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le rapport de la bonne conformation des bêtes qui le com-
posent que sous celui des produits qu'il doit donner, on com-
prend l'importance, pour l'éleveur, de s'assurer si le bélier
remplit les conditions d'un bon étalon. On n'emploiera à
la reproduction que des béliers parfaitement sains et vigou-
reux, à l'oeil vif, hardi et à fleur de tète. Si le bélier a le
rein ferme et résistant, la peau du corps rose, le nez et
les yeux exempts de tout écoulement, la respiration
égale, les dents solidement fixées dans leurs alvéoles,
l'haleine pure et sans odeur, on peut être sur qu'il jouit
d'une bonne santé. Au point de vue de la bonne conforma-
tion, l'éleveur recherchera chez le bélier une tête petite et
fine, des narines bien ouvertes, un chanfrein large, des
oreilles minces et courtes, un cou fort à sa base, c.-a-d; à
son point de jonction avec les épaules, un corps cylindrique,
un rein et un dos droits et soutenus, un ventre bien con-
formé, ni rétracté ni pendant, des membres fins, mais bien
musclés à partir des jarrets ou des genoux.
Le bon bélier ne doit pas être trop gras; c'est de dix-
huit mois à six ou sept ans qu'il possède le maximum de
ses aptitudes prolifiques. Un étalon trop gras perd une
grande partie de sa puissance génératrice, et on évalue à
un tiers, parfois à la moitié, la perte des saillies qu'occa-
sionne un embonpoint exagéré. Un bélier vigoureux et en
bon état peut féconder annuellement de quatre-vingts à cent
brebis, et même davantage, si la monte se fait à la main,
le bélier étant conduit à chaque brebis individuellement,
préalablement préparée à le recevoir par un boute-en-train,
ainsi que cela se pratique dans les bergeries tenues avec
soin. Le système de la monte en liberté, effectuée par un
bélier vivant au milieu des brebis, doit être évité; il
fatigue inutilement le bélier et les brebis.
En Angleterre, les béliers se louent souvent pour la
monte; cette pratique tend à s'acclimater en France; on
ne saurait trop l'encourager. C'est à Bakewell, le créateur
de la race Dishley, que l'on doit l'usage de louer les béliers
pour la monte; il a été imité, pour la race Southdown,
par Jonas Webb, et c'est ainsi que ces deux éleveurs émi-
nents sont parvenus non seulement à créer des races
remarquables, mais à leur donner ce degré de perfection,
d'uniformité et de fixité qui les a depuis longtemps fait
apprécier du monde entier. L. Garnier.
II. Archéologie égyptienne. Animal sacré chez
les Egyptiens. Le dieu Khnoum, appelé Chnouphis par les
Grecs, était représenté avec une tète de bélier, symbole
d'ardeur. Le bélier, comme hiérolyphe, exprimait l'âme.
III. Astronomie. Nom d'une constellation bo-
réale (en latin Aries), qui a servi à désigner le premier des
douze signes du zodiaque. Au temps d'Hésiode et d'Ho-
mère, Je soleil était dans cette constellation à l'équinoxe
de printemps à cause de la précession des équinoxes,
le soleil se trouve maintenant dans la constellation des
Fig. 1.- Constellation zoSiacale du Bélier, d'après l'atlas
de Flamsteed (édition française de Fortin).
Poissons a cette époque, et l'on dit qu'il est dans le signe
du Bélier. D'après les auteurs anciens, ce Bélier portait
la toison d'or enlevée par Jason, ou l'ornement de la
poupe du vaisseau sur lequel Phryxus et sa sœur Belle
fuyaient vers l'Asie pour éviter d'être -sacrifiés par leur
père Athamas. Cette toison d'or était défendue par un
dragon monstrueux (draco),- la Baleine (V. ce mot),
constellation placée au-dessous du Bélier et qui figure
probablement aussi le Dragon du jardin des 'Hespérides.
