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                  Titre : La Croix (1880)

                  Titre : La Croix

                  Auteur : Bayard

                  Éditeur : La Croix (Paris)

                  Date d'édition : 1880-1968

                  Type : texte,publication en série imprimée

                  Langue : Français

                  Format : application/pdf

                  Identifiant : ark:/12148/cb343631418/date

                  Identifiant : ISSN 02426412

                  Source : Bibliothèque nationale de France

                  Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343631418

                  Description : Périodicité : Mensuel (1880-juin 1883) ; Quotidien (16 juin 1883-1968)

                  Description : Etat de collection : T. 1, n° 1 (1880, avr.)-n° 3263 (1893, déc. 30)

                  Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

                  Provenance : bnf.fr

                  Date de mise en ligne : 15/10/2007

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                  First issue for the year 1911 Previous issue 1911/12/30 (Numéro 8829).
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                  Title : La Croix (1880)

                  Author : Bayard

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                  LA CROIX

                  SAMEDI 3X» 0EGKKVH3» TSM

                  fui et établir sur des fondements sérieux sa
                  vie chrétienne.

                  Après la formation religieuse, la formation so-
                  ciale qui tient une si grande place, avec jus-
                  tioe d'ailleurs, dans les préoccupations aotuelles.
                  Jésus-Christ lui-même nous dit que le second
                  commandement « Aimer son prochain. e est
                  semblable au premier Aimer Dieu. nous
                  montrant ainsi l'importance de notre devoir
                  social.

                  L'élite doit encore acquérir une solide /or-
                  mation professionnelle. L'agriculture est une
                  science plus difficile à apprendre qu'on ne le
                  croit généralement le cultivateur devrait avoir
                  des connaissances sur toutes les autres solen-
                  ces Chimie, physique, botanique, méca-
                  nique, etc. plus l'élite aura de oomç>éteooe «t
                  plus aussi elle aura d'influence.

                  J'ai ajouté formation civique. Il n'y a qu'à
                  jeter un coup d'œil dans nos villages pour con-
                  stater notre insuffisance sur ce point les élec-
                  teurs n'ont nul souci de leur responsabilité, ils
                  suivent quelques meneurs sana s'inquiéter si
                  c'est pour le bien de leur commune et de leur
                  pays. Entendons,nous bien, je ne parle pas de
                  faire de la politique, du moins dans un certain
                  sens, car si faire de la politique qu'étudier
                  l'organisation administrative du pays en général
                  et en particulier de la commune, les droits et
                  les devoirs du citoyen, oui alors, il faut faire
                  de cette politique.

                  Comment étudier ces questions ? Il y a plu-
                  sieurs méthodes elles sont toutes bonnes quand
                  elles sont judicieusement appliquées. Le mieux
                  est de les employer simultanément, suivant les
                  questions à traiter, les aptitudes du rapporteur
                  et les nécessités du moment. Que l'on emploie
                  la méthode des rapports préparés soigneuse-
                  ment à l'avance, ou la lecture commentée, ou
                  les interrogations, ou toute autre méthode, il
                  faut envisager ces deux points que le sujet
                  soit intéressant et éducatif que tous les
                  membres ou du moins ceux qui sont considérés
                  comme l'élite à former prennent une part per-
                  sonnelle à la discussion sans cette dernière
                  condition, il n'est pas possible de faire du tra-
                  vail utile.

                  Puisque je parle du travail du Cercle, je dois
                  signaler parmi les sujets intéressants l'étude des
                  Associations agricoles si la commune en .pos-
                  sède déjà, il sera facile de se documenter sur
                  leur organisation et les services rendus si elle
                  n'en possède pas, à l'étude théorique par les
                  livres et brochures, on joindra l'étude pratique
                  par l'enquête, et ainsi renseignés sur les res-
                  sources et les besoins du pays, il sera peut-
                  être possible d'arriver à la création d'un Syn-
                  dicat ou d'une Mutuelle, et alors la pratique de
                  ces œuvres terminera heureusement la forma-
                  tion sociale.

                  Parmi les autres moyens de former l'élite,
                  Il faut signaler encore les réunions interparols-
                  siales ou régionales comme celle d'aujourd'hui
                  il est bien rare qu'il n'en sorte pas quelques
                  idées pratiques et une augmentation de vie et
                  de travail paur les Cercles qui y prennent part.
                  Il faut applaudir surtout iL l'initiative de
                  la Chronique sociale de France instituant ce que
                  l'on a appelé très justement la Semaine rurale
                  Il y a beaucoup à espérer de cette institution
                  qui mettra en contact la véritable élite rurale
                  et qui lui permettra d'avoir sur l'action sociale
                  appliquée à l'agriculture. des vues générales,
                  des synthèses d'idées qui trop souvent, pour ne
                  pas dire toujours, lui font défaut.,Je souhaite
                  vivement que l'Ain soit largement représenté
                  il ces cours sociaux et c'est de tout cœur que
                  je remercie la Chronique de son heureuse ini-
                  tiative Et que je lui souhaite bon succès.
                  A tous ces moyens collectifs de formation
                  celui qui vraiment veut faire partie de l'élite
                  doit ajouter la formations individuelle, la plus
                  difficile peut-être. En effet, s'astreindre J un
                  travail régulier, iL la lecture d'ouvrages sérieux,
                  à l'étude de questions toujours difficiles et par-
                  fois ardues, surtout mettre plus de régularité
                  dans ses devoirs de chrétien, chercher à dé-
                  velopper sa vie religieuse par les moyens spi-
                  rituels mis à notre disposition par l'Eglise et,
                  pour tout dire, mettre en accord absolu sa
                  conduite et ses idées, voilà l'œuvre difficile
                  entre toutes et pourtant absolument néces-
                  saire pour avoir une véritable élite. A ceux
                  qui auront le courage de s'adonner à cette
                  œuvre, il sera bientôt permis, après la ru-
                  desse apparente des débuts, d'en savourer
                  aussi les joies car peut-on trouver plus
                  de bonheur qu'à se rendre meilleur et à faire
                  du bien aux autres ?

