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Titre : Figaro : journal non politique

Éditeur : Figaro (Paris)

Date d'édition : 1881-02-12

Contributeur : Villemessant, Jean Hippolyte Auguste Delaunay de (1810-1879). Directeur de publication

Contributeur : Jouvin, Benoît. Directeur de publication

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

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Description : 12 février 1881

Description : 1881/02/12 (Numéro 43).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k277740j

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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SOMMAIRE

Es Andorre s Pierre Si ffarÇ.

Echos de Paris Le Masque de Fer.

Cabnet d'un Mondain Etincelle. ̃ Chanson SUR UN vieil Air Albert Millaud. L'Affauie db^ Bbive Georges. Grison. T- PARIS AU Jour/le Jouir: Adolpfie-Éacol. -̃- ̃• Gazette des-Tribonavx- Albert, Bataille. Nouvelles Diverses Jean de Paris.

TÉLÉGRAMMES ET CORnESFONDANCES ArgUS. La Bourse La Banque Parisienne.

Premières représentations Auguste Vilu. .Courrier des Théâtres Jules Prèvel. LaSoireeTïieatrale: Un Monsieur do l'Orchestre. Feuilleton :• Le Client de Rocheville Lotus

Dépret. ̃ *•

EN ANDORRE

` L'Hospitalet, 10 février.

La situation d'Andorre est irrémédiafcle, et il est probable que la petite république dont le modus vivendi n'a pas changé depuis six cents ans, va se trans- former prochainement, de par l'ingérence française.

Tout le monde sait que les vallées d'Andorre sont neutres, avec deux « coprinces suzerains qui se partagent le bien, àfaire et la justice à rendre.- ̃ Le premier co-prince est depuis le moyen âge l'évêque de Seo d'Urgel,^ ne pas croire- que l'Espagne y soit pour >, quelque chose. L'évêque d'Urgel seul est suzerain et les ministres espagnols, pas plus que le roi Alphonse XII n'ont à y voir goutte.

Le second co-prince est le roi deFrance. Actuellement c'est M. Grévy qui a cet honneur.

L'évêque nomme un viguier ou juge suprême de toutes les petites affaires criminelles. Le gouvernement français en nomme un autre dans le même but, et tous deux s'entendaient à merveille depuis Henri IV.

.Entre ces deux plénipotentiaires se meut Je conseil général, les Pères de Famille, Patres Conscripti, qui sont les sénateurs de l'Andorre. Ces sénateurs élisent un président, qu'ils appellent syndic. Va pour syndic. C'est un président avec tous ses honneurs. et tous ses déboires. En effet, comme je vous le disais hier, M. Moles, le président de 1880, vient d'être déposé et poliment mis hors frontière. On se bat, et on ne paraît pas disposé à déposer les fusils à rouet et à piston qui forment l'armement de ce peuple primitif.

'>Ij~t;

Pourquoi ? Parce que les Pères de Famille, Patres Conscripti, ne veulent pas la Roulette. De quelle Roulette? Voilà le casusbelli. La Roulette a tout fait. C'estàcause des trente-six terribles numéros que le sang coule en Andorre et qu'à l'heure où;j'écris ces lignes, des otages féminins luttent peut-être désespérément contre des étudiants de Toulouse, chefs de la révolution andorrane. Ces Toulousains! Ils sont, partout. Un monsieur G. est arrivé, il y a déjà longtemps. Il a demandé la concession d'un casino et des sources andorranes. Il promettait de faire un chemin de fer et dé percer les Pyrénées pour mettre la vallée bienheureuse en communication avec le monde civilisé. Mais naturellement, il installait une petite roulette de famille, et il encaissait, encaissait, jusqu'à plus soif.

Etonnement, puis joie des jeunes Andorrans, qui s'ennuient immodérément chez eux et que cette perspective dorée séduisait outre mesure.

Désolation, puis protestation indignée des pères de, famille, qui, se rappelant qu'Halévy avait mis en musique leurs six cents ans d'austérité, ne veulent pas entendre parler de roulette à aucun prix. Les têtes s'échauffent, dans les vallées, et le Conseil se réunit pour voter. La force reste aux jeunes gens, qui sont pour la roulette. M. Ladevèze, le représentant de M. Grévy, arrive sur l'entrefaite pour demander aux Andorrans de faire moins de bruit, car il y avait déjà des rixes à ce sujet.

