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SUR 1 LËCHIER.

xxxix

lenteurs de la méditation et les combinaisons de
l'art étoient plus nécessaires à ce génie moins ar-
dent et moins vif, plus appelé à perfectionner
qu'à créer il eut cependant fini de très bonne
heure ses premières études, qui furent ses pre-
miers triomphes, et que bientôt il approfondit
dans la congrégation de la Doctrine chrétienne,
sous les auspices et sous la direction particulière
de son oncle maternel, le célèbre père Audiffret,
qui en étoit le supérieur pendant les onze années
qu'il passa dans cette société religieuse et savante,
depuis 1648 jusqu'à i65g, c' est- à dire depuis
l'âge de seize ans jusqu'à celui de vingt-sept, il se
livra tout entier à la lecture des grands modèles
de l'antiquité, et à celle du petit nombre de bons
écrivains que lui présentoit notre littérature il
nous apprend lui-même qu'il lisoit aussi quelque-
fois les sermonnaires italiens et espagnols, pour
s'amuser des traits burlesques qu'il rencontroit
dans leurs compositions, et surtout pour les évi-
ter. Cette circonstance des études de Fléchier
n'est pas du tout indifférente elle appartient à
la trempe de son esprit, et la caractérise; l'atten-
tion qu'il donnoit aux ridicules des mauvais ora-
teurs présageoit le talent judicieux et sage qui de-
voit rétablir parmi nous l'éloquence dans toute sa
pureté, et substituer aux élans grossiers et aux
recherches grotesques d'une imagination aveugle
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