BELLARDIELLA– 'BELLARMIN –46
Dr Fischer {Mon. conck.) pour un groupe d'espèces déta- s
ché du genre Pleurotome (V. ce mot) et se différenciant s
par une forme élancée, par une ouverture régulière à d
sinus sutural bien distinct, à bord externe mince. Chez (
ces espèces, les tours de spires sont ornés de côtes obliques q
arrondies et de sillons décurrents. Le Bellardiella fragilis p
est une coquille de petite taille, allongée, fusiforme, à v
spire élancée les tours sont aplatis en leur partie supé- c
rieure, convexes ensuite, garnis de côtes longitudinales, t
bien arrondies, coupées par des cordons décurrents d'une a
grande finesse; ouverture an peu. allongée, terminée en t
un canal court, droit, bien ouvert; bord externe tranchant e
et très arqué. Le genre Bellardiella a peor synonyme: t
Bellardia Bucquoy, Dautzenberg et Dolfus, quil ne faut c
pas confondre avec le Bellardia de Mayer, 1870,ce dernier f
désignant un groupe de Cerilhidœ fossiles. Il existe encoré i
un genre Bel&diella établi par Tapparone-Canefri, posté- I
rieurement â celui dont nous nous occupons, pour des s
espèces de la famille des Pupinidse. Le Bellardia fragilis
vit sur toutes les côtes.de la Méditerranée. J. Mabille. 1
BELLARMIN (Robert-François-Romulus), jésuite, car- 1
dinal et archevêque, savant et habile eontroversiste, le doc- i
teur éminent du catholicisme ultramontain, né 4 oct. 1542
à Montepalciano (Toscane), mort le 17 sept. 1621 Il était le c
troisième fils de Cynthia Cervin, sœur du cardinal qui fut | g
pendant vingt-deux jours le pape Marcel Il (1555)^ Son (
père, Vincent Beilarmino, appartenait à, une famille noble, (
mais ruinée. Après avoir passé une année à l'université f
de Padoue, où il avait été placé pour étudier le droit, le ]
jeune Bellarmin résolut d'entrer dans la Société de Jésus, i
ij commença son noviciat à Rome (1560). Lorsqu'il eut
reçu l'enseignement des humanités, ses supérieurs l'en- 1
voyèrent à Padoue pour suivre les cours de théologie. En <
1869, ils le dirigèrent sur Louvain. L'année suivante, <
Bellarmin y professa la théologie, commentant avec un (
grand succès la Somme de saint Thomas d'Aquin, que <
Ignace de. Loyola avait recommandée dans les Constitu- i
tiotis. Après un séjour de sept années en cette ville, il dut s
la quitter, à l'approche des troupes du prince d'Orange; il i
se réfugia à Douai, d'où Grégoire XIII le rappela pour
enseigner la controverse dans le Collège Romain nouvelle-
ment fondé. En 1590, Sixte V l'adjoignit à H. Gaétan, )
son légat en France Bellarmin devait, dans les occasions
propices, discuter contre les huguenots. Ce qui parait cer-
tain, c'est qu'il les combattit en prenant part aux fac-
tibnsde la Ligue et à la 'résistance des Parisiens assiégés
par le roi. Il demeura dix mois en France, puis rentra en
Italie et fut promu successivement à diverses charges et
dignités, 'soit dans la Société de Jésus, soit auprès du
pape. Grégoire XIV l'employa à la revision de la Vulgate;
Clément vIII le nomma son confesseur, et lé fit cardinal
(1-98). Bellarmin n'accepta ce titre que par contrainte,
menacé, dit-on, d'anathème, s'il s'obstinait en son refus.
