LE FIGARO UfflD» 27 JANVIER 18361 sea~us~®~u~s~ tesspendances Etrangères "i .̃̃l-r.n.-l.t,T-. ̃ -T u-r.r-.x-run- £ FIOABQ EN AMERIQUE î -̃̃ c ̃>̃. New-Vprk, 18 janvier 1896. Une artiste française, Mme Jane May, qui eut jadis, si mes souvenirs ne me trompent pas, maille à partir avec la € presse parisienne,, fait en ce moment i beaucoup parler d'elle, à la suite d'un a a procès en diffamation, qu'elle vient d'in- j. têntéiiàu révérend Joseph Pulmann, pas- téur du premier temple méthodiste de Bridgeport (Connecticut). p Après la représentation de Pygmalion, i à Bridgeport, les journaux de la_ ville n'onE pas m~ngué,~e donnèr lè cômpté t n'ont pas manqué 4e donner le compte rendu détaillé de la pièce et tout spécia- I lement de la fameuse scène dans la- c quelle Mme May. dans le rôle de Pyg- g malion,- s'éprend de la statue. Or, le dimanche suivante Révérend Pullmann, que les lauriers du docteur Parkhust empêchent, sûrement de dormir, car ce dernier est le gardien vigilant de la mo- j ] raie à New-York, se permit de diffamer l en chaire l'artiste française qui lui de- ( mande la bagatelle de, vingt-cinq mille » dollars de dommages-intérêts l' II est dit îiotammeht dans la plainte que « Mme I May est une femme mariée, qu'elle joue ̃ depuis plus de cinq ans dans les tliéâ- ( très de Paris et des Etats-Unis et que le l Révérend Pùllmàtlii a porte publique- l ment coiïtre elle; des accusations faussesi ( malicieuses et de nature à porter atteinte 1 à sa bonne-réputation )). 1 ~?~ ( Les fêtés de Noël, maigre le /trouble i i momentané des affaires financières et < l'excitation, inattendue d'une menace de < guerr&ue se sont pas trop ressenties de 1 cet.état de choses, car tous les magasins ] • regorgeaient de monde et la foule en'va- hissaîi les églises où brillaient, dans le fond des grandes nefs, des couronnes de cierges, éclairant le divin enfant, endor- mi sur là paille, entre le bœuf et l'âne.' Tout ce monde paraissait heureux, sur- tout les humbles, que l'espérance fait vivre et que les fluctuations de la Bourse ne peuvent atteindre. C'est surtout dans la haute société de la financé et des affaires que l'animation, en ces jours de liesse, n'a pas été ce qu'elle est d'ordinaire et au lieu d'y par- ler bals* dîners et réceptions; il n'était question que du Venezuela et de la doc- trine Munroe. –-Cela était très appa- rent surtout à l'Opéra, ou généralement les ̃visites s'échangent pendant les en- tr'a.ctés dans" les loges, délaissées cette fois. par les abonnés, qui encombraient les.LCorrï.dp.rs;du. Metropolitan rappelant l'office du Windsor hôtel, petite bourse du ,soi.r. des. brockers g!e. la ville, et où l'on pouvait percevoir "lès accords de l'orchestre ainsi que la fo|x des chan- teurs flottante dans le tumulte du brouhaha des conversations et des po- lémiques soulevées- par le message du président Çlevelànd. ` Poir la. messe dp Noël, 1-tj, gi-ande ca- thédrale de là 5° àyenué résplendissait avec rinïïniïjè de ses ï'unjjiergs se reflétant sur les mjpji du^î^lûi^^l^qués en mar- bre, j^spe1^ et-- porphyre; ortté,s, d'arabes- ques '4'or'^ et ,dàns ta tiède «ftnosphère des ûliagés d'encens et laprofusion de fleurs ouvrant leurs càlicèa embaumés, alors,: que toutes les têtes s'inclinèrent au niomlBntd.e l'Elévation, on entendit Ja voix ^ur6mën^e;xquise de., la" Melba, 4oat les .accents ̃émus ont dû monter ,-veig. je Très^Haut sur les, ailes invisibles des harmonies eélestes î^4. A la même heure et dans une autre église française (Saint-Paul), la messe était-âjiBsi-célébrée en musique et c'est dans le recueillement profond des fi- dèles que notre compatriote Plançon a chanté d'une voix vibrante et sym- pathique Je crois en Dieu, de notre g.rand.chanteur Faure, et le duo du Cru- cifix, Au même auteur, avec un ténor français tout heureux, j'en suis certain, de -donner la réplique au populaire ar- tiste du Metropolitan-Opera-house. "É'Âniériqùé, ainsi que les autres