Si vous ne sortez pas de la salle du conseil immédiatement, disent au viguier français, les sénors Picar, Paz père et fils, Roger,- Prie sta, et autres, nous vous envoyons un coup de fusil. M. Ladevèze revient précipitamment en France devant cette menace catégorique. Et il n'avait, d'ailleurs, que ce parti prudent à prendre.

Voilà le premier tableau septembre 1880. La déposition du président Molès complète la chose. Il faut dire aussi que l'évêque d'Urgel passe pour être partisan de la .concession demandée par M. G. Il serait d'avis que l'avenir du pays n'est pas compromis, que l'arrivée des étrangers" l'enrichirait, au contraire. Ce qui fait supposer ce sentiment chez l'évêque d'Urgel, c'est que la coutume locale lui attribue un assez fort revenu sur les denrées d'Andorre; alors que M. Grévy ne touche que 900 francs par an. C'est un prix fait. Pour ne pas chicaner ces braves Andorrans, qui sont tous d'affreux contrebandiers, entre nous, on les tient quitte detous droits avec 900 fr. annuels. C'est pourquoi la frontière d'Andorre n'a jamais vu l'uniforme .d'un douanier.

**#

Comme il faut toujours que la question politiqué se transforme de nos jours en question religieuse, tous les petits journaux radicaux de la région fulminent contre l'évêque et l'accusent d'avoir conduit les insurgés à la révolte. Car, en somme, ce sont aujourd'hui les partisans de la roulotté qui sont maîtres du terrain, pji Pëvêque se Cioîare ôuverteœe^v'c pour le pouvoir installé par l'inSurrection.

En cette occuWnce, qu'a fait le gouvernement français?

M. Barthélemy Saint-Hilaire, informé de ce qui se passe en Andorre depuis quelques jours, a immédiatement fait donner l'ordre au préfet de l'Ariège de réunir tous les documents relatifs à l'affaire.- ,1

Le préfet a conféré..ensuit.e avec M. Moles et avec M. Ladevèzç, le viguier français, qui so voit- insulté -et qui. est un peu la cause de» notre immixtion

dans des affaires qui vont mal tourner. Puis le ministre lui-même a écrit, à sa grandeur vMgr Salvator Gasanyas y Pages, déjà pommé, une -lettre diplomatique, pateline et énergique a laïois, lettre idans laquelle M. Barthélémy* Sàint-Hilaire invité, révoque, au nom de son «coprince » M. Jules Grévy, à s'aboucher avec le préfet de TÂriëgé, M. Girard, pour donner à cette affaire une solution digne et pacifique. On sent, paraît-il, dans la lettre du gouvernement français, le désir exprimé de ne pas envoyer de soldats par delà les monts. C'est une bonne idée qui fera plaisir, à nos troubadours, par l'horrible temps et les atroces difficultés d'un pareil voyage en cette saison 1

La lettre a été remise, scellée du grand sceau, à l'évêque d'Urgel, le 5 février. Depuis, les désordres ont augmenté et on n'a pas encore reçu sa réponse.

#*#

On m'assure ici que les voitures de la préfecture étaient commandées, ainsi que les mulets, pour demain matin, tellement on comptait sur la réponse de l'évêque. Vu son silence; le voyage des autorités françaises est remis.

Voilà où en est la question diplomatique. Rien à discuter, comme on voit, avec le gouvernement espagnol. C'est avec l'évêque d'Urgel que le' dialogue s'est engagé, et si j'en crois certains bruits, Invoqué, frojssé à son "tour -pour autre chose, ne serait pas prêt de ré-'pondre.

Alors, qu'arrivera-t-il ?

Il serait vraiment triste" de voir l'ar.mée entrer en Andorre, pour pacifier six cents gaillards qui se disputent à propos d'une roulette.

J'envoie ces notes au télégraphe par Foix. Je suis au milieu de la montagne, par un assez mauvais temps, et je vais continuer ma route, à dos de mulet, sur Andorra.

Comme je demandais à mon guide si le col était praticable aujourd'hui, malgré la neige et le vent, qui est assez violent à cette hauteur (2,000 mètres et 2,200).

Oh monsieur n'a rien à craindre, m'a-t-il répondu. Depuis trois jours, les vaches passent. Et quand les vaches passent, nous passons.

Allons, tant mieux I

Pierre Giffard.

