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ces. Cette vaso-conslriction et cette vasô- dilatation
expliquent les phénomènes de pâleur et de rougeur obser-
vés successivement du côté de la peau, et cette dernière
est parfois assez prononcée pour faire croire à un éry-
Empreinte sudorale pointillée montrant l'influence sus-
pensive locale de l'atropine sur la sécrétion sudorale.
La partie Atr.K au niveau de laquelle a été appliquée
une éponge imbibée d'une solution d'atropine, apparaît
dépourvue d'empreinte sudorale, de même que la partie
Atr.2, qui a été recouverte d'un petit emplâtre bella-
doné. Au niveau de la portion centrale (Eau), une éponge
imbibée d'eau pure n'a pas modifié la sécrétion.
thème, à une scarlatine. L'augmentation de pression arté-
rielle est due à la stimulation du centre médullaire vaso-
moteur la chute, à la paralysie de ce centre, à la
paralysie des ganglions et des fibres musculaires des
artères, et enfin, au fait que le cœur est moins sensible
aux changements de pression (Schiflf).
Température. Celle ci augmente pendant que dure
l'accélération cardiaque: Duméril, Schiif, Meuriot, etc.,
ont vu des élévations thermiques de 3 ou 4° cent. mais
quand le cœur se ralentit, et quand la vaso-dilatation
s établit, il y a au contraire abaissement thermique, qui,
peut-être, selon Brown-Séquard, contribue à amener la
mort.
Tube digestif. Les vomissements sont rares, sauf à
doses élevées. Il y a de la diarrhée, dans ce dernier cas
elle est due à la stimulation des fibres lisses de l'intestin.
Quand la dose est faible, il y a augmentation du péristal-
tisme intestinal, que Lauder Brunton attribue à la para-
lysie des fibres inhibitoires du sptanchnique.
Sécrétions. L'atropine modùre ou arrête les sécrétions
sudorale, salivaire, urinaire, intestinale la déglutition
devient difficile ou impossible, durant la phase de vaso-
constriction au contraire, il y a hypersécrétion durant la
phase de vaso-dilatation. A faible dose l'atropine peut
neutraliser l'action sudorale de la pilocarpine. Ifeuchel et
Heidenbain sont portés à croire qu'il n'y a pas là seule-
ment une influence vaso-motrice, mais aussi une action
sur les nerfs sécrétoires. Hammerbacher a montré que
l'atropine diminue la quantité, mais non la qualité du lait,
Pupille. Van Swieten fut le premier à reconnaître la
curieuse influence exercée par l'atropine sur l'iris, la
dilatation pupillaire depuis si souvent utilisée par les ocu-
listes. La dilatation pupillaire, trop souvent aussi recher-
chée par les femmes qui veulent faire paraître plus beaux
leurs yeux, s'obtient avec des doses très faibles, mais
l'intensité et la durée de la dilatation varient avec la dose
naturellement. Une goutte de la solution au centième suffit
à provoquer une dilatation de 48 heures environ; avec
des doses plus fortes, celle-ci dure 8, la, 30 jours
même. Cet effet local s'obtient le mieux avec les applica-
tions locales, bien qu'on puisse le constater dans les cas
où l'atropine pénètre par les voies digestives. Mais il
faut alors une dose de 3 milligrammes (Rabuteau), et
l'effet est plus tardif que lors de l'application directe. En
faisant une application locale, l'on obtient aisément la
mydriase (dilatation pùpillaire) unilatérale, et comme cet
effet s'obtient sur l'oeil séparé de l'organisme (Meuriot),
la cause du phénomène ne doit pas être cherchée en
dehors de l'œil même. Comment expliquer cette mydriase? 9
JI y a eu tant de discussions sur ce point, et l'accord est
si loin d'être fait, que nous n'entrerons pas ici dans le
détail de ces explications. L'or, admet assez volontiers
qu'il y a excitation du dilatateur de l'iris, avec une pa-
ralysie du sphincter ou constricteur, stupéfaction du mo-
teur oculaire commun, et excitation du sympathique.
L'atropine produit encore une paralysie de l'accom-
modation par paralysie du moteur oculaire, qui innerve
le muscle ciliaire le cristallin ne peut plus varier de
courbure pour la vision à distances variables. Il y a en-
core diplopie, sans doute par modification dès courbures
de l'œil, et enfin la rétine perd dè sa sensibilité, parfois
au point qu'il y a cécité absolue.
L'action de l'atropine sur les' végétaux a été étudiée
par Bouchardat et par Réveil. Bouchardat a vu que cet
alcaloïde ne nuit pas à la végétation, et Réveil déclare
que d'après ses expérience?, c'est un véritable engrais
pour plusieurs plantes. (Réveil, Recherches dephysiolo-
gie végétale. De l'action des poisons sur les plantes,
1865, pp. 102-106.) Mes propres expériences me per-
mettent d'appuyer les conclusions de Kéveil.
Ceci dit sur l'action physiologique de l'atropine, exa-
minons-en les usages thérapeutiques.
On l'emploie (classification de Dujardin-Beaumetz)
1° Comme mydriatique, à la dose de 1 ou 2 gouttes,
instillées dans l'ceil
Sulfate neutre d'atropine. 0,02 centig.
Eau. 10 gram.
pour mieux explorer. l'œil, ou pour faciliter les opéra-
tions.
20 Comme modérateur des sécrétions. L'action très
nette qu'exercent l'atropine et la belladone sur les sé-
crétions salivaire, sudorale, lactée, urinaire, etc., jus-
tifie amplement l'emploi qui en est souvent fait pour
combattre l'exagération de diverses secrélioiis. L'on
n'ignore pas que cette action, sur la sécrétion salivaire par
exemple, va jusqu'à une suppressioniotale qui constitue
un des signes caractéristiques de l'intoxication belladonée.
La salivation exagérée (mercurielle ou autre), la bron-
chorrhée, la diarrhée catarrhale sont améliorées par la
b.'lladone, à condition d'en donner des doses assez fortes.
I! en est de même pour le catarrhe chronique de l'esto-
mac. Mais c'est surtout contre les sueurs nocturnes des
tuberculeux que l'atropine est employée avec succès.
Wilson indiqua en 1872 tout le bien que l'on peut at-
tendre de cette médication; Frœntzel, en 1873, Hassall
en 1874, Ringer, Allan, Oettinger, et enfin Vulpian ont
ensuite insisté sur ce fait. Vulpian a, de 1873 à 1877,
traité une centaine de cas de cette façon et en a retiré de
bons résultats. Il donne des pilules à un demi-milligramme
de sulfate d'atropine, commençant par une pilule ad-
ministrée quelques heures avant le moment ordinaire où