                  V. Occupation de l'élite

                  Il me resterait à vous dire quelques mots
                  sur la manière d'occuper l'élite une fois for-
                  mée, mais ce rapport est déjà trop long, et
                  j'abrégerai.

                  L'élite travaillera à redonner à notre pays
                  une mentalité chrétienne qui, hélas n'existe
                  presque plus.

                  Elle montrera le bon exemple à tous les

                  FEUILLETON DU 30 DÉCEMBRE 1911

                  Revue des

                  Revues

                  La quatrième arme française
                  (LA REVUE, 15 dccambre, capitaine
                  Chariot)

                  Ayant établi que les principes direoteurs de
                  la guerre resteront inohsmgés par l'utilisation
                  de l'aéroplane, le capitaine Chariot prouve que
                  cetpemd&nt la physionomie des opérations en
                  sera influencée.

                  « La science de la guerre, enseignait
                  Napoléon à ses lieutenants, consiste à bien
                  calculer toutes les chances d'abord et à
                  faire ensuite exactement la part du hasard;
                  c'est sur ce point qu'il ne faut pas se trom-
                  per et qu'une décimale de plus ou de moins
                  peut tout changer. Ses immortelles cam-
                  pagnes montrent clairement ce qu'il enten-
                  dait par se réserver le maximum de
                  chances favorables toute sa correspon-
                  dance en fait foi, et ses mémorables vic-
                  toires l'ont clairement démontré.

                  C'est en 1796, sur l'Adige, la disposition
                  de ses faibles forces permettant d'assaillir
                  supérieurement les colonnes ennemies
                  séparées, c'est Arcole, c'est Rivoli. C'est, en
                  1805, l'organisation minutieuse de marches
                  soudaines du Rhin au Danube, prévenant
                  la concentration austro-russe avec Ulm et
                  Austerlitz comme couronnement. C'est, en
                  1806, la merveilleuse manœuvre d'Iéna ce
                  sont, en 1813, Lutzen, Bautzen et, après
                  l'armistice de Pleisswitz, son génial dis-
                  positif pour parer avec avantage aux at-
                  taques isolées de Bernadotte, de Blûcher,
                  de Schwarzenberg.

                  Si, à ce moment, le succès ne vint pas
                  sanctionner ses combinaisons, c'est que
                  l'instrument ne répondait plus aux exi-
                  jrpT''10'* de la sit'ipt'r>n. c'pst rnip l'armée.

                  points de
                  et civique.

                  Elle répandra des idées justes sur toutes
                  les questions qui passionnent, actuellement
                  l'opinion.

                  Enfin, elle créera et assurera le bon fonc-
                  tionnement de ces oeuvres qui se répandent do
                  plus en plus dans notre pays Comités pa-
                  roissiaux, œuvres scolaires, œuvres sociales,
                  œuvres de presse.

                  Vous voyez, mes chers camarades, quel
                  vaste champ est ouvert à notre activité. Ne
                  refusons pas d'y entrer et pour cela formons-
                  nous, étudions, rendons-nous dignes de faire
                  partie de cette élite qui nous assurera le suc-
                  cès.

                  Ludovic Bailly,

                  président du C. E. d'Hototvnes.

                  Voles d'histoire locale
                  Le régionalisme dans le midi de la
                  France Deux périodiques religieux
                  Une enquête Lettre au doyen
                  de la Faculté de droit de Toulouse
                  Encore Bossuet

                  N'est-ce pas qu'après la publication de
                  l'important ouvrage de M. Charles Brun (1),
                  le régionalisme s'est réveillé du long som-
                  meil de discrédit dans lequel il était tombé
                  depuis longtemps ? Je ne vais pas jusqu'à
                  dire que ce mot s'est subitement moder-
                  nisé. Devons-nous chercher dans l'orien-
                  tation politique actuelle la raison d'être du
                  renouveau de la vie provinciale ? Non
                  pas plus, d'ailleurs, que nous ne saurions
                  l'identifier avec tel régime, de préférence
                  à tel autre. Mais laissons de côté ces aper-
                  ç.us qui pourraient paraître à quelques-
                  uns plus ou moins voulus et, peut-être
                  même, signalés à dessein, et constatons
                  qu'un véritable mouvement se dessine,
                  dans le Midi de la France surtout, en
                  faveur de ce que NI. Charles Brun appelle
                  une philosophie », une « méthode », un
                  ordre », sans lesquels nous ne pouvons
                  vivre, nous, enfants de la petite patrie, le
                  Languedoc, et :V1. Maurice Barrés voit
                  le moyen pour notre France. de s'organi-
                  ser, de penser et de durer.

                  Les preuves ne nous manquent pas pour
                  démontrer la germination du régionalisme
                  dans cette contrée, illustrée par les Dom
                  Dévie et les Dom Vayssettes, les Canet, les
                  Couture, les Roschach, les de Rivières, les
                  Jules Rolland, et tant d'autres

                  Tenons-nous-en à quelques-unes.

                  Voici l'Albia christiana, qui revoit le
                  jour après une interruption de onze an-
                  nées. Cette excellente revue dont la direc-
                  tion a été confiée à l'éminent professeur
                  d'histoire au Grand Séminaire d'Albi, qu'est
                  .NI. l'abbé de Lacger, s'est présentée sous
                  les plus favorables auspices. L'esprit dont
                  elle est animée et qui est fait de défense
                  religieuse et d'impartialité historique
                  nous est un sûr garant de son succès et
                  surtout de son développement. Ce que veut
                  avant tout notre maître et notre ami, c'est
                  communiquer à tous les lecteurs de l'Al-
                  bigeois et même du Languedoc, le zèle
                  admirable que mirent nos pères et nos
                  frères dans la foi à « procurer l'avance-
                  ment du royaume de Dieu », et leur don-
                  ner, en cela, comme modèles « des prêtres
                  et des religieux que l'épreuve trouva
                  fidèles jusqu'au martyre, des évêques enfin
                  qui marquèrent dans le pays par leur sain-
                  teté, par leur prudence, par l'importance
                  de leur rôle politique; par l'éclat de leur
                  talent et de leur nom ».