P. -S. Un incident vient de se produire. Le ministre des affaires étrangères a télégraphié; à M. Girard,, préfet de l'Ariège, qu'en présence de l'anarchie andorrane il nommait Commissaire pour poursuivre la solution de l'affaire, M, Imbert dé Goubèyre, consul de France, actuellement sans fonctions actives.

Le ministre invite le préfet à s'entendre avec M. Imbert qui arrivera dimanche à Foix et partira aussitôt pour l'Andorre. Le secrétaire général de la préfecture est mis à la disposition du Commissaire extraordinaire- qui aura également pleine autorité sur le viguier, M. Ladevèze.

Échos de Paris

LA POLITIQUE

On a beaucoup remarqué les articles que la Gazette de l'Allemagne du Nord, journal qui passe pour ne rien dire d'oiseux au point de vue allemand et bismarckien, a consacrés aux tendances présumées belliqueuses de M. Gambetta. On lira plus loin les principaux passages de ces articles.

Nous savons combien les arguments puisés dans la presse étrangère sont un argument dangereux à manier nous ajouterons que s'il.avait fallu prendre au pied de la lettre toutes les déclarations faites par la Gazette de l'Allemagne du Nord, la guerre aurait recommencé dix fois depuis 1871. Nous pensons cependant qu'il est impossible de ne pas signaler la tendance du monde officiel allemand à considérer M. Gambetta comme l'incarnation d'une politique brouillonne et guerrière.

M. Gambetta d'ailleurs atout fait pour cela le discours de Cherbourg, la chute de M. de Freycinet et l'interpellation Proust marquent trois étapes dans la voie qu'il a choisie délibérément; il faut donc que le public, si engoué aujourd'hui de son grand homme, sache bien ce que sa présence au pouvoirsignifierait pour l'Europe.

Approbation très sincère de la proposition de M. Ballue sur les nominations de la Légion dUionneur. Peu importe qu'elle résulte, comme le prétend le National, d'une rancune contre M. Duvand, directeur d'un journal opportuniste, le Petit Lyonnais. Levrai, c'estque cette proposition répond à une nécessité. Tous les gouvernements, le 16 Mai comme les autres, ont pris l'habitude de récompenser par la croix d'honneur des services qui méritent une tabatière ou une gratification, équivalente en argent. Cet abus ne doit pas durer, ou .bien la Légion, d'honneur.a un sens et il faut la réserver aux hommes qui font vraiment honneur à leur profession ou à leur art; ou bien elle est une simple machine à rubanrouge, un moyen de dédommager les .solliciteurs trop exigeants; alors il faut mettre les croix aux enchères. –F. M.

A TRAVERS PARIS

LA TeMféSàïukB. En même temps que la bourrasque signalée depuis deux jours atteignait la Baltique, après avoir affecté les côtes anglaises, une nouvelle bourrasque se o-jÇi^Iiic et avait son centre sur le Pas-de-Calais. Une violente tempête s'en est suivie sur notre littoral de la Manche et de l'Océan. On croit également à de gros temps sur les côtes de Provence. La température va s'abaisser sensiblement. Hier, à Paris, journée pluvieuse et vent de sud-ouest assez violent.

Monaco. Ciel beau mer agitée. Therm.:

1' 5-^ 15" S- .i_ ';̃ ̃•

Dès que -lé 'changement de ministère qui vient d'avoir heu à Madrid a été ennnu du marquis de Molins, l'ambassa-

deur d'Espagne à Paris a aussitôt envoyé sa 'démission. y Depuis trois jours, direction des affaires de l'ambassade a été remise à M. le marquis de Moral, premier secrétaire. •̃ •̃ ̃̃̃ i Hier soir-on ne connaissait pas encore le 'successeur du marquis de Molins'; cependant on désigne déjà comme ayant beaucoup de chances, le marquis dé Bedmar, bien connu dans la haute société parisienne.

