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nationale y tient rarement ses sessions. Elles ont lieu le ,Ci
plus souvent à Kragouievats et à Nich. Belgrade possède c
un certain nombre d'établissements scientifiques l'Ecole t
supérieure qui compte 20 professeurs et 200 élèves, q
un gymnase (350 élèves), deux progymnase, un gym- t
nase de filles, la bibliothèque et le musée national, la d
Société royale des sciences, l'Académie récemment fondée, t
l'école d'artillerie, l'imprimerie royale, le théâtre natio- t
nal, etc. Le mouvement des étrangers y est considérable les ï
Allemands et les Juifs y constituent de véritables colonies a
le commerce a surtout pour objet les articles d'importation t
les établissements les plus importants sont une brasserie, f
une fabrique de papier à cigarette. (
Tête de ligne du chemin de fer qui réunit la Péninsule f
balkanique au réseau autrichien et qui ira prochainement c
jusqu'à Salonique, Belgrade est assurée d'un grandavenir.
La population est d'environ 30,000 hab. Le cercle de i
Belgrade en compte 80,000 il est essentiellement agri-
cole (vignes, prunes, etc.). La localité la plus importante
est le hameau de Topchidere, résidence d'été des princes c
de Serbie.
Histoire. On suppose que Belgrade s'élève sur (
l'emplacement de la forteresse romaine de Singidunum i
ou de Taurunum. Elle était sous les Romains le siège i
d'une légion. Elle fut restaurée par Justinien et proba- <
blement détruite par les Avares.Auxi'etauïii» siècle elle )
appartint tour à tour aux Hongrois et aux empereurs )
Byzantins. Sous la dynastie des Nemanides elle passa aux
mains des Serbes; au xrve siècle le tsar Douchan l'a-
grandit, plus tard le despote Etienne Visoki en fit sa
capitale. Le despote Georges Brankovitch la céda au roi
de Hongrie Sieismond et transporta sa résidence à Sme-
derevo. En 1440, les Turcs commandés par Mourat l'assié-
gèrent pour la première fois; mais ils échouèrent et perdirent
17,000 hommes; un second siège en 1456 ne fut pas
plus heureux. En 1821, elle tomba enfin aux mains des
Osmanlis; les habitants émigrèrent sur les bords du Bos-
phore dans un village qui porte encore aujourd'hui le nom
de Belgrade. A dater de la fin du xyiii» siècle, les Autri-
chiens s'efforcèrent de s'assurer à diverses reprises cette
importante forteresse que les Turcs appelaient eux-mêmes
Darol Djihad (la Porte de la guerre). Ils la prirent une
première fois en 1688, mais la reperdirent en 1690. Le
prince Eugène, dont le souvenir est encore très vivant au-
jourd'hui à Belgrade, la prit en 1718, avec 20,000 hommes
et 600 canons; il la restaura et fortifia la citadelle mais
après la guerre malheureuse de 1739, la ville, par le traité
qui porte son nom, revint au pouvoir des Turcs. Prise de
nouveau par Loudon en 1789 elle fut restituée aux Turcs
en 1792. En 1801, elle tomba aux mains des Dahijas,
chefs militaires qui se considéraient comme indépendants
du sultan; leurs exactions provoquèrent la révolte des
Serbes qui s'emparèrentdela ville en 1800; ils durent l'aban-
donner en 1813. Miloch réussit à assurer aux chrétiens de
Belgrade une certaine indépendance en 1839, il en fit sa
capitale; mais la citadelle restait occupée par les Turcs
qui, à la suite de certains incidents, bombardèrent même
la ville en 1862. Le prince Michel réussit, en 1867, à
obtenir l'évacuation de la citadelle. Cette terrible citadelle,
qui a joué un si grand rôle dans l'histoire du monde
chrétien, est aujourd'hui en fort mauvais état elle sert sur-
tout de bagne. L. Léger.
BIBL.: Kanitz, Serbien; Leipzig, 1868. Militchevith,
la Principauté de Serbie (en serbe); Belgrade, 1876.
L. LEGER, la Save, le Danube et le Balkan; Paris, 1884.
BELGRADE (traité de). Ce traité fut conclu le 18 sept.
