BELLADONE 42
_.11_1.- 1 i- -1
débute la sudation. Si une pilule ne suffit pas, on en
donne deux le jour suivant, ce qui suffit en général, et
l'on continue le traitement pendant une dizaine de jours.
On peut, quand c'est nécessaire, aller jusqu'à 3, 4 ou 5
pilules, mais c'est rare avoir soin de mettre deux heures
d'intervalle entre chaque dose. Vulpian a beaucoup préco-
nisé cette médication, d'après son expérience étendue
(V. fig. ci-contre).
30 Comme modificateur du système nerveux. L'a-
tropine a été utilisée contre la constipation, à la dose de
2 ou 4 pilules de un centigramme (chacune), d'extrait
de belladone (Bretonneau, Trousseau, Pidoux). Elle a été
employée contre les hémorrhagies. Debreyne recommande
l'emploi d'une mèche de charpie graissée avec
Extrait de belladone. 4 gram.
d'opium. 0,60 centig.
Onguent populeum. 30 gram.
contre les hémorrhoïdes.
La belladone sert encore à vaincre les constrictions du
col utérin, du sphincter anal, du col de la vessie, du va-
gin, de l'urèthre, etc. On peut employer une pommade
composée de
Extrait de belladone. 5 gram.
Axonge. 40
Pour combattre le volvulus ou invagination intesti-
nale, ou les hernies étranglées, on emploie la belladone en
lavement
Racine de belladone. 4 gram.
Fleur de camomille 20
Eau. 250
ou en applications locales. Pour lutter avec l'incontinence
d'urine, on peut donner
Poudre de racine de belladone. 0,10 centig.
Extrait de noix de cyprès. 0,50
Encens pulvérisé 5 gram.
(20 paquets dose de 1 à 5 paquets selon l'âge seule-
ment.
40 Comme modificateur de là sensibilité contre les
névralgies
Sulfate neutre d'atropine. 0,25 centig.
Eau distillée 400 gram.
én applications locales (par compresses) au siège de la dou-
leur
Sulfate d'atropine 0,10 centig.
Eau alcoolisée. 10 gram.
en frictions locales (quelques gouttes d'heure en heure).
Chlorhydrate de morphine. 0,10 centig.
Sulfate neutre d'atropine. 0,01
Eau de laurier-cerise. 20 gram.
en injections sous-cutanées (une ou deux seringues),
contre les névralgies profondes (Dujardin-Beaumetz).
On donne encore des poudres, des pilules belladonées
contre les mêmes phénomènes, mais l'énumération en se-
rait peut-être superflue. Trousseau employait contre la
sciatique des pois formés de
durcis avec de la poudre de Gaïac et de la gomme adra-
gante, au nombre de 2 ou 3 par jour, introduits dans
une incision entre l'ischion et le trochanter.
La belladone a été. employée contre presque toutes les
névralgies, le rhumatisme et la goutte, en raison de son
action sur la sensibilité.
Elle sert beaucoup dans diverses névroses, par exemple
contre la coqueluche, la chorée et l'asthme.
Contre la coqueluche Mascarel préconise
Eau de fontaine. 125 gram.
Tartre stibié 0,05 centig.
le matin (une cuillerée). Le soir, une pilule de un centi-
0,10 d'extrait de belladone
0,10 d'extrait d'opium
gramme d'extrait de belladone, dans une cuillerée de
bouillon; augmenter la dose d'une pilule tous les 5 jours
pour arriver à 5, 6, on 7 pilules. Les résultats seraient
excellents.
5° Comme tonique vaso-moteur. En raison de son
action sur les vaisseaux, la belladone peut rendre des
services, s'il s'agit de stimuler la circulation, comme dans
le choléra, la fièvre typhoïde, etc.
Mais, en somme, il faut l'avouer, c'est comme anti-
sécrétoire et surtout comme mydriatique que la belladone
est employée actuellement. Comme mydriatique c'est un
médicament unique, et qui rend les plus grands services.
Empoisonnement par la belladone. Cet empoisonne-
ment n'est pas rare, mais il n'est généralement pas mortel.