L'incident Protot aurait, paraît-il, des suites. "̃̃̃

On dit que M. 'Dauphin, en butte aux attaques de la presse républicaine à la suite de la décision de la Cour d'appel, au sujet du garde des sceaux de la Commune, serait sur le point de donner sa démission de procureur général. M. Dauphin se serait même plaint, à M. Gambetta, qu'il voit souvent, d'un article de M. Ranc contre lui. ̃'

Le général Arnaudeau, sénateur, a demandé au ministre de la guerre sa mise en disponibilité. On nous assure qu'il a pris cette résolution à» la suite d'une discussion qu'il a eue avec le général de Galliffet; dans une des séances de la commission chargée de classer les officiers de cavalerie. ,>

Le généralGalliffet, mécontent d'avoir été combattu par lé général Arnaudeau, lui- avait adressé 'une lettre dont l'honorable sénateur se serait plaint au ministre de la guerre.

M. Louis Davyl nous demande une explication au sujet de la note que nous lui avons consacrée hier.

Cette note émane de la gérance du Figaro et signifie tout simplement que M. Davyl a dû cesser sa collaboration à ce journal, parce que ses articles n'y avaient malheureusement pas réussi.

Les obsèques du vice-amiral Dupré ont eu lieu hier, à midi, en l'église SaintPhilippe du Roule.

Dans la foule des notabilités qui Isuivaientle char funèbre, nous avons reconnu M. le vice-amiral Cloué, ministre de la marine; MM. l'amiral Duperré les vice-àmiraux Ribourt, Perhuot; .les contre-amiraux Peyron et Pierre; Henri Rivière, capitaine d,e vaisseau; le général Trille de Beaulieu, M. et Mme Charles de Lesseps, le marquis de Las Cases et toute sa famille, etc,, etc..

A l'issue du service religieux, le convoi s'est dirigé vers le cimetière Montparrnasse, où le corps du défunt a été inhumé dans un caveau de famille.

..•;

A la même heure, avaient lieu, à l'église Saint-François-Xavier, boulevard des Invalides, les obsèques de M. le marquis de Bethisy.

M. le comte de Lespine, beau-frère du défunt, conduisait le deuil. Parmi les assistants, nous citerons le maréchal Canrobert, MM. Emmanuel Bocher, le marquis de Plceuc, le général de Chabaud-La-Tour, le duc de Clermont-Tonnerre, le marquis de Partz, etc. L'inhumation a eu lieu au cimetière du Père-Lachajse.

Un curieux écho du procès de M. de Bouville.

On s'est beaucoup étonné qu'au reçu de la première assignation lancée contre l'honorable député, sa famille ne se- soit pas mise en demeure d'arrêter l'affaire en remboursant immédiatement M. Picard. Les débats nous ont révélé la cause de ce silence inexplicable de la famille. Par un motif de convenance, l'huissier chargé de notifier' l'assignation à M. de Bouville, avait cru devoir mettre cette assignation sous enveloppe, au lieu de la faire déposer purement et simplement chez le concierge. Or, M. de Bouville étant absent de Paris, et personne n'ayant mission d'ouvrir ses lettres en son absence, la susdite assignation est restée sous enveloppe jusqu'à son retour et ce n'est que par les journaux que la.famille a appris du même coup le procès et la condamnation.

Pour une fois qu'un huissier est aimable, son amabilité tourne contre son client.

Les visiteurs de notre Salle des Dépêches se souviennent sans aucun doute du beau buste de Fanny Cerrilo, par Paul Gayard, que nous avons exposé récemment aujourd'hui nous pouvons annoncer que ce buste vient d'être acheté par l'administration des Beaux-Arts. Il nous sera permis de tirer quelque orgueil de ce résultat, qui prouve le soin tout particulier que nous mettons à ne présenter au public, en dehors des actualités les plus saisissantes, que des œuvres d'un intérêt réel et d'une réelle valeur. Ajoutons, puisque nous parlons de notre Salle des Dépêches, qu'elle s'est enrichie, hier encore, de deux souvenirs curieux Une médaille de rosier et. une médaillè^de rosières datant de: 1776, année de la fondatiop de ce prix. Ces deux médailles sont donc les premières qui aient été frappées en l'honneur du couronnement de la vertu,

A joindre au dossier des fonctionnaires du département de l'Oise.

Nous citions hier le cas du secrétairegénéral et du chef de cabinet du préfet qui avaient trouvé le moyen de se faire blackbouler au cercle de Beauvais; aujourd'hui, on nous raconte cette jolie équipée du sous-pr<tfet de Clermoat. 1 Le jour de son arrivée, ledit sousrpréfet, se promenant en bourgeois, rencontre sur la place une compagnie de pompiers, capitaine en tête, faisant l'exercice. N'ayant pas l'honneur de connaître la qualité de ce promeneur, les pompiers continuent naturellement à manœuvrer malgr4sa présoûée. Alorscelui-ci s'adressant, furieux, au capitaine

̃̃'̃>– Pourquoi ne me saluez-vous pas ? lui cria-t-il, je suis votre sous-préfet je vous ordonne de me saluer et de me faire saluer par vos hommes..