                  La lecture que nous avons faite des neuf
                  premiers numéros suffit à nous convaincre.
                  L'histoire religieuse de l'Albigeois, si im-
                  portante, si décriée même, va nous être
                  connue, à la fois dans ses grandes lignes et
                  dans ses détails. La vie de nos anciennes
                  abbayes, l'état de nos paroisses, l'adminis-
                  tration de nos évêques et archevêques,
                  nous les trouverons exposés par les col-
                  laborateurs précieux dont s'est entouré
                  M. l'abbé de Lacger. Et demain, VAlbia
                  christiana prendra place, par son impor-
                  tance et sa documentation sûre, à côté des
                  autres publications religieuses locales, di-
                  rigées par les Potier, les Uzureau et les
                  Rouquette. (2).

                  •M. l'abbé Rouquette n'est pas un inconnu
                  (il) .Professeur au lycée Loui*4e Grand.
                  (2) L'AlbUi christiana paraît tous les mois,
                  excepté août et septembre. Abonnement fr.
                  par an. Au Grand Séminaire d'Albi (Tarn;.

                  saignée à blanc par la désastreuse cam-
                  pagne de Russie, était inférieure à ses
                  devaneières, et c'est surtout parce que l'in-
                  suffisance des chefs d'armée ne permit pas
                  la victoire l'organisation stratégique res-
                  tait parfaite, la direction hors de pair, mais
                  les commandements subordonnés étaient
                  par trop inférieurs à un rôle qui ^les dé-
                  passait.

                  Le calcul des chances est donc basé en
                  grande partie sur lea emplacements, la
                  force des troupes ennemies, et se résout
                  par la possibilité de les accabler sous le
                  nombre au moyen de marches et de dis-
                  positifs rationnellement combinés. Il est
                  incontestable que l'exploration aérienne
                  rendra des services incalculables.
                  Mais c'est surtout dans l'évaluation de
                  « la part du hasard » que la quatrième
                  arme sera d'un précieux secours, car ce
                  hasard est surtout fonction de l'ignorance
                  plus ou moins grande dans laquelle on res-
                  tait jusqu'ici sur les projets de l'ennemi
                  « qui, ayant intérêt à masquer ses forces
                  en cachant le véritable point de son at-
                  taque, opère de manière que le coup qu'il
                  veut porter ne soit jamais indiqué d'une
                  manière positive ». Les reconnaissances de
                  l'air permettront de plus en plus de lire
                  à livre ouvert dans les projets de l'adver-
                  saire et faciliteront l'offensive.

                  Si, en 1870, le grand état-major alle-
                  mand avait eu ce moyen à sa disposition,
                  il aurait appris, bien avant que le combat
                  de Borny le fixât à ce sujet, que l'armée
                  française était restée sur la rive droite de
                  la Moselle, et il n'aurait pas effectué, sur
                  cette rivière, un déploiement prématuré. Il
                  aurait su, le 16 août, que Bazaine n'était
                  pas en marche vers la Meuse, mais con-
                  centré vers Gravelotte, et, au lieu de ris-
                  quer le combat dans les conditions les plus
                  défectueuses à Rezonville, il se serait ap-
                  pliqué le principe napoléonien, « que les
                  batailles ne doivent pas se donner si l'on
                  ne peut calculer en sa faveur soixante-dix
                  chances de succès sur cent ». Ce jour-là,
                  le bluff audacieux, l'invincible ténacité, la
                  nette compréhension de la psychologie de
                  la lutte chez Constantin Alvensleben, en
                  dOnnant. aux corps prussiens le temps d'ac-

                  pour le, lecteurs des pages documentaires
                  Je lu A cette même place, nous
                  avions annoncé sa Iteoue historique du diu-
                  cèse de Montpellier et dit tout le bien que
                  nous pensions des travaux parus, notam-
                  ment de la vie de Jean Plantavit de la
                  Pause, évêque de Lodève. Si nous repar-
                  lons aujourd'hui de cet important pério-
                  dique, c'est pour signaler la variété de ses
                  études, leur solide documentation et sur-
                  tout le vaste champ qu'elles embrassent.
                  Si la plupart d'entre elles restent connues
                  des seuls lecteurs de la revue, et nous le
                  grettons, quelques-unes seront fort heu-
                  reusement lues en dehors du diocèse dont
                  Mgr de Cabrières est le paternel et très
                  aimé archevêque-cardinal. Nous voulons
                  bien croire qu'il en sera ainsi de la Vie
                  de saint Fulcran, par Bernard Gui, tra-
                  duite et anviotée par l'abbé Rouquette (3).
                  Notre intention n'est pas de nous étendre
                  sur cent ouvrage de premier mérite, mais
                  simplement de le signaler à tous ceux qui
                  s'intéressent à l'histoire de nos évêques
                  d'autrefois. Dans une prochaine chronique
                  nous puiserons dans la vie de ce prélat de
                  Lodève quelques traits à l'intention de nos
                  lecteurs.

                  Tous les articles de la Revue historique
                  du diocèse de Montpellier mériteraient
                  d'être mentionnés, voire même analysés
                  mais la place nous manque. Disons qu'ils
                  révèlent des historiens consommés et des
                  pionniers infatigables que rien ne rebute et
                  qu'aucune difficulté ne décourage.
                  Autre preuve de la germination du ré-
                  gionalisme dans notre Midi au mois de
                  septembre, un journal de Toulouse (4) fai-
                  sait, auprès de ses lecteurs et amis, une
                  enquête sur ce même régionalisme. Voici
                  les questions posées

                  Que pensez-vous du régionalisme ?
                  Comment le concevez-vous au point de
                  vue politique, économique et adminis-
                  tratif 2" littéraire, historique, artistique
                  et pédagogique (Universités et écoles régio-
                  nales autonomes) ?

                  Des coutumes locales (fêtes rurales et ur-
                  baines publiques cérémonies familiales
                  vêtements, mœurs, usages.).