pays, n'ëeïiàppéra pas à l'envahissement jour- n"~happèra pas a l'envahissement jour- nalier du music-hall, qui devient pour les théâtres une concurrence de plus en pfôs désastreuse. Comme tout ce qui se fait ici &styery great, ces établissements sont naturellement plus vastes que par- tout, ailleurs. Voici le Koster and Bial's, un dés Beuglants les mieux fréquontôs et les plus suivis de New-York, distancé par l'Olympia, dont l'ouverture vient d'àvom lieu dans des conditions de suc- ces assuré, grâce au concours de notre ctiarmeuse parisienne Yvette Guilbert, dànt rapparition à New-York était très impatiemment attendue. Ûans: Uimmense artère du Broadway ebrà. la, hauteur de la 45* rue, où, il y a quelques années à peine, se trouvaient énGô're des terrains vagues qui sont de- venus aujourd'hui l'un des quartiers les plus animés de New-York, s'élève un très vaste édifice, dont la façade monu- mentale déroule ses festons et astragales de pierre grise sur l'emplacement de tout un bloc, environ 90 mètres carrés. Pans rirtténeur de la bâtisse princi- pal© se trouvent trois salles bien dis- tinctes le café-concert, une grande ta- verne brasserie avec orchestre et un théâtre où Ton joue et chante le genre burlesque très en faveur ici. Un ticket d'admission vous permet de parcourir le –-tout, grâce aux galeries du fond, qui dorment accès dans les trois-salles. Si \'ous 'voulez bien me' suivre un instant, nous assisterons à quelques scènes du ti'fiice's Esrcelsior » joué par une troupe d'opérette où vous verrez plus de jolies jambes que vous n'entendrez de jolies voix, spectacle d'ailleurs bien américain, très gai et fort luxueusement monté comme costumes et comme décors,, le tô.ut gôusun ruissellement de lumières électriques de toutes couleurs donnant aux satins des mordorations criardes et aux paillettes d'or d'aveuglantes clartés. De là.nous passons dans la salle voi- sine pour y savourer'un. verre de cette ftière exqmsesque vous ne pouvez boire qu'ici ou a Munich et nous arrivons en- fin dans ta grande salle, de café-concert, où une foule compacte se presse, atten- dant l'entrée- sensationnelle d'Yvette Guilbertr v • La voici, telles que tes modernes affi- ches illustrées, de Bac et Willette, l'ont popularisée, dans sa robe claire, très sim- ple. en forme de fourreau, modelant les àvelteïses ^racieuees du corps, les fa- tfleux gants noirs montant en spirales, presque à la liaûteur des épaules, for- rpant avec l'attache du cou un dessin d'une gracilité de statuette antique. L'at- titude décidée, les yeux vifs et perçants, figés comme deux petits diamants, noirs dans ce masque d'oiseau moqueur, révè- lent à première vue « quelqu'un». Mais l'impression première, surtout pour les étrangers, est encore hésitante, et ce n'est que lorsque l'éclat de ses yeux brille et que ses lèvres- s'entr 'ouvrent au sourire éclairé des blancheurs de sa bouche qu'on subit le charme irrésistible de cette diseuse bien moderne dont la voix aigrelette résonne avec une netteté parfaite, jusqu'aux extrémités du vaste music-hall. En somme plus qu'un succès, un vrai triomphe, qui, va sûrement se renouve- ler dans les provinces qu'elle doit pro- chainement parcourir, à l'expiration de son traité avec la direction de l'Olympia. Le frère cadet de William R. Vànder- bilt vient de faire bâtir dans l'Etat de North Carolina un magnifique château de style Renaissance,- qui d'après les plans et les divers aspects de cette royale demeure, reproduits cette semaine dans les journaux de, New-York, doit être une pure merveille du célèbre, ar- chitecte. Huât, qui fit ses études premiè- tes à notre Ecole des beaux-arts de Pa* iis et qui a présidé à tous les travaux, qui n'ont pas duré moins de sept an- nées. '̃ ,̃ ̃'̃ ."