SUR LES ÉCRITS ET LES TRAVAUX 40 sous Ptolémée Évergète, vers 240 avant J.-C., Apollonius de Perge, imagina de faire tourner uniformément la planète dans un petit cercle qu'il nomma épicycle, tandis que le centre de ce cercle tournait autour de la terre dans un plus grand cercle appelé déférent, parce qu'il portait l'épicycle. On conçoit que la planète, marchant dans son épicycle, va tantôt du même sens, tantôt en sens contraire; et, selon les propor- tions assignées par Apollonius, il y a des cas où le mouve- ment résultant de cette combinaison sera rétrograde, d'autres où il sera nul et la planète stationnaire. Tels sont les traits fondamentaux d'un système qui, depuis Hipparque, a servi de base à toutes les théories et à toutes les tables astronomiques. Copernic expliqua la seconde inégalité d'une manière satisfaisante par le mouvement de la terre; mais, pour représenter la première, il conserva encore les anciens cercles excentriques et les épicycles. Ce fut Kepler qui, en introduisànt le premier la notion de l'ellipse, fit disparaître enfin la dernière trace de la théorie planétaire des anciens. De leur côté les philosophes, principalement les péripaté- ticiens, restèrent encore longtemps attachés aux sphères d'Eudoxe, parce que leur oracle, Aristote, s'était déclaré en faveur de ce système. On ne pouvait renoncer au préjugé des mouvements circulaires uniformes, cette erreur si chère à toute l'antiquité. Au xvie siècle, le médecin Fracastor, dans son traité intitulé ~oMoce/~ca, essaya encore de ranimer l'ancien système, et il trouva que, pour représenter seu- lement les plus essentiels des phénomènes célestes connus de son temps, il ne fallait pas moins de soixante-dix-sept sphères. On peut facilement présumer qu'il ne mettait pas les comètes au nombre des corps célestes. Nous avons tâché de donner une idée exacte de cet impor- tant mémoire, et souvent nous avons textuellement traduit les propres paroles du docte auteur. Nous ne pensons pas que nos lecteurs trouvent que nous nous y soyons arrêtés trop longtemps. M. Ideler est du petit nombre des savants dont