                  Par quels moyens pourrait-on restaurer
                  et assurer la vie régionale principalement
                  dans notre Midi ?

                  Les réponses vinrent, nombreuses, inté-
                  ressantes et variées. Chaque partie de ce
                  questionnaire, très complet, trouva des con-
                  vaincus qui établirent fortement, avec preu-
                  ves à l'appui, le fait aujourd'hui incontes-
                  table du retour à la décentralisation. Les
                  uns dirent comment ils comprenaient le
                  régionalisme et le bien immense que la
                  nation retirerait d'une large autonomie
                  accordée aux assemblées de nos provinces,
                  au triple point de vue politique, social et
                  littéraire ou artistique. Les autres, traitant
                  plus spécialement telle ou telle question,
                  envisagèrent les moyens d'aider au dévelop-
                  pement du régionalisme, sous la forme his-
                  torique, philologique, industrielle. Coin
                  ment ne signalerions-nous pas, en particu-
                  lier, les réponses de Ni. Henri Auriol, dé-
                  puté de Villefranche-de-Lauragais du
                  poète Simin Palay de M. Bories, député de
                  Montauban de J.-R. de Brousse, l'excellent
                  maître ès-jeux, président des Toulousains
                  de Toulouse, qui est un des plus ardents
                  champions, en Languedoc, de ce retour à
                  nos traditions méridionales. « Seuls, dit-il,
                  avec juste raison, la décentralisation, le ré-
                  gionalisme, au moyen de leurs diverses
                  organisations particulières, peuvent rendre
                  le paysan à la terre, le citoyen à sa cité et
                  le Français à sa province. Nous devons
                  encore mentionner les études profondes de
                  M. Didier-Rousse, de Bagnères-de-Bigorre, j
                  qui voudrait que l'on encourageât toutes les
                  manifestations locales tendant à donner
                  l'autonomie à notre Languedoc de NI. Léo-
                  pold Médan, réclamant, comme d'ailleurs
                  M. J. Danglès, uno éducation régionaliste
                  complète enfin, de M. Charles Brun lui-
                  même, dont il nous plait de citer ces lignes
                  Il ne faut négliger aucun des éléments
                  de notre renaissance. Rendre un fleuve na-
                  vigable, restaurer une industrie, ramener
                  la terre, voilà encore des oeuvres régiona-
                  listes. Et, plus généralement, tout ce qui
                  restituera au citoyen son orgueil natal et
                  l'exaltera d'une légitime émulation tout
                  ce qui développera l'initiative privée et
                  rejettera l'Etat dans son domaine propre
                  plus généralement encore, tout ce qui ten-
                  dra vers un ordre doit être revendiqué par
                  nous, que ce soit dans le monde du tra-
                  (3) Vie de saint Fulcran, librairie Valat, Mont-
                  pellier, 3 'francs.

                  i4) .Le Télégramme.

                  courir au canon, tirent une victoire d'une
                  rencontre qu'un commandement français
                  plus avisé aurait transformer en dé-
                  faite.

                  L'aéroplane aurait pu également ren-
                  seigner les Allemands sur l'emplacement
                  exact de la droite française à Saint-Privat
                  et lui donner plus tard des indications pré-
                  cises sur la marche de Mac-Mahon vers
                  Sedan, éviter par même aux armées du
                  prince royal et du prince de Saxe, indépen-
                  damment de fatigues inutiles, la situation
                  très délicate elles se trouvèrent dans
                  les derniers jours d'août 1870, alors que le
                  destin contraire voulut encore que nos
                  armes laissassent s'évanouir une occasion
                  inespérée de ressaisir la victoire.

                  Les conditions de la guerre de masses,
                  qui auraient pu paraître il y a quelques
                  années « de plus en plus changeantes et
                  imprévisibles », resteront donc, grâce au
                  nouvel engin, et plus encore que par le
                  passé, accessibles aux calculs stratégiques
                  la conduite des opérations militaires sub-
                  sistera artistique dans sa conception, mais
                  de plus en plus scientifique dans son éla-
                  boration.

                  Cependant, quelle que soit l'exactitude
                  des prévisions, la surprise sera toujours
                  possible, quoique moins fréquente. Que
                  l'on n'ait pas songé à faire explorer telle
                  région qui paraissait peu dangereuse soit
                  commo trop excentrique, soit à cause de
                  la nature du terrain, un ennemi audacieux
                  pourra en surgir brusquement et jeter
                  l'épouvante dans la ligne de combat, et
                  c'est en effet ce mode d'emploi de la force
                  matérielle qui a la répercussion la plus
                  profonde sur le moral des troupes l'his-
                  toire fourmille de nombreux exemples de
                  paniques occasionnées par des effectifs
                  quelquefois bien minimes. L'arrivée de
                  Desaix sur le champ de bataille de Ma-
                  rengo, celle de Blücher à Waterloo mon-
                  trent quelles peuvent être les conséquences
                  de l'apparition d'un adversaire dont la par-
                  ticipation au combat n'entrait pas en ligne
                  de compte dans le calcul des chances.
                  Mais, à l'avenir, ce ne sera plus cette
                  Spujf» surprise qu'il y aura lieu de redou-

                  vail ou dam celui des idées. Car. j'y re-
                  viens, le régionalisme est un ordre. »
                  Voici que nous trouvons une preuve de
                  cette dernière pensée dans la lettre adres-
                  sée, au commencement de novembre, au
                  doyen de la Faculté de droit du Toulouse, par
                  M. Henri RouLaud, vice-président des Tou-
                  lousains de Toulouse. Celui-ci insiste sur
                  la participation que pourraient prendre aux
                  recherches d'histoire locale les auteurs
                  de thèse de doctorat.

                  Après avoir justement rappelé le mou-
                  vement dans ce sens qui existe dans les Fa-
                  cultés, il demande que les professeurs sti-
                  mulent les élèves, puis indique les avan-
                  tages que l'on pourrait retirer d'études de
                  ce genre.