En 1602, où lui donna l'archevêché de Capbue; il y tra-
vailla avec un zèle pieux au rétablissement de la disci-
pline et au retranchement des abus. A la mort de Clé-
ment VIII, dans le conclave qui élut Léon Xt, beaucoup
de voix se réunirent sur son nom cependant, on ne le pré-
sentait point encore comme papablë. Dans le conclave sui-
vànt, qui eut lieu la même année, il est probable que ses
partisans auraient formé la majorité, s'ils n'avaient point
été vivement combattus par la faction du cardinal Aldo-
h'randini, qui réussit à faire prévaloir chez plusieurs cardi-
naux tes alarmes qu'inspirait l'accroissement de la puis-
sance des jésuites, et la crainte de se donner un pape trop
vertueux ou trop scrupuleux. Bellarmin resta étranger à
ces compétitions il redoutait la tiare autant que d'autres
la convoitaient; plus tard (1614), il fit très solennelle-
ment le vœu, si elle lui était imposée, de ne jamais éle-
ver aucun de ses parents ou alliés au cardinalat ni à
aucun titre temporel dépendant de l'Eglise. Paul V fut
élu (1605); voulant retenir auprès de lui celui qu'on lui
avait -opposé comme concurrent, il le nomma, dès son
avènement, bibliothécaire du Vatican. Bellarmin, fidèle à
ses principes de désintéressement et à ses maximes sur le
devoir de résidence, se démit alors de l'archevêché de
Capoue. Vers la fin de sa vie, il administra pendant
quatre ans, en l'absence du titulaire, Tévêché de Monte-
pulciano, sa ville natale: puis il se retira- à Rome, dans
une maison de son ordre, le. collège de Saint-André,
où il mourut, chargeant le jésuite Eudœmon Johannes, do-
témoigner publiquement qu'il mourait dans la. foi qu'il
avait toujours professée et défendue. H jouissait d'un
tel renom de samteté qu'il fallut poster les suisses de^ la
garde. du pape autour de son cercueil, afin d'écarter la
foule qui s'efforçait de s'approcher du corps pour le tou-
cher et le baiser. Tous les objets dont il s'était servi
furent enlevés et pris comme reliques. En 1674, la Con-
grégation des Rites reçut l'ordre de procéder, en vue de
la béatification, aux informations nécessaires sur sa vie et
sur ses miracles. De nombreuses biographies ont été com-;
posées en ce sens par ses admirateurs. Néanmoins, cette
béatification a été indéfiniment ajournée, non parce que
les vertus et les miracles manquaient à Bellarmin, mais
parce que ses écrits sur l'autorité des papes et des
princes et le droit des peuples alarmaient ou blessaient
des puissances que l'Eglise était autrefois forcée de ména-
ger. L'opposition fut principalement dirigée par la cour
de France et par te cardinal Passionei, qui tira argument
contre la sainteté de Bellarmin, d'un mémoire trop louan-
geur ou trop satisfait, que celui-ci avait composé sur sa
propre vie. Ce mémoire, qui a été imprimé, est presque
introuvable aujourd'hui.
11 serait difficile de trouver chez Bellarmin aucun des,
traits sous lesquels, d'après le type convenu, on représente
d'ordinaire les jésuites. La sincérité de sa dévotion, sa
charité et le désintéressement de son zèle, n'ont jamais
été contestés que dans des libelles émanés de basses offi-
cines protestantes, tels que la Fidèle et Véritable Histoire
de la mort désespérée de Robert Bellarmin, jésuite. En
sa grande œuvre de controverse, il résume les argu-
ments de ses adversaires avec une probité à laquelle
d'éminents auteurs protestants ont rendu justice, mais qui
peut-être a nui à la propagation de ses écrite les habiles
parmi les catholiques estimant qu'il est imprudent et dan-
gereux d'exposer les opinions des hérétiques, en leur lais-
sant quelque apparence de raison. Pour le maniement des
affaires ecclésiastiques, il prétendait que « une once de
paix vaut plus qu'une livre de victoire ». Dans les ques-
tions relatives à la grâce, en un temps où le molinisme
fiorissait déjà, il s'abstint des doctrines qui prévalaient
dans son ordre, et il resta un thomiste intransigeant, à ce
point que les jansénistes ont cru parfois pouvoir invoquer
son autorité et te citer comme augustinien. Il réprouvait
dans les litanies de la Vierge les invocations trop méta-
phoriques, et celles qui semblént la déifier.
Dans la lutte engagée alors entre le catholicisme et le
protestantisme, et à laquelle les jésuites prirent une part
si active et si décisive, Bellarmin partage avec Baronius
l'honneur d'avoir fourni aux défenseurs de l'Eglise romaine
leurs armes les plus puissantes. Ce que Baronius 6t pour
l'histoire, par ses Annales ecclesiastici (1588), Beliar-
min l'avait fait, dès 1581, avec une valeur plus grande,
pour la controverse théologique, par la publication de ses
DisputatiMes de controversis fidei adversus hu,~us tem=
poris hœreticos (Rome, 1581, 1582 et 1592, 3 vol. in-
fol. la dernière édition revue par l'auteur est de 1596,
4 vol. in-fol. La liste en a été reproduite dans les édi-
tions qui ont paru à Ingolstadt, 1601, à Lyon, .1604, à
Paris, 1608, 1615, etc, et 1688, édition des Triadelphes;
à Prague ou à Milan, 1721, 4 vol. in-fol. La meilleure
est celle de Rome, 1832-1840, 5 vol in-4), qui con-
tiennent la substance des leçons qu'il avait données an
Collège Romain. La vigueur des coups que cet ouvrage
portait à leur cause fut ressentie si vivement chez les
protestants, que leurs écrivains les plus distingués, tels