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Titre : La Croix (1880)

Titre : La Croix

Auteur : Bayard

Éditeur : La Croix (Paris)

Date d'édition : 1880-1968

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb343631418/date

Identifiant : ISSN 02426412

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343631418

Description : Périodicité : Mensuel (1880-juin 1883) ; Quotidien (16 juin 1883-1968)

Description : Etat de collection : T. 1, n° 1 (1880, avr.)-n° 3263 (1893, déc. 30)

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 13/01/2009

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First issue for the year 1911 Previous issue 1911/12/30 (Numéro 8829).
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Title : La Croix (1880)

Author : Bayard

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LA CROIX

SAMEDI 3X» 0EGKKVH3» TSM

fui et établir sur des fondements sérieux sa
vie chrétienne.

Après la formation religieuse, la formation so-
ciale qui tient une si grande place, avec jus-
tioe d'ailleurs, dans les préoccupations aotuelles.
Jésus-Christ lui-même nous dit que le second
commandement « Aimer son prochain. e est
semblable au premier Aimer Dieu. nous
montrant ainsi l'importance de notre devoir
social.

L'élite doit encore acquérir une solide /or-
mation professionnelle. L'agriculture est une
science plus difficile à apprendre qu'on ne le
croit généralement le cultivateur devrait avoir
des connaissances sur toutes les autres solen-
ces Chimie, physique, botanique, méca-
nique, etc. plus l'élite aura de oomç>éteooe «t
plus aussi elle aura d'influence.

J'ai ajouté formation civique. Il n'y a qu'à
jeter un coup d'œil dans nos villages pour con-
stater notre insuffisance sur ce point les élec-
teurs n'ont nul souci de leur responsabilité, ils
suivent quelques meneurs sana s'inquiéter si
c'est pour le bien de leur commune et de leur
pays. Entendons,nous bien, je ne parle pas de
faire de la politique, du moins dans un certain
sens, car si faire de la politique qu'étudier
l'organisation administrative du pays en général
et en particulier de la commune, les droits et
les devoirs du citoyen, oui alors, il faut faire
de cette politique.

Comment étudier ces questions ? Il y a plu-
sieurs méthodes elles sont toutes bonnes quand
elles sont judicieusement appliquées. Le mieux
est de les employer simultanément, suivant les
questions à traiter, les aptitudes du rapporteur
et les nécessités du moment. Que l'on emploie
la méthode des rapports préparés soigneuse-
ment à l'avance, ou la lecture commentée, ou
les interrogations, ou toute autre méthode, il
faut envisager ces deux points que le sujet
soit intéressant et éducatif que tous les
membres ou du moins ceux qui sont considérés
comme l'élite à former prennent une part per-
sonnelle à la discussion sans cette dernière
condition, il n'est pas possible de faire du tra-
vail utile.

Puisque je parle du travail du Cercle, je dois
signaler parmi les sujets intéressants l'étude des
Associations agricoles si la commune en .pos-
sède déjà, il sera facile de se documenter sur
leur organisation et les services rendus si elle
n'en possède pas, à l'étude théorique par les
livres et brochures, on joindra l'étude pratique
par l'enquête, et ainsi renseignés sur les res-
sources et les besoins du pays, il sera peut-
être possible d'arriver à la création d'un Syn-
dicat ou d'une Mutuelle, et alors la pratique de
ces œuvres terminera heureusement la forma-
tion sociale.

Parmi les autres moyens de former l'élite,
Il faut signaler encore les réunions interparols-
siales ou régionales comme celle d'aujourd'hui
il est bien rare qu'il n'en sorte pas quelques
idées pratiques et une augmentation de vie et
de travail paur les Cercles qui y prennent part.
Il faut applaudir surtout iL l'initiative de
la Chronique sociale de France instituant ce que
l'on a appelé très justement la Semaine rurale
Il y a beaucoup à espérer de cette institution
qui mettra en contact la véritable élite rurale
et qui lui permettra d'avoir sur l'action sociale
appliquée à l'agriculture. des vues générales,
des synthèses d'idées qui trop souvent, pour ne
pas dire toujours, lui font défaut.,Je souhaite
vivement que l'Ain soit largement représenté
il ces cours sociaux et c'est de tout cœur que
je remercie la Chronique de son heureuse ini-
tiative Et que je lui souhaite bon succès.
A tous ces moyens collectifs de formation
celui qui vraiment veut faire partie de l'élite
doit ajouter la formations individuelle, la plus
difficile peut-être. En effet, s'astreindre J un
travail régulier, iL la lecture d'ouvrages sérieux,
à l'étude de questions toujours difficiles et par-
fois ardues, surtout mettre plus de régularité
dans ses devoirs de chrétien, chercher à dé-
velopper sa vie religieuse par les moyens spi-
rituels mis à notre disposition par l'Eglise et,
pour tout dire, mettre en accord absolu sa
conduite et ses idées, voilà l'œuvre difficile
entre toutes et pourtant absolument néces-
saire pour avoir une véritable élite. A ceux
qui auront le courage de s'adonner à cette
œuvre, il sera bientôt permis, après la ru-
desse apparente des débuts, d'en savourer
aussi les joies car peut-on trouver plus
de bonheur qu'à se rendre meilleur et à faire
du bien aux autres ?

V. Occupation de l'élite

Il me resterait à vous dire quelques mots
sur la manière d'occuper l'élite une fois for-
mée, mais ce rapport est déjà trop long, et
j'abrégerai.