                  « Un étudiant qui examine une institu-
                  tion de sa province, ou qui analyse un état
                  économique ou social dont il est le témoin,
                  produira une étude plus consciencieuse que
                  s'il se livrait à une compilation faite avec
                  des documents de troisième main sur un
                  sujet général vingt fois traité ailleurs. Au
                  lieu d'une brochure souvent médiocre est
                  inutile, il tirera de pièces originales et peu
                  connues une contribution à l'histoire des
                  institutions ou à l'économie sociale.
                  Que de sujets de thèse, quand on songe
                  à la quantité de documents que l'on peut
                  consulter dans la cité de noble dame Clé-
                  mence Isaure Que de monographies à
                  écrire dans les pays qui dépendent de notre
                  Université Combien il serait désirable que
                  cette dernière devint, comme le dit
                  M. Ch. Brun, « le centre régional en ce qui
                  touche aux choses de l'esprit » »

                  De si sages conseils, nous n'en doutons
                  pas, seront suivis, et bientôt nous verrons
                  s'ajouter à l'édifice historique et artistique
                  da notre Midi, quelques belles pierres, bu-
                  rinées et travaillées par les fervents de la
                  petite patrie.

                  En cela, ils marcheront sur les traces
                  de ces pionniers infatigables, au premier
                  rang desquels nous devons citer notre ex-
                  cellent ami, M. J.-R. de Brousse. Si ce nom
                  est revenu sous notre plume, c'est bien de
                  notre propre volonté, désirant ne pas ter-
                  miner cette chronique sans dire un mot
                  d'une étude particulièrement intéressante
                  publiée par lui, dans le même journal de
                  Toulouse. Ce travail, quoique court il ne
                  s'agit que d'un article, présente des qua-
                  lités d'érudition et un sens historique ré-
                  gional, dignes de retenir notre attention.
                  C'est de Bossuet qu'il s'agit, de « Bos-
                  suet à l'évêché de Condom ». Avant d'être
                  l'Aigle de Meaux, le précepteur du Dauphin
                  fut nôtre.

                  L'abbaye fondée vers l'an 900 par Hono-
                  rette, femme de Sanche le Courbé, duo oe
                  Gascogne, et qui devint le noyau de la fu-
                  ture cité de Condom, avait été érigée en
                  évêché en 1317 par le pape Jean XXII.
                  Cet évêché vit se succéder sur son siège
                  les plus illustres représentants de la no-
                  blesse française, les Galard, les Gontaut-
                  Biron, les d'Estrades, les Montluc, les Lor-
                  raine, et plus tard les Cossé-Brissac, l<>s
                  Montmorency et les Brienne, mais tous de-
                  vaient pâtir devant le nom de Bossuet. C'est
                  à la mort de Louis de Lorraine qu'il fut
                  nommé au siège vacant par un édit du
                  13 septembre 1669. Ajoutons tout de sutee
                  qu'il ne put malheureusement se rendre
                  jamais dans sa ville épiscopale, et « c'est
                  clemeuré pour Condom un éternel sujet de
                  légitimes regrets. Cependant, et ceci doit
                  être noté, il s'occupa très activement des
                  affaires de ses diocésains.

                  M. J.-R. de Brousse, entrant dans le dé-
                  tail, nous parle des diverses circonstances
                  qui empêchèrent Bossuet de venir dans sou
                  nouvel évêché et de ce qu'il lit jusqu'au
                  jour, octobre 1671, il donna sa démis-
                  sion, ne pouvant « concilier ses devoirs
                  d'évêque avec ses charges à la cour ». On
                  doit le reconnaître « Il est glorieux et
                  douloureux à la fois » de constater que c'est
                  comme évêque de Condom qu'il prononça
                  les oraisons funèbres d'Henriette d'Angle-
                  terre (16 novembre 1669) et de la duchesse
                  d'Orléans (21 août 1670). Sacré le 21 sep-
                  tembre 1670, il prenait possession de son
                  siège par procuration ses deux délégués
                  étaient messire Hugon Janon, conseiller du
                  roi et chanoine de Saint-Just de Lyon, et
                  Bernard de Bressalles, archidiacre et cha-
                  noine théologal de la cité gasconne.
                  Bossuet s'empressa de réglementer la si.-
                  tuation de son clergé au point de vue de la
                  résidence, des revenus, de la magie, de la
                  tenue extérieure, de la conduite en public.
                  Il réunit même un synode, le 16 juin 1671
                  les ordonnances en ont été publiées dans h;
                  Revue de Gascogne par l'abbé Couture dont
                  M. le chanoine Valentin nous retraçait ici

                  ter ce sera aussi d'apprendre tout à coup
                  qu'un corps ennemi, non escompté dans les
                  prévisions tactiques, accourt au canon et
                  que, faute de temps, il y a impossibilité
                  de s'opposer à cette nouvelle attaque. Le
                  chef vivra alors des mniutes angoissantes
                  qui pourront être décisives, car, si la di-
                  rection prime tout, elle sera dans un tel
                  désarroi que cette surprise intellectuelle
                  risquera d'entraîner des répercussions bien
                  redoutables. Alors qu4hier, dans l'impossi-
                  bilité de connaître toute l'étendue de l'at-
                  taque, on pouvait conserver presque jus-
                  qu'au dernier moment l'espoir de la re-
                  pousser, demain, cet espoir s'évanouira dès
                  l'arrivée du renseignement et la constata-
                  tion de l'impossibilité de la parade. Il fau-
                  dra quand même chercher à réaliser son
                  plan offensif, il faudra savoir oser.
                  Si, alors que toutes les prévisions sont
                  exactes, que l'exécution répond à la con-
                  ception rendue d'ailleurs plus facile, le
                  chef devra montrer de la décision, de
                  l'énergie pour poursuivre son attaque, il
                  lui faudra, quand la surprise intellectuelle
                  se superposera à la surprise matérielle,
                  faire preuve d'une bien plus grande force
                  de caractère pour faire face à l'adversité
                  et en sortir quand même invaincu.
                  Si donc le nouvel engin facilite la déci-
                  sion, il exigera chez le chef un caractère
                  de mieux en mieux trempé, une haute cul-
                  ture morale jointe à de solides connais-
                  sances professionnelles.

