LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE
GRANDE ENCYCLOPEDIE. VI. 2e éd.
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BELGIQUE. I. Généralités. La Belgique est bor- av
née au N., par ie royaume des Pays-Bas àl'E., par les pa
Pays-Bas, la Prusse et le grand-duché de Luxembourg to
au S., par la France à l'O., par la France et la mer du qi
Nord. La Belgique est comprise, en latitude, entre 49° lU lo
et 51° Va N., et, en longitude, elle s'étend de 0° 12 à pi
30 48' à l'E. du méridien de Paris. ni
Côtes. La mer du Nord baigne la Belgique sur une m
étendue de côtes de 68 kil. environ. Une chalne de oi
dunes borde le rivage et sert de barrière contre les enva- ni
hissements des flots entre Wenduyne et Ileyst, où cette oi
défense naturelle manquait, il a fallu la remplacer par des s<
jetées. Au S. de Nieuport au contraire, la mer tend à e:
abandonner la côte; chaque année l'estran avance de plus il
d'un mètre. Les dunes, sous l'influence du vent du N.-O., g
envahissent l'intérieur du pays et ne s'arrêtent que lors- v
qu'on leur oppose des plantations. Des bancs nombreux, e
d'un sable fin, forment le prolongement sous-marin de la L
côte. Ils peuvent se diviser en deux zones la première se s
rattache aux atterrissements du rivage et aux sables qui b
s'accumulent à l'entrée des ports la seconde s'étend au li
large et se compose de plateaux plus ou moins isolés. Il y p
en a plusieurs qui, au moment des basses eaux, sont à peine
à trois mètres de profondeur. 1
ASPECT PITTORESQUE DU PAYS. Pour qui, partant de (
la Panne, au bord de la mer du Nord, irait à travers la 1
Belgique jusqu'à la Baraque Michel dans les Hautes-Fagnes, t
à la frontière de Prusse, la variété serait grande et char- (
mante pour les yeux comme pour le cœur. Quand, le dos <
tourné à la ligne monotone des côtes de la Flandre, on 1
regarde les flots jaunâtres de la mer du Nord, presque
toujours mouvants, presque toujours brumeux, ne chan-
géant de ton qu'avec les caprices du ciel tourmenté qui
les surplombe, si ce n'est pas la sérénité et la joie qu'on
sent descendre en soi, c'est une rêverie austère et pro-
fonde qui semble mieux en rapport avec le drame de la vie.
Quand, laissant ce spectacle, on se tourne vers l'intérieur
et qu'on pénètre dans la ligne des dunes qui ourlent
le rivage, le cœur s'apaise, mais reste ému devant l'hori-
zon plus restreint des ondulations sablonneuses qui se suc-
cèdent, tantôt couvertes d'herbes dures et frissonnantes,
tantôt nués, d'un jaune pàle et argenté, donnant à qui
s'enfonce entre leurs plis l'impression du désert. Et lorsque,
remontant sur leurs dernières croupes, on aperçoit tout
à coup la campagne flamande, plate et indéfinie, se
perdant au loin, bien loin, dans un brouillard violacé,
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vec ses premiers plans de pâturages, ses rangées d'arbres
iarfois si nombreuses qu'élles donnent l'illusion d'une
orêt, étalant la gamme des verts dans des tons si intenses
[u'il semble qu'une ondée vient de les aviver en les lavant;
orsque les toits rouges sur lés blanches maisons rustiques
)iquent ce plantureux tapis et le relèvent, comme des
îœuds sur une robe que les clochers des villages se
nontrent pareils à des phares dans cet espace sans bornes,
on se demande quel est le plus puissant pour toucher
notre âme, de cet océan de verdure tranquille et reposé,
)u de cet océan toujours mobile dont on entend derrière
soi la clameur. L'Escaut aussi, là où la marée se fait
encore sentir et où les bâtiments de mer labourent ses
flots, séduit,, non par la variété des aspects, mais par la
grandeur de ses rives basses et gazonnées, ne laissant
voir des arbres que la cime, des maisons que les toits. loi
encore, tout s'unit pour former une harmonie mélancolique.
La bande limoneuse des eaux s'allonge comme un serpent
sur la surface uniforme et verte des polders. Les bestiaux
blancs, taches de noir, marbrant les prés comme les voi-
liers marbrent le fleuve, semblent eux-mêmes rendus
pensifs par la calme monotonie du spectacle.
Si alors, on pénètre dans le pays, on arrive bientôt à
la région des gros villages où la propreté des Flandres
éclaire le paysage par la blancheur laiteuse des habitations.
De chacune de ces agglomérations, comme du moyeu d'une
roue, rayonnent les chemins plats des campagnes. Ils se
déroulent en rubans à travers les cultures fertiles, bordées
d'aulnes laissant voir, çà et là, une terre grasse et foncée.
Partout apparaissent, entre le feuillage, des maisons
basses que le groupe principal semble avoir égrenées.
L'esprit se repose dans une sensation profonde d'abon-
dance tranquille et sure d'elle-même. Pour qui cherche
dans la nature une impression plus pénétrante encore de
paix poétique, c'est dans la Campine qu'il faut aller, là
où la zone des plaines vient se perdre en désert de sable
sur lesquels les plantis de sapins plaquent leurs grandes
taches sombres. La bruyère s'étale en nappes roses et
odorantes au milieu desquelles s'endort, çà et là, un
marais. Les routes tracées au hasard dans le terrain sté-
rile développent au loin leurs sinuosités paresseuses. Les
maisons sont pauvres et rares. L'isolement pèse sur le
paysage silencieux. La plaine flamande prend fin. Nous
voici en Brabant. Le sol se relève comme si une force sou-
terraine le gonflait. Les premières collines restreignent
l'horizon. Dans leurs flancs sont découpés les premiers
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