̃;̃̃ C'est aujourd'hui, paràît-il, Ta résidence La plus- somptueuse des Etats-Unis* et des colonnes entières ne suffiraient pas s'il fallait vous transcrire ici l'énumêration des merveilles sans nombre entassées dans les diverses pièces plus luxueuses les unes que les autres de ce nouveau palais des mille et une nuits appelé le château de Biltmore. ̃̃ L'installation des écuries, la grande serre d'hiver et la bibliothèque, notam- ment, défient toute description, fit quand je vous aurai dit que l'ensemble du do- maine a une étendue de cinquante mille hectares, vous pourrez vous faire une idée de l'aspect grandiose delà construc- tion principale, des jardins, des parcs, ainsi que des contrées de chassé ou de pêche, que le milliardaire américain peut a son gré faire parcourir à ses invités, grâce à un service de voitures et de che- vaux, admirablement organisé, ou, ce qui est plus américain encore, en che- min de fer privé, qui part d'un village miniature, uniquement habité par les serviteurs, employés, jardiniers du fabu- leux domaine. Ajoutez à cela que le pays est merveil- leux, admirablement situé entre les montagnes du The Blue Mode et celles deVAlleghanhy, à trois mille pieds' au- dessus du niveau de la mer. M. Geoi'gé Vanderbilt, l'heureux pro- priétaire de cette unique demeure, est, pàràît-il, un sage et un' intelligent, pas gâté du tout par l'amoncellement de tous ses raillions de dollars qui font perdre la tête et quelquefois, la 'vie à d'autres. Jèune encore, il fuit le monde et le ma- riage. au grarjd désespplrdè-irieiT- des- partis gui, VôU5,;le. pensez,' nû< fc ifereteri't pas de vue v i vànt dans là seule inti- mité de ses livres, ou ceUe:de sa fa- mille, aujourd'hui réunie tout entière à Biltmore. ̃̃• ̃̃ ̃̃ ̃- ̃̃: "̃ Une superstition fort répandue ici as- sure aux personnes qui restent debout de minuit à une heure du matin, pen- dant la nuit du 31 décembre au 1" jan- vier, qu'elles verront la fin de Tannée qui commence; aussi l'animation était- elle grande dans les principales rues et avenues de New-York, principalement dans le Broadway, aux abords du Tem- ple de la Trinité, dont le joyeux carillon s'est fait entendre, vers onze heures et demie. A minuit sorinant c'est à-peine si on pouvait percevoir les premiers ac- cents de la chanson «Heureuse année à toi », car il est d'usage ici de célébrer le nouvel an aux accords des trompes et cornets à bouquin, mêlant leurs siffle- ments aigus aux appels soutenus des sirènes des nombreux bateaux à vapeur sillonnant les deux rivières et aux ré- sonnances lointaines des cloches de la ville et des églises le tout formant un indescriptible vacarme aggravé parfois par quelques coups de revolver Le décor ordinaire de cette dernière nuit de l'année, généralement embrumé du brouillard, s'élevant des rivières voisines, ou bien encore ouaté des blan- cheurs neigeuses et durcies par le froid, ̃, avait cette fois un tout autre aspect, car le temps est resté sec et y if, sous un- ciel sidér-alement étoile, et' c'est dans l'apo- théose d'un soleil radieux que s'est levé le premier jour de l'année nouvelle 1 ̃̃̃ l ;v:v;1 1 v.r; ̃• La saison d'opéra, au Metropolitan bat son plein en: ce pioment. et, durant la semaine, qui Ment d;e .s'écouler, nous avons eu la rentrée de la Melba dans ZMC!'a.; C.omme .toujo.urs, l'organe mer- veilleux g.t l'exécution impeccable de la célèbre cantatrice ont soulevé les ap- plaudissements d'une salle absolument bondée, et après la scène delà folie, c'est à peine si elle pouvait soulever, malgré l'assistance de tous. ses camarades. les monceaux de fleurs qui jonchaient litté- ralement la scène. •-•̃ Les frères de Reszké restent les grands triomphateurs du moment, et soit qu'ils paraissent dans le répertoire français, italien ou allemand, c'est toujours le même charme, la même perfection et, par contre, le même succès. La nouvelle tentative 4e donner une fois par semaine l'opéra allemand a été bien accueillie par la colonie allemande, si considérable à New-York, ainsi que par les nombreux adeptes du wagné- risme, et il faut reconnaître que l'ensem- ble do l'œuvre du grand- maître alle- mand