Devant cette injonction peu parlementaire, le capitaine se borna à répondre qu'il attendrait pour s'y soumettre d'être fixé sur la qualité véritable de son interlocuteur! Et, sans plus de façon, il tourna le dos au sous-préfet. Conclùâion de l'incident:^ huit jours après. le capitaine des "pompiers était

révoqué.

L'aimable cantatrice dont nous relations avanMiiep le succès triomphal au dîner-concert'Grand-Hôtel, consent à se faire entendre ce^soir à nouveau. Puisque nous sommes au Grand-Hôtel, rappelons que le deuxième bal d'enfants aura lieu demain à deux heures, dans la vaste- salle des Fêtes. ̃ :r Ces matinées enfantines ont été organisqes par. les administrateurs avec un goût vraiment exquis. A ce sujet, un détail charmant de1 délicatesse les danseuses n'acceptent leurs cavaliers qu'après une présentation en règle; on retrouve donc dans ces fêtes les traditions en usage dans les salons du grand 'monde.

C'est aujourd'hui que paraît chez Dentu, le Baron Jean, roman à sensation de notre collaborateur Camille Debans.

i L'affluence des abonnés et des visiteurs de la Gymnastique médicale Zanrdér qui, comme on le sait, est située rue de la Ghaussée-d'Antin, 51, est si grande que l'on a dû adjoindre'au docteur suédois, M. Norstrom, un de nos praticiens les plus estimés, le docteur Brémond. Beaucoup de malades venant de l'étranger, notamment de la Belgique, ont pris des abonnements dans cet établissement intelligemment et confortablement agencé par M. Pigny, architecte du ministère de l'intérieur, qui a su encadrer fort élégamment les cinquante machines du système Zander.

•Nouvel, article très important dans la Revue politique et littéraire. Celui-ci, signé par M. Joseph Reinach, accentue le dissentiment, à propos de la question grecque, entre M. Barthélémy SaintHilaire et M. Gambetta.

NOUVELLES A LÀ MAIN

Eugène Lambert, le peintre de la race féline, vient d'avoir, dans son atelier, une singulière aventure.

L'autre matin, il entend à sa porte une, série de miaulements variés et insistants.•

,-J] -ouy-re- ̃ •'

Aussitôt se précipite chez luitoute une famille de chats, grands et petits. En un clin d'oeil, l'un saute sur une table et met la tête dans un pot de lait préparé pour le café matinal l'autre s'élance aux rideaux et s'y accroche; un troisième s'étend sur le dos en tournant gracieusement la tête du côté de l'artiste. f

Chose curieuse, ces attitudes une fois prises, ils restent dans une parfaite im- I mobilité.

C'était une famille de chats modèles l qui « faisait » les ateliers.

Encore un mot charmant de Dumas, ramassé au hasard, dans le tas: C'est étonnant, les femmes 1 Ou èlles ne pensent à rien, ou elles pensent à autre chose 1

Le Masque de Fer.

CARNET D'UN MONDAIN

Un provincial qui voudrait voir des'Parisiennes, et toutes les variétés de Parisiennes, n'aurait qu'à se rendre au Cercle de l'Union artistique (autrement dit Mirlitons) de trois à quatre heures.

Grande exposition de peinture et plus grande exposition de minois, vivants, souriants, nobles, gracieux, spirituels, chiffonnés, et même légèrement provocants..

Minois à trente-six quartiers, fleurs de noblesse, fleurs de gomme, fleurs de théâtre et fleurs. en disponibilité.

L'hospitalité m'a paru un peu trop écossaise. Et quels chapeaux Mon étonnement au sujet des chapeaux de mes contemporaines ne finira, sans doute, qu'avec ma vie.

