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Titre : Le Figaro (Paris. 1854)

Titre : Figaro : journal non politique

Éditeur : Figaro (Paris)

Date d'édition : 1854

Contributeur : Villemessant, Jean Hippolyte Auguste Delaunay de (1810-1879). Directeur de publication

Contributeur : Jouvin, Benoît. Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/cb34355551z/date

Identifiant : ISSN 01825852

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Description : Variante(s) de titre : Le Figaro

Description : Périodicité : Hebdomadaire (1854-1855) ; deux fois par semaine (1856-11 novembre 1866) ; quotidien (16 novembre 1866-)

Description : Etat de collection : 1826 (1e janv.)-N° 365 (1935, 31 déc.)

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Provenance : bnf.fr

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs.

Il a été généré par O.C.R. Le taux de reconnaissance obtenu pour ce document est de 89 %.


PARI

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JOUR LE JOUR

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81 novembre. A la Bourse, cinq minutes après l'arrivée de la cote de Londres, à deux pas de la corbeille, M. Wertheimber (père de l'excellent contralto de l'Opéra-Comique) a dit un mot assez réjouissant à un de ses coreligionnaires. Celui-ci venait de lui donner son adresse Rivoli, rue Coquenard -A votre place, a répondu M. Wertheimber, j'aimerais mieux m'appeler Coquenard et demeurer rue de Rivoli.

La classification de « ces petites dames » se complète tous les jours. Il y avait déjà

Les lorettes

Les dames aux camellias ̃,

Les filles de marbre

Les demoiselles de plâtre;

Les musardines, dont mon compère Pierre est le parrain

Les femmes du demi-monde

Les accrocheuses, qui conduisent elles-mêmes leur voiture, et qui poussent si loin l'art du dépeignage, que leurs cheveux les aveuglent.

Ce n'était pas assez. Les Linnée de la Flore morganatique viennent d'enrichir la nomenclature d'un nouveau genre

Les femmes dans l'acajou. Ce sont des huitièmes de lorettes qui, dans leurs rêves les plus asiatiques, n'osent même pas prononcer le mot de palissandre. On les appelle aussi, et plus élégamment

Les crinolinettes. Le mot est vif et pimpant, je crois qu'il restera.

Jusqu'à présent, les «messieurs» de «ces dames» acceptaient franchement leur rôle, ils finançaient et ils étaient trompés, mais pourvu qu'on observât avec eux certaines convenances, ils se montraient de très facile composition. Ils ne venaient qu'à de certaines heures. Si par extraordinaire ils arrivaient impromptu, lafemme qui leur ou vrai tlaporle tirait un cordon de sonnette pour prévenir madame, et ce cordon eût mis en branle le bourdon de Saint-Isaac, qu'ils auraient fait la sourde oreille. Mais notre siècle est un siècle positif ilapporte de l'ordre même dans ses désordres sa devise est donnant, donnant. Voici donc un moyen de contrôle trouvé par M. X. C'est cher, mais c'est bon.

Madame, a-t-il dit, je vous ouvre un crédit, mais )jspmme, lorsque je rends des yisites, rien ne m'ennuie t que de faire anticbambre, confiez-moi votre clef. Monsieur, les clefs sont hors de prix, la serrurerie

'T~~t si chère! Ilr~ 1 s c

"ê^t si chère!

Peu m'importe le prix. Et M. R. a eu la clef, de sorte qu'il est maintenant bien sûr de ne pas être dupé à domicile.

Vous savez, ces petits messieurs qui ont sur la tête une raie de Sébastopol, dont la rive droite commence au milieu du front et dont la rive gauche finit je ne sais où ces gandinets qui, sans y être condamnés, s'emprisonnent le cou dans de petits carcans portatifs en toile de Hollande? Ils tiennent beaucoup à passer pour être au mieux avec toutes ces dames. Un d'entre eux pousse cette manie si loin que, lorsqu'il est au bois ou sur le boulevard avec des amis, il ne manque jamais de saluer toutes les célébrités féminines, actrices o j autres; si encore il ôtait son chapeau, si même il le touchait du doigt. Fi donc 1 il se contente de les saluer de la main en agitant les doigts en façon d'éventail d'un geste à la Brummel (je vous dirai tout à l'heure l'origine de ce geste). Une spirituelle actrice du boulevard, mademoiselle A. fort peu lancée parmi les gandins, avait subi plusieurs fois le salut protecteur de ce petit monsieur et s'était bien promis d'en tirer bonne vengeance à la première occasion. Cette occasion s'est présentée hier. Le jeune X, étant aux Champs-Elysées, voit passer mademoiselle A. dans sa voiture; il était avec des amis, il ne manque pas de se livrer à son exercice manuel. Mademoiselle A. fait arrêter, descend, va droit à M. X. qui rougit d'aise en la voyant se diriger vers lui elle va lui parler, pense-t-il. Il prépare sa plus fine impertinence. Elle arrive devant lui, lui tend la main; il tend la sienne, naturellement. Mais elle, froidement, avec le plus grand calme, y dépose une pièce de vingt francs et lui dit

