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Title : La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 6 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot,... Hartwig Derenbourg,... F.-Camille Dreyfus,... A. Giry,... [et al.]

Publisher : H. Lamirault (Paris)

Publisher : [puis] Société anonyme de "La Grande encyclopédie" (Paris)

Date of publication : 1885-1902

Contributor : Dreyfus, Camille (1851-1905). Éditeur scientifique

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 31 vol. : ill. ; 31 cm

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k24641k

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Provenance : bnf.fr

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39 BELLADONE

bres, de 50 centim. à 4> 80 de hauteur, simples-à la base, 1
puis ramifiées, dichotomes ou trichotomes. Les feuilles, j
glabres ou très finement pubescentes, sont alternes, les ]
supérieures souvent géminées leur limbe, assez ample, i
est ovale-aigu ou acuminé, atténué inférieurement en s
pétiole. Les fleurs, d'un pourpre obscur veiné de brun,
sont pédicellées et solitaires au niveau de l'aisselle d'une j
feuille ou de deux feuilles inégales géminées. Ces fleurs I
sont hermaphrodites et régulières; elles ont un calice
gamosépale persistant, partagé en cinq lobes ovales acu- <
minés, et une corolle gamopétale subcampanulée, à cinq i
lobes très courts, et portant vers la gorge cinq étamines
à filets assez longs, poilus inférieurement et terminés
chacun par une anthère biloculaire, introrse, déhiscente
!A

Atropa Belladona (rameau florifére et fructifère).
par une fente longitudinale. L'ovaire, libre et supère, est
garni inférieurement d'un disque hypogyne annulaire, de
couleur jaunâtre, et surmonté d'un style grêle, cylindrique,
à extrémité stigmatifère légèrement bilobée. Il est bilo-
culaire et sur la cloison qui sépare les deux loges se voit
un épais placenta axile sur lequel sont insérés de très
nombreux ovules anatropes. Le fruit est une baie globu-
leuse, légèrement déprimée au sommet, et accompagnée
du calice persistant, dont les lobes un peu accrus sont
étalés en étoile. D'abord verte, puis rouge, enfin d'un
noir luisant à la maturité, cette baie a la grosseur d'un
grain de raisin ou d'une petite cerise; d'où le nom de
guigne des côtes qu'on lui donne dans l'Ouest de la
France. Elle renferme un grand nombre de petites graines
réniformes, rugueuses à la surface et pourvues intérieu-
rement d'un albumen charnu assez abondant. Ed. LEF.
11. Physiologie ET Thérapeutique. Si la belladone
parait avoir été connue depuis longtemps,, il n'y a guère
que cinquante ans que son alcaloïde, l'atropine, a été
isolé, et a pu être étudié d'une façon méthodique. La
belladone était connue de l'antiquité, mais les Grecs et
les Romains ne l'utilisaient guère que comme analgésique,
comme le firent encore au moyen âge les magiciens' et
charlatans. Au xvm8 siècle, la belladone jouit d'une
grande faveur comme anticancéreuse, problablement encore
par suite de son action anesthésique. Son action my-
driatique fut notée, semble-t-il, pour la première fois,
par van Swieten, en 1770, et divers praticiens utilisèrent
dès lors cette propriété nouvellement découverte. C'est en
1825 que Brandes isola l'atropine, le principe actif de la
belladone; peu après, en 1833, on reconnut la diffé-
rence d'action de ce produit sur différents animaux. Depuis
lors, les travaux ccncernant la belladone ont été extrê-
mement nombreux, et beaucoup de faits intéressants ont
été acquis à la science.