Ce serait pourtant bien simple de mettre une petite capote de jais noir, avec deux brides nouées tranquillement sous le menton, et une touffe de plumes de côté, comme par exemple Mme la comtesse de Pourtalès en portait une.Mais non, beaucoup de Merveilleuses, ignorantes du comme il faut, s'affublent de plats-à-barbe enguirlandés d'or, d'auvents de cheminée en peluche lilas, de coiffures de Maconnaises bordées, de perles, de feutres don Quichotte, à panaches effarés, ayant dû combattre les moulins à vent, de bonnets de conducteurs de diligence, de toques de pâtissier et de casques de cirque, enfin de choses inouïes, qui, sous prétexte de décorer la tête féminine, servent à prouver y ses égarements.

D'autresfemmes, d'un monde correct et d'une élégance irréprochable, poussent le désir d'être bien jusqu'à se transformer en des cartonnages parfaitement réussis, leur taille est si fine, leur belle robe si neuve est si bien drapée, leurs che- veux ondulés avec tant d'art, qu'on cherche des roulettes sous leurs jupes. Ce sont des produits de Nuremberg, des Coppélias habillées par le grand faiseur. On demande un peu de simplicité et de naturel le besoin s'en fait vivement sentir.

Les hommes du monde exposent volontiers leurs œuvres à l'Union artistique. Parmi les amateurs, dignes d'être artistes, je nommerai d'abord le duc de Sabran-Pontevès dont les paysa- ges sont d'une lumineuse douceur. J'aime surtout le lac «je Salnt-Moritz.

Le marquis de Mesgrigny, qui peint la Bre- tagne et l'aime en vrai Breton, avec sa mélancolie embrumée, si enveloppante S. A. R. le comte d'Aquila, qui a exposé Une Barque à la caiie le baron d'Adelsward, auteur de Etang de Sigean le baron de Coubertin, le baron de Foucaucourt, le baron Viard. Quant à M. de. l'Epinay, il est passé maître et même magicien Peinture dorée palpitait de réalité, Ma-, dorme promet un doux réveil. Hier jeudi, soirée charmante chez la marquise San Carlo. La réunion hebdomadaire de

la marquise devient de plus en plus brillante. Jeudi prochain bal costumé.

Off annonce le mariage de Mlle de la Grange, fille du marquis, avec le, comte de Métumières. Le portrait de l'impératrice Joséphine en robe blanche qu'on vient de placer au Louvre, était autrefois aux Tuileries dans le salon de service qui précédait le cabinet de l'Empereur. La mode des portraits à l'aquarelle nous arrive de Londres, grâce an retour d'un artiste français, que, depuis vingt-cinq ans, l'Angleterre nous avait enlevé.

Son aimable pinceau semble exclusivement consacré aux beautés aristocratiques. Tour à tour, la comtesse Pdtocka, née princesse Pignatelli, la blonde et fine princesse de Chimay, la duchesse de la Rochefoucauld-Bisaccia, la duchesse de Valence, la reine d'Espagne, la princesse Troubetskoï, ont posé devant l'heureux artiste. La dernière œuvre de M. de Lacretelle, c'est le portrait des cinq enfants de la duchesse de la Rochefoucauld-Bisaccia. Ces portraits sont faits séparément. Pour rendre la délicatesse de traits, et cette fleur de teint que possède la jeunesse, il n'y a rien de supérieur à l'aquarelle.

Mlle Elisabeth de la Rochefoucauld est représentée en robe rouge et grande collerette Louis XIII, ses longs cheveux bruns flottant sur ses épaules. Sa petite sœur, Mlle Marie, est également en robe rouge, plus claire, et la délicieuse expression de candeur et de malice mélangée sur son visage, a été rendue avec un art exquis,-presque iéminin. ̃' C'est la qualité dominante de M.' 9e Lacretelle, de saisir la physionomie du modèle, et d'en indiquer légèrement les nuances. On dirait, à voir la série de ses œuvres, qu'il a saisi lt précepte du poète persan disant On ne doit toucher aux femmes qu'avec des roses. » i Etincelle.

CHANSON SUR UN VIEIL AIR

La bonne aventure

Oguél i

C'est un malin député

A face fleurie,

Et dont la fidélité

Vaut bien qu'on s'en rie.

Avec un physique gai, Il n'a rien de distingué,

La Fauconnerie

Dugué

La Fauconnerie!

Tant que l'Empire .exista,

La panse nourrie, '•"

Ce voyageur fréquenta

Son hôtellerie; »,

Mais s'étant trop prodigaé,

Il se trouve fatigué,

La Fauconnerie .•

Dugué '•

La Fauconnerie l

Gambetta mène à présent !•

La France attendrie;

C'est un Jupiter puissant

Mon Dugué le prie.