L'élite travaillera à redonner à notre pays
une mentalité chrétienne qui, hélas n'existe
presque plus.

Elle montrera le bon exemple à tous les

FEUILLETON DU 30 DÉCEMBRE 1911

Revue des

Revues

La quatrième arme française
(LA REVUE, 15 dccambre, capitaine
Chariot)

Ayant établi que les principes direoteurs de
la guerre resteront inohsmgés par l'utilisation
de l'aéroplane, le capitaine Chariot prouve que
cetpemd&nt la physionomie des opérations en
sera influencée.

« La science de la guerre, enseignait
Napoléon à ses lieutenants, consiste à bien
calculer toutes les chances d'abord et à
faire ensuite exactement la part du hasard;
c'est sur ce point qu'il ne faut pas se trom-
per et qu'une décimale de plus ou de moins
peut tout changer. Ses immortelles cam-
pagnes montrent clairement ce qu'il enten-
dait par se réserver le maximum de
chances favorables toute sa correspon-
dance en fait foi, et ses mémorables vic-
toires l'ont clairement démontré.

C'est en 1796, sur l'Adige, la disposition
de ses faibles forces permettant d'assaillir
supérieurement les colonnes ennemies
séparées, c'est Arcole, c'est Rivoli. C'est, en
1805, l'organisation minutieuse de marches
soudaines du Rhin au Danube, prévenant
la concentration austro-russe avec Ulm et
Austerlitz comme couronnement. C'est, en
1806, la merveilleuse manœuvre d'Iéna ce
sont, en 1813, Lutzen, Bautzen et, après
l'armistice de Pleisswitz, son génial dis-
positif pour parer avec avantage aux at-
taques isolées de Bernadotte, de Blûcher,
de Schwarzenberg.

Si, à ce moment, le succès ne vint pas
sanctionner ses combinaisons, c'est que
l'instrument ne répondait plus aux exi-
jrpT''10'* de la sit'ipt'r>n. c'pst rnip l'armée.

points de
et civique.

Elle répandra des idées justes sur toutes
les questions qui passionnent, actuellement
l'opinion.

Enfin, elle créera et assurera le bon fonc-
tionnement de ces oeuvres qui se répandent do
plus en plus dans notre pays Comités pa-
roissiaux, œuvres scolaires, œuvres sociales,
œuvres de presse.

Vous voyez, mes chers camarades, quel
vaste champ est ouvert à notre activité. Ne
refusons pas d'y entrer et pour cela formons-
nous, étudions, rendons-nous dignes de faire
partie de cette élite qui nous assurera le suc-
cès.

Ludovic Bailly,

président du C. E. d'Hototvnes.

Voles d'histoire locale
Le régionalisme dans le midi de la
France Deux périodiques religieux
Une enquête Lettre au doyen
de la Faculté de droit de Toulouse
Encore Bossuet

N'est-ce pas qu'après la publication de
l'important ouvrage de M. Charles Brun (1),
le régionalisme s'est réveillé du long som-
meil de discrédit dans lequel il était tombé
depuis longtemps ? Je ne vais pas jusqu'à
dire que ce mot s'est subitement moder-
nisé. Devons-nous chercher dans l'orien-
tation politique actuelle la raison d'être du
renouveau de la vie provinciale ? Non
pas plus, d'ailleurs, que nous ne saurions
l'identifier avec tel régime, de préférence
à tel autre. Mais laissons de côté ces aper-
ç.us qui pourraient paraître à quelques-
uns plus ou moins voulus et, peut-être
même, signalés à dessein, et constatons
qu'un véritable mouvement se dessine,
dans le Midi de la France surtout, en
faveur de ce que NI. Charles Brun appelle
une philosophie », une « méthode », un
ordre », sans lesquels nous ne pouvons
vivre, nous, enfants de la petite patrie, le
Languedoc, et :V1. Maurice Barrés voit
le moyen pour notre France. de s'organi-
ser, de penser et de durer.

Les preuves ne nous manquent pas pour
démontrer la germination du régionalisme
dans cette contrée, illustrée par les Dom
Dévie et les Dom Vayssettes, les Canet, les
Couture, les Roschach, les de Rivières, les
Jules Rolland, et tant d'autres

Tenons-nous-en à quelques-unes.

Voici l'Albia christiana, qui revoit le
jour après une interruption de onze an-
nées. Cette excellente revue dont la direc-
tion a été confiée à l'éminent professeur
d'histoire au Grand Séminaire d'Albi, qu'est
.NI. l'abbé de Lacger, s'est présentée sous
les plus favorables auspices. L'esprit dont
elle est animée et qui est fait de défense
religieuse et d'impartialité historique
nous est un sûr garant de son succès et
surtout de son développement. Ce que veut
avant tout notre maître et notre ami, c'est
communiquer à tous les lecteurs de l'Al-
bigeois et même du Languedoc, le zèle
admirable que mirent nos pères et nos
frères dans la foi à « procurer l'avance-
ment du royaume de Dieu », et leur don-
ner, en cela, comme modèles « des prêtres
et des religieux que l'épreuve trouva
fidèles jusqu'au martyre, des évêques enfin
qui marquèrent dans le pays par leur sain-
teté, par leur prudence, par l'importance
de leur rôle politique; par l'éclat de leur
talent et de leur nom ».