L'action physiologique générale de la belladone ou de

l'atropine car c'est tout un, ou peu s'en faut est
plus prononcée quand on emploie la plante recueillie en
plein -été, qu'au printemps ou à l'automne, et quand celle-
ci est sauvage au lieu d'être cultivée. Toutes les parties en
sont toxiques, mais c'est la racine qui l'est le plus.
L'atropine est mortelle à la dose de 8 centigr. environ
pour l'homme elle provoque des troubles moteurs, intel-
lectuels et sensitifs, et le malade meurt dans ia paralysie
après avoir passé par une phase d'excitation violente.
Chose singulière, elle agit avec une intensité très différente
sur les herbivores et les carnivores. C'est ainsi que le lapin,
les herbivores, les ruminants, les solipèdes, les pigeons
peuvent en ingérer impunément des doses toxiques: il
faut pour les tuer des doses dix fois plus considérables que
pour l'homme. Si l'on tient compte de la différence de
poids, l'on voit que pour certains d'entre eux la dose doit
être non le décuple, mais le centuple, et plus encore de ce
qu'elle est pour l'homme. E. Heckel explique cette immunité
de certains animaux par une destruction du produit toxi-
que, qui s'opérerait dans le système circulatoire. Lauder
Brunton l'interprète autrement. Pour lui, l'atropine paralyse
l'action du nerf vague, et tue par là, mais tandis que chez
l'homme et le chien, cette action serait considérable et
constante, elle serait faible chez le lapin, d'où la diffé-
rence de la toxicité de l'atropine pour ces trois êtres. L'atro-
pine s'élimine par l'urine, en nature, et en dix ou vingt
heures l'élimination est achevée elle est plus rapide chez
les herbivores. Cet alcaloïde ne s'accumule pas dans les
tissus, comme tant d'autres poisons, et il suffit d'espacer
suffisamment les doses pour être assuré de ne point voir
survenir d'accidents dus à la superposition de celles-ci. On
peut donner l'atropine par voie sous-cutanée, ou par voie'
d'ingestion stomacale. Son action est rapide elle se
manifeste au bout de deux, trois ou quatre minutes dans
le premier cas, au bout de cinq ou dix dans le dernier.
Examinons maintenant quelle est l'action de l'atropine
sur les différents systèmes organiques.

Centres nerveux. Du côté du cerveau, délire et excita-
tion motrice, c.-à-d. excitation psychique et physique,
voilà en deux mots les symptômes provoqués par la
belladone. C'est l'effet initial l'effet final est tout op-
posé et consiste en abattement et coma. La première phase
rappelle un peu l'ivresse de l'alcool, de l'opium, etc. 1.
On a expliqué cette hyperexcitabilité de diverses façons.
Von Bezold suppose que l'atropine paralyse certains
centres modérateurs cérébraux, centres de conscience
et de volonté. Mais l'existence de ces centres est éminem-
ment hypothétique. Gubler explique les troubles intellectuels
par le fait que la rétine ne transmettrait au cerveau que
des images troubles par suite de la superposition de celles-d, >
et cette superposition serait due à une lenteur particulière
de leur transmission. Mais la lenteur doit être la même pour
toutes, et l'on ne voit pas pourquoi certaines impressions
rattraperaient les précédentes et viendraient agir simul-
tanément sur le cerveau, ce qu'exige la théorie de Gubler,
mais qui n'est aucunement démontré, sans compter que le
seul fait de la lenteur des transmissions n'expliquerait
pas la superposition des impressions. Cette explication
n'est pas acceptable. Pourtant il y a des troubles visuels,
nous n'y contredisons point récemment encore Ram-
poldi a décrit un phosphène particulier qui se produit
après injection de l'atropine. Il est plus vraisemblable
que l'atropine excite le cerveau directement, et non indi-
rectement comme le veulent von Bezold et Gubler. Du
côté de la moelle, l'on ne s'accorde pas sur les symp-
tômes provoqués par l'atropine. Meuriot, Flechner et
Schneller croient à une augmentation du pouvoir excito-
moteur, tandis que pour Brown-Séquard il y aurait dimi-
nution. Il semble qu'en réalité il y a d'abord augmenta-
tion, puis paralysie chez les animaux à sang chaud, comme
pour le cerveau chez la grenouille cependant Fraser a vu
la paralysie se produire d'emblée, et à tel point que l'on
croit l'animal mort: seul le cœur survit, et encore à peine.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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