31– BELÏN BELISAIRE
BELIN (François- Alphonse), orientdfefé français né !e
31 juil. 1817 à Paris, d'une aneîenne et célèbre famille
originaire de Normandie qui fut appauvrie pendant la
Révolution. Il étudia les langues orienlales au Collège de
France et à l'ËeoIe des langues orientales, sous la direc-
tion dé; Silvestre de Sacy et d'Etienne Quatremère. En
iMê, il fut chargé par Firmin-Didot et Dondey-Dupré,
qui alors imprimaient des ouvrages orientaux, d'en corri-
ger les épreuves. En 1849, il fut nommé drogman au
consulat français d'Erzeroum en Arménie. Trois ans plus
tard, il remplit les mêmes fonctions au Caire; puis, en
1852, fut nommé secrétaire intérimaire d'ambassade à
Constantinople. Lorsque la guerre de Crimée eut éclaté, il
fut chargé d'une mission spéciale près du maréchal Saint-
Arnaud, commandant en chef de l'expédition franco-
anglaise. En 1_855, il retourna à Constantinople où il fut
nommé secrétaire impérial interprète en 1862, et en 1866
consul général. Il apprit à connaitre à fond les trois
langues musulmanes, l'arabe, le turc et le persan; il
acquit par son long séjour en Orient une science remar-
quable des littératures et de l'histoire des pays qu'il
habita. Il a publié de nombreux mémoires, dont la plupart
ont paru dans le Journal Asiatique à partir de 1839.
Les plus importants sont les suivants en 1850-1852,
Fetoua relatif à la condition des Zimmis; en 1854,
Extrait d'un mémoire sur l'origine et la constitution
des biens dè main morte en pays musulmans; en 1861,
Notice historique et littéraire sur Mir Ali Schir Nevaui;
en 1862, Etude sur la propriété foncière en pays mu-
sulmans; en 4865, Essais sur l'histoire économique de
la Turquie; en 1866, Moralistes orientaux. Il a aussi
publié divers textes orientaux, ainsi que la Vie de Gengis-
Khan et l'Histoire des Sassanides (Paris, 1841). E. A.
BELINFANTE, l'un des précurseurs, dans la période
de 1830-1848, du socialisme et du positivisme en Hol-
lande. Il fit partie, avec G.-W. Van der Voo et A.-J.
Nieuwenhuis, du petit groupe d'écrivains qui propagèrent,
en les traduisant, les oeuvres principales de Saint-Simon
et de ses disciples. Belinfante publia, en 1846, la pre-
mière édition néerlandaise du Cours de Philosophie
positive, d'Auguste Comte. V. D.
BELINOI (Aimeric de), troubadour (V. BELENOI).
BELINOIS ou BELIN (Pagus Bellinus). Ancien pays
de la France, compris dans le Maine; les localités princi-
pales étaient Ruaudin, Ecommoy, Laigné, Moncé, Saint-
Bié, Saint-Gérvais, Saint-Ouen, qui se trouvent toutes
dans l'arrondissement actuel du Mans (Sarthe).
BELINZONE(Bernardo), poète italien (V. BELLIN-
CIONI).
BÉLIS. Com. du dép. des Landes, arr. de Mont-de-
Marsan, cant. de Labrit; 536 hab.
BÉLISAIRE, célèbre général byzantin, du vi" siècle. Né
en Dardanie, il servit dans les gardes de l'empereur Justin,
et sous ce règne, parvenu déjà à un grade élevé, se fit battre
dans l'Arménie persane. Il fut chargé ensuite du gouverne-
ment de la place importante de Dara et prit alors pour secré-
taire Procope, qui fut dans la suite son historiographe. En
530, nommé général en chef des troupes d'Orient, il fortifia à
nouveau toutes les places byzantines le long de l'Euphrate.