La lecture que nous avons faite des neuf
premiers numéros suffit à nous convaincre.
L'histoire religieuse de l'Albigeois, si im-
portante, si décriée même, va nous être
connue, à la fois dans ses grandes lignes et
dans ses détails. La vie de nos anciennes
abbayes, l'état de nos paroisses, l'adminis-
tration de nos évêques et archevêques,
nous les trouverons exposés par les col-
laborateurs précieux dont s'est entouré
M. l'abbé de Lacger. Et demain, VAlbia
christiana prendra place, par son impor-
tance et sa documentation sûre, à côté des
autres publications religieuses locales, di-
rigées par les Potier, les Uzureau et les
Rouquette. (2).

•M. l'abbé Rouquette n'est pas un inconnu
(il) .Professeur au lycée Loui*4e Grand.
(2) L'AlbUi christiana paraît tous les mois,
excepté août et septembre. Abonnement fr.
par an. Au Grand Séminaire d'Albi (Tarn;.

saignée à blanc par la désastreuse cam-
pagne de Russie, était inférieure à ses
devaneières, et c'est surtout parce que l'in-
suffisance des chefs d'armée ne permit pas
la victoire l'organisation stratégique res-
tait parfaite, la direction hors de pair, mais
les commandements subordonnés étaient
par trop inférieurs à un rôle qui ^les dé-
passait.

Le calcul des chances est donc basé en
grande partie sur lea emplacements, la
force des troupes ennemies, et se résout
par la possibilité de les accabler sous le
nombre au moyen de marches et de dis-
positifs rationnellement combinés. Il est
incontestable que l'exploration aérienne
rendra des services incalculables.
Mais c'est surtout dans l'évaluation de
« la part du hasard » que la quatrième
arme sera d'un précieux secours, car ce
hasard est surtout fonction de l'ignorance
plus ou moins grande dans laquelle on res-
tait jusqu'ici sur les projets de l'ennemi
« qui, ayant intérêt à masquer ses forces
en cachant le véritable point de son at-
taque, opère de manière que le coup qu'il
veut porter ne soit jamais indiqué d'une
manière positive ». Les reconnaissances de
l'air permettront de plus en plus de lire
à livre ouvert dans les projets de l'adver-
saire et faciliteront l'offensive.

Si, en 1870, le grand état-major alle-
mand avait eu ce moyen à sa disposition,
il aurait appris, bien avant que le combat
de Borny le fixât à ce sujet, que l'armée
française était restée sur la rive droite de
la Moselle, et il n'aurait pas effectué, sur
cette rivière, un déploiement prématuré. Il
aurait su, le 16 août, que Bazaine n'était
pas en marche vers la Meuse, mais con-
centré vers Gravelotte, et, au lieu de ris-
quer le combat dans les conditions les plus
défectueuses à Rezonville, il se serait ap-
pliqué le principe napoléonien, « que les
batailles ne doivent pas se donner si l'on
ne peut calculer en sa faveur soixante-dix
chances de succès sur cent ». Ce jour-là,
le bluff audacieux, l'invincible ténacité, la
nette compréhension de la psychologie de
la lutte chez Constantin Alvensleben, en
dOnnant. aux corps prussiens le temps d'ac-

pour le, lecteurs des pages documentaires
Je lu A cette même place, nous
avions annoncé sa Iteoue historique du diu-
cèse de Montpellier et dit tout le bien que
nous pensions des travaux parus, notam-
ment de la vie de Jean Plantavit de la
Pause, évêque de Lodève. Si nous repar-
lons aujourd'hui de cet important pério-
dique, c'est pour signaler la variété de ses
études, leur solide documentation et sur-
tout le vaste champ qu'elles embrassent.
Si la plupart d'entre elles restent connues
des seuls lecteurs de la revue, et nous le
grettons, quelques-unes seront fort heu-
reusement lues en dehors du diocèse dont
Mgr de Cabrières est le paternel et très
aimé archevêque-cardinal. Nous voulons
bien croire qu'il en sera ainsi de la Vie
de saint Fulcran, par Bernard Gui, tra-
duite et anviotée par l'abbé Rouquette (3).
Notre intention n'est pas de nous étendre
sur cent ouvrage de premier mérite, mais
simplement de le signaler à tous ceux qui
s'intéressent à l'histoire de nos évêques
d'autrefois. Dans une prochaine chronique
nous puiserons dans la vie de ce prélat de
Lodève quelques traits à l'intention de nos
lecteurs.

Tous les articles de la Revue historique
du diocèse de Montpellier mériteraient
d'être mentionnés, voire même analysés
mais la place nous manque. Disons qu'ils
révèlent des historiens consommés et des
pionniers infatigables que rien ne rebute et
qu'aucune difficulté ne décourage.
Autre preuve de la germination du ré-
gionalisme dans notre Midi au mois de
septembre, un journal de Toulouse (4) fai-
sait, auprès de ses lecteurs et amis, une
enquête sur ce même régionalisme. Voici
les questions posées

Que pensez-vous du régionalisme ?
Comment le concevez-vous au point de
vue politique, économique et adminis-
tratif 2" littéraire, historique, artistique
et pédagogique (Universités et écoles régio-
nales autonomes) ?

Des coutumes locales (fêtes rurales et ur-
baines publiques cérémonies familiales
vêtements, mœurs, usages.).

Par quels moyens pourrait-on restaurer
et assurer la vie régionale principalement
dans notre Midi ?

