BELLEGARDE
S8
lique du Rliôntj communément nommée compagnie amé-
ricaine, a entrepris d'utiliser la force motrice du Rhône
évaluée à 13,000 chevaux-vapeur. A cet effet, elle a
établi des turbines auprès de la jonction de la Valserine
et du Rhône et creusé un canal de dérivation de 750 m.
de longueur dont 200 m. à ciel ouvert et 550 m. en
tunnel. Plusieurs usines utilisent cette force motrice et
notamment une fabrique de pâte de bois à papier, une
fabrique de parquets et des moulins à broyer les phosphates
de chaux. Le Viaduc de la Valserine, long de 250 m.,
qui supporte la ligne de Culoz à Genève, ést un des plus
beaux ouvrages construits pour les chemins de fer français;
il se compose de onze arches dont la plus grande a 52 m.
de hauteur et 32 m. d'ouverture. Après avoir franchi le
viaduc de la Valserine le chemin de fer s'enfonce sous le
mont Crédo par un tunnel long de 3,900 m. Près dé
Bellegarde est la Grùtte de Bramabœuf, formée de deux
galeries superposées et tapissées de stalactites; un ruis-
seau y tombe en cascade dans un lac.
BELLEGARDE. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Li-
ffloux, cant. d'Alaigne; 421 hab.
BELLEGARDE. Com. du dëp. de la Brème, arr. de
Die, cant. de La Motte-Chalauçon; 407 hab.
BELLEGARDE (Castrum Belles Gardœ). Com. du
dép. du Gard, arr. deMmes, cant. deBeaucaire; 2,517 hab.
Stat. du chemin de fer P.-L.M., ligne de Tarascon
à Nîmes. Bellegarde est située à 5 kil. de la station sur
une colline abrupte qui s'élève an milieu de vastes marais
traversés par le canal d'AigUeS-Mortes. Des vestiges d'un
aqueduc romain témoignent de l'antiquité de la ville. Le
château de Bellegardè a soutenu au moyen âge et pendant
les guerres de religion de nombreux sièges il n'en sub-
siste qu'une tour en ruines. Bellegarde, qui était sous l'an-
cien régime situé dans la viguerie de Beaucaire était une
dépendance du duché d'Ozès.
BELLEGARDE. Com. du dépy de la Loire, arr. de
M'iiitbrison, cant. de Saint-Galmier; 1,638 hab.
BELLEGARDE.Ch.-I. de cant. du dép. du Loiret, arr.
de Vlontargis 1,240 hab. Autrefois, Soisy, Soisy-aux-
Loges (Sosiaôus, xiu6 siècle), puis Choisy, Choisy-aux-
Loges et enfin Choisy-Bellegarde, se déploie sur le beau
coteau de la vallée du Quiers, près des sources de la
Bézonde. Les annalistes Orléanais prétendent qu'aux vie et
vne siècles des moines de Ferrières vinrent s'établir dans
cette plaine fertile et y construisirent un oratoire qui
serait l'origine de Bellegarde. Au xn8 siècle, le château
appartenait aux sires de Beaumont, mais le domaine était
fief royal. Ce fut Philippe de Valois, fils du roi Philippe VI,
qui détacha cette terre de la couronne et en fit don à
Nicolas de Braque. Un mariage la porta dans la famille
de L'Hôpital. Soisy fut érigé en marquisat par Henri IV,
en faveur de Jacques de L'Hôpital. Le nom de Bellegarde
date de 1646. A cette époque, le marquisat fut érigé en
duché-pairie pour Roger de Termes, qui prit le nom de
duc de Bellegarde. Ce duché comprenait outre Soisy,
Chailly, Auvilliers, Bélardin; Jlézières, Fréville, Sury-
aux-Bois, Beauchamp, les Rus. On sait que le duc de
Bellegarde étant mort sans postérité, le duché passa à
son neveu, Armand de Pardaillan, marquis de Montespan,
qui épousa MUo de Rochechouart (la fameuse marquise
de Montespan). Leur fils, Louis-Antoine, qui fut premier
duc d'Antin, fit bâtir le magnifique château dont une
partie existe encore. Ce château fut illustré par le séjour
de Voltaire et du roi Stanislas. Après la mort du due,
Bellegarde fut vendu à M. de Bézigny, président au Par-
lement, puis à Gilbert Des Voisins, président comme lui,
qui acheta le titre de marquis. Le Révolution confisqua le
château sur M. Des Voisins qui fut condamné à mort
en 1794. La bande noire a démoli et vendu en détail une
portion majeure de ce beau monument. Les matériaux qui
avaient servi à sa construction auraient suffi à bâtir une
ville de 3,000 âmes. Bellegarde était un prieuré-cure
de l'ordre de Saint-Augustin, du diocèse de Sens, de
rarchidiaconé du Gâtinais. Son église, bâtie au xne siècle,
possède un portail remarquable et une gracieuse abside.