gagne singulièrenjent à être'' exé- cuté dans l'idiome dans lequel elle a été conçue. Mais rintérêtprimordîal, la vraie attirance de ces soirées sont -dus en grande partie surtout au talent hors de pair, à l'autorité et au bras puissant du prodigieux chef d'orchestre chargé spé- cialemënt de conduire ce répertoire. J'ai nommé Anton Seild.. nomi~~ Anton seild, Viçtûr CapouL Tous les Bureaux de Poste de France et d'Algérie reçoivent des abonnements J a« Figaro. tonipe fle l'Image étrangère Londres et New- York continuent leur guerre pacifiquement caricaturale. En- lacés dans les bandelettes sur lesquelles se lisent les énoncés de leurs mutuels in- térêts, John Bull et Jonathan se mon- trent le poing avec l'attitude de gens qui ont entre eux bien trop de rapportscom- muns pour jamais en venir aux mains d'une façon sérieuse. C'est du moins ce que laisse entrevoir le dessin du Puck, alors que le lion britannique affecte,une attitude de plus en plus belliqueuse. Habillé en matelot par le Moonshine, une épée en chaque main, le bouillant fait fuir de tous côtés les ennemis qui sédis- posaient à l'attaquer. Mais Londres n'est plus uniquement préoccupé, des attaques de frère Jona- > than. Les bruits qui ont couru d'un rap- prochement entre la France et l'Angle- •; terre ont déjà donné lieu à une interpré- tation par l'image, et c'est le Punch qui s'en est chargé. John Bull fait la cour à la République française, et tous deuxtra- duisent sous la forme suivante l'impres- sion qu'ils ressentent,: « C'est tout de même une femme at- trayante», observe le premier, alors que la seconde, également à part elle, dit.: « Tiens! après tout, il n'est pas si mal. » ` Les journaux italiens consacrent éga- lement de nombreuses vignettes à' ce qu'ils appellent les variations de la Tri- plice. D'abord on voit l'éternelle R. F. à la crête de coq s'en allant bras dessus bras dessous avec la Gretchen casquée qui représente l'Allemagne, tandis que l'Angleterre, gentil petit matelot, sourit en montrant des dents plus que britan- niques puis, changement de front, trois femmes s'enlacent étroitement R. F., Russie, Angleterre, nouvelle Triplice, tout au moins à l'ordre du jour en ce quart d'heure où l'on fait et défait tant de combinaisons'. ̃ Après la politique générale,après les af- faires anglo-américaines, les fêtes du 18 janvieràBerlin,réterneldualismeaustro- hongrois auquel l'Exposition millénaire de Buda-Pesth donne de nouveaux pré- textes à discorde;'les diverses questio ns allemandes au premier rang desquelles' la réforme de la Bourse, l'affaire Max Lebaudy figurée par le Pasquino en un sucrier contre lequel se trouve liguée la triplice de la corruption le Pape et les affaires d'Orient et le toujours noir royaume d'Erythrée dans lequel, malgré toutes les dépêches fulgurantes de leurs gazettes, les Italiens continuent à ne point voir très clair. Les fêtes du 18 janvier, a,Berlin,ont été quelque peu ridiculisées par Die Geissel de Munich qui, après avoir reproduit la cérémonie du sacre de 1871 en un des- sin qui semble évoquer le royaume des morts, représente, sous forme de' bas- relief égyptien, les hauts dignitaires ap- portant au jeune souverain les insignes par lui rêvés le sceau, l'épée, le globe, la couronne, le drapeau du nouvel em- pire. Le Fischietto montre Guillaume, jaloux de la gloirè de Justinien etde'-Na- •pbIé,ônV"sbh|é?â'|i't'àv.