ALGËME.
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Mazafran et la mer, c'est-à-dire dans
toute l'étendue du Sahel. A Oran, l'oc-
cupation n'embrassait qu'un rayon de
quatre kilomètres autour de la place et
le fort de Mers-el-Kebir. A Bone les
tribus se rapprochaient de plus en plus,
et manifestaient des dispositions favo-
rables. En dehors de notre domination
directe, Médéah était encore sous le
commandement de t'envoyé marocain,
personnage sans valeur, incapable d ins-
pirer aucune crainte sérieuse. Nuiana
obéissait à la famille des marabouts
Sidi-Ahmed-ben-loucef; sans relations
d'autorité avec les tribus environnantes,
qui vivaient dans une indépendance des
plus turbulentes. Mostaganem et Tiem-
sen étaient occupés par <ies Turcs et des
Coulouglis qui entretenaient des intelli-
gences avec nous.
Dans l'intérieur de nos possessions
la population civile s'accroissait rapide-
ment, et semblait dominée par le besoin
de prendre racine dans le pays en acqué-
rant des propriétés. On construisait de
toutes parts les traces de la dévastation
qui avait été la suite inévitable de la
conquêtedisparaissaientsuccessivement.
Dans le mois de mai 1832, à la suite de
discussions survenues entre le comman-
dant en chef et l'intendant civil ce der-
nier avait été remplacé par M. Gent y
de Bussy, qui déploya une grande acti-
vité pour organiser l'administration de
la viue d'AVer. Au dehors, des routes
militaires étaient ouvertes; des camps
retranchés, établis dans des positions
bien choisies, multipliaient les moyens
de défense et prouvaient aux indigènes la
ferme volonté de la France de garder
cette terre conquise par ia bravoure de
ses soldats. Les sentiments hostiles pa-
raissaient s'affaiblir; la tranquillité et
le besoin de la paix faisaient chaque jour
des progrès. Encouragé par ces premiers
résultats, le générât Rovigo s'appli-
quait avec persévérance à les développer,
lorsqu'il fut atteint de la maladie à la-
quelle il devait succomber. Il rentra en
France au mois de mars, et fut remplacé
par le lieutenant général Voirol, qui
prit le commandement par intérim.
Commandement !~M':M<Hre du général
~Otro~.
(D'avril 1833 au 27juiUet 1834.)
ÉVÉNEMENTS SURVENUS DANS LES
TBOts PROVINCES. Le nouveau gê-
néral en chef marcha avec activité et
avec bonheur dans la voie ouverte par
son prédécesseur il apporta même dans
les affaires un esprit plus conciliant, des
formes moins acerbes; et tout en se mon-
trant énergique à regard des indigènes,
il s'efforça de leur faire sentir les bien-
faits d'une administration protectrice et
bienveillante. Au commencement du
mois de mai, deux tribus de la Métid)a,
ayant commis des actes d'hostilité, fu-
rent rudement châtiées, et cet exemple
d'une juste sévérité accrut encore les
bonnes dispositions de la population
arabe envers nous.
Après la défaite et la ruine de Hus-
sein-Pacha, le bey de Constantine, ral-
liant les débris de la milice turque,
avait regagné sa province, pith'nt sur
son passée toutes les propriétés de
l'État. A son arrivée à Constantine, il
trouva la ville révoltée, et ayant reconnu
un nouveau bey; il lui fallut recourir u
l'alliance des tribus du désert, dont sa
mère était originaire, et au secours des
Kabiles, pour reprendre possession de la
capitale du beylik. Dès que son autonté
avait été rétablie il avait tourné tous
ses efforts vers Boue, afin d'acquérir un
port. Repoussé définitivement de ce côté
par l'occupation de la ville par la France,
au mois de mai 1832, il convoita Bousie.
Ses intrigues n'eurent pas plus de succès
auprès des populations kabiles, qui se
montrèrent peu empressées de se donner
un maître. Ne pouvant prendre pied sur
lelittoral, il voulut s'emparer de Médé.ih,
afin de se rapprocher d'Alger, impatient
de s'arrogerle titre de pacha, qu'iliaisait
solliciter à Constantinople. Cette espé-
rance fut encore déçue; les habitants de
Médéah, divisés par des factions, tirent
taire cependant leurs querelles intestines
pour résister au bey de Constantine.
L'horreur que les tribus avaient de la do-
mination turque était si grande, que
piusieurs d'entre elles réclamèrent des
secours auprès du général en chef. On
ne ['ut ~ur en accorder «MM t'assuranc~
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