                  Bien que la surprise devienne de moins
                  en moins fréquente et facile, ses effets se-
                  ront trop violents pour que les adversaires
                  ne cherchent pas à la faire naître elle est
                  une trop certaine productrice de déséqui-
                  libre moral pour être négligée aussi s'eî-
                  forcera-t-on quand même de celer les
                  troupes d'attaques aux investigations en-
                  nemies. Il s'y ajoutera, dans la zone d'ap-
                  proche, le précieux avantage de soustraire
                  les unités tactiques au feu indirect do
                  l'artillerie, rendu si pratiquement réglable
                  par les observations aériennes.

                  Il s'ensuit que l'utilisation des couverts
                  devra être intégrale. Si déjà la vulnérance
                  sans cesse accrue des armes à tir rapide

                  même, il y a quelques juurs. la ,il' de
                  beur. Il lutta les (le
                  qui menaient une vie très irrégulière et
                  aussi contre tes jansénistes.

                  M. J.-R. de Brousse dont nous venons do
                  résumer bien imparfaitement la savante
                  étude, conclut par cette pensée que nous
                  nous faisons un plaisir de mettre sous Ics
                  yeux de nos lecteurs elle est encore, la
                  preuve de l'amour que nous avons, dans
                  le Midi, de notre chère terre languedo-
                  cienne

                  « Si Condom n'a pas eu la gloire de sa
                  présence, si Bossuet n'a pu avoir pour nos
                  petits Gascons la paternelle bonté de leur
                  faire lui-même le catéchisme comme il le
                  faisait aux enfants de Meaux, cependant
                  son action épiscopale à Condom tut aussi
                  attentive, aussi vaillante, aussi hautement
                  évangélique que s'il avait été réellement
                  présent.

                  » Si Bossuet n'a pas officié sous les voû-
                  tes en berceau, aux clefs sculptées et du-
                  rées de la belle cathédrale de la Renais-
                  sance s'il n'a pas erré dans le délicieux
                  cloftre ogival de Condom aux portes déli-
                  catement ciselées, cependant son souvenir
                  reste malgré tout attache à la cité gas-
                  conne. »

                  Jean Dalbiga.

                  Notes bibliographiques
                  La défense nationale dans le Nord en
                  2, période. Bapaume, du 27 dé-
                  cembre au janvier, par le lieutenant-
                  colonel breveté Camille Lévi. lu-8%
                  10 fr. Lavauzelle, 10, rue Danton, Paris.
                  Sous ce titre, le lleutenant-eolonél Lévi a déjà
                  publié deux volumes très documentés portant en
                  exergue, le premier Villers-Bretonneux, et le se-
                  cond, Pout-Noyelle. IL esprit de 1'ouvrage est
                  toujours le même c'est une étude organique,
                  historique et tactique, faite suivant la méthode
                  employée aujourd'hui .pour tous les travaux
                  historiques. On y trouvera donc surtout des do-
                  curnents réunis méthodiquemeut et analysés de
                  manière à faire ressortir les enseignements
                  qu'ils comportent. L'ouvrage du lieutenant-co-
                  lonel iLévi est pour l'historien comme pour
                  le militaire, une contribution précieuse à l'étude
                  de la campagne du Nord.

                  Manuel dit gradé de cavalerie. édition.
                  Prix, fr. 50. Chez Lavauzelle, 10, rue
                  Danton, Paris.

                  Cette édition renferme le texte des règle-
                  ments les plus récents, notamment celui du
                  « nouveau réglement sur les exercices et ma-
                  nmuvres de la cavalerie ». Elle contient égale-
                  ment la nouvelle instruction ministérielle sur les
                  soins à donner aux chevaux.

                  Deuxième série d'instructions tactiques
                  cadres, par_le commandant breveté DES-
                  coins. fn-8°, fer. Lavauzelle, 10, rue
                  Danton, Paris.

                  Le commandant Descoins poursuit dans ce
                  volume l'instruction lactique des officiers de
                  cavalerie. Après avoir, dans un ouvrage pré-
                  cédent traité avec tous les détaila qu'elle com-
                  porte la partie théorique de cette instruction,
                  il en aborde dans le volume qui vient de pa-
                  raltre, ia partie pratique. Il se place dans une
                  situation comportant l'emploi d'un détachement
                  mixte, et c'est dans ce cadre qu'il étudie l'emploi
                  de la cavalerie, pour en déduire la technique
                  de l'armée. Ouvrage très intéressant et pour
                  tous les officiers..

                  Essai sur l'attaque à l'arme btartche, par
                  le lieutenant Paul Dromard, préface du
                  général Lyautey. In-8', 3 fr. Lavauzelle,
                  10, rue Danton, Paris.

                  Dans cet ouvrage le lieutenant Dromard a su
                  montrer, de la façon la plus vivante, la supé-
                  riorité des forces morales et de l'offensive,, ainsi
                  que le triomphe définitif de l'attaque I'arme
                  blanche préparée par l'utilisation du terrain
                  et l'emploi habile des feux. Les exemples mis a
                  l'appui de la doctrine, dont quelques-uns illus-
                  trés par la vaillance du frère de l'auteur, le lieu-
                  tenant Amédée Dromard, mort au champ d'hon-
                  neur, donnent à ce travail encore plus de force
                  et de vérité, en même temps que l'intérêt de la
                  chose vécue.

                  Tactique d'armée. Marches, stationnements.
                  ravitaillements, par le lieutenant-colonel
                  Menu. In-8', 33 croquis dans le texte,
                  10 francs. Lavauzelle, 10, rue Danton,
                  Paris.

                  Dans cet important ouvrage, le lieutenant-
                  colonel Menu a réuni des éléments principaux
                  de la tactique générale qui préparent la ba-
                  taille décisive. 6on exposé s'appuie sur des faits
                  tirés de -l'histoire des guerres passées et parti-
                  culièrement de da période napaléonienne et de
                  la campagne de qui permettent de
                  présenter des idées nettes sortant du vague
                  habituel des études de tactique générale. Tout
                  en précisant les solutions ou les principes, l'au-
                  teur laisse toujours au commandement l'initia-
                  tive qui ,lui revient et la latitude d'adapter se*
                  dispositions aux considérations tactiques de
                  ,moment.