Avec cet argent, achetez un chapeau, monsieur alors, je l'espère, vous ne craindrez pas de l'user, et quand vous vous permettrez de me saluer, vous me lèverez mon chapeau.

Il cherchait encore sa réponse, que mademoiselle A. était remontée dans sa voiture et avait disparu. Mais revenons au geste-Brummel. Ce dandy modèle avait, sur la fin de son beau temps, emprunté mille guinées à un nabab retour de l'Inde. Quelques mois se passent, le prêteur n'entend plus parler de ses guinées, et, ne comprenant pas ce sans-gêne, se sentant froissé que son débiteur affectàt de ne pas lui parler, il se décide à réclamer la somme à Brummel en présence de plusieurs personnes.

Comment! lui dit Brummel, mais je vous ai payé! Vous m'avez payé! et quand donc, je vous prie?

-Mais un jour, dans Hyde-Park, je vous ai rencontré, j'étais avec des gens de ma condition, et je vous ai dit, en vous saluant de la main Bonjour.

Telle est l'origine du salut à la Brummel.

Ces dames se moquent souvent de ces messieurs, c'est leur état; mais ces messieurs empiètent parfois sur les priviléges de ces dames, témoin cette lettre adressée hier à une tigresse de Laffitte-Street (côté des numéros pairs).

Oh Fanny,

Oh ma noble amie,

Votre lettre m'a brisé le cœur!

Il faut que vous soyez bien cruelle pour me reprocher ce léger manque' de parole, et m'annoncer en même temps que vous n'auriez pu me recevoir.

Mais, dîtes-Je tout de suite, que vous faut-il? ma vie, mon honneur, ma fortune, le double de ce que je possédais l'autre jour; mais vous le' savez-bien, oh! impitoyable bourreau d'amour, que je ne suis que votre esclave humble, tremblant et soumis, prêt à franchir tout obstacle pour tomber à vos genoux, mendier un simple regard de votre œil gauche.

Que vous sert d'abuser de votre pouvoir pour écraser qui ne se défend pas, qui recevrait avec joie-que dis-je, avec joie- avec délices la mort de vos belles mains. avec délices même ne rend pas complètement ma' pensée; mais enfin, que voulez-vous, la langue française est si pauvre! Dites, que faut-il faire pour m'attirer de vos beaux yeux un tendre regard? Faut-il vous entr'ouvrir le ciel et vous placer au milieu des anges ? car la terre n'est pas digne de vous.

Faut-il bouleverser la terre pour vous découvrir un diamant comme un œuf d'autruche?

Faut-il vous apporter la véritable eau de Jouvence ou do la frangipane? Voulez-vous une deuxième loge de côté pour le théâtre de Belleville, on joue la Lionne de la place Maubert; vous y verrez le pompier de Notre-Dame. Ne lui faites pas de l'œil, il est. grêlé. Faut-il dévisser Henri IV de son cheval de bronze et vous mettre à sa place ? Voulez-vous aller choisir des bijoux chez Darbo, mon bijoutier? Je suis obligé, à mon grand regret, de vous quitter; on m'attend pour essayer des gilets de flanelle.

Mais, au nom du ciel! ne me laissez pas sans un mot d'espoir.

UN prince époi:x.

P. S. Je comptais vous envoyer ce cri du cœur par mon portier, mais sa femme n'a pas voulu.

S8 novembre. Alexandre Dumas père et seùl est à Paris j'ignore si c'est pour longtemps, mais sicourt que soit son passage, il aura assez duré pour enrichir la collection du Figaro d'un de ces mots dont il n'a communiqué le secret à personne si ce n'est à son fils.

Mais, lui disait M. Hostein, il y a une heure à peine, en le retrouvant plus vif, plus gai, plus étourdissant que jamais, rr.on cher Dumas, vous rajeunissez 1

Il a répondu

« J'y ai mis le temps. »

S3 novembre. On m'annonce un grand bonheur, auquel je n'ose croire encore. Oh non ce serait

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