C'est par l'ingestion de baies ou de racines de belkdone
qu'il se produit le plus souvent, et l'on a conservé l? sou-
venir de plusieurs cas d'empoisonnement multiple par cette
cause. Est-il possible que la chair de lapins nourris (im-
punément comme nous l'ayons vu) de feuilles de belladone,
puisse être toxique au point de provoquer un empoisonne-
ment ? Cela est possible, mais la preuve en fait défaut.L'em-
poisonnement peut se produire par les composés belladonés
médicamenteux il y a des sujets très sensibles à l'action de
cette drogue, et il est bon de toujours procéder avec précau-
tion. Les signes de l'empoisonnement sont principalement:
la mydriase pupillaire, la sécheresse de la gorge, la rougeur
de la face les deux premiers signes suffisent. La séche-
resse de la gorge due à la suspension de la sécrétion sali-
vaire, peut aller jusqu'à rendre la parole et la déglutition
impossibles. Le traitement consiste à administrer l'iodure
de potassium ioduré, qui précipite l'atropine, puis à faire
vomir on administrera ensuite du café, du tannin, des
purgatifs. L'atropine présente une certaine résistance à
la décomposition putride on la recherchera dans l'urine,
les vomissements, etc.
L'emploi des prétendus antagonistes de l'atropine est
tout à fait inutile dans les cas d'empoisonnement. En
effet, il n'existe pas d'antagoniste complet de l'atropine,
pas plus qu'il n'en existe pour un corps quelconque,
c.-à-d. qu'il n'existe pas deux corps agissant en sens
inverse sur les mêmes éléments anatomiques. L'atropine a
ses antagonistes partiels, l'ésérine par exemple, en ce qui
concerne l'action sur l'iris, la pilocarpine, en ce qui con-
cerne l'action sur les glandes sudoripares, l'acide cyanhy-
drique, pour l'action sur les pneumogastriques (Preyer)
mais c'est tout; encore n'y a-t-il pas là antagonisme vrai
selon la définition même de la chose.
Dr H. DE VARIGNY.
Bibl. PHYSIOLOGIE et Thérapeutique. (Ouvrages
récents seulement pour la. bibliographie jusqu en
1870, voir l'article de Gubler dans le Dictionnaire de
Dechambre et la thèse de Meuriot De la méthode
physiologique en thérapeutique et de ses applications à
l'élude de la belladone; Paris, 1868). DORDELU, Recher-
ches sur quelques points de l'action physiologique et
thérapeutique de la belladone, Thèse de doctorat de Paris,
1879. Gaskell, On the innervation of the heart, etc.
Jl ofPhysiol., IV, p. 43. GIQ(JEL, Élude sur l'action
physiologique de atropine, thèse de doctorat, Paris,
1873. GRASSET et Amblard, Emétine et atropine, etc.;
Montpellier médical,l8&[. Hammerbacher, U. d. Ein-
fluss des Pilocarpins und Atropins auf die Milchbldiung;
Archiv fur d. gesammte Phys., XXXIII, 228. Labder
BRUNTON, Pharmacology, Theraptutics and Materia
Medica. LEFORT, De la répartition de l'atropine dans
la feuille et la racine de belladone. Acad. de médecine,,
1872. Rampoldi, Sopra un fenomeno visivo suscitato.
dalla atropina; Ann. univ.de med. 1886. RINGER et
MORSHEAD, On the relative pavalysing action of atropia,
etc.; Jl of Physiol. II p. 235. Sydmey Rincer, Some
additional observations on the action of atropia on
sweating. The Practitioner, 1882. RossBAcH, D. Antag,
in der Wirk. des Atrop. und Physostigmin, etc.; Verh.
der phys. med. Ges. in Wùrzburg, VII, 1874.- Schapiro,
Wnkung des Atropins auf d. Leistung des Herzens.
Centr. f. d. med. Wiss., 1884. SKINNER, Etude pharma-.
cologique sur t'atropine, la cocaïne et la caféine Bull, de
Thérap., 1886. SZPILMAN et LUCHSINGER. Atropin und
glatta Muskelfasern. Archiv. f. d. ges. Physiologie,
t. XXVI, 1882. Trûmpy et LUCHSINQER, D. Wirh. von;
Muscarin und Atropin, a. d. Schv/eissdrùsen der Ka'tze