                  Le Pain évangélique, tome I" de l'Avent
                  au Carême, par l'abbé Duplessis. In-12.
                  2 francs. P. Téqui, rue Bonaparte,
                  Paris.

                  Explication dialoguée des évangiles des di-
                  manches, de l'Avent à la Quinquagésime, et de
                  quelques fêtes d'obligation de cette période
                  liturgique. -NI. l'abbé Duplessis excelle, comme

                  entraînait le « vide du champ de bataille »,
                  cette nécessité paraît désormais de plus en
                  plus impérieuse les dispositifs devront
                  être de plus en plus souples et articulés
                  pour se mouler aux abris les intervalles
                  et distances seront fonction du terrain, les
                  formations géométriques rigides devront
                  céder le pas à des dispositifs largement
                  articulés la souplesse des unités résidera
                  plus dans le cerveau du chef que dans
                  l'agilité des troupes elles-mêmes. Au mo-
                  ment la refonte de notre règlement de
                  manœuvres de l'infanterie est en question,
                  il importait de souligner ces nouvelles exi-
                  gences.

                  En particulier, sur le champ de bataille,
                  les formations d'attente ou de rassemble-
                  ment ne pourront plus sauf exceptions
                  bien rares présenter ces carrés parfaits
                  que nous avions coutume d'admirer. C'est
                  sous les couverts que seront soigneusement
                  dissimulées les unités, dans des dispositifs
                  parfois divers imposés par le terrain, à des
                  intervalles et des distances essentiellement
                  variables, sous la seule réserve qu'elles
                  puissent être immédiatement disponibles,
                  prêtes à surgir au moment du besoin. De
                  ce fait, la reconnaissance des débouchés
                  comme la protection des rassemblements
                  acquerront une importance capitale.
                  Quoi qu'il en soit, l'adversaire finira bien
                  par déceler nos diverses colonnes l'idéal
                  à réaliser, ce serait que le renseignement
                  devînt caduc dès son arrivée. Pour cela,
                  une excessive mobilité serait indispensable
                  aux troupes devant l'impossibilité d'ac-
                  croître la vitesse de marche de l'infanterie,
                  il est probable que l'avènement du nouvel
                  engin rendra plus indispensable l'organisa-
                  tion de corps susceptibles d'un déplace-
                  ment rapide peut-être sera-ce un nouvel
                  argument en faveur de la création de ba-
                  taillons cyclistes.

                  Sur le champ de bataille, le rôle prin-
                  cipal, est dévolu à l'infanterie c'est elle
                  qui conquiert les positions et les conserve;
                  en renversant les obstacles qui s'opposent
                  à sa marche, l'artillerie lui sert d'auxi-
                  liaire indispensable. On conçoit donc l'in-
                  térêt qu'il peut y avoir h accroître la puis.

                  ni*-nt-ï(>jij{i(jux. suus m»; -iifi-tue ekurf,
                  sive, vivante ft appropriés a l'intel) ent-e db
                  l'enfant. Son nouvel vuvrage rendra grand ser-
                  vice aux prêtres catéchistes et aux fidèles eux-
                  ménes.

                  Dans la bunne voie, par Mile Juue Bowua,
                  ln-16 illustré, 2 fer. 25; relié, 3 fr. 50.
                  Paris.

                  A une enfant fort riche et gâtée, que la for»
                  tune a comblée de ses dons, et qui vit d'une
                  existence artificielle ot luxueuse, quels bienfaita
                  pourra apporter le contact d'une jeune fille
                  simple, petite bourgeoise de bon sens et de eœuï
                  tendre et qui a fait à l'école du malheur l'ap-
                  prentissage de la vie Tel est le sujet de ce
                  beau livre le talent délicat de Mlle Julie
                  Burins a entremêlé une histoire captivante à des
                  enseignements bienfaisants.

                  Pour la Cause, pièce sociale en trois actee,
                  par EMtLE GuERRY, préface par M. Pavh
                  Cuche, professeur à la Faculté de droiti
                  de l'Université de Grenoble. Imprimerie
                  Aubert, rue des Dauphins, Grenoble.
                  Voi.Kt une bonne, une excellente pièce qu«
                  nous soiriiaiterions; voir jouer dans tous
                  patronages. Elle nous semble le meilleur instr»*
                  ment d'apostolat social qui se puisse tmagiatn.
                  D'abord, les idées qu'elle exprime sont celles
                  qui permettront au syndicalisme, enûn régénéré,
                  de falre son œuvre de salut puis, ces idées
                  sont présentées avec un rare bonheur pas un
                  instant tout au long de ,ces trois .actes noté-
                  rét ne se ralentit on est pris dès les pre-
                  niiftrts répliques et les péripéties d'une aotfoa
                  qui jamais ne languit ne permettent pas de se
                  éprendre. Enfin, le style soutient d'idée de la
                  ,meilleure façon. Noib émettions le vœu tout
                  l'heure que cette reuvre soit jouée dans tous
                  des patronages, c'est devant tous les auditoires
                  .populaires, voire devant tous des auditoires ca-
                  tholiques qu'il la 'faudrait représenter. Nous ne
                  'doutons ipas qu'elle les convaincrait, qu'elle des
                  éclairerait, qu'elle les amènerait à comprendre
                  cette parode d'un des personnages La que
                  tion sociale, est la question de J'amélioration ma-
                  térielle de ceux qui travaillent et qui peinent-
                  Mais etl est aussi celle de l'élévation moraie
                  de tous les êtres ttumains les privilégiés de da
                  vie qui sauront comprendre leurs responsa-
                  bilités sociales les travailleurs comme nous
                  qui triompheront de leur égoïsme et de leur.
                  ambition et alors tous ces hommes, tous pé-
                  nétrés individuellement de leurs devoirs, pour
                  ront former une société meilleure dans la pra-
                  tique des vertus de bonté, de justice et de tra-
                  ternité.