-aôteT'i><l'A:lIeHîafgrtte^ d'un èôdfeqiyîl unique' rà niêffie de' feprg-* senter l'unité de l'empire mieux que^ les fêtes officielles prussiennes dé ces der- niers jours. Il est à remarquer que la caricature italienne ne manque pas une occasion de manifester ses sentiments antiprussiens. D'elle on peut dire hardir ment qu'elle ne fut jamais pour la Tri- plice. Mais, en même temps, voici la gallor phobie qui va revenir sur le tapis. Le rappel de M. Lefebvre de Béhaine devait mettre en joyeuse humeur Fischietto, Pasquino, Papagalto, Epoca, tous les or- ganes qui vivent de l'image, puisque tous sont pour le Quirinal « maître absolu de Rome ». On peut voir, ainsi, la R. F. emportant dans ses bras son ambassadeur afin qu'il puisse venir s'amuser quelque peu à Paris, du- rant les fêtes du Carnaval, l'air du Vati- can n'engendrant point une folle gaieté. Quant aux fêtes de Nice, c'est une au- tre affaire', et le Fischietto, en une grande page qu'il intitule Madame Sans-Gêne, pièce du Vaudeville, acte I, scène pre- mière, crayonne une de ces images rouge et noir dont il a le secret en l'accompa- gnant de cette légende significative « Pour avoir eu la chance de trouver un empereur. cosaqu.e.(\\xi a bien voulu accéder à ses faiblesses, Madame Mà- rianne Sans-Gêne se croit en droit d'in- jurier les dames qui l'entourent, à commencer par l'Italie, en l'invitant à assister aux fêtes pour l'annexion (??) de Nice. Il faut avoir bien du toupet, ma chère madame » ` Les mots soulignés étant en français dans l'original italien, on peut juger, par là, du degré de gallôphobie aiguë" qui va agiter les crayons italiens durant toute la période des fêtes niçoises. John Grand- Carteret. LA VIE ARTISTIQUE LES AQUARELLISTES La fatigue èt la satiété que je signalais l'autre jour au Cercle Volney se retrou- vent, tout aussi évidentes, tout aussi do- minantes, au dix-huitième salon des aquarellistes. Faute de s'être renouvelé depuis tantôt dix ans qu'on l'en supplie, ce groupe n'apporte que monotonie, que choses prévues, que refrains d'une' chanson trop connue. Le public n'est pas si sot qu'on ne le pense il s'aperçoit très bien, au bout, d'un temps plus ou moins long, que, mal- gré les noms et les xélëbritéê, malgré les vieux certificats décernés jadis, on ne lui sert que des articles de commerce courant, des morceaux de virtuosité ap- pris par cœur et joués sans conviction. Et, peu à peu, il se désabonne. Le tour- niquet se rouille le commerce des éven- tails et des dessus de boites à bonbons languit, parce que tous les salons comme- il-faut en regorgent. Cependant; les con- fiseurs sont surpris et indignés. 1 Frappés du constraste entre l'agitation élégante, les compliments à bout por- tant de la soirée 'd'inauguration ,et d'invitation et le vide des salles dès le lendemain, le ralentissement régulier de la vente chaque année, ils répètent': « Faut-il aue ce public soit.bête? » Non, il, n'est pas. bête. Il trouve ses è gloires un peu paresseuses, voilà tout. L'exposition des aquarellistes ouverte hier "est tout ce qu'il y a de plus bril- r lante. en tant que preuve qu'il lui faut c se rajeunir ou disparaître. C'est devenu une exposition de for- mules, un rayon de spécialités, et l'on · se demande presque à quoi bon par- ler de produits qu'il suffirait de signaler aux annonces, la saison venue, comme on signale les pâtes pectorales au temps des rhumes et les ombrelles au prin- temps. Il y aurait l'arrivage d'Espagnoles de celui-ci; les marines bon teint de celui- là; le lot de cardinaux de cet autre; de soubrettes de ce dernier. On mettrait les prix courants, les soldes et occa- sions, et' chacun saurait à quoi s'en te- é nir. Il n'y aurait ainsi ni tromperie pour 1 le public, ni dégoût pour la critique, ni < froissements pour les artistes. C'est du reste comme cela qu'on finira s par procéder si de telles expositions ne ( cessent pas de prendre cet aspect de ( « magasin d'articles nouveaux et ne t cherchent pas à se régénérer par un c peu d'art. s En attendant, que vous dirai-je de < celle-ci que l'on ne sache par cœur? i Comme toujours ce sont les deux côtés j de la médaille. Si les miniaturistes; les i pourlécheurs de choses agréables et 1 fausses, scènes d'opéra^comique,; por* 1 traits flattés, anecdotes puériles peintes, v soigneusement avec des couleurs sans a poison. Là, les rapides, les aquarellistes- 1 saris-s'en-apercévoir. Pif paf J la pp- .1 cîiade. géniale;, le coup du soleil ou .l'eik. fet de neige « fait avec rien ». et l'on s'en 1 aperçoit L'un ne vaut guère mieux que l'autre, et mon coeur ne balance guère 1 entre les crânes et les suaves. ] M. Vibert a mis cette année du jaune ] d'oeuf dans son eau. On parle quelque peu de ce nouveau procédé d'un pein- tre qui aurait été un grand chimiste peut-être, et même ministre des affairés étrangères, mais qui ne fut: jamais qu'un artiste de mince envergure, ne sachant jamais s'élever au-dessus de l'amusant. Et encore, je sais des gens que n'amu- sèrent jamais les cardinaux en goguette de M. Vibert. Ces gens trouvaient qu'un cardinal est personne fort vénérable, ou fort tragique parfois, mais burlesque, point. Aujourd'hui M. Vibert nous donne néanmoins une page sérieuse des évê- quës et des moines rapportant sur la grève les chasses d'or dans lesquelles .avaient été exilées de saintes reliques. Lès moines blancs sont à genoux parmi les rochers les évêques, debout, bénis- sent. La scène pourrait être belle. Il n'y a ici, aucun sacrifice; tout se voit, dans cette scène de nuit; tout a une égale im- portance, et par suite rien n'a de vérita- ble intérêt. M. Vibert s'est trop habitué à rechercher la bouffonnerie pour le p u- blic peu difficile. Le jour où, acteur de farces dont le rêve. est de jouer une fois lei drame, il essaye de monter le ton, la force lui manque. 1 jôn peut, toutefois, lui savoir gré des efforts qu'il tente pour signaler ;auxar- tintes des procédés pour rendre leurs s touvres durables, encore que ce soit bien .affligeant de penser quecejMnes pages- .BéEonfc.indesteuctibleBi Eftftni«et te année; ft[. Vibéft-'à mis de l'œuf dans son eau.'1 Quand viendra quelque artiste pour de vrai qui fera de l'aquarelle durable avec' de reau, de l'oeuf, et ^de l'art, tout', sera, pbur le mieux.' ee nestpas que nous soyons ennemi de l'extrême minutie dans la facture, quand cela correspond à un vrai teinpé- rament d'artiste et que l'on nous dit des choses élevées en un langage infini- ment châtié et épuré. C'est le cas de M. Boutet de Monvel, de qui les Scènes pour la vie de Jeanne d'Arc et certains portraits d'enfants sont d'un homme qui pense, qui compose et qui ressent avec supériorité. Cette vie de Jeanne d'Arc est curieuse, délicate, richement imagée, après tout ce qui a été dit sur le sujet. Tout cela est exécuté avec un soin ex- trême, mais c'est plein de savoir, de goût et d'émotion. Peut-être critiquerai-je la page de frontispice, montrant la Jeanne d'Arc de M. Paul Dubois coloriée au na- turel et guidant au combat de petits li- gnards cela frise la romance patrioti- que, et il faut laisser de telles inven- tions à ceux qui ne peuvent, comme 1\1. de Monvel, suggérer de grands sen- timents aux vivants, par la seule évoca- tion des disparus. ̃ .La conscience et le sérieux de. M. Lhermitte ne se peuvent contester, et ses Habituels fusains demeurent, bien que se répétant avec régularité, ce qu'il y a de plus coloré et de plus solide dans son œuvre. De même, l'habileté de main de' M. Luigi Loir, et de M.Zuber en tant que paysagiste, et de M. Rochegrosse en tant que chef de magasins d'accessoires, ap- paraissent une foj£ de plus. M. Edouard Détaille, pour une scène de Napole'on en cqmpaqiie, a fait une tentative de pein- ture à la détrempe.. Le procédé semble pouvoir donner des résultats assez fins. M. Edmond Yon a montré un sens ingé- nieux et-très louable des proportions en envoyant, .certaines aquarelles de petit format encadrées à plein; l'effet est h eu- reux et la tentative intelligente. 