BÉLISAIRE BELJAMBE 32
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Bélisaire, envoyé alors en Orient pénétra en Perse,
remporta un premier succès près de Nisibe, s'empara de
'Sisaurane, mais fut ensuite obligé, par la trahison d'un
de ses officiers, de repasser l'Euphrate. En 842, Chosroès
se dirigeant de nouveau contre la Syrie, Bélisaire, qui ̃
était presque sans troupes, parvint à lui faire croire qu'il j
disposait d'une nombreuse armée et le décida ainsi à la
retraite mais il fut rappelé à Constantinople et dut se j
défendre contre de nouvelles accusations. Cependant il
fallut bientôt l'envoyer en Italie où les fautes de ses suc-
cesseurs avait permis à Totila, le nouveau roi goth, de
reprendre l'avantage (545). Malheureusement Bélisaire,
manquant de troupes, ne pouvait agir sérieusement; les (
renforts qu'on se décida à lui envoyer furent insuffisants.
Totila assiégeait Rome Bélisaire essaya vainement de la (
ravitailler dans la nuit du 16 au 17 déc. 546, Totila <
entrait à Rome, mais il ne put s'y maintenir et fut bien-
tôt obligé de se retirer dans l'Italie méridionale. Rentré |
dans Rome, Bélisaire la fortifia de nouveau, la défendit (
contre un retour offensif des Goths. Ses lieutenants subirent i
cependant des échecs et le manque de troupes le réduisait (
souvent à l'inaction. Enfin, en 548, il obtint de retourner (
à Constantinople. Narsès lui succéda et obtint les res- j
sources qu'on avait refusées à Bélisaire. Dès lors, pendant s
de longues années, Bélisaire ne fut plus employé. En 5
559, une formidable invasion des Huns Coutrigours menaça (
Constantinople même. Dans ce pressant danger Justinien t
fit appel Bélisaire qui, sans autre armée régulière que «
300 vétérans, sauva l'empire. Mais ses ennemis excitèrent
encore contre lui l'empereur, prétendirent qu'il songeait 1
au trône, que sa popularité était dangereuse. En 563,
ils l'impliquèrent, à l'aide de dénonciations calomnieuses,
dans un complot contre Justinien on le disgracia, on le
dépouilla de ses biens, il fut gardé à vue dans sa maison. 1
Ce ne fut qu'au bout de sept mois que l'injustice de ces 1
accusations fut reconnue et qu'il rentra en grâce. II mou- (
rut huit mois après, peu de temps avant Justinien (mars t
565). Cet événement a donné naissance à la légende qui i
représente Bélisaire aveugle et mendiant son pain, et qui r
a été popularisée à la fin du siècle dernier et au commen- 1
cement de celui-ci par les tableaux de David et de Gérard. (
Le moine Tzetzès (xu° s.), dans ses Chiliades, semble en i
avoir été le premier auteur il paraît avoir confondu Béli-
saire avec Jean de Cappadoce, préfet du prétoire sous <
Justinien, qui, à la suite de sa disgrâce, fut en effet
obligé de demander l'aumône. e
Procope, dans ses livres sur les guerres persiques, <
vandaliques, gothiques, a raconté les guerres de Bélisaire {
dont il avait été le secrétaire et le compagnon, mais en 1
exagérant peut-être parfois la force numérique des 1
armées qu'il eut à combattre. Au contraire, dans ses 1
fameux Anecdota il l'a accusé de rapacité, de faiblesse 1
de caractère et il s'est complu à détailler la chronique de s
ses mésaventures conjugales. Marié par Théodora à j
Antonine, issue d'une famille de cochers du cirque, Béli- <
saire aurait trouvé en elle une femme active, intelligente, <
prête à l'accompagner et même à l'aider utilement dans 1
ses expéditions, »mais qui l'aurait ridiculisé par la publi- I
cité de ses débauches. Procope montre Bélisaire crédule et 1
faible jusqu'à la sottise, sacrifiant au besoin à la haine i
d'Antonine ses amis les plus dévoués. Il signale aussi l'inter- 1
vention d'Antonine dans de graves affaires, comme la dis- 1
grâce du pape Silvère qui, après avoir ouvert Rome à (
Bélisaire, fut odieusement persécuté. En cette dernière cir- 1
constance, ce que dit Proeope est confirmé par le Liber Pon-
tificalis de Rome; mais en général les accusations contenues 1
dans les Antedota n'étant point connues par d'autres 1
écrivains, on n'ose ni rejeter ni accepter entièrement le «
témoignage de Procope (V. ce nom). D'ailleurs, la com- t
plète authenticité des Anecdota n'est pas à l'abri des 1
critiques. Il reste acquis que la plupart des victoires du <
règne de Justinien furent dues à Bélisaire. Comme géné- <
rai il semble n'avoir pas aimé à manœuvrer avec de j
grandes armées et avoir évité les batailles il, excellait,
au contraire, dans la guerre de sièges, dans les surprises.