Les réponses vinrent, nombreuses, inté-
ressantes et variées. Chaque partie de ce
questionnaire, très complet, trouva des con-
vaincus qui établirent fortement, avec preu-
ves à l'appui, le fait aujourd'hui incontes-
table du retour à la décentralisation. Les
uns dirent comment ils comprenaient le
régionalisme et le bien immense que la
nation retirerait d'une large autonomie
accordée aux assemblées de nos provinces,
au triple point de vue politique, social et
littéraire ou artistique. Les autres, traitant
plus spécialement telle ou telle question,
envisagèrent les moyens d'aider au dévelop-
pement du régionalisme, sous la forme his-
torique, philologique, industrielle. Coin
ment ne signalerions-nous pas, en particu-
lier, les réponses de Ni. Henri Auriol, dé-
puté de Villefranche-de-Lauragais du
poète Simin Palay de M. Bories, député de
Montauban de J.-R. de Brousse, l'excellent
maître ès-jeux, président des Toulousains
de Toulouse, qui est un des plus ardents
champions, en Languedoc, de ce retour à
nos traditions méridionales. « Seuls, dit-il,
avec juste raison, la décentralisation, le ré-
gionalisme, au moyen de leurs diverses
organisations particulières, peuvent rendre
le paysan à la terre, le citoyen à sa cité et
le Français à sa province. Nous devons
encore mentionner les études profondes de
M. Didier-Rousse, de Bagnères-de-Bigorre, j
qui voudrait que l'on encourageât toutes les
manifestations locales tendant à donner
l'autonomie à notre Languedoc de NI. Léo-
pold Médan, réclamant, comme d'ailleurs
M. J. Danglès, uno éducation régionaliste
complète enfin, de M. Charles Brun lui-
même, dont il nous plait de citer ces lignes
Il ne faut négliger aucun des éléments
de notre renaissance. Rendre un fleuve na-
vigable, restaurer une industrie, ramener
la terre, voilà encore des oeuvres régiona-
listes. Et, plus généralement, tout ce qui
restituera au citoyen son orgueil natal et
l'exaltera d'une légitime émulation tout
ce qui développera l'initiative privée et
rejettera l'Etat dans son domaine propre
plus généralement encore, tout ce qui ten-
dra vers un ordre doit être revendiqué par
nous, que ce soit dans le monde du tra-
(3) Vie de saint Fulcran, librairie Valat, Mont-
pellier, 3 'francs.

i4) .Le Télégramme.

courir au canon, tirent une victoire d'une
rencontre qu'un commandement français
plus avisé aurait transformer en dé-
faite.

L'aéroplane aurait pu également ren-
seigner les Allemands sur l'emplacement
exact de la droite française à Saint-Privat
et lui donner plus tard des indications pré-
cises sur la marche de Mac-Mahon vers
Sedan, éviter par même aux armées du
prince royal et du prince de Saxe, indépen-
damment de fatigues inutiles, la situation
très délicate elles se trouvèrent dans
les derniers jours d'août 1870, alors que le
destin contraire voulut encore que nos
armes laissassent s'évanouir une occasion
inespérée de ressaisir la victoire.

Les conditions de la guerre de masses,
qui auraient pu paraître il y a quelques
années « de plus en plus changeantes et
imprévisibles », resteront donc, grâce au
nouvel engin, et plus encore que par le
passé, accessibles aux calculs stratégiques
la conduite des opérations militaires sub-
sistera artistique dans sa conception, mais
de plus en plus scientifique dans son éla-
boration.

Cependant, quelle que soit l'exactitude
des prévisions, la surprise sera toujours
possible, quoique moins fréquente. Que
l'on n'ait pas songé à faire explorer telle
région qui paraissait peu dangereuse soit
commo trop excentrique, soit à cause de
la nature du terrain, un ennemi audacieux
pourra en surgir brusquement et jeter
l'épouvante dans la ligne de combat, et
c'est en effet ce mode d'emploi de la force
matérielle qui a la répercussion la plus
profonde sur le moral des troupes l'his-
toire fourmille de nombreux exemples de
paniques occasionnées par des effectifs
quelquefois bien minimes. L'arrivée de
Desaix sur le champ de bataille de Ma-
rengo, celle de Blücher à Waterloo mon-
trent quelles peuvent être les conséquences
de l'apparition d'un adversaire dont la par-
ticipation au combat n'entrait pas en ligne
de compte dans le calcul des chances.
Mais, à l'avenir, ce ne sera plus cette
Spujf» surprise qu'il y aura lieu de redou-

vail ou dam celui des idées. Car. j'y re-
viens, le régionalisme est un ordre. »
Voici que nous trouvons une preuve de
cette dernière pensée dans la lettre adres-
sée, au commencement de novembre, au
doyen de la Faculté de droit du Toulouse, par
M. Henri RouLaud, vice-président des Tou-
lousains de Toulouse. Celui-ci insiste sur
la participation que pourraient prendre aux
recherches d'histoire locale les auteurs
de thèse de doctorat.

Après avoir justement rappelé le mou-
vement dans ce sens qui existe dans les Fa-
cultés, il demande que les professeurs sti-
mulent les élèves, puis indique les avan-
tages que l'on pourrait retirer d'études de
ce genre.

