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ment à Honfleur, à Melun et à Franconville. Lorsqu'on
eut rétabli une magistrature régulière, il vint reprendre sa
place au barreau de Paris, sous le titre de défenseur offi-
cieux. C'est alors qu'il défendit et sauva de la mort le
général Menou, puis, sous le Directoire, l'abbé Salamon,
enfin, sous l'Empire, Moreau et MUode Circé. La défense
de MUe de Circé fut son dernier plaidoyer la parole
avait usé son tempérament, et il dut, à l'âge de quarante
ans, quitter le barreau pour se borner aux travaux de
cabinet. Il fut alors, grâce au crédit de Frochot, nommé
membre du conseil général du département de la Seine
et devint l'orateur ordinaire de cette assemblée dans les
cérémonies d'apparat. Il trouva dans ces solennités des
occasions fréquentes de payer à Napoléon le tribut de son
admiration; il n'en laissa échapper aucune et fut un des
premiers à le proclamer grand homme. Cela ne l'empêcha
pas, en 1814, de faire subitement acte d'indépendance,
presque de rébellion, en prenant l'initiative de la fameuse
adresse signée le 1er avr. par le conseil général de la
Seine. Cette adresse, dont il était le rédacteur, s'expri-
mait ainsi « Vos magistrats seraient traîtres envers
vous si, par de viles considérations personnelles, ils
comprimaient plus longtemps la voix de leur conscience
elle leur crie que vous devez tous les maux qui vous
accablent à un seul homme. le plus épouvantable oppres-
seur qui ait pesé sur l'espèce humaine. » Cette attitude
ne tarda pas à être récompensée: Louis XVIII donna à
Bellart des lettres de noblesse, un brevet de conseiller
d'Etat et de grand officier de la Légion d'honneur. Pen-
dant les Cent-Jours, Bellart se retira en Hollande, puis en
Angleterre. Rentré en France, aussitôt après le retour de
Louis XVIII, il fut nommé, le 14 août 181 S, procureur
général près la cour royale de Paris.
Alors commença pour Bellart une vie nouvelle, toute
militante il ne cessa de combattre, en effet, avec un
véritable acharnement tous les adversaires de la légiti-
mité. Sa première procédure fut l'acte d'accusation du
maréchal Ney, poursuivi devant la chambre des pairs
comme fauteur de l'affaire du 20 mars. Quelque violent
que se montra Bellart à cette occasion, il est certain qu'il
crut remplir un devoir: le jour même du procès, ses
amis le virent profondément affligé, ému jusqu'aux larmes
d'avoir à accomplir une tâche si douloureuse. Son réqui-
sitoire le plus célèbre est celui qu'il prononça, le 21 août
1823, contre les rédacteurs du Courrier français et du
Constitutionnel, accusés de tendances antireligieuses. Ce
réquisitoire, qui est un chef-d'oeuvre de dialectique, ne
put cependant empêcher l'acquittement des rédacteurs
poursuivis. Découragé par cet échec, Bellart offrit sa
démission mais le roi la refusa. Il continua en consé-
quence ses fonctions et les exerça jusqu'à sa mort. Bellart
avait été nommé député de Paris en 1845, 1816, 1818
et 1821 mais il ne se fit remarquer à la Chambre que
par de petites allocutions et quelques discours sans auto-
rité.
On a de Bellart, outre ses divers plaidoyers ou mémoires,
discours à la Chambre des députés, ou discours de rentrée,
recueillis dans leur temps un Eloge de M. Ferey, avo-
cat un Essai sur la légitimité des rois, considérée
dans ses rapports avec l'intérêt des peuples et en par-
ticulier avec l'intérêt des Français; enfin des OEuvres
complètes (1827-1828, 6 vol. in-8) et où se trouvent
recueillis ses principaux plaidoyers et ses articles de cir-
constance. Georges Lagrésille.
BELLAS. Villede Portugal, prov. de l'Estremadure, avec
des eaux ferrugineuses et un beau château de plaisance, est
la principale station intermédiaire du petit chem. de fer de
Lisbonne à Cintra. Pop. 3,000 hab.
BELLASIO ou BELLATO (Jean-Baptiste), savant ita-
lien, né et mort à Brescia dans le cours du xvie siècle.
Il aimait, dit son biographe Cozzando, l'étude des choses
rares, singulières et merveilleuses. On lui doit un traité
de sténographie ou plutôt de cryptographie Il vero
modo di scrivere in ci/ra con. facilita, prestezxa e
sicurezza (Venise, 1553, et Brescia, 1864, in-4). R. G.
