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Le système, que le ministère de l'intérieur avait ainsi bâti, n'était pas viable. 11 contenait des erreurs énormes. Son organisation fantaisiste de la relégation notamment mettait en péril la sécurité et l'existence des colonies. Est-il besoin que je détaille ces erreurs?

Le projet n'imposait pas au relégué le travail; et parla il tuait d'avance toute colonisation par la relégation. Est-ce que l'exemple éclatant et récent des ~epor~es oisifs de la Commune n'avait pas été décisif?

Le projet autorisait le récidiviste à circuler partout dans la colonie; et par là il rendait possible, dans la capitale de la Guyane ou de la Calédonie, cette concentration des masses dangereuses, dont le directeur de la sûreté générale au ministère de l'intérieur s'inquiète d'ordinaire et s'est toujours justement inquiété.

Mais le projet n'avait pas seulement pris à rebours et manqué le régime de la relégation. Il avait, comme à plaisir, porté le mal au maximum, en disposant que tous les repris de justice, qui auraient encouru un nombre déterminé de condamnations, devraient être sans exception possible, condamnés par les magistrats à l'expatriation perpétuelle. Il ne s'agissait plus dès lors d'introduire en Guyane ou en Calédonie quelques individus isolés, mais de déchaîner sur deux petites villes de cinq à dix mille âmes, Nouméa et Cayenne, une véritable invasion de barbares, et de quels barbares!

Il est trop clair qu'un tel projet n'organisait pas, il désorganisait la colonisation pénale, et, du même coup, il empêchait toute colonisation libre de s'établir ou de s'affermir en Guyane et en Calédonie.

Le vote favorable de la Chambre communiqua au système du ministère de l'intérieur une autorité qu'en luimême ce système ne comportait pas.

C'est alors que j'entrepris contre le projet, qui n'avait plus besoin que de la ratification du Sénat, une campagne réiléchie, résolue, que j'ai entamée, que j'ai poursuivie et que je continuerai, dans l'intérêt du droit. Heureusesement je ne fus pas seul à combattre. Les gouverneurs de la Guyane et de la Calédonie, qui n'avaient pas le désa-

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