La constellation du Bélier (fig. 1), située entre la Baleine
et Andromède, n'est remarquable ni par l'éclat ni par
le nombre de ses étoiles. Elle en compte une quarantaine,
la plus brillante est. a, Hamal, de seconde grandeur
(elle était autrefois tertiaire) viennent ensuite 6, She-
ratan, de troisième grandeur f> MesartfmA de qua-
trième, 41 Bélier, quartaire 8, s Bélier 4,5, etc. Entre
le Bélier et Andromède et sur le prolongement de la
ligne (3 a des deux cornes du Bélier, se trouve une
très petite constellation en forme de triangle nommée la
Moiiche. Deux autres petites constellations nommées les
Triangles à cause de leur forme, sont au-dessus de la
tête du Bélier. L. BARRÉ.
IV. Blason. Animal héraldique qu'on représente
d'ordinaire les cornes tournées en spirales, de profil et
passant; lorsqu'il est levé sur ses pattes de derrière on le
dit saillant, accorné lorsque ses cornes sont d'un émail
différent de celui du corps et onglé si ses ongles ont un
émail particulier. Il symbolise la hardiesse dans les coin»
bats et on le voit aussi indiquer des possessions doma-
niales et de nombreux pâturages. Figure employée en
armoirie et représentant la machine de guerre de ce nom
on l'appelle alors bélier militaire; c'est l'emblème du
commandement exercé par les membres d'une famille qui
ont commandé ou dirigé le siège d'une ville de guerre.
C'est souvent une pièce de concession accordée par un sou-
verain pour perpétuer un fait militaire. G. de G.
V. Industrie. Bélier HYDRAULIQUE. Cette ma-
chineingénieuseinventéepar Montgolfieren 1796 a pour but
d'utiliser la force d'une chute d'eau pour élever une portion
de l'eau fournie par la chute à un niveau supérieur à celui du
bief d'amont. Supposons que l'eau de la chute dont on dis-
pose ne puisse s'écouler que par un tuyau d'une certaine
longueur qui débouche au bas de la hauteur de chute; si ce
tuyau est ouvert à son extrémité inférieure, l'eau s'écoule
en prenant une vitesse qui dépend à la fois de la hauteur
de chute et des frottements occasionnés par son mouve-
ment dans le tuyau. L'écoulement établi, si l'on vient brus-
quement fermer l'orifice de sortie, l'eau sera obligée de
s'arrêter, exerçant une pression considérable sur les parois.
Imaginons maintenant qu'un tuyau ascentionnél s'embran-
che sur le tuyau d'écoulement et que son extrémité infé-
rieure soit fermée par une soupape s'ouvrant de bas en
haut au moment où la colonne d'eau en mouvement sera
arrêtée, elle ouvrira la soupape et montera dans le tuyau
d'ascension. Si l'on recommence à produire le mouvement
de l'eau dans le tuyau d'écoulement et à l'arrêter tout à
coup en fermant l'orifice, le liquide ouvrira de nouveau la
soupape du tuyau d'ascension pour passer en partie dans
ce tuyau où le niveau s'élèvera en conséquence. En répé-
tant successivement la même opération, on pourra élever
l'eau dans un réservoir supérieur. Tel est le principe du
bélier hydraulique. Montgolfier lui a donné une disposi-
tion par laquelle il fonctionne seul sans qu'on ait à s'en
occuper. L'eau d'une pièce d'eau située à un niveau supé-
rieur est amenée par un tuyau A (fig. 2), présentant une
ouverture tournée vers le haut par laquelle l'eau s'écoule;
une soupape B suspendue par sa tige à une sorte d'étrier
qui surmonte cette ouverture, se trouve sur le chemin du
liquide qui passe tout autour d'elle pour sortir. A partir
du moment où l'écoulement commence, la vitesse de l'eau
va en augmentant, il en résulte que la soupape B, éprouve
de bas en haut de la part du liquide, une pression de plus
en plus grande qui suffit bientôt pour la soulever et elle
vient s'appliquer contre les bords de l'orifice qu'elle ferme
complètement. La masse d'eau contenue dans le tuyau A,
exerce alors sur les parois une pression considérable qui
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