BËLLÈAU BËLLËCOUR
84
Lorraine, depuis duc d'Elbeuf et grand ééuyer de France.
Il vécut tantôt au château de Joinville, tantôt à l'hôtel de
Guise à Paris et fut longtemps malade. On l'enterra dans
le chœur de l'église des yieux-Augustins. Ronsard; Baïf,
Desportes et Amadis Jamin portèrent son cercueil sur leurs
épaules.
Belleau a eu, de son vivant, une grande réputation. Les
témoignages contemporains abondent. Ronsard l'appelle
un « excellent poète françois et le peintre de la
nature ». L'Estoile le nomme « un des doctes et gentils
poètes de nostre temps ». Ses poésies ont beaucoup de
grâce et de vivacité; il n'est point obscur et alambiqué
comme la plupart des membres de la pléiade; son style
est très brillant. Un certain nombre de pièces, les chan-
sons notamment, sont assez licencieuses dans le goût du
siècle. L'Estoile cite même un poème intitulé Jean qui
ne peult, qu'il qualifie de vilain et lassif et mal sonnant
aux aureilles chrestiennes ». Dans la belle édition qu'il a
donnée des œuvres du poète, M. Ch. Marty-Laveaox
semble ignorer complètement cette pièce qu'on trouve en
entier dans le manuscrit des mémoires-journaux de l'Es-
toile. Belleau a écrit la Bergerie, divisée en une pre-
mière et une seconde journée (Paris, 1572, in-8);
diverses pièces de circonstance publiées de 1559 à 1361
les Amours et nouveaus échanges de pierres précieuses,
vertus et propriétés d'icelles (Paris, 1876, in~4); la
Reconnue, comédie (Paris, 1577, in-8); une pièce en
style macaronique Dictamen tnetrï f'icum de bello hugue-
notico et reistrorum piglaminê ad sodales (Paris, s. d.,
in-4) une traduction en vers des Odes d'Ânacréon
(Paris, 1556, in-8); une traduction en vers dé VEcclé-
siaste, du Cantique des Cantiques (publiée en 1S76 avec
les pierres précieuses) une traduction en vers des Phéno-
mènes d'Aratus. Voici les principales éditions collectives
qu'on a données des œuvres de Bèlleâu les Œuvres
poétiques (Paris; 1578, 2 vol. in^!2; Lyon, 1592,
2 vol. in-12 Rouen, 1604, 2 vol. in-12) Œuvres com-
plètes, publ. par A. Gouverneur (Paris, 1867, 3 vol.
m-12) Œuvres poétiques, publ. par Ch. Marty-Lavêaux
(Paris, 1879, 2 vol. ia-8) dans la collection de la Pléiade
françoise. R. S.
Bibl. P. De i/Ës* oiIë, M ènvaires-journmix, éd. Brunet;
Paris, 1875, t. I, p. 218; G. CoLLÊTEf Vie de Rerriy
Belleàu (dans l'éd. Gouverneur). F. GoDEFROY, Histoire
de la littérature française, xvi» siècle,- Paris, 187g, in-8,
pp. 549-554.
BELLEBAT. Com. du dép. de la Gironde, arr. de La
Réole, cant. de Targon; 113 hab.
BELLEBRUNE. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr.
de Boulogne-sur-Mer, cant. de Besvres; 197 hab.
BELLEBUONI (Giovanni), traducteur italien, né â
Pistoia. On a de lui une traduction de l'Historia îro-
jana de Guido Colonna, datée de 1333.
Bibl. Ad. MUSSAFIA, Sulle versioni italiane della sto-
ria. trojana Vienne, 1871.
BELLECHASSAGNE. Com. du dép. de la Corrèze, arr.
d'Ussel, cant. de Sornac; 332 hab.
BELLECHAUME. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de
Joigny, cant. de Brienon; 567 hab.
BELLECOMBE. Com. du dép. de la Drôme, arf. de
Nyons, cant. dé Buis-les-Baronnies; 317 hab.
BELLECOMBE. Com. du dép. du Jura, arr. de Saint-
Claude, cant. des Bouchoux; 361 hab.
BELLECOMBE. Com. du dép. de la Savoie, arr. dé
Chambéry, cant. du Châtelard 965 hab.
BELLECOM BE. Com. du dép. de la Savoie, arr. et cant.
de Moutiers; 232 hab.
BELLECOMBE (Jean-Antoine-Cyriaque Casse DE),
homme politique français, né à Montpezat (Lot-et-Garonne)
en 1773, mort en 1837. D'abord élève à l'école navale,
il servit ensuite dans la cavalerie, puis devint maire de sa
ville natale et conseiller général du département. Après
les Cent-Jours il ne s'occupa plus que de littérature. On a
de lui une traduction des Animaux parlants de Casti, et
une collection de matériaux pour l'histoire de Montpezat et
de l'Agenais. Som fils, André, littérateur, lié en
1822, se fit connaître surtout par une Histoire univer-
selle (1851-1881, 18 vol.).