Gambetta l'a harangué,

Gambetta l'a subjugué

La Fauconnerie

Dugué

La Fauconnerie!

Je sais qu'un homme d'Etat

Bien souvent varie..

Je vois mal le résultat

De cette industrie.

Et si l'électeur nargué

Allait voter pour Leguay

La Fauconnerie,

Dugué

La Fauconnerie!

Albert Millaud.

L'ÉLECTROPHONE RiÂlGHE AU MUSÉE DES ARTS-ET-MÉTIERS Dimanche prochain aura lieu aux Artset-Métiers de très curieuses expériences téléphoniques qui ont déjà été fort remarquées à la soirée que M. l'amiral Mouchez a donnée récemment à l'Observatoire de Paris et où se trouvaient M. Cochery, ministre des postes et télégraphes,» et les notabilités du monde savant. Parmi les appareils qui seront exposés au musée des Arts-et-Métiers figurera l'Electrophone de M. Maiche. Cette belle invention a donné des résultats pratiques qui n'avaient point encore été atteints. Les journaux anglais et le Daily Telegraph en particulier se sont déjà beaucoup occupés decetteinventionàlaquelle la science et l'industrie ne peuvent rester indifférentes.

L'électrophone Maiche supprime l'induction et garantit, en isolant les sons, le secret absolu des transmissions, problème jusqu'alors insoluble.

Aux plus grandes distances on perçoit la voix avec une netteté parfaite, la parole à voix basse, le souffle même de la respiration, le tic-tac d'une montre. L'appareil récepteur est construit de telle -sorte qu'il suffit de parler dans son voisinage pour que la parole soit transmise. Nous ne pouvons qu'encourager M. Maiche dont l'entreprise fait tant d'honneur à notre pays. V. M. S.

̃+-

L'AFFAIRE DE BRIVE Nous avons reçu, il y a quelques jours, une communication nous dénonçant des faits tellement graves, que nous n'avons pas osé les publier, sans les avoir vérifiés nous-mêmes.

Il s'agissait, en effet, d'une violation de la loi si audacieuse que nous ne pouvions y croire.

Aujourd'hui, nos doutes sont levés. Voici l'histoire

Tout le monde connaît au moins de nom, la ville de Brive-la-Gaillarde, dans la Corrèze. Il paraît que, politiquement, on ne s'entend pas beaucoup dans la cité, et, lors des élections municipales; malgré l'abstention des conservateurs, trois listes républicaines à divers degrés se trouvèrent en présence.

Le nombre des votants fut assez restreint et. au premier tour scrutin, une

douzaine de candidats seulement furent élus. Ils appartenaient tous à la liste du Lonuté républicain, patronnée par le journal la République, de Brive. L'ancien maire avait été exclu de cette liste 1 Le député, M. Lecherbonnier, qui.y figurait en tête, -r c'est lui qui soutient ïë! journal, à charge de revanche subit .un échec. Au second tour de scrutin, ce fut la liste de l'ancien maire qui passa, et dans le nombre, M. Lecherbonnièr qu'on y avait admis, réussit à obtenir le mandat communal, avec sept cents voix. Mais de tous côtés, arrivèrent des protestations. Protestations des électeurs qui s'étaient abstenus en masse plus de 2,000 sur3,500. Protestations des élus, qui déclarèrent qu'on avait fait figurer leurs noms sur les listes, sans même les avoir consultés. Bref, sur quarante conseillers, treize donnèrent sur-le-champ leur démission. ̃•

D'autres allaient suivre cet exemple. Mais grâce aux objurgations, aux prières et même un peu, dit-on, aux menaces de l'administration il y a quelquefois des questions commerciales qui pèsent dans la balance -vingt-sept conseillers restèrént nominativement. Mais, à la première réunion, pour la vérification. et l'installation, quinze d'entre eux firent' défaut. On ne pouvait installer un Conseil composé de douze membres, -pour une ville de près de onze mille,habitants. On remit la cérémonie. Hélas 1 à la' seconde r convocation ';̃'̃ les conseillers n'étaien. plus que huit

Il paraît qu'on a réussi à réunir, la, troisième fois, treize personnes et, pen, dant qu'on les tenait, on a vite procédé à l'installation légale, de peur de les voir s'enfuir. On va faire, le 20 courant, de nouvelles élections pour remplacer les démissionnaires et tâcher d'avoir un nombre de conseillers raisonnable pour administrer les affaires de la ville. Ceci n'est que la partie comique. Voici qui est plus sérieux. Parmi les conseillers élus au premier tour de scrutin, le 9 janvier, figurait M. Barré, conducteur des ponts-et-chaussées, faisant fonction d'ingénieur à Brive, en activité de service. Ce fut lui qui fut choisi par le préfet pour remplir les fonctions de maire.