'Enfin, il faut louer particulièrement I M. Jeanniot, qui fit. toujours preuve de pénétrante observation, de goût et de variété. Quant aux fleurs gravées par M. Duez, ce sont sans doute choses spi- rituelles et très légèrement égratignéës mais ces pièces se justifient-elles abso- lument- -dans une exposition d' « aqua- rellistes » '? Fortistes se comprendrait mieux»; • < • J'ai citéLles principales choses dont on peut dire du bien ou du niai selon son goût. Mais il n'y a pas grands commen- taires à faire du reste des exposants: M. de Penne, avec ses chiens courants, qui courent toujours M. Lambert, avec ses chats qui miaulent encore; M. De- lort, avec ses soubrettes et ses marqui- ses qui minaudent plus" que jamais MM Gros, Béthune, Rivoire, Max Claude, Dubufe, V. Gilbert, Pujol, Lecomte, etc., etc., dans leurs exercices connus. Le succès de cette exposition sera au moins médiocre. Et si, malgré les aver- tissements; la Société ne fait pas plus d'efforts, on peut sans grande malice pré- dire que l'an prochain il sera nul. Que faudrait-il faire? Le malheur de toutes les Sociétés, c'estqu'eîlës sont fer- mées et sentent le renfermé. Il faudrait -des nouveaux venus, des œuvres inïpor- tantes, des choses, en un mot, en dehors de; la production ̃annuelle ou de l'indif- férent «envoi »/ "̃•"̃• Peut-être les présents aquarellistes re- doutent-ils, pour eux-mêmes les nou- veaux voisinages. Mais alors, pourquoi veulent-ils que nous ayons la naïveté de nous intéresser à euxèt de déplorer une âécadence;méritée ? Arsène Alexandre. MOUVEMENT SCIENTIFIQ UE SOCIÉTÉ' DE BIOLOGIE Atténuation des toxines par l'électricité. La cellule nerveuse. Croissance rapide et amai- grissement par ingestion de corps thyroïde. Le successeur de/ïyl. Brown-Séquard au Collège de France, M. d'Arsonval (de l'Académie des sciences), et M- Charrin, son préparateur, rendent compte d'une série d'expériences fort curieuses. Ils soumettent des ioxmes, des poisons issus des microbes, à l'action puissante des courants de haute fréquence: et ces toxines jusque-là mortelles s'atténuent au point de devenir parfaitement inoffen- sives ou, ce qui est plus curieux encore, au point de= n'être plus que des vaccins immunisants. Le jour lointain encore j'imagine– où ces messieurs seront assez maîtres de ce procédé pour l'appliquer à l'homme, et pour pratiquer la désinfec- tion électrique à même l'organisme vi- vant, ils àurqnfeiait faire uii grand-pas à la théi-àpéutiqûe des maladies micro-' biennes.Mais, ce n'est là., pour le mo- .ijient,. qu'un assez ;nébuleùx espoir; j M. Marinescp, un des jeunes néurplo* gistes les plus émiflénts de ce temps-ci, vient de se livrer à une étude d'anatomie fixe de la cellule nerveuse certaines lésions observées. à la suite de telles ma- ladies permettent de reconnaître que certaines parties de la cellule nerveuse sont affectées ,h la nutrition, certaines autres à la contraction des muscles pla- cés sous sa dépendance. C'est là une no- tion tout à fait neuve et importante, que. je me borne à signaler rapidement, l'in- térêt qu'elle, présente pour les gens du métier devant échapper forcément à la majorité de nos lectrices. A noter encore une copieuse et très documentée communication de M. Bour- neville sur le traitement de certaines formes .de l'idiotie, --et du myxœdème par l'ingestion de glaude thyroïde. Lorsqu'on fait manger à un enfant atteint de cette maladie bizarre qu'on appelle le myxœdème, des morceaux de corps thyroïde de .cette glande aux fonc- tions mystérieuses que nous portons au cou de chaque côté du larynx, on voit la vitalité du petit malade s'accélérer sin- gulièrement, son corps grandir, son obé- sité diminuer, sonlntelligence i s'éveiller peu ou prou. ̃Déjà bien. d'autres savants– M. Pierre Marie, notamment -=- s'étaient attachés à l'étude de ce moyen thérapeutique extrêmement actif, périlleux même, si l'on dépasse certaines doses. M. Bôur: neville s/est contenté d'appliquer la mé- thode à ses enfants de Bicêtre et de Vi- try, et de préciser un peu plus un pro- cédé de traitement très délicat à manier. MÉDECINE PRATIQUE Traitement ^es>pûlM"'es par Vacide picrique Le dô'Eri'ïe^'iiuïnéro'ide la Gazette des Hôpitaux est consacré à-urië fort intéres- sante étude de M. le professeur agrégé ` .Tlriéry sur; le* traitement des brûlures pari 'acide picrique. taifluestion est d'un intérêt pratique si constant que je né puis la passer sous silence. •.