BELLECOUR (Jean-CIaude-Gillés CdLsoN, dit), acteur
français, né à Paris le 16 janv. 1725, mort en cette ville
le 19 nov. 1778. 11 était fils d'un peintre de portraits
qui, après l'avoir placé chez les orâlorieiis, où Il reçut une
excellente éducation, le fit entrer dans l'atelier de Carle
Vanloo. Mais, quoi qu'il ne manquât pas de dispositions
pour la peinture, le jeune homme était dévoré de là pas-
sion du théâtre^ et bientôt il quitta tout pour se livrer
sans réserve à ses goûts. Prenant le nom de Bèllecour, il
s'engagea dans diverses troupes de province et tout
d'abord à Besançon, où il se rencontra avec Préville, qu'il
devait retrouver plus tard à la Comédie-Française. Ses
commencements furent modestes, mais dès ses premiers
pas il montra les rares qualités sociales qui le firent tou-
jours chérir de ses camarades. Bellecour était à Bordeaux
lorsqu'il fut appelé à débuter à la Comédie-Française, oii
Lekain venait de débuter lui-même, non sans rencontrer une
violente opposition. Précisément, ceux qui se prononçaient
avec violence contre Lekain prétendaient lui créer Un
rival dans là personne de Bellecour, lequel était doué
d'une beauté physique remarquable, avantage que le
grand tragédien, on le sait, était loin de posséder. Mais le
début de Bellécour, qui eut lieu le 21 déc. 1750 dans les
rôles d'Achille d'Iphigénie, et de Léandre du Babillard,
ne fut pas très heureux et découragea les ennemis de
Lekain. Cependant, le jeune artiste se releva bientôt, et,
se confinant pour le moment dans le genre Comique, il se
montra avec succès dans le Glorieux, l'Homme à bonnes
fortunes, le Français à Londres, Mélàitidé, Zénéide et'
les Dehors trompeurs.
Pendant près de trente ans, BellécoUr parcourut à la
Comédie-Française une carrière sinon absolument brillante,'
du moins toujours extrêmement honorable. Son beau
physique, la rare distinction de ses manières, la noblesse
et le naturel de son jeu, le soin qu'il apportait à toutes
choses, sa décence et son bon goût à la scène à une
époque où ces qualités paraissaient un peu trop négligées,
en faisaient un acteur sinon original, du Dioinâ fort utile et
fort distingué. De plus, loin de chercher à étouffer et à
écrasef ses partenaires, il émployait tous ses efforts à les,
faire valoir et à mettre en relief leur talent, qualité mal-
heureusement trop rare. On lui reprochait seulement une
voix un peu criarde et certains gestes peu harmonieux.
Bellecour se distingua non seulement dans le répertoire,
mais dans un grand nombre d'ouvrages oil il créa des
rôles importants: les Méprises, le Triumirat, Iphigénie
en Tauride, le Père de famille; le Financier, Tan-
crède, les Mœurs du jour, le Tambour nocturne,
l'Anglais à Bordeaux, Ûlympie, le Négociant, Grômwell,
Guillaume Tell, Eugénw, la Gageure imprévue, les
Fausses Infidélités, le Bourru bienfaisant, la Partie de
chasse, le Barbier de Séville et le Malheureux imagi^
noire. Bellecour fit jouer avec succès, le 17 août 4781,
une petite comédie en un acte, les Fausses Apparences,-
dont il était l'auteur. Il en avait écrit une autre, sous le
titre de l'Ecole des pères, qui ne fut jamais jouée. Mais
il se rendit utile à la Comédie en opérant dans divers
ouvrages qui ne pouvaient plus être joués des corrections
plus ou moins importantes qui les mirent en état de repa-
raitre à la scène son goût naturel et l'instruction qu'il
avait reçue lui permettaient de mener à bien ce travail
délicat. C'est amsi qu'il put faire remettre au répertoire
le Double veuvage de Dufresny, l'Homme singulier, la'
Fausse Agnès et le Tambour nocturne de Destouches,
la Coquette de Baron, le Muet de Brueys, le Cocher
supposé de Hauteroche, etc. Arthur Pohgin.
BELLECOUR (Rose-Perrine LE Roy DE LA CORBINAIS,
dite MUa Beaumenard, épouse Colson dit), actrice fran-
çaise, née à Lamballe le 20 déc. 1730, morte à Paris le