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d'ailleurs raconta sa vie et les événements dont il avait été
témoin en sept Ogdoades. La première a été publiée à part
sous le titre à'Epitome de Fantiquité des Gaules (1556,
1587, in-8); une partie des autres forme les livres V, VI,
VII et VIII des Mémoires de Martin du Bellay et va de
1536 à 1540 le reste est malheureusement perdu.
Montaigne les juge très sévèrement dans ses Essais. « Je
ne veux pas croire, dit-il, qu'il ait rien changé au gros du
faict, mais à contourner le jugement des événements, sur-
tout contre raison, à nostre advantage et d'obmettre tout
ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de son maistre, il en
fait mestier. » Ce jugement n'empêche pas que ce qui nous
reste des Ogdoades ne soit encore une des meilleures sources
à consulter pour le règne de François IOT. On lui a attribué
également un ouvrage intitulé Instruction sur le faict de
la guerre (1548, in-fol.), réimprimé en 1554 sous le titre
de Traité de la Discipline militaire (in-8). Bayle a
démontré dans son Dictionnaire historique qu'il était
impossible qu'il en fût l'auteur (t. 1, pp. 501 et 502. Note.)
Jean du Bellay, frère du précédent, cardinal et diplomate
français, né en 1492, mort à Rome le 16 févr. 1560.
Nommé évêque de Bayonne en 1526, Jean du Bellay, qui
était dévoué à Montmorency, l'accompagna aux conférences
de Calais (1527) avec M. d'Humières et le chancelier
d'Alençon, Jean Brinon. Laissé comme ambassadeur en
Angleterre après la clôture des conférences, il gagna à un
tel point la confiance de Wolsey qu'il devint son confident
même pour les questions de politique purement anglaise.
Le 13 juin 1528 il souscrivit à un traité de commerce
entre la Flandre d'une part, l'Angleterre et la France de
l'autre. L'affaire du divorce d'Henri VIII allait lui fournir
l'occasion de déployer ses brillantes qualités politiques.
Son frère Guillaume et lui soutinrent énergiquement les
prétentions du roi d'Angleterre dans l'espoir que l'alliance
d'Henri VIII contre Charles-Quint pourrait être le prix des
bons offices de la France à la cour de Rome. Déjà en 1529
Henri VIII lui avait demandé une consultation sur la nul-
lité de son mariage. En 1530, il fut rappeléàParis pour
faire prononcer la Sorbonne dans le sens du divorce, et ce
fut à cette occasion qu'il se montra avec son frère Guil-
laume l'adversaire du fameux docteur en théologie, Noël
Beda. L'évêehé de Paris fut la récompense de cette <-aiduite
(1532). L'année suivante, Montmorency, que pendant son
séjour à la cour il avait averti des intrigues de Brion, le
chargea de faire accepter au duc de Norfolk, alors ambas-
sadeur en France, les mesures prises contre Henri VIII par
le Saint-Siège. Puis en 1534 il l'envoya à Rome défendre
la cause du roi d'Angleterre au Consistoire qui refusa le
divorce. Ce fut au retour de cette mission qu'il fut fait
cardinal le 21 mai 1535. D'après Amelot de la Houssaye,
il aurait obtenu le chapeau pour avoir harangué presque
impromptu le pape Clément VII à son arrivée à Marseille,
à la place du président Poyet qui n'avait pas voulu s'en
charger. Quoi qu'il en soit, en 1535 il revint à Rome
comme adjoint à l'évéque de Maçon nommé ambassadeur
auprès du pape Paul III pour s'assurer sa neutralité. Grâce
à Jean du Bellay une remise de décimes fut obtenue pour
le roi le pape fut soustrait à l'influence impériale et
nombre d'Italiens influents se rallièrent à la France. Rap-
pelé à la cour pour prendre la direction de la correspon-
dance politique à la place de Montmorency occupé en
Provence, du Bellay fut nommé par François ler lieutenant-
général en Champagne et Picardie et, au moment du siège
de Péronne par les Impériaux, il entreprit la- défense de
la capitale qu'il fit fortifier par vingt mille pionniers. En
1538 il assista à la réception de Montmorency comme con-
nétable et lorsque Charles-Quint vint en France il le reçut
à Notre-Dame avec le légat Alexandre Farnèse, le 1er janv.
1540. Nommé évêque de Limoges l'année suivante, il fut,
en 1544, envoyé de nouveau auprès d'Henri VIII pour le
décider à faire une paix séparée avec la France et obtint
la même année l'archevêché de Bordeaux. Evêque du Mans
en 1546, après la mort de son frère René, il était égale-
ment abbé de Saint-Gildas, de Saint-Maur-des-Fosscs, etc.