« Un étudiant qui examine une institu-
tion de sa province, ou qui analyse un état
économique ou social dont il est le témoin,
produira une étude plus consciencieuse que
s'il se livrait à une compilation faite avec
des documents de troisième main sur un
sujet général vingt fois traité ailleurs. Au
lieu d'une brochure souvent médiocre est
inutile, il tirera de pièces originales et peu
connues une contribution à l'histoire des
institutions ou à l'économie sociale.
Que de sujets de thèse, quand on songe
à la quantité de documents que l'on peut
consulter dans la cité de noble dame Clé-
mence Isaure Que de monographies à
écrire dans les pays qui dépendent de notre
Université Combien il serait désirable que
cette dernière devint, comme le dit
M. Ch. Brun, « le centre régional en ce qui
touche aux choses de l'esprit » »

De si sages conseils, nous n'en doutons
pas, seront suivis, et bientôt nous verrons
s'ajouter à l'édifice historique et artistique
da notre Midi, quelques belles pierres, bu-
rinées et travaillées par les fervents de la
petite patrie.

En cela, ils marcheront sur les traces
de ces pionniers infatigables, au premier
rang desquels nous devons citer notre ex-
cellent ami, M. J.-R. de Brousse. Si ce nom
est revenu sous notre plume, c'est bien de
notre propre volonté, désirant ne pas ter-
miner cette chronique sans dire un mot
d'une étude particulièrement intéressante
publiée par lui, dans le même journal de
Toulouse. Ce travail, quoique court il ne
s'agit que d'un article, présente des qua-
lités d'érudition et un sens historique ré-
gional, dignes de retenir notre attention.
C'est de Bossuet qu'il s'agit, de « Bos-
suet à l'évêché de Condom ». Avant d'être
l'Aigle de Meaux, le précepteur du Dauphin
fut nôtre.

L'abbaye fondée vers l'an 900 par Hono-
rette, femme de Sanche le Courbé, duo oe
Gascogne, et qui devint le noyau de la fu-
ture cité de Condom, avait été érigée en
évêché en 1317 par le pape Jean XXII.
Cet évêché vit se succéder sur son siège
les plus illustres représentants de la no-
blesse française, les Galard, les Gontaut-
Biron, les d'Estrades, les Montluc, les Lor-
raine, et plus tard les Cossé-Brissac, l<>s
Montmorency et les Brienne, mais tous de-
vaient pâtir devant le nom de Bossuet. C'est
à la mort de Louis de Lorraine qu'il fut
nommé au siège vacant par un édit du
13 septembre 1669. Ajoutons tout de sutee
qu'il ne put malheureusement se rendre
jamais dans sa ville épiscopale, et « c'est
clemeuré pour Condom un éternel sujet de
légitimes regrets. Cependant, et ceci doit
être noté, il s'occupa très activement des
affaires de ses diocésains.

M. J.-R. de Brousse, entrant dans le dé-
tail, nous parle des diverses circonstances
qui empêchèrent Bossuet de venir dans sou
nouvel évêché et de ce qu'il lit jusqu'au
jour, octobre 1671, il donna sa démis-
sion, ne pouvant « concilier ses devoirs
d'évêque avec ses charges à la cour ». On
doit le reconnaître « Il est glorieux et
douloureux à la fois » de constater que c'est
comme évêque de Condom qu'il prononça
les oraisons funèbres d'Henriette d'Angle-
terre (16 novembre 1669) et de la duchesse
d'Orléans (21 août 1670). Sacré le 21 sep-
tembre 1670, il prenait possession de son
siège par procuration ses deux délégués
étaient messire Hugon Janon, conseiller du
roi et chanoine de Saint-Just de Lyon, et
Bernard de Bressalles, archidiacre et cha-
noine théologal de la cité gasconne.
Bossuet s'empressa de réglementer la si.-
tuation de son clergé au point de vue de la
résidence, des revenus, de la magie, de la
tenue extérieure, de la conduite en public.
Il réunit même un synode, le 16 juin 1671
les ordonnances en ont été publiées dans h;
Revue de Gascogne par l'abbé Couture dont
M. le chanoine Valentin nous retraçait ici

ter ce sera aussi d'apprendre tout à coup
qu'un corps ennemi, non escompté dans les
prévisions tactiques, accourt au canon et
que, faute de temps, il y a impossibilité
de s'opposer à cette nouvelle attaque. Le
chef vivra alors des mniutes angoissantes
qui pourront être décisives, car, si la di-
rection prime tout, elle sera dans un tel
désarroi que cette surprise intellectuelle
risquera d'entraîner des répercussions bien
redoutables. Alors qu4hier, dans l'impossi-
bilité de connaître toute l'étendue de l'at-
taque, on pouvait conserver presque jus-
qu'au dernier moment l'espoir de la re-
pousser, demain, cet espoir s'évanouira dès
l'arrivée du renseignement et la constata-
tion de l'impossibilité de la parade. Il fau-
dra quand même chercher à réaliser son
plan offensif, il faudra savoir oser.
Si, alors que toutes les prévisions sont
exactes, que l'exécution répond à la con-
ception rendue d'ailleurs plus facile, le
chef devra montrer de la décision, de
l'énergie pour poursuivre son attaque, il
lui faudra, quand la surprise intellectuelle
se superposera à la surprise matérielle,
faire preuve d'une bien plus grande force
de caractère pour faire face à l'adversité
et en sortir quand même invaincu.
Si donc le nouvel engin facilite la déci-
sion, il exigera chez le chef un caractère
de mieux en mieux trempé, une haute cul-
ture morale jointe à de solides connais-
sances professionnelles.