                  Règles générales pour l'emploi des grandet
                  unités de guerre, traduit de l'italien, pan
                  le capitaine REVOL. ln-8". 5 croquis.
                  3 francs. Lavauzelle, 10, rue Danton»
                  Paris.

                  Les divers règlements puMiéa tant à l'étran-
                  ger qu'en France sont ordinairement Peu ex-
                  pJicites sur la conduite des armées. U faut
                  faire quelque exception toutefois en faveuT du
                  document italien que le capitaine Revol veni
                  de traduire. Cet ouvrage se propose de répandre
                  quelques notions très générales sur l'emploi
                  tactique des troupes. A ce titre, eiles seront
                  utiles aux offlciers de tout grade.

                  Analyse et synthèse de la méthode d'iris
                  ̃struction technique du tireur, par le lieu-
                  tenant LAcomBE. Irt-8", 19 figures dans le»
                  texte. 1 franc, Lavauzelle, 10, rue Dan-
                  ton, Paris.

                  Le lieutenant La-combe expose dans cette fcf»-
                  chu re une méthode d'instruction du tir qui met
                  constamment î'instructeur en mesure de pré-
                  ciser les fautes commises et aes moyens de les
                  L'Iliade. Gargantua et Pantagruel, pages
                  choisies avec instruction et notes d*
                  T. DE Wyzewa. 2 vol. in-4" illustré dd
                  24 planches hors texte, chacun 3 fr. 50,
                  relié 4 fr. 50. H. Laurens, 6, rue de Tour-
                  non, Paris.

                  M. de Wyzewa a choisi les vingt-quatre scènes
                  les plus inmportantes de ce» deux oeuvres 1
                  célèbres, les a réunies par une courte atnalyse
                  du reste de l'œuvre et fait précéder d'une sub-
                  i stantielle introduction.

                  M. Clément Gontier pour -l'Iliade, et M. Louis
                  Marim pour Cargantua. ont illustré ces textes
                  de composition qui en sont une vivante mis»
                  L' « Action catholique »
                  Sommaire du fascicule du 25 décembre
                  OEUVRE D'ACTION GENERALE. Une organi-
                  sation diocésaine complète au diocèse de
                  Versailles. Action du Comité cantonal da
                  Luzarches (Seine-et..{)!se) (Comte de SàI/-
                  veste. Bulletin des Œuvres du diocdse de
                  Versailles. Fonctionnement et œuvres du
                  jeune Comité catholique rural de- Crespin
                  (Nord). Statuts des « Jeunes de Veldun.
                  QUESTIONS DE PASTORALE. Essais de vie
                  commune dans le clergé de Paris.

                  OEUVRES D'ENSEIGNEMENT. L'Institut ca-
                  tholique des arts et métiers de Lille (HENRY
                  CORDIER, Revue cte l'Action populaire).

                  OEUVRES SOCIALES ET CHARITABLES.
                  lonies de vacances pour petits sémiaaria
                  (Abbé J. Braud, Recrutement sacerdotal).
                  IDEES ET ORGANISATIONS DES ADVERSA.
                  RES. L'OEuvre du thé&tre à la caserne
                  Jean Bidegaiv, Franc-Maçonnerie démas-
                  quée Comœdia).

                  1 ETRANGER. Un bulletin paroissial franco-
                  américain (Abbé Ghambois, Rapport au
                  XXIe Congrès général de la Bonne Presse).

                  sance combinée de ces deux armes dont les
                  efforts, constamment liés, sont les princi-
                  paux facteurs du succès c'est ainsi que,
                  sans diminuer l'infanterie, on s'efforce
                  partout de grandir le nombre des batteries;
                  on compte actuellement cinq pièces pan
                  bataillon de 1000 hommes en France ed
                  six en Allemagne.

                  Il apparaît incontestable que l'aviation,
                  accaparant la mission d'information attri-
                  buée naguère à la cavalerie, permettra de
                  réduire cette dernière arme aux dépens
                  des précédentes, en lui laissant néanmoins
                  la possibilité d'intervenir au cours de la
                  lutte, le plus souvent par surprise, gr2ce
                  à la vitesse de ses chevaux. On pourrait
                  même dire que l'aéroplane est de la cuva*
                  lerie condensée, comme la mitrailleuse est»
                  de l'infanterie condensée. Dans la pour-
                  suite, la rapidité de déplacement de l'aéro-
                  plane, son emploi comme projecteur' d'ex-
                  plosifs, en feront un élément important
                  son effet moral sera peut-être le plus
                  puissant. Quand le vaincu sentira peser sur
                  sa tête cette menace perpétuelle s'ajoutant
                  à celle des troupes victorieuses, quand il
                  aura cette hantise que sa fuite, si rapide
                  soit-elle, ne pourra pas le soustraire à la
                  destruction qui le poursuit, le surplombe
                  et même le précède, sa désorganisation
                  matérielle et sa dépression morale en se-
                  ront considérablement accrues fa retraite
                  sera beaucoup plus onéreuse qu'autrefois.
                  Pour la défense du littoral maritime, les
                  explorateurs aériens remplaceront, en par-
                  tie du moins, les croiseurs-éclaireurs, eti
                  permettront de concentrer les efforts bud-
                  gétaires sur la construction des navires de
                  combat de la flotte offensive, les seuls qui
                  comptent dans la guerre navale, comme l'a
                  démontré Tsou-Shima.

                  Dans ces conditions, n'est-il pas à pré-
                  voir que l'aéroplane sera un secours pré-
                  cieux, surtout pour les petits Etats? Son
                  emploi étendu, en facilitant l'accumutation
                  des sacrifices pécuniaires sur les armes
                  principales d'offensive les meilleures
                  pour la défense. contribuera à accroître
                  dans de notables proportions leur puis-
                  sance militaire et sera,. par suite, une ga-
                  rantie de plus pour leur indépendance.


                  Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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