Après la mort de François Ier, il fit un moment partie du
Conseil d'Etat de Henri II, puis se retira à Rome où
devint évêque d'Ostie, et où il parait avoir joui d'une
grande considération dans le Sacré Collège, puisqu'on
parla de le faire pape après la mort de Marcel II.
Comme ses frères, le cardinal du Bellay fut un esprit
tolérant et un protecteur éclairé des lettres et des arts.
On sait les relations qui l'unirent à Rabelais. Il l'amena à
Rome dans ses premières ambassades ainsi que le jeune
poète Joachim du Bellay, fils de son cousin germain, Jean
du Bellay, seigneur de Gonnor. Le savant helléniste Guil-
laume Budé fut son ami et il se joignit à lui pour engager
François Ier à fonder le Collège de France. Lui même fut
un orateur et un poète latin distingué, et ses dépêches se
recommandent par la forme tout autant que par le tond.
On a de lui, outre sa correspondance politique en grande
partie inédite 1° Poésies latines (trois livres) imprimées
à la suite des Odes de Salmon Macrin (Paris, Robert
Estienne, 1546, in-8); 2° Francisci Francorum regis
Epistola apologetica (1842, in-8) 3° Joannis cardi-
nalis Bellàii, Francisa Olivarii et Africani Mallœi,
Francisci 1 legatorum orationes duœ, necnon pro
eodem regi detensio adversus Jarobi Omphalii male-
dicta (Paris, Robert Estienne, 1544, in-4).
Plusieurs auteurs lui ont attribué un mariage de cons-
cience dont il aurait eu des enfants. Selon Bayle, d'après
Brantôme, il aurait épousé Madame de Châtillon, veuve de
Jacques de Coligny, oncle de l'amiral, qui fut blessé
devant Ravenne et mourut de ses blessures à Ferrare,
Amelot de la Houssaye, qui raconte le même fait dans ses
Mémoires historiques et politiques, nous donne le nom de
Madame de Châtillon elle se serait appelée Blanche de
Tournon.
Martin du Bellay, frère des précédents, militaire et écri-
vain français, né dans les dernières années du xv' siècle,
mort à Glatigny le 9 mars 1559. Venu à la cour en 1513,
Martin du Bellay assista aux batailles de Marignan et de
Pavie. En 1530, il était lieutenant d'une compagnie
d'hommes d'armes et accompagna l'ambassadeur d'Angle-
terre, sir Francis Bryant, lorsqu'il vint remettre à Montmo-
rency les lettres de créance d'Henry VIII sur l'empereur
Charles-Quint. En 1536 il se trouvait à la tête d'une
compagnie d'ordonnance dans la campagne de Provence.
L'annee suivante nous le retrouvons en Flandre où il
commande deux cents chevau-légers à Lillers. Il remporta
avec eux un succès sur la garnison de Béthune et détendit
Saint-Pol avec le prévôt de Paris Villebon. Forcé de se
rendre le 15 juin, il partit la même année pour le Piémont
où il conduisit un renfort à l'armée de Montmorency.
Revenu en 1543 en Flandre, où il ravitailla Landrecies, il
repassa de nouveau en Piémont et il y fut nommé gouver-
neur de Turin. Après avoir glorieusement défendu Fossano
avec Montpezat et La Roche du Maine, il prit part à la
bataille de Cérisoles (1544), puis repassa les monts et
vint en France s'enfermer successivement dansMézièreset
dans le fort d'Outreau désolé par une épidémie. Quand il
mourut il était chevalier de l'ordre du roi, capitaine de
cinquante hommes d'armes de ses ordonnances et son lieu-
tenant-général en Normandie. Il avait épousé Elisabeth
Chenu, princesse d'Yvetot.
Les Mémoires historiques qu'il nous a laissés et qui vont
de 1515 à 1547 furent publiés après sa mort par René
du Bellay, baron de la Lande, qui avait épousé sa fille
Marie, puis réédités au xvm8 siècle par l'abbé Lambert
(7 vol. in-12). Une traduction latine par.Jean Tarcagnota
parut à Francfort en 1575 chez Jean Maréchal (in– 8ji Ils
ont été depuis souvent réimprimés. « Ce sont, dit l'auteur
dans sa Préface, des Mémoires tant de la paix que de la
guerre, dont je puis parler en partie comme tesmoing
oculaire; car en plusieurs endroits de deçà et de delà les
monts, me suis trouvé en personne et des autres ai pu
avoir certain advis par ceux qui ont esté présents. »