L'UNIVERS.
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jourd'hui de base à la tour du Phare.
Il était réserve à Baba-Haroudj, que
nous appelons Barberousse d'élever
Alger à ia hauteur de son génie et de
sa fortune. Cette révolution s'accomplit
en 1515.
Si après un règne de trois années
seulement l'i))ustrë renégat succomba
sous le fer espagnol, si sa tête et sa
veste d'or furent portées en triomphe à
Samt-Jérome de Cordoue, l'édifice qu'il
éleva n'en est que plus digne d'étonne-
ment, nous n'osons dire d'admiration.
Ces trois années lui avaient suffi pour
fonder la capitale d'un empire. Du jour
où Barberousse eut touché Djézaïr, une
révolution magique s'opéra ]a petite
ville, qui quelque temps avant n'eut pas
résisté aux sandales de Bougie et de
Tunis, allait voir échouer devant elle
en quelques années François de Véra
Hugues de Moncade et Charles-Quint,
te grand souverain du seizième siècle,
avec les meilleures troupes de ses trois
royaumes.
!I y eut du bonheur sans doute mais
quel est le succès qui peut se passer de
la fortune? t) y eut du bonheur, car
un auxiliaire terrible, la mer se sou-
leva elle-même contre les flottes enne-
mies il y eut du bonheur encore dans
la rencontre de ces deux frères, dont
l'un hérita du génie de l'autre et sut si
bien achever et consolider son œuvre.
Khaïr-ed-Din fit ce que Barberousse
eût fait s'il avait vécu; autour de cette
ville, qui désormais valait la peine d'être
prise il étendit une ceinture de rem-
parts au sommet de )a colline dont
elle occupe les pentes il éleva une ci-
tadelle; en un mot il t'équipa en guer-
i rière il en fit A lger la ~t ya~M.
C'est en t53S que Khaïr-ed-Din fit
élever les murailles d'Alger. En 1571
une terreur panique détermina la cons-
truction de nouveaux ouvrais. Les
Algériens tremblèrent de voir appara!tre
devant leurs côtes le vainqueur de Lé-
pante. Dans leur trouble ils se décidè-
rent, pour dégager les abords de la ville,
a démotirun faubourg entier. Deux ans
après, sans doute sous l'impression de
la même terreur, de nouvelles fortifica-
tions furent élevées. A cette époque
Alger comptait neuf portes vingt-trois
pièces de canon garnissaient le front de
mer. A la porte de la Marine on en
remarquait une qui avait sept bouches;
elle était de fabrique et d'invention tur-
ques. Cette curieuse machine de guerre
a disparu; mais le souvenir s'en est
conservé à Alger; les habitants mon-
traient encore il y a quelques années
l'embrasure qu'elle occupait dans le
fort des ~M~a/o~.
Sous le règne de Khaïr-ed-Din la
population d'Alger prit un accroisse-
ment rapide. Vers la même année 1573
elle contenait 12,200 maisons, ce qui
suppose environ 60,000 habitants; elle
possédait en outre 100 mosquées et 34
hôpitaux (t).
Le plus grand ouvrage de Khaïr-ed-
Din, celui qui suffirait à la gloire d'un
règne, fut la construction de la jetée qui
porte son nom. t) commença par s'empa-
rer du Penon ce qui le débarrassa des
Espagnols. C'est alors seulement qu'il
posa la première pierre de ce fameux
port d'Alger, dont nous allons retracer
l'histoire.
H existait alors dans )a courbe du
rivage où est assis Alger une saillie na.
turelle, encore appréciable aujourd'hui,
malgré les ouvrages dont elle est cou-
verte. En avant, et à deux centtrente
mètres environ dans lamer, surgissaient
les quatre flots rocheux qui avaient valu
à la ville son nom de D;'eza<?'. C'est à
l'abri de ces quatre îlots que les navires
venaient jeter i'ancre.
Du milieu du groupe s'avançait vers
la saillie du rivage une série de pointes
de rochers, barre naturelle qui dessi-
nait l'enceinte du mouiHage, mais ne
lui donnait aucune protection ni contre
les vents ni même contre la houie du
nord. D'autres dangers y menaçaient
d'ailleurs les navires; ainsi il existait au
milieu même de la darse plusieurs
pointes de roches, sur l'une desquelles
est venu se perdre en 1835 le bateau à
vapeur <e/a~eM~.
(i) .Kmf/a~'om de la régence ~~e;
par MM. Sander-Rang et Ferdinand Denis.
La popt~jation d'A!ger paraît avoir déchu dans
la suite. A la 6n du dix-huitième siècle, Ven-
ture de Paradis ne comptait dans toute l'é-
tendue de la ville que 5,ooo maisons, environ
25,000 habitants. C'est ]e nombre auqt.et
l'Espagnol Ha.edo eva)ue les esclaves chrétiens.