ALGERIE.
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Aroudj et Kheir-ed-Din.
Telle était la situation de l'Afrique
septentrionale lorsque parurent deux
aventuriers, Aroudj, nommé par les
Turcs Baba-,4roudj ( dont les Euro-
péens ont fait par corruption Barbe-
rousse) et son frère Kheir-ed-Dm. Leurs
exploits remplirent bientôt de terreur
tous les parages de la Méditerranée, et
ils organisèrent sur les côtes d'Afrique
un Etat important placé sous le patro-
nne du sultan de Constantinople. Ces
deux hommes, que la témérité de leur
courage et leurs conceptions hardies ont
fait ranger au nombre des personnages
illustres de ce siècle fécond en caractè-
res singuliers et remarquables, méritent
qu'on s'étende avec quelques détails sur
leur origine et sur les faits principaux
de leur carrière.
Vers la fin du quinzième siècle, sous
le règne du sultan Bajazet H, vivait
dans t'itedeMétilène, l'ancienne Lesbos,
un potier du nom d'Iakoub. I! eut qua-
trefils Éti as, Ishac, Aroudj, et I<Lhei r ed-
Din. Aroudj sent bientôt remarquer
par son esprit entreprenant et résolu.
A la mort de son père, il organisa tvec
son frère Ënas un armement recruté
parmi les jeunes marins de Métitène
pour courir sur les chrétiens. La fortune
leur fut d'abord contraire; dans un com-
bat livré contre des galères de l'île de
Rhodes, EUas fut tué avec un grand
nombre de ses compagnons et Aroudj
fut fait prisonnier. Mais il parvint bien-
tôt après à s'échapper, et se réfugia
dans un port de la Caramanie. De là
il se rendit en Egypte, et peu de temps
après on le vit apparaître à la tête d une
petite flotte qui ravagea les côtes de la
Pouille, et porta i'aiarme et l'épouvante
dans la plus grande partie de la Médi-
terranée.
Aroudj établi à Tunis.
L'année suivante, Aroudj établit SE
croisière sur les côtes du royaume d<
Tuais. Il demanda au sultan de ce pay~
(Moutey Mohammed, prince hafside
la permission d'abriter sa flotte dans m
des ports de ses États, et d'en faire L
centre de ses entreprises maritimes. 1
obtint cette autorisation, moyennan
l'engagement qu'il prit de respecter le
sujets et tes a))iés du sultan, et de lui
donner le cinquième des prises qu'il fe-
raitsurteschrétiens.Son frère Rhor-edj
Din vint le rejoindre, et i)ss'étab))renta
Tunis. La bravoure de ces corsaires, les
riches captures qu'iisentevèrent aux
Espagnols et aux Italiens, rendirent
leur nom célèbre sur tout le littoral du
Maghreb. lis eurent bientôt acquis assez
d'importance pour songer à se créer une
petite principauté indépendante et s'af-
franchir de l'espèce de tribut qu'ils
payaient au sultan hafside.
re?t<0!<<t?e contre Bougie.
Ils portèrent leurs vues sur Bougie,
qui était alors, depuis trois ans, au pou-
voir des Espagnols. Ils réunirent cinq
navires, et vinrent débarquer auprès de
la ville en 1512 ( 918 de l'heure). Dans
une reconnaissance qu'Aroudj voulut
faire de la place, il eut le bras emportf
par un boulet. Pendant que son frère se
retirait à Tunis pour se faire guérir,
Rheir-edDinpritIecommandementdeta
flotte, et se rendit sur les côtes d'Espa-
gne, afin de faciliter te passage en Afri-
que des musulmans espagnols qui, après
avoir d'abord embrassé le christianisme,
lors des décrets d'expulsion de Ferdi-
nand, persécutés de nouveau, s'en-
fuyaient des villes, et cherchaient à pas-
ser la mer pour retourner à t'istannsme.
Kheir-ed-Dinenrec,utun certain nombre
sur ses navires. Il ravagea ensuite l'île
de Minorque, fit quelques prises auprès
de la Corse, et rentra à Tunis au com-
mencement de la mauvaise saison.
Prise </e Djidjéli,.
Les Génois, commandés par André
Doria, vinrent attaquer les deux frères,
brillèrent qudques-uns de leurs bâti-
ments et en prirent six. Dès qu'Aroudj
fut ~uéri de sa b) assure, pour écba))per
à la surveillance du sultan de Tunis et
pour être mieux protégé contre les atta-
) ques des chrétiens, il alla s'établir à
5 i'ne de Djerba, où il employa toute )'an-
5 née 15)3 à réparer ses pertes. En 15)4
) il fit avec son frère un armement pour
i s'emparer de Djidjeii. Cette vihe était
e occupée par les Génois. A l'approche
des corsaires, les habitants musulmans,
t qui les avaient appelés, et les Kabiles
s des montagnes environnantes sejogm-