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98 LA FRANCE COLONIALE.

Dey, souverain effectif du pays, et d'un Divan ou conseil.
Ce régime se prolongea jusqu'au commencement du
dix-huitième siècle. Son histoire est celle de guerres in-
cessantes avec les régences voisines d'Alger et de Tripoli,
d'assassinats terminant le règne de la plupart des Deys,
auxquels une milice de janissaires donnait ses favoris,
souvent d'anciens corsaires, pour successeurs, sans se
soucier le moins du monde d'avoir ou non l'agrément
du Chef des croyants. C'est aussi l'histoire de querelles
incessantes et de traités d'amitié constamment violés avec
les puissances européennes, d'épouvantables brigandages
maritimes, de captivités dont les plus célèbres sont celles
de Michel de Cervantes et de saint Vincent de Paul. C'est
du bagne de Tunis, « cette tanière etspélonque de voleurs
sans aveu du Grand Turc », il était prisonnier depuis
deux ans, que ce dernier s'échappa, le 18 juin 1607, et,
monté sur une barque, eut la bonne fortune de gagner les
côtes de Provence.

La dynastie hmsseifnîte. t,a Tunisie imdépem
dante. En 1705, commence pour la Tunisie une nou-
velle période politique. C'est l'année de l'avènement d'un
soldat de fortune nommé Hussein ben Ali, qui, porté au
trône à la suite d'une guerre civile, prit le titre de Bey
et fonda la dynastie Husseînite qui règne encore à l'heure
actuelle. Sous cette nouvelle forme de gouvernement,
les liens qui reliaient la Tunisie à la Porte se relàchèrent
tout à fait. Plus que jamais, dans toutes les questions
internationales, la Régence joua le rôle de puissancè
indépendante, traita en son propre nom, et répondit seule
de ses actes. La destruction, en 1811, parle beyHamouda,
d'une milice turque demeurée à Tunis, acheva, mieux
que tout le reste, de marquer la'rupture. Si, en diverses
occasions, la Tunisie envoya des troupes se joindre à
celles du Grand Seigneur lorsque celui-ci était en guerre,
ce fut en tant qu'alliée naturelle de l'empire ottoman et
non en qualité de vassale. Ce fait mis à part, le gouverne-
ment des Beys ressembla fort à celui des Deys. Il fut
signalé par les mêmes troubles intérieurs, les mêmes
guerres avec les régences voisines et par les mêmes bri-
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