C. Bayjet.
Bibl. Outre PROCOPE, V. AGATHIAS, Jordanes, Chron.
du comte Marcellin. Sohellging. Dissert. hist. de
Belisario 1665. ZELLER, Belisarius 1809. MAHON,
Life of Belisarius, 1829.- ROTH, Ueber Belisars Ungnade,
1846. DAHN, Die Kônige der Germanen, 1861-1885.
Pour l'examen critique des récits de Procope sur Béli-
saire, DAHN, Procopius <>on Cdsarea; B.xrtKB,Weltgeschi-
chte, t. IV, Analekten; Izambert, flist. deJustinien, 1856.
BÉLISANE (Astron.). Nom du 178» astéroïde, décou-
vert le 6 nov. 1877, par l'astronome J. Palisa.
BÉLISART (Claude Billard de), architecte français
de la fin du xvme siècle. Bélisart fut un des architectes
du prince de Condéf et fit de grandes augmentations et
des changements considérables au petit Palais-Bourbon
(ancien hôtel de Lassay). On lui doit entre autres tra-
vaux, très appréciés à cette époque, tous les petits appar-
tements, avec jardins et bosquets ainsi qu'une colonnade
cintrée d'ordre ionique exécutée en treillage, qui déco-
raient le vaste ensemble de verdure que formait la réunion
des jardins du Palais-Bourbon et de l'hôtel de Lassay
et qui s'étendait jusqu'à l'esplanade des Invalides. Bélisart
avait construit aussi pour le prince de Condé l'ancienne
salle de spectacle du château de Chantilly. Admis le
24 juin 1776 à l'Académie d'architecture, nommé archi-
tecte du roi en 1781, il obtint plusieurs congés que, de
1781 à 1790, il occupa à différents voyages en Italie et
en Espagne. Charles Lut:AS.
BIBL. Thiéry, Almanach du voyageur à Paris; Paris,
1784, in-12.
BELIT ou MYLITTA, déesse de Babylone(V. Mylittà).
BELIUS (V. BEL).
BELIZAL (Louis-Adolphe-Marie, vicomte Gouzilloh de),
homme politique français, né à Saint-Brieuc le 6 mars
1834. A été élu député, comme royaliste catholique, aux
élections générales du 20 fév. 1876, lors de l'organisa-
tion de la Chambre des députés, par 10,520 voix, dans la
deuxième circonscription de Saint-Brieuc. Il soutint le
ministère au coup d'Etat du 16 mai 1877, et pour cela fut
un des candidats officiels après la dissolution de la
Chambre. Il fut réélu à cette époque par 12,499 voix. Le
21 août 1881, il n'avait pas de concurrent, il obtint
10,820 voix. Au renouvellement général du mois
d'oct. 1885 il passa avec la liste monarchique.
BELIZARIUS (Belizarius, E. Sim.) (Zool.). Genre
de Scorpions récemment découverts dans les grottes
des Pyrénées-Orientales et différents de tous les Scor-
pions connus par l'absence complète des yeux; le cé-
phalothorax présente une strie médiane, qui est inter-
rompue à la place ordinairement occupée par les yeux
médians, mais aucune saillie, même légère, ne rappelle
le mamelon oculaire. L'absence des yeux n'est pas le
seul caractère qui distingue le Belizarius des Euscor-
pius, il en diffère encore par les peignes beaucoup plus
courts ne présentant qu'un très petit nombre de pièces
et n'ayant que quatre lamelles dépourvues de pièces bàsi-
laires cette absence de pièces basilaires est un caractère
tout aussi exceptionnel dans l'ordre des Scorpions que
l'absence même des yeux. Enfin il s'éloigne encore des
Eu-scorpius par le front un peu émarginé et par les tarses
ne présentant en dessous que des crins, mais point de
lignes de spicules. L'uniqaerespèce, B. Xambeui E. Sim.,
offre le facies de l'Euscorpius carpathicus L., mais sa-
coloration est entièrement d'un jaune testacé. E. Simon.
BELJAMBE ou BELLEJAMBE (Pierre-Guillaume-
Alexandré), dessinateur et graveur au burin, né à Rouen
le 10 mai 1759, mort vers 1820. Il a gravé cinq planches
d'après des tableaux des maitres italiens pour la Galerie
du Palais-Royal plusieurs estampes de genre, d'après
Greuze, Renaud, Danloux, Monnet, etc. mais il est plus
connu pour avoir exécuté un bon nombre de portraits
dans la Collection complète des portraits de MM. les
Députés de l'Assemblée nationale de 4789, publiée