Biel. L. COZZANDO, Libraira Bresciana; Brescia, i 682,
in-4.
BELLATRIX (Astron.) (la Guerrière). C'est l'étoile y
de la constellation d'ORION, étoile rougeâtre de seconde-
grandeur, située à l'épaule occidentale, c.-à-d. à la partie
supérieure et occidentale de la belle constellation d'Orion.
Sa position moyenne pour 1888 a pour coordonnées
M. = §h19m73, 48 D = -f- 6° 14'50",9. L. B.
BELLAUDIÈRE (L. de la), poète provençal du
xve siècle (V. LA Bellaudière).
BELLAVÈNE (Jacques-Nicolas, baron), général fran-
çais, né à Verdun le 20 oct. 1770, mort JfMilIy (Seine-.
et-Oise) le 8 fév. 1826. Engagé comme simple cavalier,
il devint général de brigade en passant par tous les
grades de la hiérarchie militaire. Il eut la jambe
emportée par un boulet à la bataille de Rastadt. Il fut
inspecteur des écoles militaires et eut ensuite la direction
de celle de Saint-Germain. Son nom est inscrit sur l'arc
de triomphe de l'Etoile. On a de lui Cours de mathé-
matiques à l'usage des écoles militaires (1 843).
BELLAVIA (Marc-Antonio), peintre-graveur italien,
originaire de Sicile, vivait à Rome au xvir3 siècle. Titi
cite quelques peintures de lui dans des églises de Rome
(S. Maria in Aracœli, S. Andrea aile Fratte), mais il est
plus connu comme graveur. Ses estampes sont habi-
tuellement signées de son monogramme; une seule,
Sainte Dladeleine, porte son nom en toutes lettres
Marcus Antonius belavia in. et pr. Rome.
Bibl. P.-A. Orlandt, Abecedario piltorico Naples,
1733, in-4. TITI, Ammaeslra.rnenlo utile e curioso di
Pittura, Sculturs e Archilettwa. nette chiese di Roma
Rome, 1686. Bartsoh, Le Peintre Graveur, t. XX.
.BELLAVILLIERS. Corn. du dép. de l'Orne, arr. de
Mortagne, cant. de Pervenchères 579 hab.
BELLAVITIS (comte Giusto), mathématicien italien,
né à Bassano (Vénétie) le 22 nov. 1803, mort à Tezze,
près de Bassano, le 6 noy. 1880. Trop pauvre pour faire
des études régulières, il apprit seul, et presque sans livres,
les mathématiques, la physique, la chimie, le latin, le
grec, le français et six autres langues à quinze ans, il
connaissait déjà le calcul différentiel et intégral. Il dut
néanmoins se contenter pendant plus de vingt années du
modeste emploi de secrétaire de sa commune, con-
sacrant ses loisirs à ses études favorites, et entretenant
avec quelques savants, dont il avait fait la connaissance
dans ses voyages à Padoue, une correspondance très sui-
vie. En 1843, il fut enfin nommé professeur de mathé-
matiques au lycée de Vicence; deux ans plus tard, il
obtenait la chaire de géométrie descriptive à l'Université
de Padoue et recevait, sans examen, le titre de docteur
en philosophie et en mathématiques. Toutes les sociétés
savantes lui furent dès lors ouvertes déjà membre de
l'Institut vénitien, il fut admis à la Société italienne des
Quarante et à l'Académie de Padoue. Professant des idées
libérales, il encouragea, en 1862, la jeunesse de Padoue à
se ranger sous le drapeau de Victor-Emmanuel, et, en
1866, il fut nommé sénateur du nouveau royaume.
Bellavitis est surtout connu par son ingénieuse Méthode
des équipollences, dont il a donné la théorie dès 1832,
et qui, adoptée depuis longtemps en Italie et en Allemagne,
n'a pénétré chez nous que depuis une quinzaine d'années
et seulement grâce aux efforts de MM. Houel et Laisant
(V. EQUIPOLLENCE). Il a en outre laissé un nombre
presque incroyable de mémoires et de notes, où les ques-
tions les plus diverses se trouvent traitées, et dont les
plus remarquables sont relatifs aux quantités imaginaires,
à la résolution des équations et au calcul des quaternions.
Tous ces écrits, où une rare concision s'allie à une grande
largeur de vues, sont pleins d'idées nouvelles et ont fait
faire à la science de grands progrès. Plus de deux cent
cinquante ont déjà été publiés. Nous citerons Lezioni
di geometria descrittiva con note contenenti i prin-