Jules DOINEL.
Bibl. Dom MORIN, Histoire. du Gâtinais. Abbé
PATRON, Recherches sur l'Orléanais, t. II.
BELLEGARDE. Com. du dép. du Tarn, arr. d'Albi,
eant. de Villefranche; 513 hab.
BELLEGARDE (Fort de). Forteresse située à l'extrême
frontière de France, sur le territoire de la com. du
Perthus (Pyrénées-Orientales), au sommet d'un cône isolé
dominant de 130 m. à l'Ê. le col du Perthus (V. ce nom)
par lequel passe la route de Perpignan à Figuerâs; et de
106 m. à l'O. le col dePanissas, plus fréquenté autrefois
que le précédent, mais que les travaux du génie militaire
ont rendu impraticable. Place de guerre de 2e classe
défendue par cinq bastions en partie taillés dans le roc.
-Prise sut les Espagnols par Schomberg, en 167S, cette
place fut fortifiée aussitôt. En 1793 les Espagnols la bom-
bardèrent pendant quarante jours et s'en emparèrent le
14 juin; Dugommier réussit àla reprendre le 17 sept. 1794.
BELLEGARDE-Adoulihs. Com. du dép. du Gers, arr.
de Mirande, cant. deMasseube; 349 hab.
BELLÈGARDE-en-Marche. Ch.-l. de cant. du dép. de
la Creuse, arr. d'Aubusson, à 3 kil. de la Tarde, affluent
du Cher; 692 hab. Foires importantes; commerce de cuirs
et de chevaux. Bellegarde était autrefois fortifiée une
partie des murailles existait encore au commencement de
ce siècle, époque où l'on a démoli les deux principales
portes. Une tour faisant partie de l'enceinte a été con-
servée, et on y a placé l'horloge de la ville. Près de là,
sur une colline, s élevait un château dont il ne reste que
le nom. Bellegarde est une fondation du moyen âge,
au xiii9 et au xive siècle, elle était le ch.-l. d'une pré-
vôté qui s'étendait sur toute la Combraille et qui fut pins
tard restreinte au petit pays de Franc-Alleu (V. ce mot)
dont Bellegarde a été considérée comme la capitale jus-
qu'à la Révolution. Au xvn8 siècle, sous l'influence du
voisinage d'Aubusson (12 ML), l'industrie de la tapisserie
était assez florissante à Bellegarde, oii elle a aujourd'hui
et depuis longtemps complètement disparu. Ant. THOMAS.
BELLEGARDE-Ex-PoussIEU. Com. du dép. de l'Isère,
arr. de Vienne, cant. de Beaurepaire; 838 hab.
BELLËGARÛE-Sainte-Marie. Com. du dép. de la
Haute-Garonne, arr. de Toulouse, cant. de Cadours;
394 hab.
BELLEGARDE (Famille de). A la fin du xve siècle
Miramond de Lagoursan, unique héritière de Roger de
Lagoursan, seigneur de Bellegarde (Haute-Garonne),
apporta en dot cette seigneurie à son mari Raimond de
Saint-Lary (1498). C'est depuis lors que la maison de
Saint-Lary porta le nom de Bellegarde.
Peroton de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, fils
des précédents, fut capitaine de cinquante hommes d'armes,
gouverneur de Toulouse il épousa en 1522 une nièce du,
maréchal de Termes.
Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, fils
du précédent, maréchal de France, mort en 1579. Il
se distingua en Piémont sous son grand oncle le maré-
chal de Termes, s'attacha ensuite au duc de Retz,
puis à Henri III qu'il suivit en Pologne. Comblé de faveurs
par le roi, créé maréchal de France (1574), il tut ensuite
disgracié, se retira en Piémont et avec l'aide du duc de
Savoie s'empara du marquisat de Saluces d'où il expulsa
le gouverneur, Charles de Birague. Des négociations s'en-
gagèrent alors avec le roi de France et à la suite d'une
entrevue avec Catherine de Médicis à Montluel près de
Lyon, le maréchal de Bellegarde fut confirmé da ns le
gouvernement du marquisat de Saluces, mais il mourait
quelques mois plus tard, empoisonné si l'on en croit
Brantôme. Il avait épousé Marguerite de Saluces, veuve
de son grand-oncle, Paul de Termes.
César de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, fils du
précédent, né en 1562, fut tué à Coutras en 1587.