Il avait repoussé cette année une invasion persane mais
l'année suivante, attaqué par une nouvelle armée, il dut,
contre son avis, céder à ses troupes qui réclamaient une
bataille, et il fut vaincu à Callinique (avr. 531). Justinien
rappela Bélisaire; Procope dit, il est vrai, que ce fut afin
de l'envoyer contre les Vandales. Pour le salut de Justi-
nien, il se trouvait à Constantinople lorsqu'éclata la
fameuse sédition Nika qui mit en danger le pouvoir et même
la vie de l'empereur. Bélisaire, à la tête des troupes qu'il
put réunir, engagea la lutte dans les rues; il parvint à cer-
ner les rebelles dans l'hippodrome et les y massacra;
30,000 hommes périrent (janv. 532). Un pareil service
assura son crédit. En juin 534, il partait pour l'Afrique
avec une armée d'élite et le patriarche bénissait solennel-
lement la flotté. Après avoir relâché en différents endroits,
et notamment en Sicile où les Ostrogoths permirent aux
Romains de se ravitailler, Bélisaire aborda à Caputvada,
à cinq journées de Carthage. Il sut habilement se pré-
senter aux anciennes populations comme un libérateur
chargé de les affranchir du joug des Vandales ariens, aux
Vandales eux-mêmes comme l'ennemi non point de leur
nation, mais de leur roi Gélimer en qui Byzance ne vou-
lait voir qu'un usurpateur. Grâce à la discipline qu'il
avait établie, l'armée marcha sur Carthage sans piller ni
mécontenter les habitants. Les Vandales ne parvinrent
pas à l'arrêter à la bataille de Décime, et les Romains
entrèrent à Carthage sans résistance (15 sept. 534). Une
dernière bataille s'engagea à Tricaméron avec 6,000
hommes de cavalerie, Bélisaire battit l'armée fort nom-
t breuse des Vandales. Réfugié à Médène sur le mont Pap-
puas, Gélimer y fut bloqué et au bout de trois mois dut
se rendre. Pendant ce temps les Romains reprenaient la
Sardaigne, les îles Baléares. Bélisaire avait montré dans
cette expédition un égal talent à conquérir et à adminis-
I trer la conquête. Ses ennemis l'accusèrent secrètement
t auprès de Justinien de songer à créer à son profit un Etat
indépendant. Il retourna à Constantinople où Justinien lui
décerna les honneurs du triomphe (mars 535) il fut
nommé consul, comblé de marques de distinction et Justi-
i nien fit même frapper une médaille avec la légende
« Bélisaire, la gloire des Romains >. La même année,
Justinien rompait avec les Ostrogoths d'Italie. Bélisaire fut
chargé de leur enlever la Sicile. Panorme seule lui résista,
î mais sans succès. Après une courte excursion en Afrique,
où des troubles s'étaient produits et oii il ramena l'ordre,
Bélisaire passa en Italie; ici encore les populations ca-
tholiques l'accueillirent comme un libérateur. Cependant
i Naples, défendue par des troupes nombreuses, résista. Béli-
saire, afin de ne point perdre de temps, allait se retirer, lors-
qu'un soldat découvrit le moyen de pénétrer dans la ville
par un aqueduc. Naples fut prise et pillée (536). Apres
i avoir laissé quelques garnisons dans l'Italie du S., Béli-
· saire marcha sur Rome. Il n'y eut même pas de résistance,
les Romains ouvrirent leurs portes, tandis que la garni-
son gothique obtenait de se retirer à Ravenne (10 dec.).
Bélisaire s'empressa de fortifier la ville et d'y amasser
i des vivres. L'année suivante, en effet, le roi Vitigès av'c c
une nombreuse arméevint assiéger Rome Malgré le petit
nombre de ses soldats, Bélisaire organisa la défense
s repoussa tous les assauts et fit lui-même d'heureuse sor^
ties. Après avoir réclamé des secours à Justinien, il fit
sortir les bouches inutiles, enrôla les artisans. Enfin,
après un siège d'un an et neuf jours, les Goth furent
· obligés de se retirer (mars 538). Vers cette époque l'eu-
nuque Narsès amena à Bélisaire un corps d'armée dé
S 7,000 hommes. Bélisaire put délivrer un de ses lieute-
nants, Jean, bloqué dans Rimini, mais il se heurta bien-
> tôt à la rivalité de Narsès qui combattait tous ses projets
et ne voulait point reconnaître son autorité. Narsès se
sépara même de Bélisaire qui travaillait à soumettre les
i principales places occupées par les Goths. Ces mésintelli-
i gences amenèrent un désastre, la perte de Milan, qui
s'était soumise aux Romains, et qui fut reprise par les
ï Goths (juin 539). Justinien se décida à rappeler Narsès.
Bélisaire allait enfin assiéger Ravenne, où Vitigès s'était
s réfugié, quand celui-ci se décida à traiter. Justinien lui
i accordait le titre de roi et les régions au delà du Pô.
i Bélisaire était mécontent de ce traité qui lui paraissait
trop favorable. Les Goths lui proposèrent secrètement de
i le reconnaître comme empereur, il feignit d'accepter,
s entra par cette ruse dans Ravenne et s'empara de Vitigès.
l Mais les ennemis de Bélisaire s'empressèrent d'exploiter
contre lui cette circonstance Justinien le rappela,
sous couleur de le charger de la guerre d'Orient (540).
i La situation de ce côté était critique. En 540 Chosroès
) ravagea la Syrie et contraignit Justinien à une paix humi-
liante; l'année suivante. (541), il envahit le Lazique