Lors même que "M. Barré eût été apte à remplir ces fonctions, sa nomination, avant l'installation du Conseil, était déjà une infraction à la loi. Mais cette infraction n'est rien à côté de la violation flagrante que constitue le choix de ce fonctionnaire M. le préfet ne peut en effet ignorer les lois des 17 février 1800, 18 juillet 1837, et 5 mai 1855, qui disent formellement que «.Ne peuvent être ni maire,. nipd joint:

1°.

5° Les ingénieurs des ponts et chaussées et des mines, en activité de service, les conducteurs desponts et chaussées. et les agents voyers. >

Au mépris de ce texte formel de la loi, M. Barré, conducteur des ponts et chaussées, a été nommé maire et n'a pas donné sa démission; M. Barré a assisté le sous-préfet dans les opérations du ti« rage au sort, M. Barré a fait des mariages, a signé les actes de naissance, les actes de décès, etc.

Autant d'opérations qui sont nulles.- Quels sujets d'études pour les romanciers, les dramaturges. et même les vaudevillistes,' que ces enfants qui n'ont pas le droit d'être vivants, ces morts qui légalement vivent toujours, ces époux qui ne sont pas mariés 1

Avec un tel maire, pas besoin de divorce.

Il paraît que les journaux conservateurs ont eu l'illusion de croire qu'en avertissant l'administration, cette situa- tion anormale cesserait. Ils ont fait remarquer qu'en sa qualité de conseiller non installé d'abord, et de fonctionnaire dans, un cas flagrant d'incompatibilité ensuite, M. Barré accomplissait des aotes dont la nullité était évidente et pouvait, par la suite, être poursuivi pour usurpation de fonctions. On n'a tenu aucun compte de leurs observations, et la loi a "continué à être violée. A l'heure actuelle, M. Barré remplit toujours ses. doubles fonctions 1

Du reste, aujourd'hui, il ne faut s'é- tonner de rien. N'a-t-on pas vu à Mussidan (Dordogne) un sous-préfet, en tour- née de tirage au sort, infliger sans remords aux dix derniers conscrits, pat- ordre alphabétique, les nos 91 à 100 qui manquaient dans l'urne ? Dans cette voie de sans-gêne, si cela continue, nous pouvons nous attendre à en voir de raides Georges Grison.

»

PÂIIS JOÏRIE JÛÏ1 M. Gambetta se livre en ce moment à une active propagande en faveur du scrutin de liste. Les députés, se succèdent auprès de lui, pour ainsi dire par séries, et reçoivent ses exhortations. Le Rappel, évidemment bien informé sur cet objet, fournit sur la dernière- entrevue un certain nombre de détails précis.

Les principaux arguments de M. Gam betta seraient les suivants

Le fractionnement delà Chambre actuelle met obstacle à la constitution d'une majorité gouvernementale. Le scrutin de liste seul donnera, selon lui, cette majorité homogène, non servile, mais ayant une ligne déterminée, un programme politique. M. Gambetta a affirmé qu' « avec le scrutin de' liste, on par»viendrait, étant donné l'irrésistible courant ï de l'opinion publique, à évincer la plus » grande grande partie des membres de la » minorité réactionnaire actuelle de la »Chambre ».

En dépit des démentis de quelques journaux, M. Gambetta serait également fcfrt partisan du renouvellement partiel. Cela se comprend il se peut, en effet, que, malgré le « courant irrésistible », il se trouve des électeurs pour résister et pour envoyer à la prochaine Chambre plusieurs députés «réactionnaires», c'està-dire simplement hostiles à M. Gamb eita, Le renouvellement partiel ouvrirait de temps en temps une chance de débarras*ser M: Gambetta de ces gêneurs. On aurait tort de supposer que lOflt.