Bien que la surprise devienne de moins
en moins fréquente et facile, ses effets se-
ront trop violents pour que les adversaires
ne cherchent pas à la faire naître elle est
une trop certaine productrice de déséqui-
libre moral pour être négligée aussi s'eî-
forcera-t-on quand même de celer les
troupes d'attaques aux investigations en-
nemies. Il s'y ajoutera, dans la zone d'ap-
proche, le précieux avantage de soustraire
les unités tactiques au feu indirect do
l'artillerie, rendu si pratiquement réglable
par les observations aériennes.

Il s'ensuit que l'utilisation des couverts
devra être intégrale. Si déjà la vulnérance
sans cesse accrue des armes à tir rapide

même, il y a quelques juurs. la ,il' de
beur. Il lutta les (le
qui menaient une vie très irrégulière et
aussi contre tes jansénistes.

M. J.-R. de Brousse dont nous venons do
résumer bien imparfaitement la savante
étude, conclut par cette pensée que nous
nous faisons un plaisir de mettre sous Ics
yeux de nos lecteurs elle est encore, la
preuve de l'amour que nous avons, dans
le Midi, de notre chère terre languedo-
cienne

« Si Condom n'a pas eu la gloire de sa
présence, si Bossuet n'a pu avoir pour nos
petits Gascons la paternelle bonté de leur
faire lui-même le catéchisme comme il le
faisait aux enfants de Meaux, cependant
son action épiscopale à Condom tut aussi
attentive, aussi vaillante, aussi hautement
évangélique que s'il avait été réellement
présent.

» Si Bossuet n'a pas officié sous les voû-
tes en berceau, aux clefs sculptées et du-
rées de la belle cathédrale de la Renais-
sance s'il n'a pas erré dans le délicieux
cloftre ogival de Condom aux portes déli-
catement ciselées, cependant son souvenir
reste malgré tout attache à la cité gas-
conne. »

Jean Dalbiga.

Notes bibliographiques
La défense nationale dans le Nord en
2, période. Bapaume, du 27 dé-
cembre au janvier, par le lieutenant-
colonel breveté Camille Lévi. lu-8%
10 fr. Lavauzelle, 10, rue Danton, Paris.
Sous ce titre, le lleutenant-eolonél Lévi a déjà
publié deux volumes très documentés portant en
exergue, le premier Villers-Bretonneux, et le se-
cond, Pout-Noyelle. IL esprit de 1'ouvrage est
toujours le même c'est une étude organique,
historique et tactique, faite suivant la méthode
employée aujourd'hui .pour tous les travaux
historiques. On y trouvera donc surtout des do-
curnents réunis méthodiquemeut et analysés de
manière à faire ressortir les enseignements
qu'ils comportent. L'ouvrage du lieutenant-co-
lonel iLévi est pour l'historien comme pour
le militaire, une contribution précieuse à l'étude
de la campagne du Nord.

Manuel dit gradé de cavalerie. édition.
Prix, fr. 50. Chez Lavauzelle, 10, rue
Danton, Paris.

Cette édition renferme le texte des règle-
ments les plus récents, notamment celui du
« nouveau réglement sur les exercices et ma-
nmuvres de la cavalerie ». Elle contient égale-
ment la nouvelle instruction ministérielle sur les
soins à donner aux chevaux.

Deuxième série d'instructions tactiques
cadres, par_le commandant breveté DES-
coins. fn-8°, fer. Lavauzelle, 10, rue
Danton, Paris.

Le commandant Descoins poursuit dans ce
volume l'instruction lactique des officiers de
cavalerie. Après avoir, dans un ouvrage pré-
cédent traité avec tous les détaila qu'elle com-
porte la partie théorique de cette instruction,
il en aborde dans le volume qui vient de pa-
raltre, ia partie pratique. Il se place dans une
situation comportant l'emploi d'un détachement
mixte, et c'est dans ce cadre qu'il étudie l'emploi
de la cavalerie, pour en déduire la technique
de l'armée. Ouvrage très intéressant et pour
tous les officiers..

Essai sur l'attaque à l'arme btartche, par
le lieutenant Paul Dromard, préface du
général Lyautey. In-8', 3 fr. Lavauzelle,
10, rue Danton, Paris.

Dans cet ouvrage le lieutenant Dromard a su
montrer, de la façon la plus vivante, la supé-
riorité des forces morales et de l'offensive,, ainsi
que le triomphe définitif de l'attaque I'arme
blanche préparée par l'utilisation du terrain
et l'emploi habile des feux. Les exemples mis a
l'appui de la doctrine, dont quelques-uns illus-
trés par la vaillance du frère de l'auteur, le lieu-
tenant Amédée Dromard, mort au champ d'hon-
neur, donnent à ce travail encore plus de force
et de vérité, en même temps que l'intérêt de la
chose vécue.

Tactique d'armée. Marches, stationnements.
ravitaillements, par le lieutenant-colonel
Menu. In-8', 33 croquis dans le texte,
10 francs. Lavauzelle, 10, rue Danton,
Paris.

Dans cet important ouvrage, le lieutenant-
colonel Menu a réuni des éléments principaux
de la tactique générale qui préparent la ba-
taille décisive. 6on exposé s'appuie sur des faits
tirés de -l'histoire des guerres passées et parti-
culièrement de da période napaléonienne et de
la campagne de qui permettent de
présenter des idées nettes sortant du vague
habituel des études de tactique générale. Tout
en précisant les solutions ou les principes, l'au-
teur laisse toujours au commandement l'initia-
tive qui ,lui revient et la latitude d'adapter se*
dispositions aux considérations tactiques de
,moment.

