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Titre : Le Figaro (Paris. 1854)

Titre : Figaro : journal non politique

Éditeur : Figaro (Paris)

Date d'édition : 1854

Contributeur : Villemessant, Jean Hippolyte Auguste Delaunay de (1810-1879). Directeur de publication

Contributeur : Jouvin, Benoît. Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb34355551z/date

Identifiant : ISSN 01825852

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Description : Variante(s) de titre : Le Figaro

Description : Périodicité : Hebdomadaire (1854-1855) ; semi-hebdomadaire (1856-nov. 1866) ; quotidien (16 nov. 1866-)

Description : Etat de collection : 1826 (1e janv.)-N° 365 (1935, 31 déc.)

Provenance : bnf.fr

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs.

Il a été généré par O.C.R. Le taux de reconnaissance obtenu pour ce document est de 89 %.




7e Année-Nu 604

1 -"<)! ~a

TRENTE-CINQ CENTIMES

i

ii.llifcudi 29 Novembre 1860

h. de yillemessant;

RÉDICTKl'ft E"<" CHEF

--<X>-

PRIX D'ABONNEMENT

DÉPARTEMENTS

Un an 40 fr. Trois mois. 10 fr. 50
Sn mois. 24 I Un mois.. 4 50

FI6Ait0

PARAIT DEUX FOIS PAR SEMAINB
Le Jeudi et le Dimanche

10. NUMÉROS PAR Ait

-<>~0-

A.\)\1\T~À.1.j1\

BUREAUX

6, Rue Coq Héron, 5

PARIS

« Que Je voudrais bien tenir un de ces puissante
de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent,
quand une bonne disgrâce u cuvé son orgueil! Je lui
dirais que les sottises impfimées n'ont d'importance
qu'aux lieux l'on en gène le cours; que, sans In li-
berté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur, et qu'il i(
n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits
écrits.. »

(Mariage de Figaro.)

« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me moquaj)t des sots, braYflnt les méchants. je me

̃ Jiâte de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. (Mariage de Figaro)

FIGARO

II. DE YILLEMESSAHT |

RÉDACTEDR ZZ CHEF \y"

--ao-

PRIX D'ABONNEMENT

PARIS

Un an 36 fr. Trois mois, 0 fr. 50
Six mois..19 I Un mois.. L »
A.VIS

LES MANUSCRITS NON INSÉRÉS

seront brûlés

-<

'N~kC.~0~

Et succursale pour les abonnements

;1, Boulevard Montmartre, 21

(Maison Frascati)

u On me dit qu'il s'est établi dnns Madrid un syi»
terne de liberté, sur la vente des productions, qui s'étend
nu me à celles de la presse; et que, pourvu que je no
en nus écrits ni de l'autorité, ni du culte, ui de
la politique, ni de la morale, ni des gens en pince, ni
des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres specta-
cles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis
tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou
trois censeurs. »

(Mariage de Figaro.)

PARI

'̃̃'̃' al

JOUR LE JOUR

'1: "~i ). .-1.:

81 novembre. A la Bourse, cinq minutes après
l'arrivée de la cote de Londres, à deux pas de la cor-
beille, M. Wertheimber (père de l'excellent contralto
de l'Opéra-Comique) a dit un mot assez réjouissant à
un de ses coreligionnaires. Celui-ci venait de lui
donner son adresse Rivoli, rue Coquenard
-A votre place, a répondu M. Wertheimber, j'aime-
rais mieux m'appeler Coquenard et demeurer rue de
Rivoli.

La classification de « ces petites dames » se com-
plète tous les jours. Il y avait déjà

Les lorettes

Les dames aux camellias ̃,

Les filles de marbre

Les demoiselles de plâtre;

Les musardines, dont mon compère Pierre est le
parrain

Les femmes du demi-monde

Les accrocheuses, qui conduisent elles-mêmes leur
voiture, et qui poussent si loin l'art du dépeignage, que
leurs cheveux les aveuglent.

Ce n'était pas assez. Les Linnée de la Flore morga-
natique viennent d'enrichir la nomenclature d'un nou-
veau genre

Les femmes dans l'acajou. Ce sont des huitièmes de
lorettes qui, dans leurs rêves les plus asiatiques, n'o-
sent même pas prononcer le mot de palissandre.
On les appelle aussi, et plus élégamment

Les crinolinettes. Le mot est vif et pimpant, je crois
qu'il restera.

Jusqu'à présent, les «messieurs» de «ces dames»
acceptaient franchement leur rôle, ils finançaient et ils
étaient trompés, mais pourvu qu'on observât avec eux
certaines convenances, ils se montraient de très facile
composition. Ils ne venaient qu'à de certaines heures.
Si par extraordinaire ils arrivaient impromptu, lafemme
qui leur ou vrai tlaporle tirait un cordon de sonnette pour
prévenir madame, et ce cordon eût mis en branle le
bourdon de Saint-Isaac, qu'ils auraient fait la sourde
oreille. Mais notre siècle est un siècle positif ilapporte
de l'ordre même dans ses désordres sa devise est don-
nant, donnant. Voici donc un moyen de contrôle trouvé
par M. X. C'est cher, mais c'est bon.

Madame, a-t-il dit, je vous ouvre un crédit, mais
)jspmme, lorsque je rends des yisites, rien ne m'ennuie
t que de faire anticbambre, confiez-moi votre clef.
Monsieur, les clefs sont hors de prix, la serrurerie

'T~~t si chère! Ilr~ 1 s c

"ê^t si chère!

Peu m'importe le prix.
Et M. R. a eu la clef, de sorte qu'il est maintenant
bien sûr de ne pas être dupé à domicile.

