mêmes
bordés de jolis peupliers, de noyers et
d'autres arbres, dont la verdure concourt
encore à augmenter l'illusion de cette
délicieuse perspective.
Le premier objet qui frappe la vue en
entrant dans la ville du côté qui regarde
le sud-est est une porte gigantesque,
construite en grosses pierres de taille
noirâtres (1). Sa partie supérieure est
ornée d'une belle tête de belier, coiffée
d'une paire de grandes cornes très-élé-
gamment enroulées, et au-dessous de
laquelle on lit le mot latin AVXILIO.
Ou trouve cette formule assez com-
munément employée par les Romains.
auxquels on doitla construction de cette
antique porte des inscriptions de ce
genre étaient placées particulièrement
par eux sur des portes destinées à faci-
liter certaines issues supplémentaires et
indépendantes des portes principales des
villes, ou à procurer durant un s)egel en-
trée d'un secours dans la cité attaquée.
La tête de bélier, avec ses deux cor-
nes, indiquait probablement l'abondance
et la fertilité des terres,'dont les pro-
ductions étaient introduites par cette
porte, pour les besoins habituels des ha-
bitants. ) t 'r
Peut-être aussi cette tête de bélier,
jointe au mot Avxino, qui l'accoin-
pagne, n'était-etle autre chose qu une
dédicace à Jupiter-Ammon, implorant
son secours en faveur des pèlerins qui
sortaient par cette porte pour prendre la
route de sontemple et se rendre a Oasis
Ammonien (2). Peut-être encore la ville
(i) rofM ci-après, ta planche n" x6.
(2) Personne n'ignore que Jupiter-Ammon
était représt-nté avec une tête de bélier, ce qui
lui a fait donner par Hérodote (lib. U, cap. 4)
)'épithe!e de xpMTtp6<rM~o<;etpar Luca)n
()ib. IT!.) celle de fortis cornibus ~mmo/!
la tête de bélier, comme embieme de Jupiter
Amnton. se trouve sur un assez grand nom
bre de médailles. Celles d'Alexandre represen-
tem la tète de ce prince ornée de cornes d)
bélier, a cause de la prétention qu'il avait d.
descendre de Jupiter-Ammon, et ce genre d<
3" Livraison. (TUNIS.)
elte-même était-elle consacrée à Jupiter-
Amman et le reconnaissait-elle pour son
protecteur particulier.
Quelle que soit l'hypothèse que l'on
adopte, on doit avouer que la ville n'a
d'autre beauté que sa position pittores-
que l'aspect de t'intérieur est triste et
sévère, la plupart des maisons y étant
bâties sans élégance, pten partie de pier-
res de taille, analogues à celles dont la
grande porte ci-dessus décrite est con-
struite, pierres qui sont incontfstable-
ment des débris des monuments qui
ornaient l'ancienne ville, beaucoup plus
belle et plus grande que celle d'aujour-
d'hui.
On voit sourdrede tous cotés, soit dans
la montagne, soit dans la plaine, des
sources abondantes, dont les ruisseaux
fournissent de l'eau aux maisons et aux
jardins c'est sans doute l'abondance de
ces eaux, ainsi que leur pureté, qui a en-
gagé les bonnetiers, les foulons et les
mégissiers de Tunis à venir établir leurs
fabriques dans ce lieu (3).
L'endroit de toute la Régence ou
l'on respire l'air le plus pur et le plus
salutaire, c'est, sans contredit, ~c-
ghouân la température en est même
beaucoup plus régulière, et la chalfur
plus modérée, que celle de Tunis; l'hi-
ver, en revanche, y est infiniment plus
froid, à cause de la proximité de plu-
sieurs montagnes fort élevées dont la
chaîne s'étend au nord-est.
Quoi qu'il en soit, il n'y a, dans toutes
les contrées dépendantes de Tunis, que
cette petite ville qui réunisse autant d'a-
vantages et d'agréments, et ou pourrait
s'étonner que les Tunisiens ne fassent
pas construire dans les alentours des
diadème se retrouve encore sur les médailles
des rois de Macédoine, de Thrace et de Syrie,
qui s'étaient partagé l'empire de l'illustre con-
quérant plus tard, un roi des Perses, ~o/,
qui prenait le titre de second Alexandre,
avait également adopté ce genre de parure
royale. Le bélier était aussi chez les Grecs l'at
tribut de Mercure, protecteur des troupeaux.
(J.J.M.)
~3)Leseauxde~f:~oMansontsurtoutre-
nommées pour la teinture des bonnets feutrés
(M~OM/i)enécar)ate:ontrouveaussta à
.Z~/tOHan et aux environs un grand nombre
deblaucliisserieii.
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