̃̃• Sachez donc, vous tous dont les bébés aiment à jouer avec le feu, et vous aussi que votre profession expose particulière- ment aux brûlures,, que l'acide picrique, en dépit du mauvais renom que lui ont fait les anarchistes, n'est, dans les condi- tions où la ̃ médecine l'utilise, ni un explosif dangereux ni un poison bien redoutable. Son grand inconvénient est de teindre en jaune serin la main qui le touché.Son grand avantage est de calmer presque instàntatément la douleur des jrûlures, de-permettre aux plaies de se réparer promptement et à l'épiderme de recouvrir sans relâche le derme à vil. Ge sont là des propriétés qu'aucun au- tre agent thérapeutique ne possède à un pareil degré. J'ai lu avec d'autant plus d'intérêt et de .satisfaction.: l'excellent mémoire de MJThiéry,que depuis bien longtemps je e connaissais et j'utilisais ces propriétés si précieuses de l'acide picrique. Je les avais apprises du docteur J.Chéron, mé- deciri de Saint-Lazare, qui dès 1 année 1875 il Y ;a vingt et un ans, faisait à ce suietaufîon-gTès international de scien- ces médicales de Bruxelles une commu- nication du plus vif intérêt. J'ajoute' plus d'un dernps lecteurs me saura gré dé ce conseil en cette sai- son froide que l'acide picrique est de beaucoup le moyen qui m'a le mieux réussi dans letfâitementde cet énervant et insupportable bobo qu'on appelle les engelures. Demandez donc à votre pharmacien de vous;prépârei-un bon litre de solution saturée à froid d'acide picrique. Cela lui reviendra a un ou deux sous, verre non compris. Mais' ne vous plaignez pas s'il vous fait ftayer la bouteille cinquante fois plus cher vous ne serez pas volé tout de rîiême, car le remède est pré- 1 Dr Maurice de Fleury. ES!@l('E^.E31«X«!lC3Sff ES adhérente, nouveaux dentiers invisibles laissant le palais entièrement libre. la plus belle invention de l'art aentaire. Succès ^«^crè. m. AOÎ-ER, 4, RUE mEYERBEER, 4 ~t ~.<ti't-v<r)taMePM<nm<iettF!ear. EXTRA·~6bLEïTE V6r\tableparfUmeelaF1eaJ'. ROYAL:HOUBIGANT,û'uo8'a%A't'i" "Pt" u ROY'AL HOü~IGÀPlT "'°"`~" °" ~ou~s~ oPO~L~aeô~ EAUoEPH!L!PPE~ CHQCOUATdaCHAT N0IR«-^V AUX pUARTIERS' Lundi 27 Janvier 1 6r&aie Mise en Vente de MF7M lUlluij, IlIBililâ r (Chemises pour Mosm^h Tout notre LINGE, confectionné danâ*v^ nos Ateliers, est de qualité irrépro- chable. et garanti d'ans manière absolue., ;̃' Ê&iFïOii M TiiLls '?'t*P~ssivespurnl,MnK'S~, t- e(~ JUI 0/fC/Oiarg'65nourJés);LaDo»îaina. O SU ^r- 7Wt'"U/'Mlarg'65'tour)es).L9D<))!ai))a. 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C'est ainsi que l'immeuble d& la: rire-U,- borde, 8, mis en adjudication à la séance dq* la Chambre' des notaires, du mardi 3.1 .• janvier dernier, sur la mise à prix de 200,000 francs, a atteint le prix de 372,000 francs^ représentant^ un placement à un taux inférieur à 4,50,0/6'. A cette même séance nous relevons "deux1" ventes de terrains qui nous donnent les cours u suivants Rue Mozart, 131 1 403m à..ioofr..leruètw Rue de la Source, 23 2730112 à 44 > Les occasions de bons placeinents immobi- liers ne péchant pas par le nombre, ainsi que. nous venons de le voir, nos lecteurs 'nous sau- ront d'autant plus gré de leur signaler l'inté- ressante adjudication à laquelle doit procéder Me Meignen à la séance de la ^Chambre des notaires du mardi 4 février prochain.. Il s'agit d'une belle maison de rapport dans la meilleure partie du XVIIe arrondissement, rue Jouffroy, no 39 et rue Daubigny' po i&}\ maison d'angle offrant par conséquent. urC. développement de façade considérable pour la superficie de l'immeuble: sur chaque rue; .la façade est en effet de io,m635 avec, àTangle, un pan'eoupé de 3 métrés, soit au total 42!U272 de façade. '̃ ̃ ̃̃ Si l'on considère en. outre que le prix iitoyen? des loyers- de cet immeuble pour ainsi dire toat. en façade est d'environ 1,200 fr*^ on è<l!>.Çoit.Be suite combien I3 location eu est ià,6ii'ie d'au-