Vous savez, ces petits messieurs qui ont sur la
tête une raie de Sébastopol, dont la rive droite com-
mence au milieu du front et dont la rive gauche finit
je ne sais ces gandinets qui, sans y être condamnés,
s'emprisonnent le cou dans de petits carcans portatifs
en toile de Hollande? Ils tiennent beaucoup à passer
pour être au mieux avec toutes ces dames. Un d'en-
tre eux pousse cette manie si loin que, lorsqu'il est au
bois ou sur le boulevard avec des amis, il ne manque
jamais de saluer toutes les célébrités féminines, actrices
o j autres; si encore il ôtait son chapeau, si même il
le touchait du doigt. Fi donc 1 il se contente de les sa-
luer de la main en agitant les doigts en façon d'éven-
tail d'un geste à la Brummel (je vous dirai tout
à l'heure l'origine de ce geste). Une spirituelle actrice
du boulevard, mademoiselle A. fort peu lancée parmi
les gandins, avait subi plusieurs fois le salut protec-
teur de ce petit monsieur et s'était bien promis d'en
tirer bonne vengeance à la première occasion.
Cette occasion s'est présentée hier. Le jeune X,
étant aux Champs-Elysées, voit passer mademoiselle
A. dans sa voiture; il était avec des amis, il ne man-
que pas de se livrer à son exercice manuel. Mademoi-
selle A. fait arrêter, descend, va droit à M. X. qui
rougit d'aise en la voyant se diriger vers lui elle va
lui parler, pense-t-il. Il prépare sa plus fine imperti-
nence. Elle arrive devant lui, lui tend la main; il tend
la sienne, naturellement. Mais elle, froidement, avec le
plus grand calme, y dépose une pièce de vingt francs
et lui dit

Avec cet argent, achetez un chapeau, monsieur
alors, je l'espère, vous ne craindrez pas de l'user, et
quand vous vous permettrez de me saluer, vous me lè-
verez mon chapeau.

Il cherchait encore sa réponse, que mademoiselle A.
était remontée dans sa voiture et avait disparu.
Mais revenons au geste-Brummel. Ce dandy
modèle avait, sur la fin de son beau temps, emprunté
mille guinées à un nabab retour de l'Inde. Quelques
mois se passent, le prêteur n'entend plus parler de ses
guinées, et, ne comprenant pas ce sans-gêne, se sen-
tant froissé que son débiteur affectàt de ne pas lui par-
ler, il se décide à réclamer la somme à Brummel en
présence de plusieurs personnes.

Comment! lui dit Brummel, mais je vous ai payé!
Vous m'avez payé! et quand donc, je vous
prie?

-Mais un jour, dans Hyde-Park, je vous ai ren-
contré, j'étais avec des gens de ma condition, et je vous
ai dit, en vous saluant de la main Bonjour.

Telle est l'origine du salut à la Brummel.

Ces dames se moquent souvent de ces messieurs,
c'est leur état; mais ces messieurs empiètent parfois sur
les priviléges de ces dames, témoin cette lettre adressée
hier à une tigresse de Laffitte-Street (côté des numéros
pairs).

Oh Fanny,

Oh ma noble amie,

Votre lettre m'a brisé le cœur!

Il faut que vous soyez bien cruelle pour me reprocher ce
léger manque' de parole, et m'annoncer en même temps que
vous n'auriez pu me recevoir.

Mais, dîtes-Je tout de suite, que vous faut-il? ma vie,
mon honneur, ma fortune, le double de ce que je possédais
l'autre jour; mais vous le' savez-bien, oh! impitoyable
bourreau d'amour, que je ne suis que votre esclave humble,
tremblant et soumis, prêt à franchir tout obstacle pour tom-
ber à vos genoux, mendier un simple regard de votre œil
gauche.

Que vous sert d'abuser de votre pouvoir pour écraser qui
ne se défend pas, qui recevrait avec joie-que dis-je, avec
joie- avec délices la mort de vos belles mains. avec dé-
lices même ne rend pas complètement ma' pensée; mais
enfin, que voulez-vous, la langue française est si pauvre!
Dites, que faut-il faire pour m'attirer de vos beaux yeux
un tendre regard? Faut-il vous entr'ouvrir le ciel et vous
placer au milieu des anges ? car la terre n'est pas digne de
vous.

Faut-il bouleverser la terre pour vous découvrir un dia-
mant comme un œuf d'autruche?

Faut-il vous apporter la véritable eau de Jouvence ou do
la frangipane? Voulez-vous une deuxième loge de côté pour
le théâtre de Belleville, on joue la Lionne de la place Mau-
bert; vous y verrez le pompier de Notre-Dame. Ne lui faites
pas de l'œil, il est. grêlé. Faut-il dévisser Henri IV de son
cheval de bronze et vous mettre à sa place ? Voulez-vous
aller choisir des bijoux chez Darbo, mon bijoutier?
Je suis obligé, à mon grand regret, de vous quitter; on
m'attend pour essayer des gilets de flanelle.

Mais, au nom du ciel! ne me laissez pas sans un mot
d'espoir.

UN prince époi:x.

P. S. Je comptais vous envoyer ce cri du cœur par mon
portier, mais sa femme n'a pas voulu.



S8 novembre. Alexandre Dumas père et seùl
est à Paris j'ignore si c'est pour longtemps, mais si-
court que soit son passage, il aura assez duré pour en-
richir la collection du Figaro d'un de ces mots dont il
n'a communiqué le secret à personne si ce n'est à
son fils.

Mais, lui disait M. Hostein, il y a une heure à
peine, en le retrouvant plus vif, plus gai, plus étour-
dissant que jamais, rr.on cher Dumas, vous rajeu-
nissez 1

Il a répondu

« J'y ai mis le temps. »

S3 novembre. On m'annonce un grand bon-
heur, auquel je n'ose croire encore. Oh non ce serait
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