1739, sous la médiation de la France, et rétablit la paix entre
l'Autriche et la Russie d'une part, et la Turquie de l'au-
tre. Des préliminaires avaient été signés le 1er sept., en-
tre le comte de Neipperg, représentant l'Autriche, et le
grand vizir Elviaz-Mehemmed pacha, grâce â l'entremise
du marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, qui
dirigea la négociation l'empereur, vaincu et à bout de
forces, rendait à la Turquie Belgrade, Vlans? l'état où ̃;
cette forteresse se trouvait quand il l'avait Jacquise au
traité de Passâîowitz, en 1718, et toutes les provinces
que lui avait attribué ce même traité, en. Serbie, en
Bosnie et en Valachie l'Autriche rentrait dans les limites
de la Save, du Danube et des montagnes du Banat. Le '>
traité définitif ne fit que confirmer ces préliminaires. La:
Russie, victorieuse mais menacée d'une coalition de la
Suède et des Turcs, évacua toutes les conquêtes qu'elle
avait faites pendant là guerre, Moldavie, Crimée et tout
le littoral de la mer Noire, qui demeura fermée à ses'
flottes; les contrées situées au versant septentrional du
Caucase et sur lesquelles elle avait des prétentions, étaient
déclarées indépendantes et Azov était neutralisée. Les ratifi-
cations furent échangées à Constantinople le 8 nov. et le
1er déc. 1739. C'était, sous l'apparence d'une simple
médiation, une grande victoire diplomatique pour la
France: sans s'aliéner ni la Russie, ni l'Autriche, elle
avait su rompre leur alliance, interrompre pour quel-
que temps la marche en avant de l'une, arrêter l'autre
pour plus d'un siècle, rendre quelque prestige à la Tur~;
quie, son utile et traditionnelle amie, consolider son in-
fluence commerciale et religieuse en Orient, et reprendre
sans combat la direction politique de l'Europe. La paix
de Belgrade, a dit son dernier historien, M.Vandal,
marque l'instant où, dans le xvms siècle, l'ascendant de
la France sur l'Europe acquit son apogée. > R. K.
BIBL. Voir le texte du traité dans l'abbé Laogier, His-
toire des négociations pour la paix de Belgrade Paris,
1768, 2 vol. ïn-8. En outre Vandal, Une ambassade
française en Orient sous Louis X V la Mission du mar-
qui8 de Villeneuve, il28-mt\ Paris. 1887, in-8. Tu-
petz. Etude sur la paix de Belgrade {Hulonsehe Zeit-
schrift, 1878). Cf. les dépêches de Villeneuve, aux archives
du ministère des affaires étrangères, et ,1a relation qu'il
fit de la négociation de Belgrade, à la Bibliothèque na-
tionale (mss. n° 7194).
BELGRÂDO (Jacques), savant italien, né à Udine le.
16 nov. 1704, mort dans cette ville le 7 avr. 1789. Entré
à dix-neuf ans dans la compagnie de Jésu?, il fut profes-
seur de belles-lettres à Venise, puis de mathématiques et.
de physique à Parme, où il aménagea à ses frais un obser-
vatoire dans l'une des tours du collège. Il était membre
de l'Institut de Bologne et avait été nommé, en 1762, après
un voyage en France, correspondant de l'Académie des
sciences. Ses principaux ouvrages sont Ad disciplinàm
mechankam, nauticam et geographieam aeroasis cri"
tica et historica (Parme, 1741, m-4); De liquorum
œquilibrio acroasis (Parme, 1742, in-4); De altitudine
atmosphœrœ œstimanda critica disquisitio (Parme,
1743, in-4) De gravitatis legibus aeroasis (Parme, 1744,
in-4) De corporibus elasticis disquisitio (Parme, 1747,
in-4) De utriusque analyseos usu in rephysica (Parme,
1761, 2 vol. in-4); Del trono di Nettuno illustrato
(Césène, 1766,broch.); nae Dissertation sur l'architecr
ture égyptienne (Parme, 1786, in-fol.). L. S.
BELGRAND (Slarie-François-Eugène), ingénieur fran-i
çais, né à Ervy (Aube) le 23 avr. 1810, mort à Paris le
8 avr. 1878. Sa mère, restée veuve de bonne heure avec
six fils dont il était l'alné, dirigea elle-même ses premières
études et ne l'envoya qu'à douze ans au collège de Chau-
mont. Il fit ses mathématiques spéciales au collège Louis-
le-Grand, fut reçu, en 1829, à l'Ecole polytechnique, prit
part avec ses camarades de promotion au mouvement
insurrectionnel de 1830, et entra, en 1831, à l'Ecole des
ponts et chaussées. La géologie n'y était alors que peu ou
point enseignée, et les ingénieurs ne se doutaient pas que
la constatation de la nature du sol pût avoir un autre objet
que la vérification de sa résistance en vue de l'établisse-
ment des premières assises d'une fondation en un mot,
l'hydrologie était ignorée. La nature devait révéler elle-
même à Belgrand, dès sa première mission d'élève, l'exis-
tence et l'importance de cette science. Il était chargé de
surveiller la construction d'un ponceau sur la prenne,
petite rivière de la Côte-d'Or, lorsqu'une crue subite vint