Le Pain évangélique, tome I" de l'Avent
au Carême, par l'abbé Duplessis. In-12.
2 francs. P. Téqui, rue Bonaparte,
Paris.

Explication dialoguée des évangiles des di-
manches, de l'Avent à la Quinquagésime, et de
quelques fêtes d'obligation de cette période
liturgique. -NI. l'abbé Duplessis excelle, comme

entraînait le « vide du champ de bataille »,
cette nécessité paraît désormais de plus en
plus impérieuse les dispositifs devront
être de plus en plus souples et articulés
pour se mouler aux abris les intervalles
et distances seront fonction du terrain, les
formations géométriques rigides devront
céder le pas à des dispositifs largement
articulés la souplesse des unités résidera
plus dans le cerveau du chef que dans
l'agilité des troupes elles-mêmes. Au mo-
ment la refonte de notre règlement de
manœuvres de l'infanterie est en question,
il importait de souligner ces nouvelles exi-
gences.

En particulier, sur le champ de bataille,
les formations d'attente ou de rassemble-
ment ne pourront plus sauf exceptions
bien rares présenter ces carrés parfaits
que nous avions coutume d'admirer. C'est
sous les couverts que seront soigneusement
dissimulées les unités, dans des dispositifs
parfois divers imposés par le terrain, à des
intervalles et des distances essentiellement
variables, sous la seule réserve qu'elles
puissent être immédiatement disponibles,
prêtes à surgir au moment du besoin. De
ce fait, la reconnaissance des débouchés
comme la protection des rassemblements
acquerront une importance capitale.
Quoi qu'il en soit, l'adversaire finira bien
par déceler nos diverses colonnes l'idéal
à réaliser, ce serait que le renseignement
devînt caduc dès son arrivée. Pour cela,
une excessive mobilité serait indispensable
aux troupes devant l'impossibilité d'ac-
croître la vitesse de marche de l'infanterie,
il est probable que l'avènement du nouvel
engin rendra plus indispensable l'organisa-
tion de corps susceptibles d'un déplace-
ment rapide peut-être sera-ce un nouvel
argument en faveur de la création de ba-
taillons cyclistes.

Sur le champ de bataille, le rôle prin-
cipal, est dévolu à l'infanterie c'est elle
qui conquiert les positions et les conserve;
en renversant les obstacles qui s'opposent
à sa marche, l'artillerie lui sert d'auxi-
liaire indispensable. On conçoit donc l'in-
térêt qu'il peut y avoir h accroître la puis.

ni*-nt-ï(>jij{i(jux. suus m»; -iifi-tue ekurf,
sive, vivante ft appropriés a l'intel) ent-e db
l'enfant. Son nouvel vuvrage rendra grand ser-
vice aux prêtres catéchistes et aux fidèles eux-
ménes.

Dans la bunne voie, par Mile Juue Bowua,
ln-16 illustré, 2 fer. 25; relié, 3 fr. 50.
Paris.

A une enfant fort riche et gâtée, que la for»
tune a comblée de ses dons, et qui vit d'une
existence artificielle ot luxueuse, quels bienfaita
pourra apporter le contact d'une jeune fille
simple, petite bourgeoise de bon sens et de eœuï
tendre et qui a fait à l'école du malheur l'ap-
prentissage de la vie Tel est le sujet de ce
beau livre le talent délicat de Mlle Julie
Burins a entremêlé une histoire captivante à des
enseignements bienfaisants.

Pour la Cause, pièce sociale en trois actee,
par EMtLE GuERRY, préface par M. Pavh
Cuche, professeur à la Faculté de droiti
de l'Université de Grenoble. Imprimerie
Aubert, rue des Dauphins, Grenoble.
Voi.Kt une bonne, une excellente pièce qu«
nous soiriiaiterions; voir jouer dans tous
patronages. Elle nous semble le meilleur instr»*
ment d'apostolat social qui se puisse tmagiatn.
D'abord, les idées qu'elle exprime sont celles
qui permettront au syndicalisme, enûn régénéré,
de falre son œuvre de salut puis, ces idées
sont présentées avec un rare bonheur pas un
instant tout au long de ,ces trois .actes noté-
rét ne se ralentit on est pris dès les pre-
niiftrts répliques et les péripéties d'une aotfoa
qui jamais ne languit ne permettent pas de se
éprendre. Enfin, le style soutient d'idée de la
,meilleure façon. Noib émettions le vœu tout
l'heure que cette reuvre soit jouée dans tous
des patronages, c'est devant tous les auditoires
.populaires, voire devant tous des auditoires ca-
tholiques qu'il la 'faudrait représenter. Nous ne
'doutons ipas qu'elle les convaincrait, qu'elle des
éclairerait, qu'elle les amènerait à comprendre
cette parode d'un des personnages La que
tion sociale, est la question de J'amélioration ma-
térielle de ceux qui travaillent et qui peinent-
Mais etl est aussi celle de l'élévation moraie
de tous les êtres ttumains les privilégiés de da
vie qui sauront comprendre leurs responsa-
bilités sociales les travailleurs comme nous
qui triompheront de leur égoïsme et de leur.
ambition et alors tous ces hommes, tous pé-
nétrés individuellement de leurs devoirs, pour
ront former une société meilleure dans la pra-
tique des vertus de bonté, de justice et de tra-
ternité.

Règles générales pour l'emploi des grandet
unités de guerre, traduit de l'italien, pan
le capitaine REVOL. ln-8". 5 croquis.
3 francs. Lavauzelle, 10, rue Danton»
Paris.

Les divers règlements puMiéa tant à l'étran-
ger qu'en France sont ordinairement Peu ex-
pJicites sur la conduite des armées. U faut
faire quelque exception toutefois en faveuT du
document italien que le capitaine Revol veni
de traduire. Cet ouvrage se propose de répandre
quelques notions très générales sur l'emploi
tactique des troupes. A ce titre, eiles seront
utiles aux offlciers de tout grade.

Analyse et synthèse de la méthode d'iris
̃struction technique du tireur, par le lieu-
tenant LAcomBE. Irt-8", 19 figures dans le»
texte. 1 franc, Lavauzelle, 10, rue Dan-
ton, Paris.

Le lieutenant La-combe expose dans cette fcf»-
chu re une méthode d'instruction du tir qui met
constamment î'instructeur en mesure de pré-
ciser les fautes commises et aes moyens de les
L'Iliade. Gargantua et Pantagruel, pages
choisies avec instruction et notes d*
T. DE Wyzewa. 2 vol. in-4" illustré dd
24 planches hors texte, chacun 3 fr. 50,
relié 4 fr. 50. H. Laurens, 6, rue de Tour-
non, Paris.

M. de Wyzewa a choisi les vingt-quatre scènes
les plus inmportantes de ce» deux oeuvres 1
célèbres, les a réunies par une courte atnalyse
du reste de l'œuvre et fait précéder d'une sub-
i stantielle introduction.

M. Clément Gontier pour -l'Iliade, et M. Louis
Marim pour Cargantua. ont illustré ces textes
de composition qui en sont une vivante mis»
L' « Action catholique »
Sommaire du fascicule du 25 décembre
OEUVRE D'ACTION GENERALE. Une organi-
sation diocésaine complète au diocèse de
Versailles. Action du Comité cantonal da
Luzarches (Seine-et..{)!se) (Comte de SàI/-
veste. Bulletin des Œuvres du diocdse de
Versailles. Fonctionnement et œuvres du
jeune Comité catholique rural de- Crespin
(Nord). Statuts des « Jeunes de Veldun.
QUESTIONS DE PASTORALE. Essais de vie
commune dans le clergé de Paris.

OEUVRES D'ENSEIGNEMENT. L'Institut ca-
tholique des arts et métiers de Lille (HENRY
CORDIER, Revue cte l'Action populaire).

OEUVRES SOCIALES ET CHARITABLES.
lonies de vacances pour petits sémiaaria
(Abbé J. Braud, Recrutement sacerdotal).
IDEES ET ORGANISATIONS DES ADVERSA.
RES. L'OEuvre du thé&tre à la caserne
Jean Bidegaiv, Franc-Maçonnerie démas-
quée Comœdia).

1 ETRANGER. Un bulletin paroissial franco-
américain (Abbé Ghambois, Rapport au
XXIe Congrès général de la Bonne Presse).

sance combinée de ces deux armes dont les
efforts, constamment liés, sont les princi-
paux facteurs du succès c'est ainsi que,
sans diminuer l'infanterie, on s'efforce
partout de grandir le nombre des batteries;
on compte actuellement cinq pièces pan
bataillon de 1000 hommes en France ed
six en Allemagne.

Il apparaît incontestable que l'aviation,
accaparant la mission d'information attri-
buée naguère à la cavalerie, permettra de
réduire cette dernière arme aux dépens
des précédentes, en lui laissant néanmoins
la possibilité d'intervenir au cours de la
lutte, le plus souvent par surprise, gr2ce
à la vitesse de ses chevaux. On pourrait
même dire que l'aéroplane est de la cuva*
lerie condensée, comme la mitrailleuse est»
de l'infanterie condensée. Dans la pour-
suite, la rapidité de déplacement de l'aéro-
plane, son emploi comme projecteur' d'ex-
plosifs, en feront un élément important
son effet moral sera peut-être le plus
puissant. Quand le vaincu sentira peser sur
sa tête cette menace perpétuelle s'ajoutant
à celle des troupes victorieuses, quand il
aura cette hantise que sa fuite, si rapide
soit-elle, ne pourra pas le soustraire à la
destruction qui le poursuit, le surplombe
et même le précède, sa désorganisation
matérielle et sa dépression morale en se-
ront considérablement accrues fa retraite
sera beaucoup plus onéreuse qu'autrefois.
Pour la défense du littoral maritime, les
explorateurs aériens remplaceront, en par-
tie du moins, les croiseurs-éclaireurs, eti
permettront de concentrer les efforts bud-
gétaires sur la construction des navires de
combat de la flotte offensive, les seuls qui
comptent dans la guerre navale, comme l'a
démontré Tsou-Shima.

Dans ces conditions, n'est-il pas à pré-
voir que l'aéroplane sera un secours pré-
cieux, surtout pour les petits Etats? Son
emploi étendu, en facilitant l'accumutation
des sacrifices pécuniaires sur les armes
principales d'offensive les meilleures
pour la défense. contribuera à accroître
dans de notables proportions leur puis-
sance militaire et sera,. par suite, une ga-
rantie de plus pour leur indépendance.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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